Séminaire du groupe de travail « Gilles Châtelet »
Troisième rencontre :
Samedi 19 Mars 2005
Paris IREM (Paris VII, 175 rue Chevaleret, 6ème étage, métro Chevaleret).

 



09h15 : Du geste à la structure : quelques exemples tirés de la préhistoire de l'analyse sur les variétés par Renaud Chorlay

On présentera une série d'exemples tirés, pour l'essentiel, de la théorie des fonctions algébriques d'une variable complexe. On montrera comment des familles de gestes - prolonger, parcourir, déformer, franchir, couper, coller, recouvrir - structurent dans la 2ème moitié du 19ème siècle ce champ de recherche; sans perdre tout rôle au 20ème siècle, ces gestes sont intégrés dans une reformulation s'appuyant sur des objets définis axiomatiquement (structures).
 
 

11h00 : Mécanosphère, centrifugeuses, embranchements machiniques et flux ou comment Deleuze est à l'origine des diagrammes classiques de Michel Foucault et de Gilles Châtelet >>, par Joachim Dupuis

Lors d'une conférence précédente nous avions montré en quoi un rapprochement entre Michel Foucault et Gilles Châtelet, via la pensée de Deleuze, pouvait être fécond. Mais notre interrogation s'était limitée aux diagrammes les plus caractéristiques : la "thermocratie" et le "biopouvoir". Il s'agira, dans cette nouvelle conférence, de prolonger le geste diagrammatique selon un découpage chronologique plus vaste, nous interrogerons les diagrammes plus classiques (car recouvrant tout un complexe d'idées nées entre le XVII et le XVIII e siècle : à savoir la souveraineté et l'économie-politique, mais qui travaillent encore aujourd'hui la pensée et la société). Nous verrons alors que la notion de diagramme n'est pas à comprendre seule et qu'elle fait intervenir tout une série de machines diverses. Cette seconde conférence est donc complémentaire de la première : au pôle proprement politique, va s'ajouter toute une clinique de la pensée.

 
 

13h45: Apories du geste et impuissances du langage : logique et mathématiques à l'épreuve de leurs limites, par Joël Merker

Le geste, avec son cortège de virtualités indécises, convoque l'intuition tant dans ce qu'elle possède d'intersubjectif que dans son imprévisibilité subjective séparée, productrice de réalité scientifique. Souvent sans l'avouer et parce que les mirages rhétoriques du langage canalisent activement l'attention, les tentatives visant à élaborer des cadres cognitifs structuraux qui soient appropriés à l'analyse des activités rationnelles se heurtent à la complexité d'un réel dont les paramètres sont innombrables. Tout baigne de confusion et de maladresses de pensée ; peu de théories s'avèrent aptes à exprimer les intentions centrales précises qui les gouvernent ; la faiblesse de pensée est un universel partagé. En mathématique et en logique, la souffrance psychologique provoquée par les difficultés de compréhension fait obstacle à la gestualisation du textuel. Au total, l'entrelacement précieux entre l'activité littérale, linguistique, formelle et les soulèvements de la pensée scientifique intuitive est toujours menacé d'extinction par des paradigmes établis.

Ce modeste exposé sera consacré à des réflexions informelles et sauvages. Quelques apories d'apparence insignifiante seront passées au microscope à balayage spéculatif.