Jean-Toussaint Desanti
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Le philosophe Jean-Toussaint Desanti est mort le 20 janvier 2002

Ouverture, depuis le 15 novembre 2005, du site web du Centre Jean-Toussaint Desanti pour la philosophie de la connaissance, à l'ENS LSH. Une partie du site est dédié à ses travaux; y seront mis en ligne, au fur et à mesure, les résultats des études que les chercheurs du Centre mènent sur son oeuvre.
 
 
Bibliographie: livres, collaboration, préface, introduction et postface
Presse
Textes



Bibliographie

La notule bibliographique est disponible au format RTF en cliquant sur ce lien.


Livres

Desanti, Jean-Toussaint, Introduction à l’histoire de la philosophie, Paris, 1956 (éditeur indéterminé; source BNF).

Desanti, Jean Toussaint, Phénoménologie et praxis, Paris, Éditions sociales, 1963.

Desanti, Jean Toussaint, Les Idéalités mathématiques, recherches épistémologiques sur le développement de la théorie des fonctions de variables réelles, Paris, Éditions du Seuil, 1968. In-16 (20 cm), VIII-320 p. Coll.: L’Ordre philosophique.

Desanti, Jean-Toussaint, Recherches épistémologiques sur le développement de la théorie des fonctions de variables réelles, essai sur le statut des idéalités mathématiques, Paris, Éditions du Seuil, 1968. Thèse. Lettres. Paris. 1968.

Desanti, Jean-Toussaint, La Philosophie silencieuse ou Critique des philosophies de la science, Paris, Éditions du Seuil, 1975. Collection: L’Ordre philosophique. Note(s): Recueil de textes extraits pour la plupart de diverses revues et publications, 1965-1974. - Bibliogr., 4 p. ISBN 2-02-002750-X

Desanti, Jean-Toussaint, Introduction à la phénoménologie, Paris, Gallimard, 1976. Collection Idées. Précédemment paru sous le titre: "Phénoménologie et praxis". - Texte revu et augmenté d’un exposé présenté à un séminaire de la 1e Semaine de la pensée marxiste. ISBN 2-07-035339-7.

Desanti, Jean-Toussaint, Un Destin philosophique, Paris, Grasset, 1982. Coll: Figures, ISSN 0335-6809. Contient le texte de deux lettres de Maurice Clavel à l’auteur.

Desanti, Jean-Toussaint, Un Destin philosophique ou Les Pièges de la croyance, Paris, Librairie générale française, 1984. Collection: Le Livre de poche. Biblio essais, ISSN 0294-104-X. Bibliogr. des œuvres de J.-T. Desanti, 1 p.

Desanti, Jean-Toussaint, Réflexions sur le temps, Conversations avec Dominique-Antoine Grisoni, Titre d’ensemble: Variations philosophiques, 1. Paris, B. Grasset, 1992. ISSN 0335-6809. Publication: Paris: Librairie générale française, 1997. – Réédition dans la Collection: Biblio essais, Coll. principale: Le livre de poche, ISBN 2-253-94245-6.

Desanti, Jean-Toussaint, Introduction à la phénoménologie, Nouvelle éd. rev., Paris, Gallimard, 1994. Collection Folio. Essais. Précédemment paru sous le titre: "Phénoménologie et praxis". ISBN 2-07-032823-6.

Desanti, Jean-Toussaint, Philosophie, un rêve de flambeur, Conversations avec Dominique-Antoine Grisoni. Titre d’ensemble: Variations philosophiques, 2. Paris, Grasset, 1999. ISBN 2-246-59101-5.


En collaboration

Desanti, Jean-Toussaint & Lainé, Pascal & Kriegel, Blandine, Le Philosophe et les pouvoirs: entretiens avec Pascal Lainé et Blandine Barret-Kriegel, Paris, Calmann-Lévy, 1976. Collection: L’Ordre des choses, ISSN 0336-2922.

Desanti Dominique, Desanti Jean-Toussaint, La liberté nous aime encore, Odile Jacob, 2001, 2001, ISBN: 2-7381-1051-7


Préface, introduction ou postface

Brunschvicg, Léon, Les Étapes de la philosophie mathématique, Paris, Alcan, 1912; A. Blanchard 1972. Bibliothèque de philosophie contemporaine. L’édition de 1972 est précédée d’une préface de Jean-Toussaint Desanti. Réédité en 1981, avec une préf. propre à l’éd. de 1981.

Cariou, Pierre, Les idéalités casuistiques: aux origines de la psychanalyse, Paris, Presses universitaires de France, 1992. Collection: Questions, ISSN 0732-0514. Préface de Jean Toussaint Desanti.

Cavaillès, Jean, Méthode axiomatique et formalisme: essai sur le problème du fondement des mathématiques; introduction de Jean-Toussaint Desanti; préface de Henri Cartan. Paris, Hermann, 1981. Bibliogr. p. 184-191. Index. Thèse: Lettres: Paris: 1936. Reproduction en fac-sim. de l’éd. de Paris, Hermann, 1935. Les préf. sont propres à l’éd. de 1981. ISBN 2-7056-5941-2.

Châtelet, François, Une histoire de la raison; entretiens avec Emile Noël, Paris, Ed. du Seuil, 1992. Collection: Points. Sciences. Préface de Jean-Toussaint Desanti.

Defrance Bernard, Le plaisir d'enseigner, Syros, 1997. Préface de Jean-Toussaint Desanti.

Desanti, Dominique, Ce que le siècle m’a dit, Paris, Plon, 1997. En appendice, texte d’un entretien de l’auteur avec Jean-Toussaint Desanti.

Fausto, Ruy, Marx, logique et politique: recherches pour une reconstitution du sens de la dialectique, Paris, Publisud, 1986. Avant-propos de Jean Toussaint Desanti.

Giudicelli, Sébastien, Journal de bord d’un thérapeute: études cliniques, Paris, Ed. du Seuil, 1996. Collection: Champ freudien. Préface de Jean-Toussaint Desanti.

Husserl, Edmund & Frege, Gottlob, Correspondance, trad. de l’allemand par Gérard Granel, Mauvezin, Trans-Europe-Repress, 1987, ISSN 0751-963X; postf. de Jean-Toussaint Desanti

Jaulin, Robert, L’univers des totalitarismes: essai d’ethnologie du non-être, Paris, L. Talmart, 1995. Préface de Jean-Toussaint Desanti. ISBN 2-903911-41-X.
 
 



Presse

L'article de R. Maggiori paru dans Libération (ou ici).
L'article de R.-P. Droit par dans le Monde (ou ici).
 
 



Textes

Jean-Toussaint Desanti : Un philosophe est un flambeur. Propos recueillis par François Ewald. In Magazine littéraire n° 339 Janvier 1996
 

Sur J.-T. Desanti:

Vient de paraître aux éditions de l’Ecole Normale Supérieure dans la série Hommages
Jean-Toussaint Desanti Une pensée et son site
Georges Ravis-Giordani a réuni les textes du colloque qui s’est tenu à Bastia les 5, 6 et 7 juin 1997 en présence de Jean-Toussaint Desanti.

Par son enseignement à la Sorbonne et à Saint-Cloud comme par les travaux auxquels il a donné leur impulsion, Jean-Toussaint Desanti est l’une des personnalités les plus marquantes de l’université française. Cet ouvrage explore les principaux champs de son œuvre philosophique. Ce qui se dévoile comme habitable, c’est précisément le système ouvert de ces renvois. La variété des thèmes traités tient ainsi à ce qu’est proprement la pensée.

L’aspect énigmatique de la philosophie chez Desanti tient à l’association inédite du retour obstiné aux lieux les plus denses de la tradition et d’une grande vivacité pour mettre en abyme des questions et des textes. La notion de site interroge l’horizon de sens et les domaines de connexion qui permettent d’avancer des propositions recevables dans les divers champs conceptuels. Desanti vise la constitution d’une histoire de l’engendrement spécifique des systèmes de pensée.

Les auteurs ici réunis déploient eux-mêmes cette méthode à propos de champs familiers à Jean-Toussaint Desanti : phénoménologie, mathématiques, pensée grecque, en y ajoutant les accents particuliers de la Corse. Leurs contributions effectuent nombre de ces déplacements qui engagent la pensée sur des voies nouvelles, et nous renvoient des systèmes philosophiques aux mathématiques, à l’expérience de l’intersubjectivité et à la question de la transmission de l’impulsion pour la recherche. La discussion que ces textes ont suscitée lors du colloque de Bastia fut l’occasion pour Jean-Toussaint Desanti de donner quelques précieuses clés d’interprétation pour ses travaux.

Participants : S. AUROUX, M. CAISSON, T CASALONGA, M. CAVEING, J-T DESANTI, J-P DOLLE, R-P DROIT, S. GUIDICELLI, M. GODELIER, P GUENANCIA, P JACERME, J MERKER, A MICHEL, J-L PETIT, G RAVIS GIORDANI, A ROVERE, R SASSO, H SINACEUR, J-J SZCZECINIARZ.

ENS Editions
31, avenue Lombart BP81
92266 Fontenay-auxRoses cedex
tel 01 41 13 24 81/83 fax 01 4113 24 78
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Le philosophe qui se méfiait des mots
Jean-Toussaint Desanti est mort à 88 ans. Il relevait d'une opération cardiaque.

Par Robert MAGGIORI
Libération, lundi 21 janvier 2002

En 1968, il publie son maître-livre, «les Idéalités mathématiques», qui continue de servir de «table d'orientation» à la pensée logique et épistémologique.

l y a quelques jours (notre cahier «Livres» de jeudi dernier) paraissait aux Editions Odile Jacob La liberté nous aime encore, dans lequel, sollicités par Roger-Pol Droit, Dominique et Jean-Toussaint Desanti portaient un regard croisé sur leur vie commune, leur amour, leur trajectoire intellectuelle et politique. Jean-Toussaint Desanti, 88 ans, relevait d'une opération cardiaque: il est mort hier. C'était l'un des plus grands philosophes et épistémologues français. Desanti a enseigné à l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm ­ où il a eu comme auditeurs Louis Althusser et Michel Foucault ­ et à celle de Saint-Cloud, puis à la Sorbonne, où il a préparé à l'agrégation de philosophie des générations d'étudiants. Il a relativement peu écrit et ne s'expliquait que s'il était sommé de le faire (1), voyant dans l'«économie des paroles inutiles» une des principales vertus des hommes. N'ayant jamais quitté sa Corse natale avant 18 ans ­ il est né le 8 octobre 1914 ­, Desanti, qui avait l'habitude de se promener armé, ne connaissait rien d'autre en arrivant à Paris que le grec, le latin, les mathématiques et quelques pages de Bergson.

Exigence. Avec son ami François Cuzin ­ fusillé par les «fascistes français» en 1944 ­, il pénètre prudemment dans cette «cathédrale» qu'est l'Ethique de Spinoza. Au contact de «cette pensée autre qui vivait dans un texte», il se sent «mis en attente», placé «au seuil des mots», capables de réduire la tension de «l'effondrement de toute signification reçue». Il se sent happé par l'exigence de «devenir philosophe». Grâce à Jean Cavaillès, fondateur du réseau Libération Sud, exécuté par les Allemands en 1943, et à Maurice Merleau-Ponty, il apprend, sans qu'elles contredisent son spinozisme, les deux langues «natives» de sa philosophie: l'épistémologie des mathématiques et la phénoménologie. La troisième, le marxisme, il l'apprendra sur le terrain du militantisme.

Le saut du «parti pris éthique» à l'«engagement politique», Desanti l'effectue un matin de juillet 1942, lorsqu'il aperçoit ces enfants juifs assis sur leurs valises devant le commissariat du Panthéon. Ce sont d'abord des tracts, des publications en samizdats, comme Socialisme et liberté, auquel collabore aussi Sartre. Bientôt, avec sa femme, Dominique, l'entrée dans la résistance active et l'adhésion, en 1943, au Parti communiste clandestin. Du parti, après la guerre, Jean-Toussaint Desanti sera une des figures intellectuelles influentes: par «centralisme démocratique», il en défend jusqu'en 1956 toutes les positions, y compris staliniennes, et ira jusqu'à défendre la séparation entre le bon grain de la «science prolétarienne» et l'ivraie de la «science bourgeoise».

Aveuglement. Après le grand ripensamiento et la reconnaissance de l'aveuglement politique, Desanti retrouve le silence et se remet à la philosophie des sciences. En 1968, il publie son maître livre, les Idéalités mathématiques, qui, pic escarpé où se retrouvent les marques de Bachelard et de Cavaillès, continue d'être exploré et de servir de «table d'orientation» à la pensée logique et épistémologique.

«Touky»,comme tout le monde l'appelait, avait quelque chose d'un chat, qui feint de dormir et profite du rai de soleil qui réchauffe. Mais il ressemblait aussi à Socrate, l'accoucheur des esprits. Un Socrate «en négatif»: le Grec était hirsute, peu amène, satyre au-dehors et dedans bonté. Le Corse était malicieux et jovial, tout en rondeur et faconde au-dehors, et, dedans, rigueur et exigence, puissance analytique forçant la pensée à aller au bout d'elle-même pour ne pas succomber sous le faix du «sens déjà médité».

(1) Un destin philosophique (Grasset, 1982) répond à deux lettres de Maurice Clavel; le Philosophe et les pouvoirs (Calmann-Lévy, 1976) vient d'entretiens avec Blandine Barret-Kriegel et Pascal Lainé; Réflexions sur le temps (Grasset, 1992) et Philosophie: un rêve de flambeur (Grasset, 1999) sont des conversations avec Dominique-Antoine Grisoni.
 



Disparition de Jean-Toussaint Desanti

LE MONDE | 21.01.02

Le philosophe Jean-Toussaint Desanti est mort, dimanche 20 janvier, à l'hôpital Lariboisière, à Paris, d'un arrêt du cœur. Il avait 87 ans et venait de publier un récit autobiographique.

Jean-Toussaint Desanti était un homme à plusieurs visages. Le plus superficiel, celui qu'on apercevait d'emblée et qui fut souvent décrit, était un masque de matou matois, où l'on pouvait entrevoir un berger corse, un gros chat silencieux, un bonze malicieux ou un vieux sage, au rire rare et pointu. Cette apparence réservée, un peu farouche, cachait un trésor que découvrirent au fil des décennies ses élèves, ses étudiants et ses amis, qui étaient souvent les mêmes : un homme généreux, avisé, toujours prêt à aider chacun à trouver sa voie propre. Rien de tout cela, même si c'est essentiel, ne constitue encore son visage principal.

Lequel est-ce ? Celui de l'auteur d'une œuvre théorique de première importance, de celles qu'avec le temps on ne risque pas d'oublier ? Cette œuvre souvent difficile, relativement peu étendue, mais marquante pour la réflexion contemporaine, a pour pièce maîtresse les Idéalités mathématiques, paru en 1968. Dans ce travail élaboré pendant une vingtaine d'années, le philosophe s'était fait mathématicien pour interroger les mathématiques de l'intérieur. En choisissant de suivre l'évolution de la théorie des fonctions des variables réelles, Desanti travaillait sur un domaine qui avait l'avantage d'être actuel tout en traversant l'histoire de la discipline depuis Aristote jusqu'à la théorie des ensembles.

ALLER "SUR LE TAS"

Si la difficulté et la technicité du propos réservent l'ouvrage à des spécialistes aguerris, le changement de perspective introduit est facile à décrire. Desanti rompait avec la tradition d'une philosophie censée dire la vérité des sciences en les regardant de haut. Il montrait comment le philosophe doit aller "sur le tas" afin de saisir comment fonctionne telle ou telle fabrique d'énoncés scientifiques. Ces points de méthode seront explicités et précisés, en 1975, dans la série d'études intitulée La Philosophie silencieuse. On comprend, en les lisant, qu'il n'y a pas et ne peut y avoir de "desantisme" comme système clos ou vérité ultime. Ses disciples ont suivi chacun leur chemin, dans des disciplines distinctes.

On aurait tort, toutefois, d'imaginer Jean-Toussaint Desanti en expert austère, accessible seulement à quelques rares lecteurs. Dès qu'il se mettait à parler, dans ses cours, conférences, entretiens publics ou privés, le philosophe se transformait volontiers en conteur. Il inventait des fables. Il savait multiplier métaphores et comparaisons. C'est pourquoi il excellait dans les livres de dialogues : Le Philosophe et les pouvoirs, avec Blandine Barret-Kriegel et Pascal Laîné en 1976, et surtout, en 1992 et 1999, Réflexions sur le temps et Philosophie, un rêve de flambeur, deux séries de conversations avec Dominique-Antoine Grisoni.

UNE EXISTENCE DE RÉSISTANT

On peut s'étonner qu'un homme né en 1914 ait publié si tard, et apparemment si peu, même s'il demeure de nombreux textes épars, fruits de multiples interventions. C'est qu'une autre vie avait précédé. Avant d'être nommé professeur à l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, où il enseigna de 1960 à 1975, puis à la Sorbonne, Jean-Toussaint Desanti avait mené une existence de résistant et de militant. Du lycée d'Ajaccio à la rue d'Ulm, où il entre en 1936, le parcours est sans surprise. Mais la guerre trouve le jeune agrégé marié, nommé professeur à Vichy et bientôt organisateur de soutien logistique aux maquis armés. Avec Merleau-Ponty, dont il était l'élève, et Sartre, dont il devint l'ami, il publie un bulletin clandestin, Socialisme et Liberté. Il adhéra en 1943 au Parti communiste, où il resta jusqu'en 1958.

Membre du comité de rédaction de La Nouvelle Critique, Jean-Toussaint Desanti devint alors l'une des figures principales de l'intelligentsia communiste, aux pires moments du stalinisme et de la guerre froide. Il rédigea notamment, en 1949, un article demeuré tristement célèbre : "Science bourgeoise, science prolétarienne". Il analysera lui-même, bien plus tard, le mécanisme de cet aveuglement qui fait plier la raison sous la croyance. Un destin philosophique, en 1982, rédigé en réponse à une longue lettre de Maurice Clavel, constitue sa première autobiographie intellectuelle.

La liberté nous aime encore, réalisé avec ma collaboration, fut sa dernière. Ces Mémoires intellectuels et politiques, conjugués avec ceux de Dominique Desanti, son épouse, sont parus il y a quelques jours ("Le Monde des Livres" du 18 janvier.). Ce volume évoque d'autres visages encore de Jean-Toussaint Desanti : sauveteur d'enfants juifs pendant l'Occupation, lecteur assidu de Husserl, militant apportant un soutien actif au FLN pendant la guerre d'Algérie, ami de Jacques Lacan et, plus inattendu, le visage d'un homme amoureux au sein d'un couple singulier et ouvert, s'efforçant de se défaire de la "pathologie amoureuse".

Il se pourrait que tous ces visages se rassemblent en un seul, porteur d'un très vieux nom : philosophe. Non pas simplement professeur, historien, chercheur, faiseur de livres. Mais aussi, au risque parfois de l'égarement et de l'errance. expérimentateur d'existence.

Roger-Pol Droit