Programme de la Société de philosophie
de Bordeaux
2002-2003
Présentation du président:
"Chers sociétaires et amis de la philosophie,
une nouvelle année commence, une nouvelle aventure pour la Société
de philosophie de Bordeaux. Nous vous espérons nombreux et aussi
dynamiques que les années précédentes. J'ai le plaisir
de vous annoncer le programme de l'année 2002-2003. Nous avons cherché,
comme par le passé, à respecter les différentes tendances
qui s'expriment en philosophie contemporaine et dans l'histoire de la philosophie.
L'équilibre est une chose difficile à atteindre, en ce domaine
comme en d'autres. La philosophie de ce programme repose sur deux convictions
: respect ou tolérance devant la diversité des options philosophiques;
ouverture de la philosophie à des objets extérieurs, à
une histoire des problèmes qui existe par ailleurs. Ces deux options
ne sont nullement incompatibles, elles se nourrissent l'une l'autre et
renforce, je le crois sincèrement, la place de la philosophie dans
la cité, jouant le rôle de révélatrice des événements
qui définissent notre monde mais anticipant également sur
ce devenir, par sa propre logique, sa rigueur intrinsèque."
Le programme de la société de philosophie est le suivant
:
1. Lundi 18 novembre à 18Heures, Athénée Muncipial : Frédéric Brahami (Maître de conférences en philosophie à l'Université de Strasbourg, "Qu'est-ce que le scepticisme?"
2. Lundi 2 décembre à 14H15, à l'IEP : Robert Badinter, "Ma Constitution pour l'Europe" (en collaboration avec l'IEP, Bordeaux IV, Bordeaux III et l'UFR de philosophie de Bordeaux III)
3. Jeudi 6 février, Maison des Universités, 18 H : Jean-Marie Vaysse (professeur de philosophie à l'Université de Toulouse le Mirail) : "Finitude et subjectivité, Heidegger et Spinoza"
4. Mercredi 5 mars, Salon Albert Mollat, 18 H : Alain
Ehrenberg ( directeur de recherches au CNRS) : "Le cerveau, âme
matérielle? Remarques sur le mental, le social, le vivant"
5. Jeudi 24 avril, à 18 H, Maison des Universités, Roger
Pouivet (Professeur de philosophie à l'Université de
Nancy), "La connaissance de soi"
Abstract:
"Nous sommes souvent tentés de penser qu’en nous concentrant
un peu, nous devons pouvoir percevoir nos états mentaux et savoir
si nous sommes heureux ou amoureux, par exemple. Certains philosophes nous
encouragent dans cette voie. Wittgenstein a montré qu’elle est un
cul-de-sac. À défaut d’un “sens interne” grâce auquel
nous pourrions percevoir nos états mentaux, nous semblons en revanche
disposer d’une légitime autorité sur certains de nos contenus
mentaux : si je peux croire à tort être intelligent, sauf
circonstances particulières, je ne peux pas croire à tort
avoir mal aux dents. La lecture de Wittgenstein suggère aussi l’idée
que la connaissance de soi peut être comprise comme une certaine
sorte de disposition à la fois cognitive et linguistique. C’est
une thèse que saint Thomas, en son temps et dans son vocabulaire
scolastique, avait déjà soutenue : c’est par la connaissance
des choses extérieures que nous pouvons nous connaître. Wittgenstein
et saint Thomas semblent aussi tous les deux d’accord pour dire que la
maîtrise du langage n’est pas pour rien dans l’exercice d’une telle
disposition, peut-être proprement humaine. Ce que Saint Thomas et
Wittgenstein partagent c’est, peut-être, une métaphysique
de l’âme. La notion de connaissance de soi y est fort différente
de celle à laquelle nous ont accoutumés les philosophies
réflexives, mais aussi, les récentes philosophies “cognitivistes”.
"
6 Jeudi 15 Mai, à 18 H, Athénée Municipal, Emmanuel Bermon (Maître de Conférences à l'Université Michel de Montaigne), "Les signes et l'enseignement dans le De Magistro de saint Augustin"
J'espère vivement que le programme vous intéressera et
que vous viendrez nombreux. N'oubliez pas non plus de cotiser. La vie de
la Société de philosophie de Bordeaux dépend de vous.
N'hésitez pas non plus à nous faire part de vos suggestions
pour les années suivantes.
Très sincèrement,
Guillaume le Blanc,
Président de la Société de philosophie de Bordeaux