Qui se tient tant soit peu au courant de l’actualité scientifique entend parler jour après jour de la démonstration de “nouveaux” théorèmes, de la découverte de “nouvelles” particules ou de “nouvelles” galaxies, de la mise en place de “nouvelles” technologies ou de l’apparition de “nouvelles” sciences. Et, depuis qu’elle existe, l’histoire des sciences s’est donnée pour objectif de décrire pas à pas l’émergence historique effective de ces nouveaux résultats, tandis que la philosophie des sciences se proposait de dégager leurs conditions de possibilité ou leurs conséquences pour une théorie de la connaissance. Mais, s’il est indéniable que la production de nouveautés, et qui plus est de nouveautés cumulables, est essentielle à la marche des sciences au point de distinguer ces dernières des autres productions humaines — c’est ce qu’on appelle usuellement le “progrès scientifique” —, assigner exactement ce qui est nouveau ici ou là ne va pas de soi. C’est que, contrairement à des œuvres (artistiques par exemple) marquées du sceau d’une singularité irréductible, un résultat scientifique nouveau est plus ou moins rapidement l’objet d’une reprise cumulative et ainsi intégré dans l’édifice anonyme des sciences ; et, dès lors, il devient difficile de l’isoler. Parler de nouveauté dans les sciences, c’est en particulier soulever les trois questions suivantes : 1. Selon quels principes effectuer l’assignation de nouveauté dans les sciences ? 2. Quand les sciences ont-elles commencé à se caractériser par la production de nouveaux résultats ? 3. Comment penser la nouveauté dans les sciences ? Un développement sur ces trois questions a été envoyé aux intervenants du séminaire, les invitant à réagir à partir des domaines qu’ils connaissaient.
Le séminaire, commencé il y a deux ans, se terminera avec les exposés suivants :
15 octobre, Grenoble, MSH :
Michel Dufour (Paris III), “La psychologie, une nouvelle science autonome
? Controverse entre le métaphysicien Jouffroy et le physiologiste
Broussais”.
5 novembre, Lyon, ENS-LSH :
Friedrich Steinle (Lyon I), “Experiment, concepts, and laws: the case
of the two electricities”.
3 décembre, Grenoble, MSH :
Hugues Chabot (Lyon I), “Paternités et vicissitudes d'un nouvel
élément chimique : le chlore”
Sophie Roux (Grenoble II), “Qu'est-ce que découvrir le principe
d'inertie? Une comédie en deux actes et un épilogue”
Il renaîtra de ces cendres en mars, avec un nouveau thème : Science et mathématisation.
Le séminaire se déroule alternativement à la MSH-Grenoble
et à l’ENS-LSH, en principe le premier vendredi de chaque mois,
de 14.00 à 17.00. Pour tout renseignement, écrire à
Sarah.Carvallo@ec-lyon.fr
ou à Sophie.Roux@upmf-grenoble.fr.