Le débat européen
sur l’humanisme est récurrent depuis la fin de la Deuxième
Guerre mondiale : Sartre, Heidegger, Lévi-Strauss, Althusser, Foucault
en ont constitué les étapes connues et déterminantes.
Il semble cependant qu’un nouveau départ caractérise cette
notion où, faute de mieux peut-être, la pensée née
en occident cherche à livrer sa part la plus universelle. Au travers
des nouvelles fractures mondiales, de la reformulation du rapport entre
monde libéral et pays en voie de développement, au travers
même de la représentation par l’occident de sa propre histoire,
la question de l’humanisme revient toujours et a toujours besoin d’éclaircissements
nouveaux.
Il nous est apparu que l’heure était venue
de faire un nouvel effort autour de ces débats aux enjeux multiples,
en dégageant dans un même mouvement leur inscription dans
l’histoire et leur portée intellectuelle. Un retour aux sources
de l’humanisme à la Renaissance sera un gage d’approfondissement
et de renouvellement du débat actuel sur l’humanisme. Quelques propositions
paradoxales de Peter Sloterdijk ou de Giorgio Agamben retrouveraient leur
éclairage naturel à être confrontées aux thèses
de l’humanisme historique.
Mais parce qu’il aurait été impensable de proposer un
bilan global d’une pensée qui, par définition, demeure ouverte
dans ses principes, il a fallu préciser sous quels titres particuliers
l’humanisme s’adressait aux hommes d’aujourd’hui. Or nous partageons
avec l’humanisme de la Renaissance une même expérience de
la rupture dans les formes de la transmission : parentale, scolaire, culturelle.
Comment la transmission devient un enjeu spirituel et intellectuel pour
une société donnée, telle sera la forme plus particulière
de notre enquête, qui sera aussi une enquête sur les formes
de l’éducation à la Renaissance.
Mais EDUQUER, TRANSMETTRE, cela ne se peut, avec la conviction souhaitable,
sans disposer d’un organe critique du passé et c’est pourquoi il
n’y a pas de retour à l’âge d’or des savoirs transmis, ni
d’éducation à leur vérité sans un fondamental
besoin de RENOVATION. L’humanisme est riche de ses réformes, rénovations,
retractatio et repastinatio, et autres restitutions. Elles n’expriment
que le libre exercice d’un pouvoir critique qui seul permet à une
culture née dans des conditions données de formuler une prétention
à l’universalité. L’humanisme a scellé une alliance
avec les puissances de la nouveauté et de la rénovation,
et son “doux style nouveau” suffira toujours à le distinguer de
toute forme simplifiée de répétition de la tradition
Le colloque EDUCATION, TRANSMISSION, RENOVATION A LA RENAISSANCE :
enjeux humanistes, sera accueilli par l’Université Jean Moulin Lyon
3, plus particulièrement ses UFR de Philosophie et de Lettres, et
bénéficiera du soutien du Centre d’histoire de la philosophie
moderne (CHPM) du CNRS et du Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance
(CESR).
Le débat européen sur l’humanisme
est récurrent depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale
: Sartre, Heidegger, Lévi-Strauss, Althusser, Foucault en ont constitué
les étapes connues et déterminantes. Il semble cependant
qu’un nouveau départ caractérise cette notion où,
faute de mieux peut-être, la pensée née en occident
cherche à livrer sa part la plus universelle. Au travers des nouvelles
fractures mondiales, de la reformulation du rapport entre monde libéral
et pays en voie de développement, au travers même de la représentation
par l’occident de sa propre histoire, la question de l’humanisme revient
toujours et a toujours besoin d’éclaircissements nouveaux.
Il nous est apparu que l’heure était venue de faire un nouvel
effort autour de ces débats aux enjeux multiples, en dégageant
dans un même mouvement leur inscription dans l’histoire et leur portée
intellectuelle. Un retour aux sources de l’humanisme à la Renaissance
sera un gage d’approfondissement et de renouvellement du débat actuel
sur l’humanisme. Quelques propositions paradoxales de Peter Sloterdijk
ou de Giorgio Agamben retrouveraient leur éclairage naturel à
être confrontées aux thèses de l’humanisme historique.
Mais parce qu’il aurait été impensable de proposer un
bilan global d’une pensée qui, par définition, demeure ouverte
dans ses principes, il a fallu préciser sous quels titres particuliers
l’humanisme s’adressait aux hommes d’aujourd’hui. Or nous partageons avec
l’humanisme de la Renaissance une même expérience de la rupture
dans les formes de la transmission : parentale, scolaire, culturelle. Comment
la transmission devient un enjeu spirituel et intellectuel pour une société
donnée, telle sera la forme plus particulière de notre enquête,
qui sera aussi une enquête sur les formes de l’éducation à
la Renaissance.
Mais EDUQUER, TRANSMETTRE, cela ne se peut, avec la conviction souhaitable,
sans disposer d’un organe critique du passé et c’est pourquoi il
n’y a pas de retour à l’âge d’or des savoirs transmis, ni
d’éducation à leur vérité sans un fondamental
besoin de RENOVATION. L’humanisme est riche de ses réformes, rénovations,
retractatio et repastinatio, et autres restitutions. Elles n’expriment
que le libre exercice d’un pouvoir critique qui seul permet à une
culture née dans des conditions données de formuler une prétention
à l’universalité. L’humanisme a scellé une alliance
avec les puissances de la nouveauté et de la rénovation,
et son “doux style nouveau” suffira toujours à le distinguer de
toute forme simplifiée de répétition de la tradition
Le colloque EDUCATION, TRANSMISSION, RENOVATION A LA RENAISSANCE :
enjeux humanistes, sera accueilli par l’Université Jean Moulin Lyon
3, plus particulièrement ses UFR de Philosophie et de Lettres, et
bénéficiera du soutien du Centre d’histoire de la philosophie
moderne (CHPM) du CNRS et du Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance
(CESR).
« EDUCATION, TRANSMISSION ET RENOVATION A LA RENAISSANCE »
3, 4, 5, 6 décembre 2003
PROGRAMME
AUDITORIUM HUVELIN 15, quai Claude Bernard 69007 LYON
14h ACCUEIL PAR M. LE PRESIDENT GUY
LAVOREL
ALLOCUTION DE M. LE RECTEUR ALAIN MORVAN
OUVERTURE PAR MME JACQUELINE DE ROMILLY, DE L'ACADEMIE FRANCAISE
15h Pierre MAGNARD, Professeur émerite,
Université Paris IV-Sorbonne
"Qu'est-ce qu'une renaissance ? Innovation ou répétition
?"
15h 30 Enrico NUZZO, Professeur, Université de Salerne
"Education et vie civile chez Giordano Bruno"
16h Olivier MILLET, Professeur, Université de Bâle
"Tradition de la révélation, exégèse biblique
et autorité prophétique :
Bible et culture profane selon Calvin"
16h 30 DISCUSSION ET PAUSE
17h-19h ATELIER DOCTORAL ET DISCUSSION
DES TRAVAUX EN COURS
Emmeline BAUD, Valérie NICAISE, Christophe LIBAUDE, Luca SALZA,
Raffaele CARBONE, Vincenzo Rossi ERCOLANI, Frédéric VENGEON,
David LUCAS
JEUDI 4 DECEMBRE
9h Franck LA BRASCA, Professeur, Université
de Tours
"Elaboration de la critique littéraire moderne : le commentaire
d'Horace par Landino"
9h 30 Juliusz DOMANSKI, Professeur, Université de Varsovie
"Les principes de l'usage chrétien du patrimoine classique selon
Erasme"
10h Jean CEARD, Professeur, Université Paris X - Nanterre
"Droit et philosophie selon Guillaume Budé"
10h 30 DISCUSSION ET PAUSE
11h Ilana ZINGUER, Professeur, Université
de Haïfa
"Les Dialogues d'Amour de Léon Lhébreu : amour utopique
ou spiritualité idéalisée ?"
11h 30 Jean-François MATTEI, Professeur, Université de
Nice-Sophia Antipolis
"Platon et l'humanisme"
12h DISCUSSION
14h 30 Jean-Claude MARGOLIN, Professeur,
Université de Tours
"Rôle et fonction de la mémoire dans les principes éducatifs
d'Erasme"
15h Cynthia FLEURY, CNRS
"La Renaissance perse : entre Révélation et Intellection"
15h 30 DISCUSSION ET PAUSE
16h Thierry GONTIER, Université
de Nice
"Les enjeux platoniciens de la Renaissance"
16h 30 Michael ALLEN, Professeur, Université de Californie,
Los Angeles
"Astrologies platoniciennes : ascendant Cancer ?"
17h Paloma Otaola GONZALEZ, Université Lyon 3
"Musique et humanisme à la Renaissance"
17h DISCUSSION
VENDREDI 5 DECEMBRE
9h Jean-Jacques WUNENBURGER, Professeur,
Université Lyon 3
"Thomas More, cité des hommes, cité de Dieu"
9h30 Bruno PINCHARD, Professeur, Université Lyon 3
"Rabelais ou comment éduquer un géant"
10h Claude-Gilbert DUBOIS, Professeur, Université de Bordeaux
3
"L'utopie comme idéal de rénovation et le gel de la métamorphose"
10h30 DISCUSSION ET PAUSE
11h Walter STEPHENS, Professeur, Université
Johns Hopkins, Baltimore
"Eduquer les pères de famille : l'autorité patriarcale
dans deux dialogues
de la Contre-Réforme"
11h 30 Saverio RICCI, Professeur, Université de Viterbe
"Inquisition romaine et éducation"
12h DISCUSSION
14h 30 Thomas BERNS, Université
Libre de Bruxelles
"Le regard du censeur, entre éducation des mœurs et statistiques"
15h Dominique DE COURCELLES, CNRS, Ecole des Chartes
"Ouvrages de mélanges et formation du savoir en Espagne"
15h 30 Pierre SERVET, Professeur, Université Lyon 3,
"Une nouvelle scène pédagogique : les relations entre
le père et ses enfants"
16h DISCUSSION
17h EXPOSITION COMMENTEE AU FONDS
ANCIEN DE LA BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE
Jean-Paul METZGER, Professeur, ENSSIB Lyon
"La transmission moderne des écrits humanistes : la numérisation"
SAMEDI 6 DECEMBRE 2003
9h Jean-Louis VIEILLARD-BARON, Professeur,
Université de Poitiers
"L'universel, le collectif et le singulier : l'éducation du
sujet "
9h 30 Dominique BERTRAND, S.J
"Pourquoi et comment les jésuites ont pris en charge l'enseignement
de l'Europe"
10h DISCUSSION ET PAUSE
10h 30 Emmanuel FAYE, Université
de Paris X
"Métaphysique et perfection de l'homme. De la philosophie renaissante
à sa destruction heideggerienne"
11h Yves-Charles ZARKA, CNRS, Université de Paris I
"La Renaissance et la subjectivité sans sujet"
11h 30 DISCUSSION
CONTACTS
Faculté de Philosophie, Professeur Bruno Pinchard, 7 rue
Chevreul, 69007 Lyon
Tél: 04.78.78.70.42. Mail : fac.philo@univ-lyon3.fr
Ecole Doctorale Lettres, Professeur Pierre Servet, 18 rue Chevreul,
69007 Lyon
Tél : 04.78.78.74.69. Mail :ecodocle@univ-lyon3.fr