Le Centre commun d’histoire des sciences et épistémologie
de Lille 1
(UMR Savoirs et Textes) organise pour
cette année 2003-2004
le séminaire
« Analogie dans les sciences - Fécondités
et obstacles »
(argument et programme format rtf)
L’analogie a toujours joué un rôle fondamental dans les sciences de la nature et continue de féconder la recherche contemporaine.
En mathématiques, les ressemblances, qu’elle met en lumière
entre deux domaines souvent éloignés des mathématiques,
créent un pont heuristique entre ces derniers : les théories
analogues se fécondent mutuellement par des transferts d’intuition,
de méthodes ou de conjectures et s’éclairent dans leurs ressemblances
comme dans leurs différences. Par le biais d’exemples où
le travail de l’analogie s’est montré très fructueux
(à savoir l’analogie entre les équations algébriques
et les équations différentielles, celle entre nombres algébriques
et fonctions algébriques ou encore le calcul analogique), le séminaire
examinera le « pourquoi » et le « comment » de
ce moment particulier où, comme le dit André Weyl, «
les troubles reflets d’une théorie à une autre » laissent
peu à peu la place aux théorèmes.
En physique, les ressemblances de nature entre différents effets
sensibles a nourri les conceptualisations et théorisations de différents
objets, avant que les conceptions du monde en termes de mécaniques
ou d’énergie ou d’électromagnétisme permettent de
faire entrer dans un ensemble cohérent des approches initialement
analogues. Les efforts de modélisation ont permis aussi d’emprunter
à des branches de la science un terreau permettant à d’autres
disciplines de s’édifier et de s’individualiser.
En biologie, l’utilisation de l’analogie dans les sciences du végétal
est régulièrement discutée. Elle est omniprésente
dans les débats savants au XVIIIe siècle autour des maladies
des plantes, et pas seulement dans le sens des modèles de la maladie
chez l’animal vers ceux de la maladie chez le végétal.
Tous ces exemples permettent de montrer que l’analogie fait partie intégrante du processus d’élaboration des sciences, parfois pour stimuler la création, parfois pour la retarder ou la bloquer. Ce sont ces riches rapports dialectiques que nous voulons mettre en évidence au cours de cette année à partir d’exemples historiques précis.
Calendrier du séminaire
« Analogie dans les sciences - Fécondités
et obstacles »
Gilles Denis (Lille 1) :
L’analogie dans les sciences du végétal à la fin
du XVIII e siècle
Jeudi 6 novembre 2003
Dominique Tournès (IUFM de la Réunion-Rehseis) :
Analogie et solutions graphiques
Jeudi 27 novembre 2003
Jean-Pierre Lubet, Anne-Marie Marmier, Rudolf Bkouche (Lille 1) :
Analogie entre le calcul différentiel et le calcul algébrique
(1ere partie) Jeudi 4 décembre 2003
Fabien Chareix (Paris-IV Sorbonne) :
Analogies et lois chez Christiaan Huygens
Jeudi 8 janvier 2004
Joëlle Delattre (Commission inter-Irem Epistémologie et
Histoire des mathématiques, Halma) :
L’analogie dans le platonisme
Jeudi 5 février 2004
Anne-Lise Rey (Lille 1) :
La fonction de l’analogie dans la dynamique
de Leibniz
Jeudi 26 février 2004
Bernard Joly (Lille 3) :
Le modèle du vivant dans la chimie à l'âge classique
Jeudi 18 mars 2004
Jean-Paul Delahaye (LIFL) :
Mesurer et calculer l’analogie
Jeudi 1er avril 2004
Jean-Pierre Lubet, Anne-Marie Marmier, Rudolf Bkouche (Lille 1) :
Analogie entre le calcul différentiel et le calcul algébrique
(2e partie) Jeudi 6 mai 2004
Bernard Maitte (Lille 1) :
Maxwell et les « analogies physiques »
Jeudi 27 mai 2004
Sonia Couche (Lille 1) :
Analogie entre nombres et fonctions
Jeudi 3 juin 2004
Tous les séminaires ont lieu de 17h à 19h à
Lille 1 (métro cité scientifique)
UFR de Physique – bâtiment P5 bis
Salle du Conseil – 2ème étage