Fonds documentaire Gilles Deleuze Centre d’études du Saulchoir Bibliothèque du Saulchoir
Vendredi 19 et samedi 20 novembre 2004
de 10 à 16 heures 30
Centre d’études du Saulchoir, 20, rue des Tanneries, 75013 Paris
(l'appel au format rtf)
Spinoza nous dit, au deuxième chapitre de son Traité politique (§5) : « Je l’avoue à la vérité, ces désirs qui ne tirent pas leur origine de la raison, sont non pas tant des actions que des passions humaines. Mais comme il s’agit ici de la puissance universelle de la nature, qui est la même chose que le droit de nature, nous ne pouvons reconnaître en ce moment aucune différence entre les désirs que la raison engendre en nous, et ceux qui ont une autre origine : les uns et les autres en effet sont des effets de la nature et manifestent la force naturelle par où l’homme s’efforce de persévérer dans son être. ».
Il n’y a pas, chez Spinoza, d’opposition entre la puissance et la raison.
Toutes deux sont des effets de la nature dont la détermination autorise
le conservatisme de l’être. Cependant, d’une part, une puissance
mal gérée par la raison engendre l’empire des passions, principe
de servitude. Et d’autre part, « personne ne naît raisonnable
». Le livre IV de l’Ethique semble être particulièrement
le lieu de la fondation de la raison spinoziste, qui est en même
temps le contraire de ce qu’on appellera plus tard un rationalisme. De
même, si cette raison peut être à l’usage d’un seul,
son mouvement convoque la communauté toute entière comme
Cité et, à raison, celui qui la gouverne (statut de la souveraineté).
A travers cette éthique conçue par une légitimité
de la raison en acte, le corps n’entretient pas moins une puissance, comme
résistance, comme puissance de la nature. Comment peut-on alors
concevoir une maîtrise des passions, comprenant ces passions, tout
autant que la raison, comme une puissance de la nature ? Comment peut-on
acquérir cette raison, puisqu’elle pas innée et pourtant
naturelle ? Quelle peut être la spécificité du droit
naturel spinoziste, dans la résistance qu’il expose, dans le conservatisme
qu’il recherche ? Sous quelle condition alors peut-on organiser une souveraineté,
par le respect de la puissance, par l’ordination de la raison dans sa gestion
des conduites individuelles et collectives ? Ces questions, et bien d’autres,
seront celles auxquelles tenteront de répondre ces journées.
Toutes les interventions feront 45 minutes, 10 minutes seront réservées
aux questions du public.
Tout projet d’intervention est à envoyer à Stéfan
Leclercq :
silsmaria@village.uunet.be
Ce projet ne bénéficiant d’aucune aide financière
et ne percevant aucun droit d’entrée, l’organisation se voit dans
l’impossibilité de rétribuer ou de rembourser les intervenants
de leurs frais.