Programme du séminaire
Lyon-Grenoble d’histoire et de philosophie des sciences
“Du Nouveau dans les sciences”
pour l'année 2003-2004.


Qui se tient tant soit peu au courant de l’actualité scientifique entend parler jour après jour de la démonstration de “nouveaux” théorèmes, de la découverte de “nouvelles” particules ou de “nouvelles” galaxies, de la mise en place de “nouvelles” technologies ou de l’apparition de “nouvelles” sciences. Et, depuis qu’elle existe, l’histoire des sciences s’est donnée pour objectif
de décrire pas à pas l’émergence historique effective de ces nouveaux résultats, tandis que la philosophie des sciences se proposait de dégager leurs conditions de possibilité ou leurs conséquences pour une théorie de la connaissance. Mais, s’il est indéniable que la production de nouveautés, et qui plus est de nouveautés cumulables, est essentielle à la marche des sciences au point de distinguer ces dernières des autres productions humaines — c’est ce qu’on appelle usuellement le “progrès scientifique” —, assigner exactement ce qui est nouveau ici ou là ne va pas de soi. C’est que, contrairement à des œuvres (artistiques par exemple) marquées du sceau d’une singularité irréductible, un résultat scientifique nouveau est plus ou moins rapidement l’objet d’une reprise cumulative et ainsi intégré dans l’édifice anonyme des sciences ; et, dès lors, il devient difficile de l’isoler.. Parler
de nouveauté dans les sciences, c’est en particulier soulever les trois questions suivantes : 1. Selon quels principes effectuer l’assignation de nouveauté dans les sciences ? 2. Quand les sciences ont-elles commencé à se caractériser par la production de nouveaux résultats ? 3. Comment penser la nouveauté dans les sciences ? Un développement sur ces trois questions a été
envoyé aux intervenants du séminaire, les invitant à réagir à partir des domaines qu’ils connaissaient.
 

2 octobre, Grenoble, MSH :
- Catherine Bodolec (EHESS), “Invention et innovation : un débat en histoire des techniques”
- Luisa Dolza (centre d'études de la Renaissance, Tours), “Entre nova et nouvelle : la notion de nouveauté dans les textes techniques de la Renaissance”

6 novembre, Lyon, ENS-LSH :
- Sarah Carvallo (Ecole centrale de Lyon), “De la métaphore antique à l'explication physiologique stahlienne de la respiration : une nouvelle méthode médicale”
- Mai Lequan (université de Lyon III), “La nouveauté de la chimie phlogistique de Stahl, puis de la chimie antiphlogistique de Lavoisier vue par Kant”

4 décembre, Grenoble, MSH :
- Sonia Brentjes (Berlin), “How did scholars in Islamic societies see themselves: seekers of novelty or imitators of a venerable past?”
- Sous réserve. Sophie Roux (université de Grenoble I), “Remarques sur les catégories d’ancien et de nouveau dans la pensée classique”

15 janvier, Lyon, ENS-LSH :
- Julie Leclere (Centre des humanités, INSA) : “Proclus : commenter le nouveau et l’ancien”
- Alain Herreman (université de Rennes I) : “Peut-on caractériser la nouveauté des mathématiques ensemblistes ? Une analyse sémiotique”

5 février, Grenoble, MSH :
- Thierry Hoquet (université de Montpellier III) :  “L'Histoire naturelle selon Buffon : comment donner de la nouveauté à une science ancienne”
- Jacques Lambert (université de Grenoble II) : “Primauté du coeur et primordialité du sang : relecture de Harvey”

4 mars, Lyon, ENS-LSH
- Jérôme Fatet (université de Lyon I) : “La naissance de la spectrométrie, l'actinomètre électrochimique d'Edmond Becquerel”

1er avril, Grenoble, MSH :
- Daniel Parrochia (université de Lyon III), : “Les biomathématiques, problèmes anciens, modèles nouveaux”
- Arnaud Bathiard (université de Lyon I) : “W. Whewell et la consilience des inductions”

6 mai, Lyon, ENS-LSH
Sous réserve. Catherine Goldstein (CNRS, institut de mathématiques de Jussieu-Chevaleret) et Etienne Ghys (CNRS, ENS-Lyon) : “Innovation et géométrisation (XIXe-XXe siècles)”
 

Le séminaire est cofinancé par la MSH-Grenoble et par l’ENS-LSH. Il se déroule alternativement dans les locaux de l’une et de l’autre institution, le premier jeudi de chaque mois, de 14.00 à 17.00.
Pour tout renseignement, écrire à
Sarah.Carvallo@ec-lyon.fr ou à
 
 
 

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