Le théâtre de Yasmina Reza s’est imposé depuis quelques années par un très fort rayonnement public, et international. Or, le charme actif de cette dramaturgie reste encore mystérieux. Style très clair, parfois jugé trop évident. Constructions efficaces, et pourtant bousculées. Thèmes directs, mais risqués, ou insaisissables. Il est temps de produire une réflexion sur quelques données de cette œuvre peu commune, et multiforme.
La réunion qui aura lieu en Sorbonne le 5 mars réunit
deux hommes de théâtre européens de premier plan, Luc
Bondy (Vienne), et Krystian Lupa (Varsovie), dont la création scénique
a un très grand écho en Europe et en France, et qui ont tous
deux monté d’abord des pièces de Reza en langue étrangère
: allemand (Bondy avec Trois versions de la vie à Vienne), et polonais
(Lupa avec « Art » à Varsovie). L’un et l’autre mettent
en scène aujourd’hui Une pièce espagnole: Luc Bondy à
Paris (représentations en cours) et Krytsian Lupa à Varsovie
(création en mars. Il sera intéressant de croiser leurs points
de vue, et leur intérêt pour cette écriture, avec ceux
de deux universitaires, engagés dans la pensée critique et
les théories du théâtre (Robert Abirached et Denis
Guénoun), et avec le regard d’une spectatrice singulière,
Nicole Garcia, familière du plateau comme actrice et, comme cinéaste,
attentive aux questions d’écriture et de construction.