CENTRE
D’ALEMBERT
(Centre Interdisciplinaire d’Etude de l’Evolution des
Idées, des Sciences et des Techniques)
Bâtiment 407 - 91405 ORSAY Cedex
Tél. : 01.69.15.61.90 - Fax : 01.69.15.43.98
Courriel : centre.dalembert@ghdso.u-psud.fr
Le Directeur Le Président Jean-Louis MARTINAND Roger FOURME
CIRCULAIRE D'INFORMATION Programme des séminaires du 10 novembre 2004 au 30 mars 2005
SEMINAIRE D'EPISTEMOLOGIE ET D'HISTOIRE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES
Thème de l'année :
"MESURES : MUTATIONS ET ENJEUX CONTEMPORAINS"
(au format rtf - 2000
ko)
Lieu : Bâtiment des Colloques (bât. 338) de 14h à 16h30
ENTREE LIBRE
Séance du mercredi 10 novembre 2004
LES CONSTANTES UNIVERSELLES DE LA PHYSIQUE
Animateur : Paul BROUZENG
Rapporteur : Gilles COHEN-TANNOUDJI
Intervenant : Pierre LAUGINIE
Gilles COHEN-TANNOUDJI : Physicien théoricien au CEA
Les constantes universelles de la Physique
L'observation de possibles variations de certains paramètres
jusqu'ici considérés comme constants a relancé le
débat sur la signification des constantes universelles ou fondamentales
de la physique ainsi que les recherches visant à mesurer ces constantes
avec une précision accrue. On tend maintenant à séparer
ces constantes en deux catégories : d'une part celles qui déterminent
les unités fondamentales de la physique et dont la prise en compte
structure le cadre axiomatique de cette discipline, et d'autre part les
paramètres qui entrent dans les modélisations compatibles
avec ce cadre axiomatique, et qui, une fois fixées les unités
fondamentales, peuvent être ramenés à des nombres sans
dimensions. L'exposé sera consacré à une discussion
des quatre constantes de la première catégorie qui, à
mon avis, déterminent le cadre axiomatique général
de la physique, la constante de Newton, G, la vitesse de la lumière
c, la constante de Planck h et la constante de Boltzmann k.
Pierre LAUGINIE : Groupe d’Histoire et de Diffusion des Sciences d’Orsay
Mesurer la vitesse de la lumière : une Histoire exemplaire
S’appuyant notamment sur les deux expériences de Foucault en
1850 et 1862, l’exposé mettra en évidence les deux fonctions
remplies par la mesure au cours de l’Histoire : établir une loi,
voire réfuter une théorie d’une part, déterminer une
constante (fonction métrologique) d’autre part. Vitesse de la lumière
: vitesse de quoi ? et pour quoi ? L’expérience de 1850, censée
trancher entre modèle de l’émission et modèle ondulatoire,
fut-elle « cruciale » dans le contexte de l’époque ?
Et comment la mesure de 1862 a-t-elle libéré les «
arpenteurs du ciel » de la mesure de la Terre — étalon jusqu’alors
de toutes distances. L’histoire des mesures de la vitesse de la lumière,
de Galilée à nos jours — jamais indépendante des représentations
que l’on se fait du phénomène lumineux — est exemplaire des
relations complexes entre concepts, modèles, épistémologies,
pratique expérimentale et technologie.
Séance du mercredi 24 novembre 2004
MESURES ET SIMULATIONS POUR LES APPLICATIONS TECHNIQUES ET SCIENTIFIQUES
Animateur : Roger FOURME
Rapporteurs : Antoine DAËL – Thomas SIMONSON
Antoine DAËL : Ingénieur Ecole Supérieure d’Electricité, Chef du Groupe « Aimants et Insertions » à Synchrotron-SOLEIL
Conception, simulation, réalisation et mesures :
un beau chemin pour les éléments magnétiques de
SOLEIL
L’auteur rappelle le schéma des accélérateurs
d’électrons du Centre de rayonnement synchrotron Synchrotron-SOLEIL,
en cours de construction à Saint-Aubin, et présente les principes
de conception des dispositifs magnétiques, la problématique
de construction et les mesures réalisées. Pour chacun de
ces dispositifs, les simulations numériques interviennent à
différents stades et contribuent à l’amélioration
des performances sans toutefois remplacer la compréhension physique
gagnée par l’expérience concrète.
Thomas SIMONSON : Professeur associé à l’Ecole Polytechnique, Laboratoire de Biochimie.
Modélisation et simulation de biomolécules: science ou
jeux vidéo?
Comprendre la structure et le fonctionnement des macromolécules
biologiques reste un défi en science et en médecine. En trente
ans, la modélisation et simulation de ces molécules s'est
répandue dans la plupart des départements de biologie moléculaire
et des compagnies pharmaceutiques. Maniée avec précaution
et de bons moyens de calcul, elle s'applique à la reconnaissance
protéine-ligand, l'ingénierie des protéines et leur
repliement.
Séance du mercredi 8 décembre 2004
LA MESURE DANS L’UNIVERS : PROGRES ET NOUVEAUX DEFIS
Animateur : Jean-Claude VIAL
Rapporteurs : Bernard GUINOT– Jean SCHNEIDER
Bernard GUINOT: Bureau des Longitudes
Jean SCHNEIDER : LUTH, Observatoire de PARIS
L'observation à distance a été, jusqu'à l'avènement de l'exploration planétaire in situ, le propre de la mesure en Astronomie. Grâce à l'espace et à d'énormes progrès technologiques, l'astronome peut explorer aujourd'hui tout le spectre électromagnétique et accéder à des objets très faibles et lointains. Dans le même temps, la physique, et en particulier la physique atomique, a effectué des progrès inimaginables avant l'avènement des lasers, horloges atomiques, ...
On prendra deux exemples concernant :
1/ Les échelles de temps : définies hier par l'astronome,
aujourd'hui par le physicien (mesure atomique), le seront-elles demain
à nouveau par l'astronome ? Aujourd'hui, les précisions atteintes
concernent la géodésie, la géophysique, la rotation
terrestre, l'océanographie, etc. Faut-il faire intervenir demain
la relativité générale ?
2/ La recherche de planètes extra-solaires : la mesure de leur
rayonnement, très faible devant celui de l'étoile centrale,
est un défi relevé aujourd'hui à l'aide de diverses
techniques (spectroscopique, astrométrique, photométrique).
Jusqu'où ira, dans un avenir proche, cette quête qui a déjà
abouti à la détection de plus d'une centaine d'exoplanètes
? Va t-on bientôt découvrir des exo-Terres ? et même
des signes de vie ? Ces objectifs, dont on soulignera au passage les aspects
sociétaux, poussent les astronomes à imaginer des prouesses
technologiques.
Séance du mercredi 5 janvier 2005
LE CAPTEUR PREMIER ELEMENT DE LA CHAINE DE MESURE
Animateur : Jean-Louis MARTINAND
Rapporteur : François LEPOUTRE
François LEPOUTRE, Chaire de Physique des capteurs du CNAM
Le contrôle industriel met en œuvre des chaînes de mesure de plus en plus complexes dans lesquels les réseaux et les traitements informatiques font parfois oublier que le point de départ est lui aussi crucial. Ce point de départ est l’instrument qui convertit la grandeur physique que l’on veut mesurer (le mesurande) en une grandeur électrique (la mesure). On l’appelle couramment « capteur ».
Le choix du type de capteur, son étalonnage, le traitement correct du signal qu’il délivre, sa maintenance sont essentiels au bon fonctionnement de la chaîne de mesure. Quatre thèmes seront abordés au cours de la conférence :
- Les principes physiques qui sont à la base de la découverte
des principales classes de capteurs ne sont finalement pas très
nombreux et il sera intéressant d’en explorer quelques uns pour
comprendre l’essor industriel de certains capteurs.
- L’apport de la métrologie, qui est tout à fait significatif
dès que la mesure doit être quantitative, sera rappelé
pour bien comprendre l’intérêt technico-économique
des normes ISO.
- Malgré les remarquables performances des capteurs modernes,
une inadaptation des signaux délivrés aux éléments
suivants de la chaîne peut conduire à des dégradations
catastrophiques de la mesure et on montrera que quelques règles
très simples permettent d’éviter bien des écueils.
- La multiplication, parfois extraordinaire, du nombre de capteurs
dans un procédé industriel rend évidemment l’intervention
humaine très difficile. Ce constat a donné naissance à
des concepts devenus presque banals aujourd’hui, les micro capteurs, le
capteur intelligent, le contrôle intégré, la structure
intelligente…, dont les bases seront évoquées.
Tous ces thèmes seront illustrés dans trois domaines importants
de la mesure : la mécanique, l’optique et la thermique.
Séance du mercredi 19 Janvier 2005
Séance annulée
Séance du mercredi 2 février 2005
SPECTROSCOPIE DE MASSE – SOURCES PULSÉES
Animateur : Jean-Michel LEFOUR
Rapporteurs : Guillaume VAN DER REST – Jean-Louis MARIGNIER
Guillaume VAN DER REST : Chercheur au Laboratoire DCMR (Mécanismes Réactionnels) à l’Ecole Polytechnique
Mesure de masse par spectrométrie de masse à très
haute résolution :
quelle précision pour quelles applications ?
Le développement des spectromètres de masse basés sur la résonance cyclotronique ionique (ou pièges de Penning) rend possible des mesures de masse avec des précisions inégalées. A l’heure actuelle des précisions de 10-7 sont atteintes en routine, pouvant atteindre 10-10 pour certains instruments. De telles précisions contribuent à des avancées dans le domaine des applications à l’étude de molécules biologiques, dont certaines, comme les protéines ou les chaînes d’ADN ou d’ARN, peuvent atteindre des masses élevées. Ces précisions rendent théoriquement possible la mesure directe de l’énergie d’une liaison chimique par une mesure de masse suffisamment précise.
Après une présentation rapide des principes instrumentaux qui rendent possible une mesure de masse avec de telles précisions, nous aborderons les limites intrinsèques de ce genre de mesure, dont en particulier la nécessité de disposer de masses de référence étant donné le caractère relatif de la méthode. Dans le domaine des applications à l’analyse de molécules biologiques, la précision en masse n’est pas le seul aspect à prendre en compte : la résolution de la mesure de masse est également un critère déterminant. La possibilité de décomposer les molécules en fragments de masses plus petites directement dans la cellule de mesure est également un atout supplémentaire de l’instrument : des informations sur la structure des molécules étudiées peuvent se déduire des masses des ions fragments à partir des règles de fragmentation déjà connues.
Finalement, la précision en masse ouvre une perspective intéressante
pour les physico-chimistes : la détermination d’énergies
de liaison chimiques directement à partir d’une mesure de masse.
La relativité indique que la masse au repos d’une molécule
n’est pas rigoureusement égale à la masse des atomes la constituant
mais est diminuée de l’équivalence en masse des énergies
de liaison. Les difficultés dans ce domaine ne relèvent pas
de problèmes théoriques mais de la difficulté de mise
en œuvre expérimentale. Les principaux problèmes relèvent
de la stabilité des conditions expérimentales pendant les
temps d’observation très longs que nécessitent ces mesures
et des articles récemment parus dans Nature et Science laissent
penser que ces barrières peuvent être levées dans les
mois à venir.
Jean-Louis MARIGNIER : Chercheur au Laboratoire de Chimie Physique d’Orsay
Les sources de rayonnements pulsées au service de la réaction chimique.
Une réaction chimique résulte bien souvent d'un ensemble
de réactions dues à des espèces de durée de
vie si brève que leur existence est restée longtemps insoupçonnée.
L'échelle de temps peut atteindre la picoseconde (millionième
de millionième de secondes) et parfois même quelques femtosecondes
(mille fois plus court que la picoseconde). Pour pouvoir décomposer
ces étapes ultra-rapides, il faut des appareillages permettant des
observations sur une période plus courte que le temps complet de
chaque réaction. Les méthodes impulsionnelles au moyen de
lasers ou d'accélérateurs de particules sont les techniques
de choix pour observer les actes élémentaires d'une réaction
chimique et en reconstituer les différentes étapes.
Séance du mercredi 16 février 2005
LES MESURES DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE :
Les universités sont-elles prisonnières du classement
de Shangaï ?
Animateur : Bertrand BELLON, Université Paris-Sud, Faculté Jean Monnet, Centre ADIS
Rapporteurs : Laurence ESTERLE, Observatoire des Sciences et des Techniques,
OST Paris
Nicolas CARAYOL, Université Paris-Sud, IUP, Centre ADIS
Antoine SCHOEN, Observatoire des Sciences et des Techniques, OST Paris
Plusieurs facteurs concourent au développement des évaluations de la recherche scientifique. Le domaine scientifique n’échappe pas à l’exigence croissante de transparence et de justification qui se manifeste vis-à-vis de la dépense publique. Par ailleurs, la progression de la part des financements concurrentiels dans les budgets de recherche favorise l’établissement de hiérarchies entre les équipes de chercheurs.
Ce phénomène est international. Aux Etats-Unis, les dépenses scientifiques publiques sont soumises, comme les autres départements de l’action publique au GPRA (Government Performance and Results Act). Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont une tradition bien ancrée d’évaluation systématique de leur recherche académique. Et en France, la LOLF (loi organique relative aux lois de finances) se traduira bientôt notamment par le développement d’une série d’indicateurs de performance de l’action publique dans tous les secteurs budgétaires, et notamment pour la recherche.
Ces démarches publiques sont politiquement ambitieuses et méthodologiquement
raffinées. L’écho suscité depuis deux
ans par le classement international des universités établi
– unilatéralement – par l’université de Shanghai (http://ed.sjtu.edu.cn/ranking.htm).
n’en est que plus étonnant. Sous la forme révisée
qu’il a prise pour sa deuxième édition, ce palmarès
est-il satisfaisant ? Son succès incontestable traduit-il une attraction
de l’esprit humain pour les classements simples, à défaut
d’être cohérents ? Assiste-t-on à l’instauration d’une
mesure internationale unique à l’aune de laquelle les étudiants
choisiront leur cursus de formation sur l’échiquier d’un enseignement
supérieur soumis à la mondialisation et à la
concurrence ? Ou d’autres types de caractérisation du profil
scientifique des universités sont-ils envisageables ?
Ce sont ces questions relatives à la signification de ces classements
et à la possibilité de développer des modes alternatifs
d’évaluation que les quatre exposés introductifs de cette
séance proposent de traiter. Ces interventions seront suivies par
un débat.
1. Quelles mesures pour caractériser la production scientifique
et technologique ?
par Laurence ESTERLE
2. Comment se présente, et que nous apprend le classement des
Universités de Shangaï ?
par Bertrand BELLON
3. Une expérience de caractérisation de la production
scientifique et technologique d’une Université française
: les brevets et les publications de l’Université Louis Pasteur
à Strasbourg
par Nicolas CARAYOL
4. Le projet d’observatoire de l’université européenne
par Antoine SCHOEN
Séance du mercredi 16 mars 2005
LA MESURE DU MOUVEMENT HUMAIN
Animateur : Benoît BARDY
Rapporteurs : Isabelle SIEGLER - Michel-Ange AMORIM
Le mouvement humain, tel que l’on peut l’observer (marcher, courir,
saisir un objet, etc…), résulte de l’intégration de mécanismes
très divers (neuraux, mécaniques, cognitifs, perceptifs,
physiologiques, etc…), opérant à des échelles spatiales
(microscopiques, macroscopiques) et temporelles (de la milliseconde à
la décennie ou plus) nombreuses et imbriquées. La compréhension
des mécanismes assurant sa genèse au sein du système
nerveux central, son pilotage, sa stabilité ou son adaptabilité,
reste un challenge pour les chercheurs dans de nombreux secteurs de recherche
(physiologie, neurosciences, biomécanique, contrôle moteur,
robotique, pour n’en nommer que quelques-uns). Dans ce contexte, la question
de la mesure du mouvement n’est pas une question triviale. Au cours de
ce séminaire, trois chercheurs de l’équipe Contrôle
Moteur et Performance (Centre de Recherches en Sciences du Sport, Université
Paris Sud 11) feront le point sur les avancées en matière
de mesure du mouvement, en liaison étroite avec les théories
actuelles de la perception et du contrôle moteur.
Benoît BARDY, Centre de Recherches en Sciences du Sport, Université Paris Sud 11
Introduction : La mesure du mouvement humain : échanges et… controverses
L’analyse de la motricité humaine impose le croisement de plusieurs
disciplines. De nombreux secteurs de recherche (e.g., physiologie, neurosciences,
sciences cognitives) sont en effet confrontés à la même
question de la perception et du contrôle des mouvements du corps
et utilisent à cette fin des méthodes de mesure et d’interprétation
souvent complémentaires : électromyographie, physiologie
de l’effort, capture de données cinétiques et cinématiques,
oculo-motricité, psychophysique). Toutefois, ces approches du comportement
moteur diffèrent, et parfois s’opposent, selon la discipline et
le niveau d’analyse employé pour rendre compte des processus responsables
de la planification, de la production, ou de la régulation du mouvement.
Ces différents niveaux, structuralistes ou plus phénoménologiques,
sont classiquement séparés, renvoient à des ontologies,
des théories et des modèles souvent étanches. Cette
étanchéité, aujourd’hui renforcée par un certain
cloisonnement disciplinaire, s’explique par l’absence de relations simples
entre l’intention d’agir, la commande motrice, la contraction musculaire,
et le mouvement. Dans cette présentation introductive, quelques
éléments essentiels de ces échanges et controverses
autour du mouvement et de sa mesure seront présentés.
Isabelle SIEGLER, Centre de Recherches en Sciences du Sport
Analyse quantitative du mouvement humain
L’analyse quantitative du mouvement humain est une pratique relativement
récente dans le champ d’investigation du pilotage par le système
nerveux central de notre motricité. Dans le domaine des neurosciences
intégratives, cette discipline repose sur l’élaboration de
différentes « théories du contrôle moteur ».
Ces théories proposent d’expliquer comment le cerveau résout
la complexité inhérente au corps humain multi-segmentaire
pour planifier et exécuter les gestes. Ces théories, parfois
fort contradictoires, proposent des modèles qui émanent souvent
de l’observation de certains invariants (lois de contraintes neurales)
existants dans le geste. La validation de ces différents modèles
est fondée sur la confrontation entre les prévisions du modèle
(ex: une trajectoire) et l’enregistrement du geste, sur une gamme de mouvements
la plus étendue possible. Après avoir présenté
les différents systèmes de mesure pouvant être utilisés
pour l’analyse du mouvement, nous illustrerons ce que ces mesures permettent
d’inférer sur le fonctionnement du système nerveux central.
Michel-Ange AMORIM, Centre de Recherches en Sciences du Sport
La mesure en psychophysique de la perception humaine
La psychophysique permet de mesurer la relation entre l'intensité d'une stimulation (par ex., la concentration des molécules avec lesquelles on stimule les sujets) et l'intensité de la sensation qui en résulte. On peut mesurer aussi le seuil de perception, c'est-à-dire la concentration des substances-stimulus pour laquelle un sujet commence à détecter la présence du stimulus. Ce seuil de détection est à distinguer du seuil de reconnaissance, la concentration minimum qui permet au sujet de reconnaître le stimulus (c'est-à-dire de fournir une réponse qui n'est plus au hasard). Enfin, la Théorie de la Détection du Signal permet de quantifier la décision perceptive, en estimant la sensibilité du système perceptif mais aussi les critères de réponse des sujets. Des exemples concrets illustreront l’intérêt de la psychophysique pour capturer les phénomènes perceptifs humains.
Séance du mercredi 30 mars 2005
LES MESURES EN RECHERCHE CLINIQUE ET EPIDEMIOLOGIQUE
Animateur : Jean-Louis MARTINAND
Rapporteur : Bruno FALISSARD
Bruno FALISSARD : Professeur à la faculté de médecine
Paris-Sud,
directeur de l’unité INSERM « troubles du comportement
alimentaire chez l’adolescent »
Les mesures en santé peuvent porter tant sur les phénotypes
à étudier (maladies notamment) que sur la quantification
de l’amélioration de l’état de santé d’un patient.
En ce qui concerne les phénotypes, une question doit se poser quant
à leur nature catégorielle ou dimensionnelle, l’auteur montrera
que ce sont des considérations thérapeutiques qui ont en
pratique déterminé la réponse à cette question.
En ce qui concerne la quantification de l’amélioration de l’état
de santé d’un patient (indispensable en recherche thérapeutique),
on verra que la mesure ne peut se concevoir que dans le cadre d’une théorie
représentationnelle (et non opérationnelle) de la mesure
; on verra par ailleurs que le sujet doit être évalué
tant au niveau de son fonctionnement physiologique qu’au niveau de sa subjectivité
de sujet souffrant (mesures de douleur par exemple). Une question étant
alors : les mesures subjectives peuvent-elle revendiquer le même
statut de scientificité que les mesures physiologiques ?
Le XXIIe COLLOQUE INTERDISCIPLINAIRE des 11 et 12 MAI 2005
Intitulé
« NOUVEAUX CONCEPTS / NOUVELLES QUESTIONS
Dimensions cognitives et sociales de l’émergence des problématiques
et de la construction des dispositifs de recherche scientifique ou
technologique»
fera l’objet d’informations ultérieures
Pour tout renseignement complémentaire, s'adresser à :
Véronique LUEC, CENTRE D’ALEMBERT - Bât. 407 (Bibliothèque)
- ORSAY
Tél. 01 69.15.61.90 – courriel : centre.dalembert@ghdso.u-psud.fr