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Jean-Jacques Delfour j.jacques.delfour@ac-toulouse.fr |
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Le philosophe et sociologue
Pierre Bourdieu est mort le 24 janvier 2002
| Bibliographie |
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Bibliographie
Un site universitaire
autrichien donne une excellente bibliographie: HyperBourdieu
"Une bibliographie et médiagraphie
complète avec le contexte et les relations internes de l'oeuvre
bourdieusienne par Ingo
Mörth (mail)
& Gerhard
Fröhlich (mail).
Par année:
1953,
1956,
1958,
1959,
1960,
1961,
1962,
1963,
1964,
1965,
1966,
1967,
1968,
1969,
1970,
1971,
1972,
1973,
1974,
1975,
1976,
1977,
1978,
1979,
1980,
1981,
1982,
1983,
1984,
1985,
1986,
1987,
1988,
1989,
1990,
1991,
1992,
1993,
1994,
1995,
1996,
1997,
1998,
1999,
2000,
2001,
Appendix
1, Appendix
2, Appendix
3, Appendix
4, Appendix
5, Appendix
6, Appendix
7 (nécrologies)
Presse
Dans Libération
Le
Web hyperbourdieusien
Pascal
Bruckner: «Bourdieu n'a pas connu la glose»
Rony
Brauman: «Une véritable hantise du personnage de Sartre»
Annie
Pourre: «Il ne voulait pas être le père spirituel de
qui que ce soit»
Eléments
bibilographiques
Des
champs de force au champs de lutte
Pierre
Bourdieu Les déshérités
Le
Monde
Article de T. Ferenczi (ou ici)
Les Inrocks: Pierre
Bourdieu, sociologue et intellectuel critique, l'un des penseurs majeurs
du XXe siècle, est mort à Paris le 23 Janvier. Toute sa vie,
il aura tenté de nous arracher à nos croyances pour redonner
espoir à nos croyances. Une petite rétrospective s'impose
sur lesinrocks.com
Cf le n° 323 du 29 janvier au 4 février.
France
Culture propose d'écouter Pierre Bourdieu, dans des entretiens
anciens, et des émissions spéciales à partir de jeudi
24/01, à suivre Dimanche 27/01 après midi, puis toute la
semaine prochaine. Dimanche de 14h à 17h00 sur France Culture, rediffusion
de Le bon plaisir Du lundi au vendredi à 8h30 sur France Culture,
rediffusion dans Les Chemins de la Connaissance, des entretiens avec Roger
Chartier, A voix nue.
Sites et institutions
Pierre
Bourdieu, sociologue énervant
Raisons
d'Agir
Le Centre
de sociologie européenne
The
Bourdieu Forum (en français)
Actualité de juin 2003
ACTES
DE LA RECHERCHE (4 numéros par an; dont un numéro double)
Liste
chronologique des numéros parus de 1975 à 2001
Liste
par auteurs des numéros parus de 1975 à 2001
Sommaire
du dernier numéro
Textes
Ce que peut faire
la sociologie. Le sociologue et les instituteurs. Proposé par
Remue.net.
"En 1983, au théâtre de Saint-Amand les Eaux, Ronald Klapka
reçoit Pierre Bourdieu pour une rencontre avec des instituteurs
de sa circonscription - il était caractéristique de Bourdieu
d'accepter ce genre de confrontation, dans le partage et la simplicité,
et la discussion qui se prolonge jusqu'à la minute qui précède
le départ du train - nous reproduisons ici l'enregistrement de la
conférence de Bourdieu, tel qu'il avait lui-même vérifié
et corrigé - dans la version téléchargeable, transcription
de l'échange avec la salle et de la discussion avec Ronald Klapka
- ce texte avait été publié dans "La Marmite", journal
des enseignants de St-Amand les Eaux"
Télérama
publie sur son site Internet la série d'entretiens réalisés
pendant l'été 1998, à l'occasion de la sortie
de "La domination masculine" : L'homme décide, la femme s'efface;
"Il
manquera toujours la moustache" ; Le
corset invisible ; La
transgression
gay ; Les
aventuriers de "l´île enchantée".
La
démocratie, ce n'est pas un chèque en blanc; extrait
de l'entretien réalisé par Daniel Mermet et diffusé
le 23 décembre 1998 dans le cadre l'émission Là-bas
si j'y suis; fichier mp3 de 3,1 Mo.
Censure
directe et pouvoir médiatique; Extrait de l'entretien, réalisé
par Daniel Mermet et diffusé le 23 décembre 1998 dans le
cadre l'émission Là-bas si j'y suis; fichier mp3 de 3,7 Mo.
Refuser
l'ordre intellectuel établi; Extrait de l'entretien, réalisé
par Daniel Mermet et diffusé le 23 décembre 1998 dans le
cadre l'émission Là-bas si j'y suis; fichier mp3 de 5,1 Mo.
Les
objectifs d'un mouvement social européen; texte mis en ligne
pzar le site Samizdat.
Une
minute sur France Inter (1993)
Interview
vidéo à Millau
Les
soumissions ne sont pas nécessairement conscientes; "L'émission
« Chronique Hebdo » sur Radio libertaire recevait Pierre Bourdieu
le 1er mars 2001 pour dialoguer autour de son dernier ouvrage, Contre-feux
n°2, pour un mouvement social européen , Éditions
Raisons d'Agir, 30 F. Une version du texte est parue dans le Monde Libertaire
du 12 avril 2001 (daté par erreur 5 avril), No. 1240 p.2 et se trouve
aussi sur le site de la Fédération anarchiste. La présente
version nous a été transmise par M. Bourdieu". Version en
anglais disponible.
A
contre-pente;
La
nouvelle vulgate planétaire; texte de Pierre Bourdieu et Loïc
Wacquant paru dans Le Monde diplomatique, MAI 2000, p. 6 et 7.
Pour
un mouvement social européen; texte de Pierre Bourdieu paru
dans Le Monde diplomatique, Juin 1999.
La
« jeunesse » n'est qu'un mot; Entretien avec Anne-Marie
Métailié, paru dans Les jeunes et le premier emploi, Paris,
Association des Ages,1978, pp. 520-530. Repris in Questions de sociologie,
Éditions de Minuit, 1984. Ed. 1992 pp.143-154.
L'illusion
biographique; dans Pierre Bourdieu : Raisons pratiques, Sur la théorie
de l'action. Paris, Éd. du Seuil, 1994. Chapitre 3 : Pour une
science des œuvres. Annexe 1.
De
la domination masculine; paru dans Le Monde diplomatique, août
1998.
L'essence
du néolibéralisme; paru dans Le Monde diplomatique, mars
1998.
Créez
des réseaux; Une entrevue avec Stefan Keller & Verena Mühlberger.
WochenZeitung,
11 mai 2000.
Préface
à La double absence; Préface de Pierre Bourdieu à
La
double absence. Des illusions de l'émigré aux souffrances
de l'immigré de Abelmalek Sayad. Liber, Seuil, 09/1999
Le
sort des étrangers comme schibboleth; in Contre-feux
(éd. Liber, raisons d'agir), Paris 1998."Ce texte publié
dans Libération le 3 mai 1995, sous la signature de Jean-Pierre
Alaux et la mienne, présente le bilan de l'enquête que le
GEPEF (Groupe d'examen des programmes électoraux sur les étrangers
en France) avait lancée en mars 1995 auprès de huit candidats
à l'élection présidentielle « afin d'examiner
avec eux leurs projets relatifs à la situation des étrangers
en France », sujet pratiquement exclu de la campagne électorale."
La
dernière instance; P.Bourdieu, La dernière instance,
in Le siècle de Kafka, Paris, Centre Georges Pompidou, 1984,
p.268-270. Repris in Choses dites, Paris, Les Éditions de
Minuit, 1987.
Questions
sur un quiproquo; dans Le Monde diplomatique, février 1998.
L'architecte
de l'euro passe aux aveux; paru Le Monde diplomatique, septembre 1997.
Le
mythe de la "mondialisation" et l'État social européen;
Intervention à la Confédération générale
des travailleurs grecs, (GSEE) à Athènes, en octobre 1996.
In « Contre-Feux », 1998.
Sur
Nice; dans Le Passant Ordinaire N° 33 (février 2001
- mars 2001).
Préface
aux Chômeurs de Marienthal; Préface de Pierre Bourdieu
à PAUL LAZARSFELD, MARIE JAHODA, HANS ZEISEL, Minuit, 1981.
Ce
que parler veut dire; intervention au Congrès de l'AFEF, Limoges,
30 octobre 1977, parue dans Le français aujourd'hui, 41,
mars 1978, pp. 4-20 et Supplément au n° 41, pp. 51-57. Repris
dans Questions de sociologie, Les éditions de Minuit, 1980,
pp 95- 112.
Que
suis-je ?; Une entrevue avec Pierre Bourdieu. Isabelle Graw. The
Thing, 1996.
L'espace
des points de vue; dans La misère du monde, Pierre Bourdieu,
dir., Seuil, 1993, pp. 9,10 & 11.
Note
brève sur l'antinomie de la protestation collective; «
An Antinomy in the Notion of Collective Protest », in Development,
Democracy, and the Art Of Trespassing : Essays in Honor of Albert 0. Hirschman,
A. Foxley, M.S. McPherson, C. O'Donnell eds, Notre Dame (Indiana), University
of Notre Dame Press, 1986, Paperback edition, 1988, p. 301-302. Repris
dans: Propos sur le champ politique, PUL, Lyon, 2000, pp. 89-91
Pierre
Bourdieu Sociologie et démocratie;
paru dans Zellige n°3, Octobre 1996; Service Culturel, Scientifique
et de Coopération de l'Ambassade de France au Maroc;
Biblio:
Bourdieu & le politique; Bibliographie in Pierre bourdieu : Propos
sur le champ politique, Presses Universitaires de Lyon, janvier 2000.
Pierre Bourdieu, le sociologue de tous les combats
LE MONDE| 24.01.02
Le chercheur et intellectuel engagé contre le néolibéralisme est mort mercredi soir à l'hôpital Saint-Antoine, à Paris, des suites d'un cancer. Ancien professeur au Collège de France, il était âgé de 71 ans.
Les controverses suscitées par les interventions publiques de Pierre Bourdieu au cours des dernières années ont quelquefois obscurci l'image de celui qui est largement reconnu comme l'un des grands penseurs de la société contemporaine. Un de ses disciples, Louis Pinto, a rappelé, il y a deux ans, dans un livre consacré à "Pierre Bourdieu et la théorie du monde social", comment le travail du sociologue a représenté "une révolution symbolique" analogue à celles qu'on a pu rencontrer dans d'autres disciplines, en musique, en peinture, en philosophie ou en physique.
Ce qu'a apporté Pierre Bourdieu à la sociologie, expliquait Louis Pinto, est avant tout une "manière nouvelle de voir le monde social"en accordant "une fonction majeure aux structures symboliques". L'éducation, la culture, la littérature, l'art, qui furent ses premiers sujets d'étude, appartiennent à cet univers. Mais les médias et la politique, dont Pierre Bourdieu fit, à la fin de sa vie, son champ d'investigation privilégié, relèvent également de cette approche. Ce qui caractérise les "champs de production symbolique", selon Louis Pinto, c'est le fait que les "rapports de forces entre agents" ne s'y présentent que "dans la forme transfigurée et euphémisée de rapports de sens". Autrement dit, la "violence symbolique", thème central des travaux de Pierre Bourdieu, ne s'analyse pas comme une pure et simple instrumentation au service de la classe dominante, elle s'exerce aussi à travers le jeu des acteurs sociaux. C'est sans doute cette volonté de surmonter les "fausses antinomies" de la tradition sociologique - entre interprétation et explication, entre structure et histoire, entre liberté et déterminisme, entre individu et société, entre subjectivisme et objectivisme - qui donne à la sociologie de Pierre Bourdieu son originalité.
Des Héritiers, un de ses premiers livres, publié en 1964 avec Jean-Claude Passeron, aux Structures sociales de l'économie en 2000, en passant par La Distinction en 1979 et l'ouvrage collectif La Misère du mondeen 1993, pour ne citer que quelques-uns des quelque vingt-cinq livres qu'il a publiés, il a ouvert une voie d'une grande richesse. En lui décernant sa médaille d'or, en 1993, le CNRS lui rendait un hommage mérité. Pierre Bourdieu, estimait le CNRS, "a régénéré la sociologie française, associant en permanence la rigueur expérimentale avec la théorie fondée sur une grande culture en philosophie, anthropologie et sociologie" Mais Pierre Bourdieu n'était pas seulement un chercheur exceptionnel, reconnu par ses pairs à travers le monde, il était aussi un intellectuel soucieux d'intervenir dans le débat public, dans la tradition française de Zola à Sartre. Il avait fait beaucoup, dans les années 1990, pour donner une grande visibilité au mouvement social et incarner ce qu'il appelait une "gauche de gauche", c'est-à-dire une gauche refusant les compromis consentis, selon lui, par le Parti socialiste.
"Dix ans de pouvoir socialiste ont porté à son achèvement, nous déclarait-il en 1992, la démolition de la croyance en l'Etat et la destruction de l'Etat-providence entreprise dans les années 1970 au nom du libéralisme". Face au silence des politiques, il en appelait à la mobilisation des intellectuels. "Ce que je défends, expliquait-il dans ce même entretien, c'est la possibilité et la nécessité de l'intellectuel critique". Il ajoutait : "Il n'y a pas de démocratie effective sans vrai contre-pouvoir critique. L'intellectuel en est un, et de première grandeur".
Ce combat contre le néolibéralisme sous toutes ses formes, Pierre Bourdieu y avait consacré ses dernières forces. De plus en plus, il s'efforçait de combiner la posture du savant et celle du militant en mettant ses connaissances scientifiques au service de son engagement politique. "Je me suis trouvé par la logique de mon travail, soulignait-il dans un de ses derniers ouvrages (Contre-feux 2, Pour un mouvement social européen), à outrepasser les limites que je m'étais assignées au nom d'une idée de l'objectivité qui m'est apparue comme une forme de censure". Il se disait soucieux de "faire sortir les savoirs de la cité savante" afin d'offrir de solides bases théoriques à ceux qui tentaient de comprendre et de changer le monde contemporain.
Cette lutte passait aussi par une mise en cause des médias, que Pierre Bourdieu jugeait soumis à une logique commerciale croissante et auxquels il reprochait de donner la parole, à longueur de temps, à des "essayistes bavards et incompétents". Dans l'une de ses dernières interventions, en 1999, il s'était adressé aux responsables des grands groupes de communication. Dans ces "Questions aux vrais maîtres du monde", il affirmait notamment : "Ce pouvoir symbolique qui, dans la plupart des sociétés, était distinct du pouvoir politique ou économique, est aujourd'hui réuni entre les mains des mêmes personnes, qui détiennent le contrôle des grands groupes de communication, c'est-à-dire de l'ensemble des instruments de production et de diffusion des biens culturels".
Il s'élevait contre cette mondialisation-là, refusant le choix entre la mondialisation conçue comme "soumission aux lois du commerce" et au règne du "commercial", qui est toujours "le contraire de ce que l'on entend à peu près universellement par culture", et la défense des cultures nationales ou "telle ou telle forme de nationalisme ou localisme culturel". Loin des souverainistes, il plaidait au contraire inlassablement pour plus d'universel. En se prononçant pour "un mouvement social européen", comme première étape d'un internationalisme bien compris, il défendait cet idéal, fidèle à son rôle d'intellectuel critique.
Il restait en même temps attaché à sa conception de la sociologie, telle qu'il avait exposée, en 1982, dans sa leçon inaugurale au Collège de France. "La sociologie n'est pas un chapitre de la mécanique, disait-il, et les champs sociaux sont des champs de forces mais aussi des champs de luttes pour transformer ou concerver ces champs de forces". Il ajoutait : "Le rapport pratique ou pensé que les agents entretiennent avec le jeu fait partie du jeu et peut être au principe de sa transformation". Contre tous ceux qui l'accusaient de donner trop de poids aux structures et de s'en tenir un déterminisme démobilisateur, il proclamait ainsi sa croyance en la liberté de l'homme. Sa vie et son œuvre sont là pour témoigner de cette forte conviction.
Thomas Ferenczi
Un scientifique et un militant
Repères biographiques
1930 : naissance à
Denguin (Pyrénées-Atlantiques) le 1er août, d'un père
fonctionnaire. Etudes à Pau, puis à Paris (Louis-le-Grand
et Ecole normale supérieure). Agrégation de philosophie.
1955 : début
de sa carrière d'enseignant au lycée de Moulins, puis aux
facultés d'Alger, de Paris et de Lille.
Depuis 1964 : directeur
d'études de l'Ecole pratique des hautes études
1968 : après
avoir appartenu à l'unité de recherches dirigée par
Raymond Aron, il crée le Centre de sociologie de l'éducation
et de la culture, laboratoire associé au CNRS qu'il dirige jusqu'en
1988.
Depuis 1975 : directeur
de la revue Actes de la recherche en sciences sociales.
Depuis 1981 : titulaire
de la chaire de sociologie au Collège de France.
1993 : médaille
d'or du CNRS
1995 : soutien appuyé
aux grévistes de décembre contre le "plan Juppé".
A partir de cette
date, nombreuses interventions et prises de position politiques, notamment
dans le groupe Raison d'agir.
1996 : préside,
le 24 novembre à Paris, les "états généraux
du mouvement social".
Principales œuvres
1958 : Sociologie
de l'Algérie
1963 : Travail
et travailleurs en Algérie
1964 : Le Déracinement
et Les Héritiers
1966 : L'Amour
de l'art
1968 : Le Métier
de sociologue
1972 : Théorie
de la pratique
1979 : La Distinction
1982 : Ce que parler
veut dire
1984 : Homo Academicus
1988 : L'Ontologie
politique de Martin Heidegger
1989 : La Noblesse
d'Etat
1993 : La Misère
du monde
1997 : Méditations
pascaliennes
1998 : Contre-feux
(Raison d'agir éditions) et La Domination masculine
2000 : Les Structures
sociales de l'économie