Lundi 1er décembre 2003 à 13h00
Salle Dussane
Écriture scientifique
Chimistes, physiciens, biologistes, historiens des sciences
en débat avec des littéraires
(format rtf)
Pierre POTIER (D.R. émérite au CNRS, Institut de chimie
des substances naturelles)
Etienne GUYON (Directeur honoraire de l'ENS, Vice-président
de la Société française de physique)
Michel MORANGE (prof. de biologie à Paris VI et Directeur du
Centre Cavaillès, ENS)
Pierre-Marc DE BIASI (D.R. à l'Institut des Textes et Manuscrits
Modernes, CNRS-ENS)
Comment naît une découverte scientifique? Comment s'écrit-elle? Comment les scientifiques gardent-ils la mémoire de ces processus de découverte? Que sont devenus les cahiers de laboratoire d'hier et que deviennent les courriers électroniques d'aujourd'hui? Bref, quels sont les possibilités de conserver et d'exploiter les archives scientifiques pour qu'elles servent à élucider et expliciter le processus par lequel une intuition floue, une hypothèse incertaine, une idée informe se métamorphosent progressivement en forme organisée, en connaissance nouvelle, en découverte scientifique?
Les processus écrits jouent un rôle majeur dans l'émergence et la transmission du savoir scientifique. Mais l'histoire des sciences s'est peu préoccupée du patrimoine archivistique. En tout cas, elle n'en a pas fait jusqu'à présent un objet de recherche proprement dit; à commencer par les chercheurs eux-mêmes qui n'ouvrent pas spontanément leurs dossiers de travail au regard d'autrui: "Ne montrer à personne mes cahiers d'expérience", avait noté Pasteur.
Une initiative récente, prise par un groupe de scientifiques
et de littéraires, a conduit à faire un pari audacieux: appliquer
aux archives scientifiques une méthode – dite de "critique génétique"
– qui a fait ses preuves dans le domaine de la genèse des textes
littéraires. Ce programme a donné lieu à un numéro
spécial de la revue Genesis, Manuscrits – Recherche – Invention
(n° 20, Paris, Jean-Michel Place, 2003). Le colloquium présentera
ces nouveaux parcours de recherche, qui sont aussi inespérés
qu'innovants.