Pensées du jeu
Colloque organisé par le Centre de Recherches
sur l’Histoire du Théâtre (CRHT)
de l’Université de Paris-Sorbonne (Paris IV)
En Sorbonne, 1 et 2 octobre 2003
Le programme
L'appel à communication en RTF.
Ce colloque voudrait examiner les discours et pensées portant sur le jeu des acteurs, tels qu’ils se développent dans le domaine français à l’époque moderne.
Sans s’interdire d’éclairer la réflexion
par l’examen de généalogies médiévales, d’influences
antiques ou étrangères, le colloque devrait s’attacher à
décrire et interpréter la floraison des analyses et récits
qui concernent le jeu, en France, à partir de la fin du XVIème
siècle – c’est à dire, sans doute, après l’éclosion
et la multiplication des troupes professionnelles.
On essaiera d’approcher ces discours dans la variété
de leurs genres: condamnations religieuses et morales qui veulent qualifier
l’essence du comportement scénique; traités de l’art du comédien
qui s’émancipent des manuels de rhétorique et d’action oratoire;
mémoires et récits d’acteurs portant sur leur vie et leur
travail; descriptions et anecdotes touchant les agissements des comédiens
en scène; portraits et vies d’artistes; romans et figurations littéraires
d’acteurs ou actrices de fiction; manuels modernes de pédagogie
du jeu; approches philosophiques ou spéculatives qui interrogent
dans l’existence scénique une modalité singulière
– ou une métaphore générale – de la condition humaine.
Il semble important aussi de rendre compte de la diversité des points
de vue: acteurs témoins ou analystes de leur métier; spectateurs
livrant une admiration ou un agacement; critiques qui veulent évaluer
la qualité d’une soirée; metteurs en scène ou pédagogues
défenseurs d’un type d’apprentissage ou de travail; théoriciens
en quête de modèles et de formes; romanciers ou dramaturges
filant une intrigue; juges prétendant décider de la légitimité
d’un art. On pourra encore tenter de préciser des singularités
historiques, des mouvements d’affirmation ou de retrait.
Une des portées possibles de cette réflexion serait alors de questionner l’émergence de la figure moderne que dessine le mot «jeu», lorsque, en français, le mot désigne simultanément la distraction enfantine, le divertissement réglé des adultes, et la pratique représentative des acteurs. Cette dénomination commune – que l’on retrouve dans certaines langues, pas dans toutes –, et les catégories qu’elle implique, ont une histoire: bien plus récentes que le théâtre, elles en spécifient une certaine compréhension, un certain usage. Il n’est sans doute pas inutile de se demander ce qu’exprime cette vision esthétique qui s’est peu à peu imposée sans partage, et les liens que l’activité ainsi déterminée entretient alors avec d’autres qui lui sont voisines–ou antagonistes: le travail, la production d’œuvre, la création, la présence sans image, la récitation, la déclamation, le chant, la danse.
Les propositions de communication, d’une durée
de 30 minutes maximum, sont à adresser au CRHT, UFR Littératures
française et comparée, Université Paris-Sorbonne,
1 rue Victor Cousin, 75005, ou à Denis Guénoun, denis.guenoun@paris4.sorbonne.fr.
Mercredi 1er Octobre 2003
Matinée : présidence Yves Chevrel
9h 30 Ouverture du colloque.
9h 45 Marco Baschera (Zurich). Le comédien, un pantin merveilleux
? Réflexions sur la mise en jeu de l'acteur.
10h15 Thomas Dommange (CNRS). Prêtres et acteurs : Théâtre
et liturgie médiévale.
10h45. Discussion
1h 30. Ola Forsans (Paris). Le jeu italien, modèle poétique
? (Remarques & réflexions autour du Nouveau Théâtre
Italien
dirigé par Luigi Riccoboni de 1716 à 1729).
12h00. Nathalie Rizzoni (Paris IV, CNRS). Le « Je » de
l'acteur au théâtre au XVIIIème siècle.
12h30 Discussion
Après-midi : présidence Florence Dupont
14h45. Sabine Chaouche (Paris, CNL). Le jeu du comédien au XVIIIème
siècle : faire sentir ou faire sensation ?
15h15. Sophie Marchand (Paris IV). Jouer les pleurs : spectacle
des larmes et statut de l’interprète dans la seconde moitié
du XVIIIème siècle.
15h45. Discussion
16h30. Julia Gros-Degasquet (Tours). Penser l'art du comédien
au début du XIXème siècle : Aristippe, théoricien
malgré lui?
17h. Jean-Loup Rivière (ENS Lyon et Conservatoire de Paris).
Sentiment et pensée de l’acteur.
17h30. Discussion
Jeudi 2 octobre
Matin : présidence Mariane Bury
9h 30. Corinne François-Deneve (Paris IV). Le paradoxe de la
comédienne selon les « romans de l’actrice » (fin XIXème).
10h00. Anne Penesco (Lyon II). Mounet-Sully musicien du verbe et la
critique.
10h30. Hélène Laplace-Claverie (Paris IV). L’art du pantomime
ou l’acteur sans parole..
11h. Discussion
11h30. Sylvie Chalaye (Rennes II). Le jeu du Noir : de la mise en jeu
à la mise en joue de l’altérité.
12h. Georges Banu (Paris III) : L’acteur et les âges.
12h30 Discussion
Après-midi : présidence Michel Corvin
14h45. Laura Naudeix (Angers). Le jeu du chanteur lyrique.
15h15. Aude Pichon (Manchester). Le jeu dramatique scout et Léon
Chancerel
15h45. Discussion
16h30. Alain Panero (Amiens). Temporalité du jeu.
17h00. Denis Guénoun (Paris IV) : Proust et Novarina.
17h30 Discussion
Programme établi à la date du 31 août 2003.