Qui se tient tant soit peu au courant de l’actualité scientifique
entend parler jour après jour de la démonstration de “nouveaux”
théorèmes, de la découverte de “nouvelles” particules
ou de “nouvelles” galaxies, de la mise en place de “nouvelles” technologies
ou de l’apparition de “nouvelles” sciences. Et, depuis qu’elle existe,
l’histoire des sciences s’est donnée pour objectif
de décrire pas à pas l’émergence historique effective
de ces nouveaux résultats, tandis que la philosophie des sciences
se proposait de dégager leurs conditions de possibilité ou
leurs conséquences pour une théorie de la connaissance. Mais,
s’il est indéniable que la production de nouveautés, et qui
plus est de nouveautés cumulables, est essentielle à la marche
des sciences au point de distinguer ces dernières des autres productions
humaines — c’est ce qu’on appelle usuellement le “progrès scientifique”
—, assigner exactement ce qui est nouveau ici ou là ne va pas de
soi. C’est que, contrairement à des œuvres (artistiques par exemple)
marquées du sceau d’une singularité irréductible,
un résultat scientifique nouveau est plus ou moins rapidement l’objet
d’une reprise cumulative et ainsi intégré dans l’édifice
anonyme des sciences ; et, dès lors, il devient difficile de l’isoler..
Parler
de nouveauté dans les sciences, c’est en particulier soulever
les trois questions suivantes : 1. Selon quels principes effectuer l’assignation
de nouveauté dans les sciences ? 2. Quand les sciences ont-elles
commencé à se caractériser par la production de nouveaux
résultats ? 3. Comment penser la nouveauté dans les sciences
? Un développement sur ces trois questions a été
envoyé aux intervenants du séminaire, les invitant à
réagir à partir des domaines qu’ils connaissaient.
2 octobre, Grenoble, MSH :
- Catherine Bodolec (EHESS), “Invention et innovation : un débat
en histoire des techniques”
- Luisa Dolza (centre d'études de la Renaissance, Tours), “Entre
nova et nouvelle : la notion de nouveauté dans les textes techniques
de la Renaissance”
6 novembre, Lyon, ENS-LSH :
- Sarah Carvallo (Ecole centrale de Lyon), “De la métaphore
antique à l'explication physiologique stahlienne de la respiration
: une nouvelle méthode médicale”
- Mai Lequan (université de Lyon III), “La nouveauté
de la chimie phlogistique de Stahl, puis de la chimie antiphlogistique
de Lavoisier vue par Kant”
4 décembre, Grenoble, MSH :
- Sonia Brentjes (Berlin), “How did scholars in Islamic societies see
themselves: seekers of novelty or imitators of a venerable past?”
- Sous réserve. Sophie Roux (université de Grenoble I),
“Remarques sur les catégories d’ancien et de nouveau dans la pensée
classique”
15 janvier, Lyon, ENS-LSH :
- Julie Leclere (Centre des humanités, INSA) : “Proclus : commenter
le nouveau et l’ancien”
- Alain Herreman (université de Rennes I) : “Peut-on caractériser
la nouveauté des mathématiques ensemblistes ? Une analyse
sémiotique”
5 février, Grenoble, MSH :
- Thierry Hoquet (université de Montpellier III) : “L'Histoire
naturelle selon Buffon : comment donner de la nouveauté à
une science ancienne”
- Jacques Lambert (université de Grenoble II) : “Primauté
du coeur et primordialité du sang : relecture de Harvey”
4 mars, Lyon, ENS-LSH
- Jérôme Fatet (université de Lyon I) : “La naissance
de la spectrométrie, l'actinomètre électrochimique
d'Edmond Becquerel”
1er avril, Grenoble, MSH :
- Daniel Parrochia (université de Lyon III), : “Les biomathématiques,
problèmes anciens, modèles nouveaux”
- Arnaud Bathiard (université de Lyon I) : “W. Whewell et la
consilience des inductions”
6 mai, Lyon, ENS-LSH
Sous réserve. Catherine Goldstein (CNRS, institut de mathématiques
de Jussieu-Chevaleret) et Etienne Ghys (CNRS, ENS-Lyon) : “Innovation et
géométrisation (XIXe-XXe siècles)”
Le séminaire est cofinancé par la MSH-Grenoble et par
l’ENS-LSH. Il se déroule alternativement dans les locaux de l’une
et de l’autre institution, le premier jeudi de chaque mois, de 14.00 à
17.00.
Pour tout renseignement, écrire à
Sarah.Carvallo@ec-lyon.fr
ou à
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