Académie de Toulouse
Archives des livres par date
avril mai juin 2003
Responsable du site:
Jean-Jacques Delfour
j.jacques.delfour@ac-toulouse.fr

 
Retour au sommaire général
Archives des livres par auteurs
Archives des livres par date
Archives des revues
 Nouveautés

Vous trouverez ici l'archivage des publications annoncées en avril mai juin 2003.
NB: Les titres ne sont pas archivés par nom d'auteur.
Les titres suivis d'un * sont des rééditions.
Archives des livres par date

La liste des nouveautés de avril mai juin 2003 est aussi disponible au format rtf.
 

— Abecassis Eliette, Petite métaphysique du meurtre, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053743-X.

— Aires Matias, Maffre Claude, Lettre sur le bonheur, Arléa, 2003, ISBN: 2-86959-624-3

— Alcantara Jean-Pascal, Sur le Second Labyrinthe de Leibniz. Mécanisme et continuité au XVIIème siècle, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4537-7. Entre l'invention du calcul diférentiel et la reforme de la mécanique, Leibniz avait aussi entrepris celle de la géométrie euclidienne. Dans le cadre de la "Mathesis universalis", ces recherches en vue d'établir une caractéristique géométrique fondée sur les relations de similitude, de congruence et de determination lui permirent de déjouer les embarras du second labyrinthe, celui du continu, réservant à d'autres efforts une issue vraisemblable au premier labyrinthe de la liberté et de la prédéstination. – Notule de l’éditeur.

— Al-Färäbi Abû Nasr, Aphorismes choisis, Traduit de l’arabe par Soumaya Mestiri et Guillaume Dye, (Collection Maktaba), Fayard, 2003, ISBN: 2-213-61624-8. Les Aphorismes choisis ont connu une postérité remarquable dans la philosophie médiévale arabe et juive. Al-Fârâbî y présente les principaux enseignements de sa philosophie pratique, à savoir les principes «sur la manière dont les cités devraient êtres gouvernées et rendues prospères, les modes de vie de leurs habitants rendus meilleurs, et ceux-ci conduits vers le mieux». Né dans la région de Fârâb, dans le Turkestan, Abû Nasr al-Fârâbî, surnommé par les sources arabes «le Second Maître» (le premier étant Aristote), a commencé sa carrière dans la Bagdad abbasside et l’a achevée à Damas, après avoir séjourné à Alep auprès du prince Sayf al-Dawla. Il est l’une des figures les plus importantes de la philosophie médiévale. Son influence sur Avicenne, Averroes et Maïmonide fut considérable, aussi bien par ses commentaires des oeuvres logiques d’Aristote que par ses oeuvres d’éthique et de philosophie politique.  – Notule de l’éditeur.

— Al-Jähiz, Le Livre des animaux. De l’étonnante sagesse divine dans sa création et autres anecdotes, Traduit de l’arabe par Mohamed Mestiri et Monique Castaignède (Collection Maktaba), Fayard, 2003, ISBN: 2-213-61625-6. L’oeuvre de Jâhiz est immense, mais Le Livre des animaux est incontestablement le plus célèbre de ses livres. Il consiste en un mélange agréable d’anecdotes, de grivoiseries, de satires mais aussi d’études profondes, sociales, politiques et religieuses. En l’écrivant, Jâhiz avait l’ambition de s’adresser tout à la fois au vulgaire et à l’élite. Jâhiz naît à Basra ou Bassorah (port principal de l’Irak actuel) en 776 et y meurt en 868. Son nom est en réalité un surnom qu’il doit à ses yeux globuleux et dont il fut affublé dès son jeune âge. Il acquiert très tôt une solide formation religieuse et intellectuelle qu’il complètera par une profonde immersion dans la culture grecque. Ce compromis est matérialisé par son adhésion à l’école mu’tazilite qui prône la doctrine du libre-arbitre et la suprématie de la Raison, et dont on sent indéniablement l’influence sur son oeuvre. – Notule de l’éditeur.

— Alliot Michel, Le droit et le service public au miroir de l'anthropologie, Karthala, 2003, ISBN: 2-84586-403-5. L'observateur de la classe politico-administrative française ne peut s'empêcher de constater combien l'exercice du pouvoir y est conforme au modèle des sociétés plurales. Il ne s'agit pas ici du pouvoir théorique organisé par la Constitution et décrit dans les manuels, celui du Parlement et du Gouvernement, mais plutôt de celui des grands corps et des états- majors de partis et de syndicats: ce sont les détenteurs du pouvoir réel. Chacun le détient dans un domaine bien déterminé. Les ministres passent mais les Grands Corps conservent chacun autant de représentants dans les cabinets et à la tête des administrations centrales. Perdre une direction déclenche la bataille de tout un corps contre le gagnant et entraîne une obligation de compensation. – Notule de l’éditeur.

— Anders Günther, Sur la pseudo-concrétude de la philosophie de Heidegger, Sens & Tonka, 2003, ISBN: 2-84534-048-6

— Arendt Hannah, Juger. Sur la philosophie politique de Kant, Le Seuil, 2003, ISBN: 2-02-058896-X. 1re édition: 1991.

— Artous Antoine, Travail et émancipation sociale. Marx et le travail, Syllepse, 2003, ISBN: 2-84797-041-X. Pour qui veut porter un regard critique sur le travail, son organisation et sa place dans nos sociétés, la confrontation avec Marx est incontournable. Non pas pour faire une exégèse savante des textes ou restituer une vérité qui aurait été cachée mais pour traiter des problèmes qu’il a rencontrés, des réponses qu’il a apportées, des contradictions auxquelles il s’est heurté. Si le dispositif théorique mis en place par Marx a structuré l’horizon de la période historique passée, ses analyses sont toujours actuelles car le capitalisme c’est toujours l’assujettissement des individus à une production dominée par la valorisation marchande et le développement de la précarité et de l’insécurité sociale. S’il est toujours indispensable de remettre en cause l’organisation capitaliste du travail tout en se battant pour le droit à l’emploi, il est également nécessaire de jeter un regard critique sur un mouvement ouvrier qui a, trop souvent, valorisé le travail. Et au-delà sur une perspective d’émancipation tout entière centrée sur la réorganisation de la vie sociale autour d’une production enfin libérée de la domination du capital. Si Marx n’a pas échappé à cette vision, il trace toutefois un autre horizon dont l’actualité est étonnante. Celui d’une émancipation pensée à travers une dialectique du temps de travail et du temps libre, permise par une réduction massive du temps de travail. Il s’agit alors de libérer le travail mais aussi de se libérer du travail. C’est cette lecture de Marx que nous propose ce livre qui, en référence aux débats contemporains, mobilise des auteurs tels que Pierre Naville, Jean-Marie Vincent, André Gorz ou Dominique Méda.  – Notule de l’éditeur.

— Averroès, Commentaire moyen à la Rhétorique d'Aristote, Vrin, 2003, «Textes et traditions». 1704 p. ISBN: 2-7116-1610-X. - Pour les philosophes arabes de tradition aristotélicienne, la rhétorique est le principal instrument de communication dans la cité. Permettant aux philosophes de s'adresser au reste des citoyens, gouvernants inclus, aux gouvernants de diriger les citoyens et aux citoyens de communiquer entre eux, elle donne les règles d'un discours d'ordre logique, mais d'une logique accessible à tous. Elle comporte une théorie du style. N'ayant pas d'objet spécifique, elle couvre tous les domaines de la connaissance et aborde, selon un point de vue qui lui est propre, aussi bien la métaphysique que la psychologie, l'éthique ou la politique. Le droit envisagé suivant ses différentes sources, la loi naturelle, la loi positive et la Loi révélée, est l'objet de sa part d'une attention spéciale. Averroès (520-595/1126-1198), philosophe et grand cadi de Cordoue, recueille et développe cet héritage dans son commentaire continu à la Rhétorique d'Aristote. C'est ce monumental traité de philosophie médiévale qui est mis ici à la disposition du public non arabisant et arabisant de façon à ce que puissent y avoir un accès rapide et facile non seulement ceux qui s'occupent de la doctrine rhétorique dans son ensemble, mais aussi ceux qu'intéresse tel ou tel secteur particulier du savoir. Introduction générale, édition du texte arabe, traduction française, commentaire et tables par Maroun Aouad, docteur ès Lettres et directeur de recherche au C.N.R.S. – Notule de l’éditeur.

— Balandier Georges, Civilisés, dit-on, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053165-2.  - Quel sens peut encore avoir le mot civilisation? Que veut dire être civilisé? Ouvert à tous les savoirs, sans rien renier de sa rigueur critique, Georges Balandier a su tracer son chemin de liberté: ce livre l'évoque tout en nous parlant du temps présent avec un discernement et une sagesse exemplaires. – Notule de l’éditeur.

— Baysson Hubert, L'idée d'étranger chez les philosophes des Lumières, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-3719-6. Au XVIIIe siècle, période où la connaissance du monde est déjà très complète, les philosophes des Lumières sont directement confrontés à l'altérité, ce qui suscite leur réflexion sur les plans politiques et religieux bien-sùr, mais aussi sociologique et culturel. Chacun fait à sa manière l'éloge de la tolérance, mais paradoxalement chaque pensée reste profondément hermétique à l'accueil de la différence. Quoique posant les bases des nationalismes futurs, les philosophes assurent ainsi le renouvellement et la pérennisation des valeurs humanistes en les inscrivant au coeur de l'Europe. – Notule de l’éditeur.

— Benjamin Walter, Adorno Theodor-W., Correspondance Adorno-Benjamin, éd. Ivernel Philippe, La Fabrique, 2003, ISBN: 2-913372-28-7. Réédition du titre paru en mars 2002 (ISBN: 2-913372-17-1). Cette correspondance, publiée intégralement dans une nouvelle traduction de Philippe Ivernel, éclaire les rapports entre deux des plus importantes figures de la vie intellectuelle du XXe siècle. Elle comprend plus de cent lettres, qui vont de quelques lignes sur des questions matérielles à de grands échanges théoriques, auxquels la forme épistolaire donne une liberté et une immédiateté uniques. Ainsi se trouve précisée la relation entre ces deux êtres, tantôt cordiale et même chaleureuse, tantôt tendue par les difficultés de la vie -Benjamin, qui vit à Paris dans une quasi-misère, est suspendu à l'aide de l'Institut de Horkheimer où travaille Adorno- ou par les divergences idéologiques. Avec en toile de fond la montée du nazisme et les problèmes de l'exil, on voit passer dans ces lettres quantité d'amis qui sont des figures marquantes du moment, de Brecht à Sholem, de Bloch à Kraucauer. Les travaux d'Adorno sur Wagner et la musique moderne, les notions centrales chez Benjamin - l'œuvre de Kafka, l'aura, le messianisme, l'image dialectique -, la lente élaboration de son grand ouvrage sur les Passages dont des extraits paraissent, après une rédaction surveillée par les réflexions critiques d'Adorno, dans la revue de l'école de Francfort, toute cette activité intellectuelle, dont il est admirable qu'elle ait pu se développer dans de telles circonstances, se trouve ici exposée, avec le charme qu'apportent les notations sur la vie quotidienne. Un important appareil de notes éclaire les personnages, ouvrages, événements dont il est question dans ces lettres, et les sujets évoqués font l'objet de renvois aux éditions des œuvres d'Adorno et de Benjamin actuellement disponibles. Dans sa présentation, Enzo Traverso montre à quel point cette correspondance est un document exceptionnel pour comprendre, dans toute sa dimension humaine et profondément tragique, l'exil intellectuel allemand, plus particulièrement judéo-allemand. Exil à Paris, dans une France qui, de refuge précaire après l'avènement du nazisme en 1933, se transforme, à partir du début de la Seconde Guerre mondiale, en une nasse où Benjamin trouvera la mort. Exil en Angleterre, puis aux états-Unis, où, à partir de 1938, Adorno est une figure marquante d'un des plus grands transferts culturels du monde contemporain. – Notule de l’éditeur.

— Bergson Henri, Leçons clermontoises. Tome 1, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4315-3. - Après le lycée d'Angers où il enseigne la philosophie à partir d'octobre 1881, Bergson est nommé à Clermont-Ferrand le 28 septembre 1883: il y restera cinq ans. Ces leçons transcrites au fur et à mesure de l'exposition ou tout simplement dictées, étant en pur style oral nous font pénétrer dans sa classe. Même si selon ses propos, dans l'enseignement on ne doit livrer que " les vérités traditionnelles ", ceci n'exclut pas que des thèmes proprement bergsonniens apparaissent déjà dans ses cours. Texte établi, présenté et annoté par Renzo Ragghianti. – Notule de l’éditeur.

— Bettetini Maria, Petite histoire du mensonge, Hachette, 2003, ISBN: 2-01-235629-X. Le mensonge fait partie de notre quotidien. Dans le discours politique ou le slogan publicitaire, dans la «réalité virtuelle», partout il triomphe. Cette pratique ordinaire a une longue histoire... Chez Homère, Ulysse ment pour garder la vie sauve, mais il y prend aussi du plaisir. Platon conseille aux dirigeants de la cité, aux hommes politiques, de mentir dans l'intérêt du peuple. Puis, au Moyen Âge, les clercs considèrent le mensonge comme une offense faite à Dieu, dont la parole est Vérité. Le menteur s'apparente au démon, et les acteurs, menteurs par profession, sont enterrés hors des murs de la ville, avec les voleurs et les faussaires. Machiavel le premier réhabilitera le mensonge, un art qu'il faut cultiver et enseigner. Savoir mentir est une qualité de l'homme de gouvernement; seul le petit menteur, comme Pinocchio, est désigné à la vindicte populaire et marqué par un nez qui grandit, grandit...A travers cette histoire du mensonge vu par les philosophes et les poètes, Maria Bettetini nous invite à une réflexion sur la place que celui-ci occupe aujourd'hui: mensonges des enfants, des joueurs, des artistes et des dirigeants, les grands menteurs de toujours. - Maria Bettetini enseigne l'histoire de la philosophie médiévale à l'université Ca'Foscari de Venise. Spécialiste de Saint Augustin, elle a traduit en italien Les Confessions. – Notule de l’éditeur.

— Bimbenet Etienne, La Structure du comportement, (Chap III, 3 "L'ordre humain"), Merleau-Ponty, Editions Ellipses, 2003, ISBN: 2-7298-5847-4.

— Blay Michel, Grand dictionnaire de la philosophie, Larousse, 2003, ISBN: 2-03-501053-5. Co-édition CNRS EDITIONS. 992 p. Ce Grand Dictionnaire de la philosophie contient quelque 1100 entrées (notions, courants et doctrines) et 70 dissertations. Œuvre commune de près de 200 auteurs, dont le travail a été guidé par un comité scientifique dirigé par Michel Blay, il permet d'appréhender les origines, les développements et les prolongements présents de la réflexion philosophique. Il est rendu compte de la cristallisation progressive des notions fondamentales et des principaux concepts opératoires avec une attention scrupuleuse à l'histoire des idées, notamment aux liens de la philosophie et des sciences. Le jeu de va-et-vient ouvert entre les entrées et une abondante série de textes d'auteurs contribue à la richesse de l'ensemble et témoigne du dynamisme de l'interrogation philosophique en ce début du XXIe siècle. Cet ouvrage a été conçu pour satisfaire les besoins et la curiosité des étudiants, enseignants et chercheurs, mais aussi du grand public cultivé, conscient que le désir de sens qui l'attire vers la philosophie doit être informé par un savoir constitué, une juste perception des jeux d'influence qui ont mené à la position actuelle des questions et une saisie exacte de la nature des débats et des enjeux. Cet ouvrage a été dirigé par Michel Blay et Pierre-Henri Castel, Pascal Engel, Gérard Lenclud, Pierre-François Moreau, Jacques Morizot, Michel Narcy, Michèle Porte, Gérard Raulet. – Notule de l’éditeur.

— Boece, La consolation de philosophie. Les Belles Lettres. Introduction, traduction et notes par Jean-Yves Guillaumin. Index. 200 p. 2002. ISBN 2-251-33943-4. - La Consolation est un texte unique dans l’antiquité, un mélange de 39 proses et 39 poésies, où une figure allégorique, Philosophia, s’adresse à son élève (Boèce) et lui apporte la consolation de son enseignement (évidemment une présentation du monde de type néo-platonicien). Ce dialogue est l’oeuvre d’un haut personnage romain chrétien, sénateur et patrice, emprisonné et accusé de haute trahison, alors qu’il attendait la mort, vers 524 après J.-C.. Cette situation «d’urgence» et d’imminence de la mort (pensons à celle de Socrate), démenti par la belle sobriété du texte, est devenu un modèle pour la philosophie, dernier rempart de la beauté et de la méditation, symbole de résistance à l’oppression et de méditation sur la condition humaine. La Consolation de Philosophie devait devenir l’un des ouvrages fondamentaux du Moyen Age, à côté de ceux de St Augustin, de St Benoît et de Bède le vénérable. C’est évidemment aussi un lointain modèle de la Divine Comédie de Dante. Boèce est un parfait représentant de la haute culture italienne de l’époque, déchirée entre sa fidélité à une tradition classique tenace (les satires grecques ou latines, la philosophie grecque, les consolations de Cicéron, Ovide ou Sénèque) et les réalités politiques de son temps, celui de l’Empereur Justinien (occupation par les Goths, la persécution des chrétiens, attrait d’un Orient encore brillant de sa vie culturelle). Boèce, après des études approfondies, qui l’avaient mis en contact avec les sources grecques néoplatoniciennes, avait conçu un vaste projet d’acclimatation de la culture grecque en Occident par le moyen de traductions latines des grands textes philosophiques et scientifiques de l’Antiquité: c’est pourquoi il est révéré par tout le Moyen Age, qui lui doit sa connaissance des textes aristotéliciens et de leurs commentaires néo-platoniciens. La présente traduction, inédite, est due à un spécialiste de Boèce; elle tient compte des très nombreux travaux modernes (édition du texte latin chez Loeb en 1973). – Notule de l’éditeur.

— Bouriau Christophe, Kant, Hachette, 2003, ISBN: 2-01-145509-X. Cet ouvrage est une anthologie de textes commentés, avec une présentation et un glossaire. Kant est, avec Platon et Descartes, un des auteurs les plus étudiés dès la terminale et bien sûr à l'université. Cependant, le style souvent technique de cette oeuvre la rend difficile d'accès pour les étudiants. Une anthologie commentée de ses grands textes est donc particulièrement bienvenue. Christophe Bouriau explicite la pensée de Kant à travers ses thèmes les plus connus: la question de la connaissance, de la morale et de l'art. Mais c'est surtout la très forte unité de son oeuvre qui apparaît au fil de l'anthologie. Enfin, certains aspects essentiels mais moins connus de la pensée de Kant trouvent la place qu'ils méritent: la politique et l'éducation, notamment. – Notule de l’éditeur.

— Boyanov slavy, L'humanisme ou la grande espérance, L’Age d’Homme, 2003, ISBN: 2-8251-1690-4

— Brague Rémi, Du temps chez Platon et Aristote. Quatre études, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053558-5*

— Brahami Frédéric, Introduction au Traité de la nature humaine de David Hume, PUF, Quadrige, 2003, ISBN: 2-13-051621-1

— Broisson Ivan, Nietzsche et la vie spirituelle, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4449-4. Nietzsche est universellement connu comme l'un des plus grands critiques de la religion. Sa contestation, cependant, se fonde toujours sur une pensée affirmative. Le présent ouvrage a pour propos d'explorer le versant positif de la réflexion de Nietzsche sur la vie spirituelle, entendue comme ensemble réunissant l'ascétique et la mystique. L'apport de Nietzsche à la spiritualité, trop souvent négligé, intéressera aussi bien le connaisseur du grand philosophe que le lecteur soucieux d'aborder avec acuité la question de la valeur de l'existence. – Notule de l’éditeur.

— Brunn Alain, Donne Boris, Lamouche Fabien, Marrache-Gouraud Myriam, Mesure et démesure. Platon, Gorgias, Rabelais, Gargantua, Molière, Dom Juan, Flammarion, 2003, ISBN: 2-08-074002-4. Cet ouvrage s'adresse aux élèves des classes préparatoires aux Grandes Écoles scientifiques. – Notule de l’éditeur.

— Butler Judith, Le Gaufey Guy, Antigone: la parenté entre vie et mort, EPEL, 2003, ISBN: 2-908855-74-7

— Cabestan Philippe dir., Introduction à la phénoménologie, Ellipses Marketing, 2003, ISBN: 2-7298-1457-4. Véritable initiation à la phénoménologie pour le lecteur débutant, l’ouvrage aborde les thèmes, les concepts, les œuvres majeures de la phénoménologie, tente de cerner le projet qu’elle poursuit depuis plus d’un siècle, et de circoncire cette doctrine paradoxale. – Notule de l’éditeur.

Cahiers d'Etudes Lévinassiennes N° 2/2003: Le monothéisme, Verdier, 2003, ISBN: 2-86432-389-3

Cahiers du Centre Marcel Granet N° 1: Du pouvoir, dir.: Lanselle Rainier, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053555-0 (Institut de la Pensée contemporaine Paris VII)  Quel est le mot chinois qui exprime la notion occidentale de "pouvoir"? Le mot "zhu" dont la polysémie recouvre quasi exactement celle de la racine indo-européenne. Mais au XIXe siècle, un traducteur japonais a pourtant choisi le mot "quan". Pourquoi? C'est ce que tentent d'éclairer ces différentes contributions. – Notule de l’éditeur.

Cahiers Gastion Bachelard, n° 5 (2002) : Bachelard et les arts, Faculté des Lettres - Dijon, 2003, «Cahiers Gaston Bachelard». 190 p. ISSN: 2-906645-45-1. - Le rayonnement intellectuel d'une grande œuvre, surtout philosophique comme celle de Gaston Bachelard, se mesure difficilement, l'inflation des commentaires pouvant n'être qu'un effet de mode. Alors que la critique universitaire, surtout en France, semble l'avoir délaissé, un large public se nourrit de ses œuvres, surtout celles consacrées aux images. Dans ce contexte, il devenait nécessaire de développer une recherche approfondie et régulière sur l'homme, l'œuvre et sa destinée. Notre propos dans ce volume consacré à Bachelard et les arts vise plutôt à souligner la réciprocité de la dynamique qui unit Bachelard aux artistes. Car, si le philosophe s'est attaché à inventorier «les grands rêves cosmiques qui attachent l'homme aux éléments» et personnalisent la création artistique, ses études ont aussi été à la source de la prise de conscience, par certains artistes, du caractère bachelardien de leur inspiration. L'art a nourri la réflexion bachelardienne et l'œuvre de Bachelard a fécondé et féconde encore l'inspiration des artistes. Ont collaboré à ce volume: C. Auzolle, A.-Y. Bureau, V. Colombel, F. Doriac, N. Lefébure, J. Leroux, J.-Cl. Margolin, F. Pallier, D. Paquet, B. Puthomme, J.-P. Rousseau, P. Sauvanet, F. Scouflaire, J.-J. Wunenburger – Notule de l’éditeur.

Cahiers philosophiques N° 94 Avril 2003: Dossier Kant, Delagrave, 2003, ISBN: 2-206-08708-1

— Caiazzo Irene, Lecture médiévales de Macrobe. Les Glosae Colonienses super Macrobium, Vrin, 2003, «Études de philosophie médiévale». 352 p. ISBN: 2-7116-1540-5. - Cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du platonisme médiéval, à la philososophie et à la science du XIIe siècle. Dans ses Commentarii in Somnium Scipionis, Macrobe transmet aux Latins l'enseignement de Platon et des philosophes néo-platoniciens grecs ainsi que des connaissances scientifiques touchant principalement aux arts du quadrivium; c'est la raison de son succès au Moyen Age et à la Renaissance. Le présent ouvrage donne une histoire de la diffusion des Commentarii in Somnium Scipionis du IXe au XII siècle (manuscrits, gloses, commentaires, diagrammes, citations), ainsi qu'une édition d'un commentaire anonyme daté du XIIe siècle, jusqu'ici inédit, conservé dans le manuscrit 199 de la bibliothèque du diocèse de la cathédrale de Cologne. L'édition critique est précédée par une étude doctrinale du texte et accompagnée de longues notes explicatives. Irene Caiazzo, docteur de l'École pratique des Hautes Études (IVe section), est chargée de recherche au CNRS (UMR 8584). Ses travaux ont porté sur le platonisme médiéval et la philosophie du XIIe siècle – Notule de l’éditeur.

— Calvez Jean-Yves, Essai de dialectique, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4538-5. - Quand le philosophe vise le tout, sans limitation ni borne, il est amené à découvrir que le réel comme tel, est dialectique: est en somme dialogue avec lui-même, dialogue intérieur à l'être, et pas moins dialogue avec toute réalité autre. Ceci s'étend aux plus divers domaines: l'être tout court , le connaître et la conscience, la liberté, la sexualité, toute l'histoire également. J.Y. Calvez, qui a parcouru bien des secteurs de la reflexion en débat avec la pensée de Marx, comme celles des historiens politiques allemands du XIXe siècle, rassemble ici ses vues fondamentales. – Notule de l’éditeur.

— Canning Joseph, Histoire de la pensée médiévale (300-1450), Cerf, 2003, ISBN: 2-204-07193-5. Traduction par Jacques Ménard. Coéditeur: Éditions Universitaires de Fribourg. Une synthèse qui présente successivement les conceptions chrétiennes du gouvernement du premier Moyen Age (300-750), les conceptions politiques de l'époque carolingienne (750-1050), les idées politiques en jeu dans les rapports souvent conflictuels entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel, ainsi que la récupération de l'héritage politique de l'Antiquité au cours de la période centrale du Moyen Age (1050-1290), et les conséquences pour la pensée politique de la confrontation avec les problèmes de gouvernement apparus dans les États et dans l'Église à la fin du Moyen Age (1290-1450). Joseph Canning est professeur en histoire à l'Université de Galles (Bangor) et directeur du British Centre for Historical Research in Germany (Max-Planck-Institut für Geschichte, Göttingen). Il est l'auteur de "The Political Thought of Baldus of Ubaldis" (1987) et a collaboré à "L'histoire de la pensée politique", publiée par l'Université Cambridge, sous la direction de J.H. Burns. – Notule de l’éditeur.

— Cattin Emmanuel, Schelling, Ellipses Marketing, 2003, ISBN: 2-7298-1393-4. Introduction à la pensée de Schelling, philosophe allemand (1775-1854), qui développa une philosophie de la nature, ainsi qu’une philosophie de l’esprit. Sa conception de l’identité absolue (de l’esprit et de la nature) en fit le philosophe de l’école romantique. Textes commentés + vocabulaire. – Notule de l’éditeur.

— Cavell Stanley, Un ton pour la philosophie. Moments d'une autobiographie, Bayard, 2003, ISBN: 2-227-47124-7

— Celan Paul, Entretien dans la Montagne, Verdier, 2003, ISBN:

— Chabot Pascal, La philosophie de Simondon, Vrin, 2003, ISBN 2-7116-1600-2. - "Ce livre étudie la philosophie de la technique de Gilbert Simondon (1924-1989) et sa pensée de l'individuation. A travers les grands moments de l'histoire des techniques (tradition, révolution industrielle, cybernétique), il interroge les notions de progrès, d'aliénation et de mémoire. Il analyse aussi le concept d'individuation et l'impact du devenir sur les organismes et le psychisme. Enfin, il met en lumière plusieurs aspects méconnus de la pensée de Simondon: son rapport à la psychologie des profondeurs, au sacré et à la "technoesthétique". Les techniques ont transformé les sociétés. Elles sont le bras armé d'une imagination nouvelle qui s'est donné les moyens de concrétiser ses désirs. Les interrogations sont nombreuses: quelles individuations valoriser, quelles techniques faut-il défendre et quelles autres réprouver? A partir de confrontations avec Diderot, Marx, Bergson, Jung, Eliade ou Jankélévitch, la philosophie de Simondon occupe une place centrale dans ce débat". - Pascal Chabot est Chargé de Recherches F.N.R.S. - Université Libre de Bruxelles. – Notule de l’éditeur.

— Charbonneau Georges & Granger Bernard éd., Phénoménologie des sentiments corporels. I. Douleur, souffrance, dépression & II. Fatigue, lassitude, ennui, Association Le Cercle Hermeneutique: Collection Phéno, 2003, ISBN: .

— Charles Sébastien, La philosophie française en questions, L.G.F., 2003, ISBN: 2-253-94346-0

— Charlot Patrick, Courvoisier Claude dir., Actualité politique et juridique de l'égalité, de PU Dijon, 2003, ISBN: 2-905965-86-X

— Charnay Jean-Paul, Regards sur l'islam, Freud, Marx, Ibn Khaldun, L’Herne, 2003, ISBN: 2-85197-429-7

— Choulet philippe, La mémoire, Quintette, 2003, ISBN: 2-86850-113-3

— Cocles Joël, Brenifier Oscar, Millon Isabelle, Le travail et la technique, Nathan, 2003, ISBN: 2-09-184482-9

— Cohen Joseph, Zagury-Orly Raphaël, Judéités. Questions pour Jacques Derrida, Galilée, 2003, ISBN: 2-7186-0582-0

— Collin Denis, Questions de morale, Armand Colin, 2003, ISBN: 2-200-26344-9. Perte des repères, crise des valeurs: de tous côtés, on réclame de la morale, ou, plus moderne, de l'éthique. Cette demande témoigne de réalités – le règne sans partage du marché, la crise des institutions chargées d'assurer la transmission des valeurs, etc. – évidentes de prime abord, fort complexes en leur fond, et relevant d'approches sérieuses et nuancées (telles que peuvent les fournir les sciences sociales). Air connu, on n'y reviendra pas. Mais l'individu désemparé par tant de désordre et par des mutations si rapides est devenu le client désigné d'aimables sophistes et philodoxes, tout prêts à lui fournir au kilo de la philosophie de consolation (ce bon vieux Sénèque !) ou de la resucée un tant soit peu castratrice (ce cher Kant !), le tout fagoté de manière à permettre, en bonne logique consumériste, de rentabiliser son existence. Peine perdue. On ne fera pas tourner la roue à l'envers. La morale est désormais irrémédiablement problématique: mais moins de solutions toutes faites n'oblige ni au faire-semblant, ni au nihilisme désespéré. La préoccupation morale a, peut-être pour la première fois, toutes ses chances de conquérir sa pleine autonomie, au prix d'un effort et d'un degré inédits de confrontation de chacun avec soi. Cela implique au premier chef une aptitude à bien discerner et poser les questions morales, et le parcours fondamental et parfaitement sérié que propose ici Denis Collin, assorti de l'ouverture de nombreuses pistes, sera à la fois une base pour la réflexion des futurs praticiens de la philosophie, une référence précieuse pour ceux qui enseignent la discipline, et un appui irremplaçable pour tous ceux qui se sentent animés d'une préoccupation morale authentique, c'est-à-dire peu disposée aux concessions. - Denis COLLIN, professeur de philosophie, chargé de cours à l'Université de Rouen, et auteur de nombreux ouvrages en philosophie morale et politique, travaille sur les rapports entre morales publiques et théories politiques. - Sommaire: ENTRÉE EN MATIÈRE. Le choix de la philosophie. La vie théorétique. Le bien. Trois dimensions de la vie philosophique. L'ordre d'exposition. Le sens de l'existence. Le point de départ: la facticité. Le finalisme. La nécessité et le destin. La liberté en situation. Absurde et liberté. Propos d'étape. LA RECHERCHE DE LA VIE BONNE. Le bonheur et le plaisir. Le souverain bien ou le bonheur. Le bonheur et le plaisir. L'économie du plaisir face à ses contempteurs. Plaisir et évitement de la souffrance. La destructivité du plaisir: Sade. Sur des vers de Virgile. Ambivalence et mixité du plaisir. Propos d'étape. Le bien et la vertu. Qu'est-ce que la vertu? Théorie aristotélicienne de la vertu. La liberté et la vertu stoïcienne. Problèmes et critiques du stoïcisme. Propos d'étape. Les amis et les autres. L'éthique de l'amitié. L'essence de l'amitié. Le plaisir d'être amis. Amour de soi et amitié. L'amitié comme vertu politique. Critique de l'amitié comme vertu politique. La pure amitié: Montaigne. Conclusion: amitié et bonheur. INTERMÈDE. Servitude et liberté. Un essaim de libertés. Impossible liberté? Un empire dans un empire? Apories du dualisme. Désir et affects. La critique de la morale et la valeur de l'éthique. Le problème de la responsabilité morale. Propos d'étape. LE DEVOIR DE LA VIE SOCIALE. Le problème des fondements de la morale. Éthique et morale. Position du problème. Morale et religion. Le relativisme moral. Le conséquentialisme en morale: utilitarisme. Propos d'étape. Le pur devoir. Morale et action. Nos intuitions morales. Raison pratique et dignité humaine. La loi de la liberté. La morale et le bonheur. Les critiques de la morale de Kant. Toute morale est kantienne. Propos d'étape. Questions et pistes de réflexion. Être heureux? La fin d'une illusion. Entre morale et droit: penser un «morale publique». Le point de la pensée morale: la justice. – Notule de l’éditeur.

— Conche Marcel, Ma vie antérieure & le destin de solitude, Encre Marine, 2003, ISBN: 2-909422-70-4. «SI “DIEU” n’est rien de plus, comme je le crois, que les quatre lettres D.i.e.u., s’il n’y a pas de “Toi absolu” à qui adresser nos prières, la condition humaine est condition de solitude. Ainsi le “veut” le destin. Ce qui est de l’ordre du destin est ce qui a lieu de telle sorte que rien ne peut faire qu’il en soit autrement. Le destinal n’est pas le nécessaire: la notion d’un Interlocuteur absolu, qui entendrait la prière humaine, n’est pas absurde. Simplement, il n’en est pas ainsi. Toutefois, l’individu oublie d’ordinaire la solitude essentielle qui est la sienne en tant qu’homme. L’autre homme lui fait oublier sa solitude. Cet effet d’oubli est le plus manifeste lorsque les humains sont ensemble par la force de l’amour. L’amour humain, où l’on aime et où l’on est aimé, de telle sorte que l’on vit sa vie en partage, vivant de la vie de l’autre comme l’autre de la nôtre, cet amour exténue, chez l’individu, le sentiment de sa solitude ontologique. Mais survient la mort qui brise l’union. L’individu se découvre alors destiné, par la tuchè, par la Moira, à une double solitude. Vient d’abord, pour lui, la souffrance de la solitude de soi, dès lors que bien des actes signifiants de sa vie signifient dans le vide. Ensuite, cette solitude même, de par son caractère irrémédiable, lui fait découvrir la solitude de l’être humain comme tel: l’œuvre – accidentelle – de tuchè, l’amène à reconnaître l’œuvre – essentielle – de Moira. Quant au bienfait d’une telle solitude, s’il en est un, ce ne peut être que de le vouer à la philosophie comme questionnement et interrogation devant l’homme comme énigme.» «APRÈS CINQUANTE-SIX ANS de vie dans l’extrême proximité à travers et malgré les extrêmes différences, ma femme m’a quitté pour le pays d’où l’on ne revient pas. Pour certains, elle fut toujours “Marie-Thérèse”, pour d’autres, les plus proches, les plus intimes, elle fut toujours “Mimi”, pour moi ... mais je préfère ne pas dire les mots de tendresse que je lui donnais. Il en est enfin pour qui, ayant été ses élèves, elle était restée “mademoiselle Tronchon”, celle qui, dans divers lycées, les avait initiés à la littérature et à la beauté littéraire. C’est d’abord ce qu’elle fut pour moi aussi, puisque je fus son élève au lycée de Tulle, en 1941-1942…» – Notule de l’éditeur.

— Conche Marcel, Le sens de la philosophie, Encre Marine, 2003, ISBN: 2-909422-69-0. «Un dialogue inachevé de Descartes, retrouvé dans ses papiers après sa mort, s’intitule: “La recherche de la vérité par la lumière naturelle”. Tel est, en effet, le sens de la philosophie: rechercher la vérité à l’aide de la “chose du monde la mieux partagée”: le bon sens ou la raison. Or, le scepticisme nous dit qu’il n’y a pas de vérité ou que la vérité est inattingible. Dès lors, quel est le sens de la philosophie? Comment le sceptique, s’il n’attend plus rien de la philosophie, peut-il philosopher encore? Tel est, en gros, l’enjeu de la question posée. Montaigne, alors qu’il a décidé de se vouer à la pure et simple oisiveté dans son château périgourdin, s’étant étonné des “chimères et monstres fantasques” que son esprit enfante sans cesse, se résout, pour mettre de l’ordre dans ses pensées, à les écrire. Il réfléchit alors sur la nature du langage et cite ce vers d’Homère: «…» (Iliade, 20. 249) – le langage constitue un riche fonds de mots pour dire n’importe quoi et son contraire…» – Notule de l’éditeur.

— Conche Marcel, Quelle philosophie pour demain?, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053496-1  "La question posée ici est nouvelle, parce que les mots demain ou avenir ont aujourd'hui une signification tout autre que celles qu'ils ont eues dans le passé. La question est: quelle philosophie pour une humanité pleine de contrastes et de contradictions? Quelle philosophie peut faire l'unité humaine? Ne serait-il pas temps d'en venir à une philosophie oecuménique? " – Notule de l’éditeur.

— Consoli Sylvie, La tendresse. De la dermatologie à la psychanalyse, Odile Jacob, 2003, ISBN: 2-7381-1277-3. Comment naît la tendresse? Cela se complique-t-il à l’adolescence? Pourquoi certains adultes ne supportent-ils pas d’être touchés? Pourquoi d’autres recherchent-ils le contact à tout prix? Comment se traduit le refus ou le manque de caresses? Et si la peau était, tout simplement, le reflet de la tendresse? Et si la tendresse était, pour chacun d’entre nous, petits ou grands, femmes ou hommes, une des conditions de notre équilibre psychique? Dermatologue, Sylvie Consoli est psychanalyste et membre de la Société psychanalytique de Paris. – Notule de l’éditeur.

— Corbet Jan dir., Censures. Actes du colloque du 16 mai 2003, Larcier, 2003, ISBN: 2-8044-1029-3. L’ouvrage rassemble les contributions de: Alain Berenboom, Fabienne Brison, Emmanuel Derieux, E. Dommering, François Jongen, Paul Martens, G.A.I. Schuijt, Alain Strowel, François Tulkens, Jan Velaers, Dirk Voorhoof, Els Witte. La censure ne pourra être établie, affirme fièrement notre Constitution. La réalité n'est-elle pas beaucoup plus nuancée? Entre la dictature du politiquement correct et une législation de plus en plus byzantine, les moyens de peser sur la liberté d'expression ne manquent pas. Censures judiciaire, administrative, sociale et politique en Belgique, en France et aux Pays-Bas seront au menu de cet ouvrage qui contient les actes du premier colloque organisé par la revue Auteurs & Media. – Notule de l’éditeur.

— Courtine Jean-François, Les catégories de l'être. Études de philosophie ancienne et médiévale, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053230-6. Les études réunies dans ce volume entendent éclairer l'élaboration du "vocabulaire de l'être" et de la "problématique catégoriale": essence, substance, sujet, substrat, existence... quelques questions ontologiques tenues pour fondamentales. – Notule de l’éditeur.

— Dagenais Daniel dir., Hannah Arendt, le totalitarisme et le monde contemporain, PU Laval, 2003, ISBN: 2-7637-7885-2

— Dagron Tristan et Védrine Hélène (éd.), Mondes, formes et société selon Giordano Bruno, Vrin, 2003, «De Pétrarque à Descartes». 227 p. ISBN: 2-7116-1620-7. Centrées autour de la question des relations entre la philosophie de la nature et la critique religieuse, les études réunies ici proposent autant de lectures de la pensée de Giordano Bruno qui mettent en avant son rôle décisif dans cette crise des formes de médiation qui pourrait caractériser la philosophie moderne, depuis la Renaissance jusqu'à la querelle du panthéisme. Outre des commentaires relatifs à la philosophie de la religion et de l'histoire, à la métaphysique et à la cosmologie de Bruno, ainsi qu'à son procès devant les tribunaux de l'Inquisition, une partie du volume est consacrée à la réception ambiguë du philosophe italien, jusqu'à Jacobi et Schelling. Ont collaboré à ce volume: M. Boenke, G. Bosco, J.-P. Cavaillé, T. Dagron, A. Del Prete, A. Ingegno, B. Levergeois, S. Otto, D. Quaglioni, J. Seidengart et H. Védrine – Notule de l’éditeur.

— Damascius, Commentaire du Parménide de Platon, Les Belles Lettres, Texte établi par L. G. Westerink, introduit, traduit et annoté par Joseph Combès, avec la collaboration de A. Ph. Segonds et de C. Luna. LXVI-404 p. Index. 2003. 2003, ISBN 2-251-00512-9.

— Damasio Antonio-R., Spinoza avait raison. Joie et tristesse, le cerveau des émotions, Odile Jacob, 2003, ISBN: 2-7381-1264-1. Qu'est-ce qu'une émotion, un sentiment? La joie et la tristesse, en particulier, sont les clés de notre survie et de notre bien-être. Non seulement les processus qui les expliquent préservent la vie en nous, mais ce sont elles qui nous motivent et nous aident à produire nos créations les plus admirables - l'art, bien sûr, mais aussi les comportements éthiques, le droit, l'organisation de la société. Descartes a instauré la grande coupure entre le corps et l'esprit; Spinoza, à la même époque, les a réunis et, surtout, a su voir dans les émotions le fondement même de la survie et de la culture humaines. D'où ce voyage accompli par un scientifique pionnier afin de redécouvrir le génie visionnaire de l'Éthique. Car c'est Spinoza qui préfigure le mieux ce que doit être pour Antonio Damasio la neurobiologie moderne de l'émotion, du sentiment et du comportement social. Spinoza fournit les concepts et les perspectives nécessaires au progrès de notre connaissance de nous-mêmes. - Antonio Damasio est professeur et directeur du département de neurologie de l'Université de l'Iowa. Il est également professeur adjoint au Salk Institute de La Jolla. Il est l'auteur de L'Erreur de Descartes (traduit en vingt-trois langues) et du Sentiment même de soi (traduit en dix-neuf langues). – Notule de l’éditeur.

— Daoust Marie-José, Martin Jean-Claude, Vacher Laurent-Michel, Débats philosophiques. Une initiation, Liber, 2003, ISBN: 2-89578-021-8

— Dejardin Bertrand, Pouvoir et impuissance. Philosophie et politique chez Spinoza, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4517-2. Pour Spinoza, tout pouvoir politique est toujours implicitement théologique: il a pour cause l'impuissance pratique de la raison. Il apparaît en effet que dans le Tractatus theologico-politicus, la philosophie ne peut édicter des lois susceptibles de contenir la barbarie, lois qui, pour être efficaces, doivent être inspirées par la foi, condition de l'obéissance civile. Or la foi est une modalité de l'imaginaire; si la raison possède la puissance théorique d'en connaître les mécanismes, elle reste incapable de substituer la philosophie à la religion lorsqu'il s'agit de garantir la paix civile. B. Dejardin est l’auteur de L'immanence ou le sublime. Observations sur les réactions de Kant face à Spinoza dans la Critique de la faculté de juger (même éditeur). – Notule de l’éditeur.

— Delattre Michel, La raison, Quintette, 2003, ISBN: 2-86850-116-8

— Depré Olivier et Lories Danielle, Vie et liberté. Phénoménologie, nature et éthique chez Hans Jonas, Vrin, 1905, «Problèmes & Controverses». 224 p. ISBN: 2-7116-1603-7. Dix ans après la mort de Hans Jonas, qu'en est-il de la réception de sa philosophie? L'incroyable succès qu'elle connut s'explique par l'actualité d'un de ses thèmes principaux: la nécessité d'une responsabilité nouvelle à l'égard des générations futures. Mais la réception largement négative que provoqua sa vulgarisation dans les domaines de l'éthique envireonnementale ou de la bioéthique ne laisse pas de masquer le fondement de cette philosophie et les conditions mêmes de la mise en place des thématiques nouvelles qui retinrent d'abord l'attention. S'alimentant à des sources tantôt cachées, tantôt éclectiques, elle s'est développée au cours de plusieurs périodes dont le philosophe lui-même disait ne pas voir ce qu'elles avaient en commun… Susceptible d'être abordée par des voies multiples, cette œuvre reste encore un défi pour le penseur et l'historien de la philosophie qui veulent la prendre au sérieux et qui sont soucieux de la reconstruire et d'en lever tous les mystères. Olivier Depré et Danielle Lories, tous deux professeurs à l'université de Louvain (Louvain-la-Neuve), sont notamment titulaires du cours de philosophie moderne et d'esthétique. – Notule de l’éditeur.

— Dixsaut, Monique (dir.), Pierre-Marie Morel et Karine Tordo-Rombaut, La Connaissance de soi. Études sur le traité 49 de Plotin, Vrin, 2003, ISBN: 2-7116-1595-2. Le 49e traité des Ennéades reprend le précepte delphique «connais-toi toi-même», mais d’une manière surprenante pour des lecteus modernes. Le «soi-même» dont il est question n’est pas en effet le moi empirique, considéré dans sa singularité et son histoire personnelle et sociale. Ce n’est pas un moi donné à une introspection, un examen de conscience, ou à des techniques d’analyse, c’est un «soi» à constituer par identification progressive avec ce qui, en lui, est plus haut que lui. Ce traité nous exhorte donc moins à connaître ce que nous sommes qu’à devenir ce que nous devons être si nous voulons être véritablemen nous-mêmes. Il indique un chemin à parcourir, qui s’achève sur le célèbre et paradoxal «retranche tout»: seul le plus grand dépouillement est accès à ce qui, incomparablement meilleur que soi, ne peut s’atteindre que par la plus intense concentration sur soi. Tous les grands thèmes de la pensée de Plotin sont ici présents, et aussi toutes ses difficultés. Les articles de ce volume constituent donc non seulement un précieux instrument d’étude de ce traité particulier, ils sont un moyen d’accès à la philosophie de Plotin dans son ensemble. Ont contribué à cet ouvrage: W. Beierwaltes, K. Corrigan, C. D’Ancona Costa, M.-F. Hazebroucq, C. Horn, W. Kühn, L. Lavaud, P.-M. Morel, R. Mortley, D. O’Meara, J. Pépin et M. I. Santa Cruz – Notule de l’éditeur.

— Duportail Guy-Félix, L'a priori littéral. Une approche phénoménologique de Lacan, Le Cerf, 2003, ISBN: 2-204-07095-5. Ce livre a pour objet de répondre à la crise que traverse la psychanalyse, vingt ans après la mort de Lacan. Au-delà des soubresauts institutionnels (scissions à répétition), la cause réelle de cette crise est identifiée comme retombée de la théorie psychanalytique dans le psychologisme, c'est-à-dire dans la réduction de l'idéalité objective des structures à la factualité du transfert sur un dirigeant d'école. Face à cela, l'auteur préconise une approche phénoménologique qui, sous le nom d'«a priori littéral», met en lumière la structure ontologique de l'inconscient lacanien. Ainsi, l' «a priori littéral» dépsychologise l'inconscient, et le rend à ce qui fit le tranchant de la découverte freudienne: la lettre. - Guy-Félix Duportail est maître ce conférences à l'université de Paris-I. Ses travaux portent sur le langage et la communication, notamment dans leur rapport au concept central de la phénoménologie: l'intentionnalité. – Notule de l’éditeur.

— Ellul Jacques, La pensée marxiste. Cours professé à l'Institut d'études politiques de Bordeaux de 1947 à 1979, La Table Ronde, 2003, ISBN: 2-7103-2574-8

— English Jacques, Le vocabulaire de Husserl, Editions Ellipses, 2003, ISBN: 2-7298-0773-X.

— Farago France, Sören Kierkegaard. L'épreuve de soi, Houdiard Michel, 2003, ISBN: 2-912673-17-8

— Fevre Louis, Penser avec Ricoeur. Introduction à la pensée et à l'action de Paul Ricœur, Chronique Sociale, 2003, ISBN: 2-85008-477-8

— Finley Moses-I, Alexandre Monique, Vidal-Naquet Pierre, Démocratie antique et démocratie moderne précédé de Tradition de la démocratie grecque, Payot, 2003, ISBN: 2-228-89751-5

— Fischbach Franck, L’être et l’acte. Enquête sur les fondements de l’ontologie moderne de l’agir, Vrin 2003, ISBN: 2-7116-1581-2. Commentant Schelling, Heidegger note : « Être est vouloir (perceptio – appetitus); comme [il appert] à partir de la tradition de la métaphysique théologique, là derrière se tient "l’actus". » « Dahinter steht der "actus" » : ce en arrière de quoi se tient l’actus, c’est, selon Heidegger, la détermination, propre à la métaphysique moderne, de l’être de l’étant comme « volonté » ou comme « vouloir ». Mais au lieu de mener l’enquête en direction de l’arrière plan où se tient « l’actus », Heidegger fait porter son attention sur ce qui se situe au premier plan, c’est-à-dire sur la détermination de l’être de l’étant comme volonté. Le présent ouvrage est la tentative, au contraire, de débusquer autant que possible l’actus qui, selon les termes mêmes de Heidegger, se tient « là derrière » (dahinter). Si le vouloir se laisse comprendre comme le trait essentiel en fonction duquel la subjectivité de l’ego a été interprétée par la métaphysique moderne, l’actus en revanche paraît ne pas appartenir en propre à cette dernière : traduction latine de l’energeia grecque, on le retrouve dans l’actus purus médiéval, dans l’actuositas leibnizienne, dans la Tathandlung (l’action en acte) fichtéenne et jusque dans la Selbstbetätigung (l’autoactivation) de Marx. Qu’en est-il de cet actus qui semble traverser la métaphysique occidentale sous diverses formes, qui « se tient derrière » les conceptions les plus diverses de l’être de l’étant ? S’agit-il d’une thèse métaphysique, d’une réponse à la question fondamentale, ou bien quelque chose parvient-il à s’y dire par quoi la philosophie se porterait en direction de ce qui serait à entendre à la fois négativement comme une activité de négation de ce qui se donne sur le mode de la présence et de la subsistance, et positivement comme une activité de manifestation (en quoi consisterait l’ousia) qui, là où elle apparaît, produit l’événement, comme tel non anticipable, d’une venue à la présence sous le jour de l’idea ? Est-ce parce qu’on n’est pas allé débusquer l’acte qui est « là derrière » qu’on a aussi pu penser que le « destin » de la métaphysique moderne était de s’achever dans une ontologie de la production et dans le règne planétaire de la production totale ? Explorer et mettre au jour d’autres possibles toujours recelés par l’ontologie de l’agir : telle est la tâche à laquelle Franck Fischbach se consacre dans le présent ouvrage. - Franck Fischbach (né en 1967, ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Fontenay/Saint-Cloud, agrégé et docteur habilité en philosophie) est Maître de conférences à l’Université de Toulouse – Le Mirail (Toulouse II). Ses travaux portent sur le post-kantisme, l’Idéalisme allemand et la tradition hégéliano-marxienne. Il est l’auteur, entre autres, de Du commencement en philosophie. Étude sur Hegel et Schelling (Paris, Vrin, 1999) et de Fichte et Hegel. La reconnaissance (Paris, PUF, 1999).

— Frelat-Kahn Brigitte, L'idée, Quintette, 2003, ISBN: 2-86850-115-X

— Gadamer Hans-Georg, L'héritage de l'Europe, Rivages, 2003, ISBN: 2-7436-1115-4

— Gaudin Thierry, L'yvonnet François, Discours de la méthode créatrice, Éditions du Relié, 2003, ISBN: 2-909698-88-2

— Gayraud Joël, Agamben Giorgio, État d'exception. Homo Sacer, Le Seuil, 2003, ISBN: 2-02-061114-7. – Le texte d’Agamben, intitulé L'état d'exception, paru dans Le Monde le 12 décembre 2002, est accessible ici: http://www.eliseconsortium.org/article.php3?id_article=46

— Gely Véronique, Ronzeaud Pierre, Seguy-Duclot Alain, Deloince-Louette Christiane, Mesure et démesure. Un thème, trois œuvres, Belin, 2003, ISBN: 2-7011-3604-0

— Georges Philippe de, Ethique et pulsion ou De la psychanalyse comme style de vie, Payot Lausanne – Nadir, 2003, ISBN: 2-601-03318-5

— Godelier Maurice, La production des grands hommes. Pouvoir et domination masculine chez les Baruya de Nouvelle-Guinée, Flammarion, 2003, ISBN: 2-08-080051-5*. Les Baruya sont une société tribale de Nouvelle-Guinée, découverte en 1951 seulement, et qui, à cette époque, abandonnait ses outils de pierre pour des haches et des machettes d'acier dont elle ignorait totalement la provenance. En 1975, la Nouvelle-Guinée allait devenir indépendante, et les Baruya se retrouvèrent citoyens d'un État membre des Nations unies. Maurice Godelier a effectué chez eux de fréquents et longs séjours à partir de 1967, alors que les principes de l'organisation traditionnelle de leur société étaient encore présents dans toutes les mémoires des Baruya. Il nous livre, dans cet ouvrage classique, une fascinante reconstitutino de leur ancien mode de vie ainsi que l'analyse des transformations qui ont suivi l'instauration de l'ordre colonial, l'arrivée du marché et de l'argent, celle des missionnaires et du christianisme. On y voit cette petite société, productrice de Grands Hommes, s'intégrer peu à peu dans le nouvel ordre mondial. – Notule de l’éditeur.

— Godin Christian, La fin de l'humanité, Champ Vallon, 2003, ISBN: 2-87673-368-4. Après avoir évoqué les différentes «apocalypses», c’est-à-dire les catastrophes par lesquelles la fin de humanité comme réalité physique avait pu être pensée auparavant (apocalypse religieuse: la «fin du monde», apocalypse technique: la destruction de l’environnement, apocalypse politique: la guerre nucléaire mondiale, apocalypse naturelle: la chute d’un astéroïde géant), l’ouvrage montre que la fin la plus probable de l’humanité sera d’un genre tout différent et se réalisera par extinction démographique progressive parce que l’humanité voudra de moins en moins se perpétuer. Ayant établi la réalité de cette extinction probable, constatable dès aujourd’hui (l’effondrement, parfois très rapide, du taux de natalité presque partout dans le monde, l’abaissement de ce taux en dessous de celui qui est nécessaire au renouvellement des générations dans un nombre croissant de pays), La Fin de l’humanité passe en revue les signes accompagnateurs de cette extinction (la mort de l’humanisme, le narcissisme, le dégoût du futur…) et analyse les causes possibles, aussi bien techniques et scientifiques que sociales et économiques, ainsi que les causes psychologiques et culturelles de cette destinée. La question du devenir de l’humanité est presque toujours traitée soit sur le mode apocalyptique – cet essai montre que cette destinée n’est pas la plus probable – soit par le biais de la science-fiction. La Fin de l’humanité est un essai philosophique qui montre ce qui, dans l’état et le cheminement actuels de la civilisation, pousse nécessairement l’humanité à ne plus vouloir se perpétuer. Les événements les plus importants ne sont pas toujours ceux qui font le plus de vacarme.- Christian Godin est maître de conférences de philosophie à l’Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand. Il a publié, outre des ouvrages de philosophie universitaire aux Éditions du Temps et Le Bazar du vivant (avec J. Testart, aux Éditions du Seuil, 2001), l’encyclopédie philosophique La Totalité chez Champ Vallon, en 7 volumes (dernier volume paru Les Sciences, en octobre 2002, prochain volume L’Histoire, en 2003). Il prépare un dictionnaire des notions philosophique à paraître chez Fayard/Le Temps. – Notule de l’éditeur.

— Gontier Thierry, Le vocabulaire de Bacon, Ellipses Marketing, 2003, ISBN: 2-7298-1509-0

— Goyard-Fabre Simone, Critique de la raison juridique, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053551-8.

— Gracian baltasar, L'Homme de cour, Ivréa, 2003, ISBN: 2-85184-114-9

— Grigorieff Vladimir, Philo de base, Éditions d'Organisation, 2003, ISBN: 2-7081-3502-3

— Grondin Jean, Le tournant herméneutique de la phénoménologie, PUF, 2003, ISBN: 2-13-052017-0

— Guenoun Denis, Après la révolution. Politique morale, Belin, 2003, ISBN: 2-7011-3574-5. Après la révolution est une prise de parti, très vive, contre la coupure entre politique et morale. Il ne s’agit pas tant ici de prôner une moralisation de la vie politique que de défendre l’idée que tout choix politique exprime une décision portant sur le bien commun – décision morale, malgré l’apparence. Ce point de vue est soutenu par une réflexion philosophique, exigeante mais très claire, engagée dans de nombreux problèmes d’actualité: débats ou combats qui opposent le national et le mondial, l’Europe et l’Amérique, la violence et les images, la ville et la vie. Le livre rêve de soulever la chape du nihilisme ou du cynisme contemporains, au nom d’une préférence déclarée pour le goût des autres et l’appétit du bien. Écrit dans un style vif, souvent emporté, dans la tradition de l’essai politique à la française, Après la révolution voudrait se jouer de la contradiction entre rigueur et entrain. – Notule de l’éditeur.

— Heidegger, Briefe an Max Müller, édition: Holger Zaborowski & Anton Bösl, Karl Alber Verlag, 2003, ISBN: .

— Heraclite, Les Fragments suivi de Héraclite d'Ephèse ou le Flamboiement de l'Obscur, Arfuyen, 2003, ISBN: 2-84590-023-6

— Hobbes, Eléments de la loi naturelle et politique, édition: Weber Dominique, L.G.F., 2003, ISBN: 2-253-06761-X. «Le célèbre Hobbes a fait un traité sublime de la nature humaine, un traité dont je recommanderai la lecture une fois tous les ans [...]. Quelle précision un auteur mettrait dans sa conversation et ses écrits, si l'énorme enchaînement par lequel ce philosophe déduit nos sentiments, nos préjugés, nos idées, nos intérêts, nos passions, était bien présent à notre mémoire ! C'est un livre à lire et à commenter toute sa vie.» Denis Diderot. Les Eléments de la loi naturelle et politique, rédigés en 1640, constituent l'un des trois grands traités politiques de Thomas Hobbes (1588-1679), avec le traité Du citoyen (1642) et le Léviathan (1651). Loin d'être une simple esquisse préparatoire, l'ouvrage livre déjà l'essentiel de la doctrine politique de Hobbes: l'on y voit exposée l'articulation propre à ce dernier entre l'analyse de l'homme et l'analyse du corps politique, la considération précise de ce qu'est l'homme conduisant à déduire intégralement la nature et la nécessité de l'association politique. C'est ainsi dans le cadre large d'une anthropologie que se trouvent réinscrites les thèses politiques qui feront ensuite la célébrité du Léviathan, sur le contrat, la souveraineté absolue, et la conjonction entre rationalité et toute-puissance. Il est à noter que les Eléments sont donnés ici dans leur version intégrale, réunissant les deux parties du traité d'ordinaire éditées séparément (La nature humaine; Du corps politique). Traduction, introduction, notes et index par Dominique Weber. – Notule de l’éditeur.

— Hoogaert Corinne dir., Rhétoriques de la tragédie, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053621-2. La tragédie est un genre majeur de la littérature, mais existe-t-il une théorie générale de la tragédie? Qu'en est-il de l'histoire de la tragédie? Y a-t-il un lien entre Sophocle et Shakespeare, Racine et Calderon? Les plus grands spécialistes confrontent leurs analyses. – Notule de l’éditeur.

— Icher François, Les philosophes grecs, Éditions de la Martinière, 2003, ISBN: 2-7324-2998-8. Loin des cours magistraux de philosophie, les citations présentées dans ce livre sont un véritable guide de vie. Cet ouvrage illustre toute la vitalité d’une pensée transmise depuis l’Antiquité et qui demeure, aujourd’hui encore, d’une surprenante actualité. – Notule de l’éditeur.

— Kaminski Régine, Genèse du logique dans la phénoménologie transcendantale de Husserl, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4097-9. Husserl a consacré le travail de toute sa vie à un projet unique. Depuis l'échec des recherches du Tome II de "la Philosophie de l'arithmétique" à la "Krisis", il a repris, à chaque fois selon des perspectives divergentes, les séries d'analyses descriptives du fonctionnement de l'intentionnalité. Ces étapes se sont révélées autant d'occasions pour définir à nouveau et réorganiser les concepts décrivant les opérations de la conscience dans la constitution de ses objets, quel que soit le statut de ces objets. – Notule de l’éditeur.

— Kant, Œuvres philosophiques, tome 3: Les écrits de 1792-1793. Des réflexions sur la fin de toutes choses à l'examen d'un prétendu droit de mentir par humanité. La Métaphysique des mœurs et Le Conflit des facultés. Anthropologie et pédagogie, Gallimard, La Pléiade, 2003, ISBN: 2-07-011106-7

— Kriegel Blandine, L'Etat et les esclaves. Réflexion pour l'histoire des États, Payot, 2003, ISBN: 2-228-89752-3

— Lacrosse Joachim, La philosophie de Plotin. Intellect et discursivité, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053473-2

— Lanciani Albino, Phénoménologie et sciences cognitives, Mémoires des Annales de Phénoménologie, 2003, ISBN: (non connu).

— Laudou Christophe, L'esprit des systèmes. L'idéalisme allemand et la question du savoir absolu, L'Harmattan 2003, collection "Ouverture philosophique", 2003, ISBN: 2-7475-4460-5. «Les systèmes du savoir absolu sont nos modernes pyramides: édifices énormes et fragiles, elles abritent un sujet qui, occupant la place du mort, est censé vivre d'une meilleure vie. Ces montagnes nous surplombent et nous fascinent: nous nous effrayons de leur taille et, sceptiques, doutons que la momie puisse connaître des jours meilleurs. Les pillards sont passés par là: les bijoux ont disparu, certains blocs ont servi à construire de modestes demeures, et bien souvent l'explorateur, entrant dans la chambre du roi, ne trouve qu'un espace vide. En 1793, le roi est mort, exécuté par ses anciens sujets, et depuis ce jour le trône est resté vacant: désormais, le pouvoir ne peut s'énoncer qu'à partir d'une place vide, et il revient au philosophe, qui doit mettre hors-circuit le sujet du savoir, de dire la vérité du pouvoir. Le présent livre, qui a pour ambition d’élaborer une herméneutique du savoir absolu, tente d’élucider les systèmes de l’idéalisme allemand (Fichte, Schelling, Hegel) à partir du rapport du sujet au discours qui en constitue la condition de possibilité.» L’auteur, ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud, agrégé et docteur de philosophie, est professeur au Lycée Français de Madrid. Il prépare actuellement un livre sur la Mythologie de la parole. – Notule de l’éditeur.

— Laufer Romain, Hatchuel Armand dir., Le Libéralisme, l'Innovation et la Question des Limites, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4260-2. La compréhension du libéralisme suppose qu'une attention suffisante soit accordée tant à la notion d'innovation elle-même qu'à la façon dont cette innovation se heurte constamment aux limites économiques, politiques et juridiques qui déterminent la vie sociale. C'est ce que font les divers articles qui composent le présent ouvrage, en décrivant ses acteurs (l'entrepreneur, le prescripteur), ses enjeux (la valeur, l'espoir) et ses lieux (l'espace économique et l'espace politique). – Notule de l’éditeur.

— Laupies Frédéric, La croyance. Premières leçons, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053899-1

— Le Breton David, Des visages. Essai d'anthropologie, Métailié, 2003, ISBN: 2-86424-467-5. Le visage a des histoires qui traversent les siècles et ne se ressemblent pas. David Le Breton fait une anthropologie de cette partie du corps humain qui est le lieu central de notre communication. Ne négligeant ni le face-à-face, ni le mauvais œil, ni les masques, ni les grimaces, ni la cartographie criminelle, il met en évidence les paradoxes de l'éminence du visage de l'homme, nous entraînant tour à tour dans l'histoire du défiguré et du radieux, du beau et du laid, de l'acceptable et de l'insupportable. Prenant appui sur la religion, la philosophie, l'anthropologie, c'est tout le mi-dire du visage qu'il cerne pour nous conduire à la réflexion ultime que l'un des caractères de la violence symbolique mis en œuvre dans le racisme consiste avant tout en la négation chez l'autre de son visage. – Notule de l’éditeur.

— Lebiez Marc, Décadence: Homère. Décadence et modernité, Tome 1, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-3441-3. Quand l'histoire bascule, qu'un monde ancien meurt et qu'un monde nouveau apparaît, cette mort n'est jamais totale, cette nouveauté n'est jamais radicale. Il n'est pas indifférent que la fin de l'Antiquité, notre archétype de la décadence soit aussi l'époque qui inventa l'idée de modernité, ni que le livre fondateur de la culture grecque ait eu pour sujet la douloureuse prise de conscience que les civilisations sont mortelles. Cette conscience a poussé Homère à former une entreprise: choisir parmi les légendes que lui avait transmises la tradition orale et, avec cette matière, écrire la première oeuvre littéraire. – Notule de l’éditeur.

— Lebrun Gérard, Kant et la fin de la métaphysique, L.G.F., 2003, ISBN: 2-253-90598-4*

— Lefebvre David, Aristote, Hachette, 2003, ISBN: 2-01-145470-0. Cet ouvrage est une anthologie de textes commentés, avec une présentation et un glossaire. De toutes les oeuvres des grands auteurs de la tradition philosophique, celle d'Aristote est l'une des plus difficiles à présenter pour un public d'étudiants: les sujets abordés sont innombrables, et le style d'Aristote particulièrement dense et difficile, puisque ce qui nous reste de lui est constitué essentiellement par des notes de cours. A travers les différentes parties de l'ouvrage de Daniel Lefebvre, le lecteur prend connaissance des principales articulations de cette oeuvre si vaste: la logique, la biologie, la poétique, la physique, l'éthique, la politique et enfin la métaphysique. – Notule de l’éditeur.

— Lefevre Alain, De la paternité et des psychoses, une étude philosophique et psychanalytique. Tome 1, Du père, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-3981-4. Que dire de la paternité quand elle est étayée par le discours politique? Que dire de la paternité quand elle ne tient pas compte de la duperie des signifiants? A défaut de lui assigner une nature, l'homme a placé la paternité au ciel dont les vestibules sont nombreux. L'interdit n'est jamais un obstacle à la jouissance, mais faut-il pour autant le maltraiter? Cet essai propose de poser la question du père à l'heure où la famille est devenue sujet de polémiques politiques. – Notule de l’éditeur.

— Magniont Gilles, Traces de la voix pascalienne. Examen des marques de l'énonciation dans les Pensées, PUL, 2003, ISBN: 2-7297-0695-X

— Marion Jean-Luc, Le phénomène érotique, Collection: Essais Français, 2003, ISBN: 2246550912. Parution: mars 2003. - «L'amour, nous en parlons toujours, nous l'expérimentons souvent, mais nous n'y comprenons rien, ou presque. La preuve: nous ne pouvons plus en fixer un sens unique et le déchirons entre des contraires - eros et agapè, jouissance brute et charité abstraite, pornographie et sentimentalisme. Il en devient absurde ou insignifiant. Explication: la philosophie nous a persuadés de l'interpréter à partir de la conscience de soi (du cogito), comme une simple variante, dérivée et irrationnelle, de la claire pensée - il se rabaisse donc au rang de la «passion», maladive, irrationnelle, toujours douteuse. On conteste ici ce verdict. L'amour nous atteint infiniment plus sérieusement, plus originairement, il ne dérive pas de l'ego, mais le précède et le donne à lui-même. Bien avant la question des philosophes, «être ou ne pas être», ou la question des savants, «connaître certainement ou ignorer», une autre question m'obsède: «m'aime-t-on? y-a-t-il quelqu'un pour m'aimer?» Sans réponse à cette question, tout être et toute certitude tombent sous le coup de la vanité, qui leur demande «à quoi bon?» Je me découvre alors en état de réduction érotique. On doit tenter de décrire les figures de la conscience, dans cette situation originaire: la nécessité absolue qu'on m'aime, et mon incapacité radicale à ne pas me haïr moi-même; mon avancée unilatérale dans le rôle de l'amant; le serment entre les amants qui fait surgir le phénomène érotique, unique et pourtant commun; l'échange où chacun donne à l'autre la chair érotisée, que lui-même n'a pas, mais reçoit en retour; l'acte sans fin, et pourtant toujours fini, de s'avancer chacun dans l'autre sans résistance; la contradiction objective entre le temps court de jouir et le temps long de promettre, qui rend estimable la jalousie et raisonnable la perversion; enfin, l'attente jusqu'à la fin des temps d'un tiers témoin, qui part et qui s'anticipe. L'amour, dans toutes ces figures, ne se dit et ne se fait qu'en un seul sens. Le même pour tous, Dieu compris. Car l'amour se déploie aussi logiquement que le plus rigoureux des concepts. Il précède tout et tout dépend de lui - les raisons des philosophes, les connaissances des savants et les choses du monde. Sans lui, tout est, mais tout est vain. Avec lui, tout devient possible, même et surtout l'impossible.» J.-L.M. – Notule de l’éditeur.

— Marrati Paola, Gilles Deleuze. Cinéma et philosophie, PUF, 2003, ISBN: 2-13-052443-5. Gilles Deleuze est le premier philosophe français à avoir consacré l'intégralité d'un ouvrage de philosophie au cinéma, ce qui l'a amené à reconsidérer certains aspects fondamentaux de son projet philosophique, à créer des concepts nouveaux. Une synthèse claire et concise. – Notule de l’éditeur.

— Marsile Ficin, Commentaire sur le Banquet de Platon, De l'amour. Commentarium in convivium platonis, de amore. Les Belles Lettres. Texte établi, traduit, présenté et annoté par Pierre Laurens. Index. 464 p. 2002. ISBN 2-251-34459-4. - Le 7 novembre 1468, à l’initiative de Laurent de Médicis, neuf amis philosophes se réunissent dans la villa de Careggi près de Florence pour renouer avec la coutume des premiers disciples qui célébraient chaque année le double anniversaire de la naissance et de la mort de Platon. Marsile Ficin, qui est déjà l’âme respectée de ce petit cénacle, est du nombre, et ce dialogue est censé reproduire la conversation qui eut lieu alors: après le dîner, lecture est donc donnée du Banquet de Platon, dans lequel, on le sait, sept convives, dont Socrate, prononcent chacun un éloge de l’amour; puis, sur le modèle du dialogue-source, nos nouveaux convives sont invités à commenter l’un après l’autre chacun des sept discours. La mise en scène ne doit pas nous tromper: c’est bien Ficin qui, d’un bout à l’autre, donne, par personnages interposés, son exégèse de l’œuvre du maître, exégèse ou plutôt interprétation originale d’une impressionnante cohérence, enfermant à la fois une théologie ou cosmologie, une anthropologie et une psychagogie, dont les thèses, référées aux mystères hermétiques et orphiques, sont marquées par la riche tradition du néo-platonisme de Plotin, Jamblique, Porphyre, Proclus et ordonnées, dans le sillage de Denys l’Aréopagite, à la réconciliation de Platon avec le christianisme. Cette œuvre de Ficin a marqué profondément et durablement la réflexion sur l’amour à l’aube des temps modernes, déclenchant une longue série de dialogues et traités parmi lesquels brillent ceux de Pic de la Mirandole, de Bembo ou de Giordano Bruno, et imprégnant de ses concepts la poésie amoureuse pendant deux siècles. – Notule de l’éditeur.

— Maulin Eric, La théorie de l'Etat de Carré de Malberg, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053607-7

— Mengue Philippe, Deleuze et la question de la démocratie, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4332-3. Pour qui veut comprendre la cassure qui traverse et travaille en profondeur le champ de la pensée contemporaine, il convient de revenir et de s'interroger sur la philosophie politique de Gilles Deleuze, l'une des plus importantes de la modernité récente. Son oeuvre exige qu'on la questionne et problématise, surtout dans son rapport difficile et paradoxal à la démocratie. – Notule de l’éditeur.

— Meyronnis François, L'Axe du Néant, Collection L'Infini, Gallimard, 2003, ISBN: 2-07-076895-3. Comment poser la question du Néant sans poser celle du nihil qui règne dans le nihilisme? Or le nihilisme est aujourd'hui devenu l'état ordinaire des choses. Réfléchir sur le Rien n'est pas un pur jeu de l'esprit, ni une simple escrime dans le vide. Mais une avancée vers ce qu'il y a de l'autre côté de l'horizon. On est à une époque où se restreindre aux limites ordinaires de la vue - à ce qui est manifeste dans une situation historique donnée - condamne à respirer l'insuffisance intellectuelle par les pores. Qui vent comprendre quelque chose à ce temps doit envisager la détresse. C'est de là que s'ouvre la «liberté libre» dont parle Rimbaud. Car convoquer le Néant d'une certaine manière met en oeuvre une étrange féerie. Et cette convocation retourne le nihilisme, ouvre chaque singularité à une nouvelle dimension de la pensée. Quand ça commence à sentir partout le suicide, les subterfuges sont vains. Il reste à se diriger vers la lumière du Néant, cette lumière - disent les Kabbalistes - «trop sombre pour briller». – Notule de l’éditeur.

— Michaud Yves, Boisteau Manu, La philo 100% ado, Bayard, 2003, ISBN: 2-7470-0929-7

— Michel Henri, L'idée de l'Etat. Essai critique sur l'histoire des théories sociales et politiques en France depuis la Révolution, 3ème édition revue, Fayard, 2003, ISBN: 2-213-61511-X

— Misrahi Robert, Le sujet et son désir, Pleins Feux, 2003, ISBN: 2-84729-042-7

— Montesquieu, Voyages, Arléa, 2003, ISBN 2-86959-606-5. "J'aimerais mieux un Journal de Voyage complet, contenant les observations directes de Montesquieu, que tout L'Esprit des Lois", affirmait sans ambages Sainte-Beuve. Publiés pour la première fois en 1894, les Voyages de Montesquieu comprennent les notes diverses, prises par l'auteur pendant les trois années au cours desquelles il parcourut l'Autriche, la Hongrie, l'Italie, l'Allemagne, la Hollande et l'Angleterre. Rien de tel que le voyage ­ avec les imprévus, les décalages culturels qu'il souligne, les personnages de toutes natures qu'il permet de rencontrer, les incommodités de la route et de l'étape que surmonte une humeur résolument vagabonde ­ pour mettre en lumière un caractère d'exception, une personnalité. – Notule de l’éditeur.

— Moses Stéphane, Système et révélation. La philosophie de Franz Rosenzweig, Bayard Centurion, 2003, ISBN: 2-227-47266-9

Mouvements n° 26-27. La société fait son cinéma, Éditions La Découverte, 2002, 176 p. Plutôt que de cinéma social, ce dossier traite du «cinéma du réel», manière de reposer, au-delà d’un genre par trop délimité, une double question. Comment le cinéma fabrique-t-il une vision du social? Au-delà des genres, qu’est-ce qui détermine sa perception de la société? Ce qui peut apparaître nouveau dans l’approche cinématographique du social tiendrait-il à de nouvelles formes, à l’institution de procédés auparavant marginaux ou secondaires (caméra subjective, fragments, etc.), à des principes esthétiques différents, au changement de l’attente des publics ou à la reconfiguration de ceux-ci? Ce dossier conjugue une réflexion esthétique et politique à travers l’analyse de films marquants (L’Humanité, Bowling for Columbine, J’ai pas sommeil, etc.) et une analyse des évolutions du secteur, des procédés techniques et des professionnels. – Notule de l’éditeur.

— Munier Roger, L'extase nue, Gallimard, 2003, ISBN: 2-07-071914-6. «Le monde humain est un domaine gardé. Nous y évoluons suivant nos humeurs, avec prudence ou folie, mais sur une aire balisée. C'est le territoire habitable où nous sommes chez nous. Mais ce territoire a des marges, des confins indécis où le réel accoutumé n'a plus la même assiette. C'est une incursion dans certaines de ces marges que ce livre propose. Elle peut permettre à une autre dimension des choses d'affleurer, que masque le plus souvent le cadre étroit de nos conduites. Le Paradis n'est peut-être fermé que parce qu'un monde clos commence à ses portes. Qu'on sorte de l'enceinte et ce monde peut redevenir matière d'extase, départ d'extase...» Roger Munier. – Notule de l’éditeur.

— Mure Aurélie, La question de la mort dans la philosophie de Schopenhauer. Critique de la théorie de la souffrance, Dharma, 2003, ISBN: 2-86487-040-1

— Noiville Christine, Du bon gouvernement des risques. Le droit et la question du "risque acceptable", PUF, 2003, ISBN: 2-13-052995-X.

— Nozick Robert, Anarchie, État et utopie, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053672-7. 1re édition: 1988.

— Ordine Nuccio, Le Seuil de l'ombre. Littérature, philosophie et peinture chez Giordano Bruno. Les Belles Lettres. Préface de P. Hadot. Traduction de L. Hersant. XVIII-382 p. Index. Dossier iconographique hors texte. 2003. 2003, ISBN 2-251-42022-3. - Du Chandelier (Paris, 1582) aux Fureurs héroïques(Londres, 1585), l’union intime entre littérature et peinture constitue un des nœuds les plus importants de la pensée de Giordano Bruno (1548-1600). La série des sept œuvres italiennes s’ouvre sur une comédie dont le protagoniste est un peintre-philosophe, et s’achève sur un dialogue, dans lequel un peintre-philosophe décrit et commente des images. Tous deux travaillent sur des ombres, des images, des reflets et des apparences. Et pour exercer leur “métier” au niveau le plus élevé, ils doivent consentir des efforts extraordinaires pour franchir le “seuil de l’ombre”. Ce n’est pas par hasard que le mythe des origines de la peinture (dans la reconstruction de Pline et de Quintilien) et le mythe de l’origine de la connaissance (dans le récit de Platon) se fondent sur la notion d’ombre. D’Alberti à Vasari, en effet, le thème de l’ombre occupe une place importante dans la culture de la Renaissance. Suivant ce fil, N. Ordine analyse avec clarté et rigueur la genèse et le développement de l’œuvre italienne de Bruno, en montrant la profonde unité qui lie la pièce parisienne aux six dialogues londoniens. Il s’agit d’œuvres conçues au sein d’un programme précis et complexe: dans le Chandelier, comme dans une véritable ouverture, se présentent déjà une série de thèmes qui seront ensuite développés dans les six mouvements suivants de la symphonie de la “nouvelle philosophie”. En somme, entre Paris et Londres, en moins de quatre années, Bruno “réécrit” au nom de l’infini les rapports entre l’homme et l’univers, entre l’homme et la matière, entre l’homme et l’éthique, entre l’homme et la société, entre l’homme et la connaissance. Mais la bataille contre la conception “ptoléméenne” de l’univers et du savoir ne peut se séparer d’une bataille contre une vision close de la langue et de la poésie. A l’explosion d’un univers fini correspond, sur le plan littéraire, l’explosion des genres (fusion de la comédie et du dialogue) et des styles (mélange du sérieux et du comique, du rire et des pleurs). De cette brillante monographie (le premier ouvrage en langue française à proposer une introduction générale à l’oeuvre de Bruno) publiée à la date anniversaire de la mort tragique de Bruno sort le portrait d’un innovateur qui, au nom de sa cosmologie, réutilise images et mythes (que l’on pense à la figure d’Actéon ou de Narcisse) pour les réemployer en des sens nouveaux. Le philosophe amoureux du savoir témoigne, avec sa vie, de la liaison intime entre existence et connaissance, parole et pensée, biographie et philosophie. Editeur de l’œuvre complète de Giordano Bruno (les sept volumes des œuvres italiennes sont disponibles aux Belles Lettres, l’œuvre latine suivra) Nuccio Ordine est aussi l’auteur chez le même éditeur du Mystère de l’Ane , essai sur la figure de l’âne dans l’œuvre de Bruno. – Notule de l’éditeur.

— Ouellet Pierre, Le sens de l'autre. Ethique et esthétique, Liber, 2003, ISBN: 2-89578-026-9

— Paine Thomas, Le siècle de la raison ou recherches sur la vraie théologie et sur la théologie fabuleuse, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4098-7. C'est à l'ombre de la guillotine, alors qu'il croit sa dernière heure venue, que le citoyen Thomas PAINE, député "brissotin" à la Convention, écrit "Le siècle de la Raison", improprement appelé la "Bible des Athées". Dans cette oeuvre antidogmatique conçue comme un testament, Thomas PAINE livre ses réflexions philosophiques. Aboutissement des Lumières, cet ouvrage marque aussi le début d'une critique matérialiste scientifique de la Bible et des religion monothéistes. – Notule de l’éditeur.

— Pajak Frédéric, Nietzsche et son père, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053653-0. Comment "tuer" le père quand on est orphelin? Nietzsche et Pajak ont en commun la disparition d'un père. "Nietzsche est mort avant d'avoir pu estimer toute sa douleur. C'est en ne la lisant pas dans ses livres que j'ai lu la mienne, cachée dans le creux de ses lignes." – Notule de l’éditeur.

— Papaux Alain, Essai philosophique sur la qualification juridique: de la subsomption à l'abduction. L'exemple du droit international privé, Schulthess, 2003, ISBN: 3-7255-4491-3

— Pascal Blaise, Pensées, Pocket, 2003, ISBN: 2-266-11272-4

— Piazza Valeria, Agamben Giorgio, L'ombre de l'amour. Le concept d'amour chez Heidegger, Rivages, 2003, ISBN: 2-7436-1133-2

— Pigler Agnès, Plotin une métaphysique de l'amour, Vrin, 2003, ISBN: 2-7116-1577-4. Cet ouvrage a pour projet de remettre en perspective la philosophie de Plotin à partir d’une compréhension de l’Erôs comme energie continue traversant la totalité de l’Intelligible. Ce projet s’articule en partant de la thèse radicalement originale, dans le Traité 39, de l’Amour de soi de l’Un en tant que puissance fondatrice. L’Un s’aime lui-même, il a de ce fait la liberté de se produire, mais c’est aussi à partir de la surabondance de cet Erôs hénologique que la production de tout le réel peut avoir lieu. La procession de proto-vie à partir du Premier et l’amour diffusif de l’Un sont au centre de cette étude, comprise comme structure dynamique de la procession/conversion au sein des hypostatses. L’Erôs diffusif du Principe se manifeste doublement dans les dérivés: d’une part par le rôle régulateur de l’amour dans le système tout entier, d’autre part par son action productrice dans l’ordre de la procession. L’Amour hénologique-diffusif apparaît ainsi comme une puissance structurante, c’est pourquoi l’axiome cardinal de l’Amour de soi de l’Un est l’axiome centrale de la métaphysique plotinienne. – Notule de l’éditeur.

— Platon, Gorgias, Flammarion, 2003, ISBN: 2-08-070465-6

— Plotin, Sur le ciel [Ennéade II, 1, (40)], Vrin, 2003, «Histoire des doctrines de l'antiquité classique». 192 p. ISBN: 2-7116-1594-4. - L'histoire de la philosophie a toujours vu en Plotin un métaphysicien. Porphyre ne dit-il pas de son maître qu'il connaissait parfaitement la géométrie, l'arithmétique, la mécanique, l'optique et la musique, mais qu'il n'était pas enclin à approfondir davantage ces disciplines? Ce peu de goût pour les mathématiques et la physique n'a pourtant pas empêché Plotin de rédiger quelques traités exclusivement connsacrés à des questions de physique et de cosmologie, traités qui furent les grands oubliés des études néioplatoniciennes. Parmi ceux-ci, le traité Sur le ciel est d'une importance capitale aussi bien en raison du sujet qu'il aborde que du débat philosophique qu'il engage avec la tradition. La vision plotinienne du monde et du ciel doit en effet trouver sa place au sein des théories cosmologiques dominantes de son époque: celles transmises par le Timée de Platon, le De Caelo d'Aristote et la vision stoïcienne de l'univers. Il va sans dire que Plotin se veut un exégète des doctrines platoniciennes, mais le présent traité montre peut-être plus que tout autre la difficile cohabitation de l'indépendance d'esprit et de la fidélité aux textes du maître. Ce qui se présente comme une exégèse du Timée devient en fait une «trahison» des enseignements qui y sont contenus. Le traité II, 1 [40] fût le théâtre d'une rébellion, celle d'un interprète platonicinen qui tente de lire dans le Timée une théorie qui ne s'y trouve pas. Richard Dufour, docteur en philosophie ancienne de l'Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne poursuit actuellement des études post-doctorales à l'Université de Toronto et est l'auteur d'une bibliographie plotinienne. – Notule de l’éditeur.

— Plutarque, Oeuvres morales, Les Belles Lettres, Tome XV, 2ème partie. Traité 72. Sur les notions communes, contre les Stoïciens. Texte établi par Michel Casevitz, traduit et commenté par Daniel Babut. Index. 464 p. 2002. ISBN 2-251-00507-2

— Potdevin Gérard, La justice, Quintette, 2003, ISBN: 2-86850-117-6

— Pouivet Roger, Qu'est-ce que croire?, Vrin, collection Chemins Philosophiques, 2003, ISBN: . - Le livre répond aux cinq questions suivantes: Sommes-nous responsables de nos croyances? Nos croyances doivent-elles être justifiées? Les croyances religieuses sont-elles légitimes? La crédulité est-elle nécessairement un défaut? Quelle est la valeur épistémique du témoignage? Il comprend également un commentaire de deux textes extraits des Recherches sur l'entendement humain d'après les principes du sens commun de Thomas Reid et de De la certitude de Ludwig Wittgenstein. L'auteur, Roger Pouivet, est Professeur de Philosophie à l'Université de Nancy 2 et membre des Archives Poincaré (CNRS). – Notule de l’éditeur.

— Regard Frédéric, La Force du féminin. Sur trois essais de Virginia Woolf, La Fabrique, 2003, ISBN: 2-913372-23-6. - On n'a pas accordé aux essais théoriques de Virginia Woolf l'importance qu'ils méritent. Au mieux, la majorité des critiques font allusion à ces textes pour étayer des analyses entièrement centrées sur les œuvres de fiction. Virginia Woolf est restée pour le lecteur français une pure romancière, que l'on conçoit tantôt comme l'inventrice du récit à focalisation interne, le fameux "stream of consciousness", tantôt comme une icône de ce courant avant-gardiste anglais, le "modernisme", qu'illustrent également des romanciers comme James Joyce ou des poètes comme T.S. Eliot, tantôt encore comme une pionnière de l'"écriture féminine". Une lecture précise des essais permet de redonner à Woolf une place singulière, dont on s'apercevra qu'elle bousculera beaucoup d'idées reçues. Trois essais ont été retenus dans l'abondante production théorique de Woolf: un article, "Mr Bennett et Mrs Brown", ainsi que deux ouvrages très courts, Une chambre à soi et Trois guinées, qui ponctuent les douze années les plus fécondes de la vie de la romancière. Ces trois textes ne permettent pas seulement de replacer Woolf dans le contexte "moderniste", qu'elle met nettement à distance, ils montrent comment Woolf s'est dégagée également du piège du féminisme comme de celui de l'écriture féminine. Il ne s'agit pas seulement de prises de position théoriques que viendraient confirmer, ou infirmer, les récits de fiction: chacun des trois essais étudiés se présente comme un prototype littéraire et stylistique, comme une effectuation immédiate des concepts théorisés. C'est pourquoi on parle ici de la force pragmatique, immédiatement performative, des essais de Woolf. Ceux-ci mettent déjà en pratique ce qu'ils énoncent. Mais qu'énoncent-ils exactement? Au fond, Woolf ne se pose qu'une seule question: comment éviter la guerre? Cette étude critique identifie trois modalités d'être mises en place par le système d'écriture woolfien: le devenir intensif, dégagé par "Mr Bennett et Mrs Brown", le placement sous x, opéré par Une chambre à soi, et l'évitement de l'assignation, promu par Trois guinées. Ces trois postures définissent ce que nous nommons le féminin, qui ne peut avoir lieu que poétiquement, et dont la fonction est d'abolir les oppositions violentes. Ce qui est produit par l'écriture, ce féminin, est donc un style d'être au monde, un style d'être avec les autres, un engagement esthétique mais aussi éthique et politique qui s'empare des intuitions du marxisme pour définir en retour une autre économie du vivre ensemble. Il devient donc impossible d'étiqueter Woolf: contre toute attente, ces essais dessinent le portrait d'une théoricienne du postmodernisme mais aussi du postféminisme. En définitive, Woolf cultive l'art de l'étrangeté, de la non-appartenance, de l'imposture systématique. Pour être en accord avec l'enseignement qui se donne ici, l'auteur de l'ouvrage a éprouvé le besoin d'adapter son style d'écriture à chaque essai. S'esquisse de cette façon non seulement une histoire de la pensée théorique de Woolf, mais aussi une histoire de la lecture de Woolf, qui accepte peu à peu de ressentir la force du féminin, c'est-à-dire de prolonger la réflexion théorique par une mise en pratique qui bafoue les lois de l'écriture universitaire comme celle de la frontière des genres. Le féminin est aussi une question de lecture. – Notule de l’éditeur.

Revue internationale de philosophie N° 224 Juin 2003: Husserl, PUF, 2003, ISBN: 90-71868-76-1

— Rico Francisco, Le rêve de l'humanisme, De Pétrarque à Erasme. Les Belles Lettres, Traduction française de J. Tellez, revue par A.-Ph. Segonds. Index. 256 p. 2002. ISBN 2-251-42019-3. Peu de mouvements intellectuels ont laissé une empreinte aussi profonde sur la culture européenne que l'Humanisme, et de fait les termes «humanistes» et «humanisme» se rencontrent dans les travaux les plus divers concernant la littérature, les sciences, la philosophie, l'art, le droit etc. - mais le plus souvent dans l'ignorance complète de ce qu'a vraiment été l'Humanisme. Francisco Rico décrit ici l'Humanisme comme un vaste mouvement européen, né d'un rêve grandiose, qui s'avérera finalement irréalisable, le rêve que le retour de la culture gréco-romaine donnerait naissance à une civilisation entièrement nouvelle. Cet ouvrage présente une série de portraits des humanistes les plus importants - entre autres, Pétrarque, Alberti, Valla et Erasme - tout en replaçant leurs projets, leurs méthodes et leurs activités dans le cadre historique et social de l'époque. Francisco Rico est un spécialiste mondialement reconnu de Pétrarque (sur lequel il a écrit un ouvrage qui a fait date), de Cervantès ainsi que de l'humanisme italien et espagnol. – Notule de l’éditeur.

— Riviale Philippe, Proudhon La justice, contre le souverain. Tentative d'examen d'une théorie de la justice fondée sur l'équilibre économique, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4264-5. Le présent essai tente d'élucider la théorie de la justice selon Proudhon. Ce penseur est si connu que sa notoriété masque sa pensée. Célèbre pour avoir écrit que la propriété était le vol, pour avoir polémiqué avec Marx, il exerça une influence énorme au XIXe siècle, tant au titre de théoricien des mutuelles ouvrières que comme fédéraliste libertaire, maître à penser des anarchistes. Il est beaucoup moins connu comme apologiste de la Force. Celle-ci selon lui s'exprime par la guerre, divine en ce qu'elle recèle la vérité, donc la Justice. – Notule de l’éditeur.

— Romeyer Dherbey Gilbert, Une trace infime d'encre pâle. Six études de littérature & philosophie mêlées, Encre Marine, 2003, ISBN: 2-909422-71-2

— Rousseau Jean-Jacques, Lettres philosophiques. Anthologie, L.G.F., 2003, ISBN: 2-253-06762-8

— Ruby Christian, Le sujet, Quintette, 2003, ISBN: 2-86850-112-5

— Schmitt Carl, Ex Captivitate Salus. Expériences des années 1945-1947, Vrin, 2003, ISBN: 2-7116-1593-6. Carl Schmitt (1888-1984), juriste et philosophe rhénan, fut d'abord le théoricien de la décision devant toute situation exceptionnelle. Finalement, c'est l'époque entière qu'il considérait comme exceptionnelle et il a porté sa pensée jusqu'aux limites de la perspective d'un nouvel Aeon en vue. Il se voulait l'homme antique et simultanément chrétien, d'un christianisme où il voyait plus qu'une religion. Mais le siècle était ce qu'il était, un siècle en mutation et qui pour cela prétendait à être révolutionnaire. Cela donnait en Allemagne une déstabilisation dont il a voulu profiter pour y insuffler l'esprit d'une construction européenne. La place était mal occupée par «celui dont on ne peut dire le nom», et il dut en payer le prix. Il n'avait en fait rien d'un réel politique, mais il voyait le monde déchristianisé dans lequel nous sommes, aller à sa propre perte si les hommes n'étaient à même de relever le défi devant lequel Nietzsche les voyait déjà placés. Le petit texte présenté ici vaut comme un testament intellectuel qui n'a d'élégance que celle que confère à l'œuvre le long travail sur soi-même d'un homme confronté à l'histoire. Étude historique, traduction et notes par A. Doremus – Notule de l’éditeur.

— Schopenhauer Arthur, Le monde comme volonté et comme représentation, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053617-4. Collection Quadrige.

— Schüssler Ingeborg, Hegel et les rescendances de la métaphysique, Payot Lausanne, 2003

— Seron Denis, Objet et signification. Matériaux phénoménologiques pour la théorie du jugement, Vrin, 2003, ISBN: 2-7116-1586-3. Le rôle décisif que la théorie du jugement est amenée à jouer en philosophie depuis Descartes est directement lié aux prétentions critiques de la philosophie moderne. La phénoménologie de Husserl, qui allait jusqu’à reconnaître en elle son «grand desideratum», ne fait pas exception. Pour autant qu’elle entend s’élever au rang d’une authentique critique de la connaissance, la phénoménologie se heurte nécessairement à ce qu’il est convenu d’appeler le «problème du jugement». Pour cette raison, il devenait indispensable de dresser un état de la question, qui soit de nature à fixer aussi précisement que possible les principaux enjeux et les principales problématiques de la théorie du jugement à l’epoque moderne (depuis Locke et Kant jusqu’à Russell, en passant par Bolzano et l’école de Brentano) - et tout particulièrement en phénoménologie. Dans cet ouvrage, l’auteur tente de reformuler et d’évaluer ces problématiques à la lumière de la théorie phénoménologique du jugement de Husserl. - Denis Seron est chargé de recherche du Fonds national belge de la recherche scientifique et maître de conférences à l’université de Liège. – Notule de l’éditeur.

— Sers Philippe, Escande Yolaine, Résonance intérieure. Dialogue sur l'expérience artistique et l'expérience spirituelle en Chine et en Occident, Klincksieck, 2003, ISBN: 2-252-03430-0

— Sfar Joann, Candide de Voltaire, Bréal, 2003, ISBN: 2-7495-0086-9

— Simmel Georg, Le cadre et autres essais, Collection Le Cabinet des lettrés, Gallimard, 2003, ISBN: 2-07-076871-6. Dans une lettre de 1901, Georg Simmel confie à Heinrich Rickert une passion parallèle à celle qui anime ses travaux de philosophe et de sociologue: «Mon intérêt principal est depuis quelque temps la philosophie de l'art, et je brûle de résumer mes idées à ce propos.» Marginal en apparence, ce champ moins connu de sa réflexion donnera lieu à une monographie sur Rembrandt et à deux longs essais sur Michel-Ange et Rodin. À côtés de ces tentatives de synthèse de sa pensée esthétique, Simmel a laissé une série d'essais qui sont autant de promenades inattendues sur des terrains qui, pour avoir été refoulés à la périphérie d'une histoire de l'art «académique», mettent en jeu les questions centrales de la perception et du sens de l'art. C'est en restant au plus près des phénomènes concrets, refusant toujours de les réduire à la transparence d'un concept que Simmel parvient, paradoxalement, à rendre sensible le fonctionnement de sa pensée - et de la pensée en général. De proche en proche, à travers la métaphore, l'analogie, l'image, et toujours, pour ainsi dire, à fleur de phénomène, ses essais esthétiques font inlassablement signe vers le même questionnement fondamental sur la forme et la matière, le temps et l'espace, la nature de l'idée. – Notule de l’éditeur.

— Sloterdijk Peter, La mobilisation infinie, Le Seuil, 2003, ISBN: 2-02-056190-5

— Suarez-Nani Tiziana, Connaissance et langage des anges selon Thomas d'Aquin et Gilles de Rome, Vrin, 2003, ISBN: 2-7116-1572-3. Depuis ses origines grecques et jusqu'à nos jours la philosophie occidentale a voué une attention particulière aux thèmes de la connaissance et du langage. Au Moyen-Age ceux-ci connaissent un développement spéculatif remarquable dans un contexte doctrinal trop longtemps négligé: la théorie relative à la nature des anges. Poursuivant ses recherches centrées sur Les anges et la philosophie, l'auteur étudie ici les doctrines angélologiques médiévales, pour autant qu'elles proposent un modèle spéculatif, celui des «intelligences séparées» ou «intellects célestes» qui permet aux philosophes d'expliquer la nature et la fonction des rapports cognitifs liés à la communication. Sur cette voir Thomas d'Aquin et Gilles de Rome se seront engagés très loin: la figure de l'ange leur permet en effet d'aborder le statut de l'intellectualité en tant que telle et de cerner ainsi un paradigme de connaissance parfaite. Leurs analyses des formes de communication des substances séparées, axées sur l'intentionalité et sur le choix du langage, aboutissent à l'élaboration d'un modèle de communication caractérisé par la transparence et la gratuité. Dans le présent ouvrage, l'auteur se propose donc de réévaluer l'apport des théories angélologiques médiévales jusque dans leurs conséquences anthropologiques: dans ces théories où l'homme et l'ange sont images du même principe, «l'humanité dans l'ange» et «l'angélicité dans l'homme» s'éclairent mutuellement pour signifier une certaine idée de l'humanité. Tiziana Nani-Suarez est professeur de philosophie médiévale auprès du Département de philosophie de l'Université de Fribourg (Suisse) – Notule de l’éditeur.

— Svendsen Lars, Petite philosophie de l’ennui, Fayard, 2003, ISBN, 2-213-61541-1.Traduit du norvégien par Hélène Hervieu. À l’origine de ce livre, le désir de l’auteur de prendre une année sabbatique et de ne rien faire. Le résultat: un texte sur la difficulté de circonscrire, de vivre de rien. Rappels historiques, digressions personnelles, interrogations philosophiques, références littéraires, mais aussi musicales ou cinématographiques: le ton est libre, très loin d’un discours philosophique pesant. Petite philosophie de l’ennui est une formidable porte d’entrée dans l’univers de la réflexion philosophique. Agé d’une trentaine d’années, Lars Svendsen est déjà une figure de l’intelligentsia norvégienne. Petite philosophie de l’ennui a été traduit dans plusieurs pays européens, où il a reçu un succès considérable (Allemagne, Italie, Pays-Bas, Russie, Suède, Danemark...). «Il est des sensations qui sont des sommeils, qui occupent comme une brume toute l’étendue de notre esprit, qui ne nous laissent ni penser, ni agir, et ne nous permettent pas d’exister clairement. Comme si nous n’avions pas dormi de la nuit, il survit en nous quelque chose du rêve, et il y a une torpeur de soleil diurne qui vient chauffer la surface stagnante des sens. C’est une saoulerie de n’être rien, et la volonté est un seau renversé au passage dans la cour, d’un geste indolent du pied». Fernando Pessoa, Le Livre de l’intranquillité. – Notule de l’éditeur.

— Tadie Alexis, Locke, Hachette, 2003, ISBN: 2-01-145512-X. Cet ouvrage est une anthologie de textes commentés, avec une présentation et un glossaire. Dans le monde anglo-saxon, John Locke est le philosophe du dix-septième siècle, bien plus que Descartes. L'enseignement français lui redonne de plus en plus la place essentielle qu'il mérite: il est notamment à la source de toute la pensée des Lumières. Une anthologie était particulièrement indispensable pour saisir de façon claire et condensée un auteur davantage cité que véritablement lu. Grâce à des commentaires sobres et clairs, le lecteur découvre la pensée d'un des fondateurs du libéralisme politique et de l'empirisme en épistémologie. – Notule de l’éditeur.

— Tanguay Daniel, Leo Strauss. Une biographie intellectuelle, Grasset et Fasquelle, 2003, ISBN: 2-246-59241-0

— Taubes Jacob, En divergent accord. A propos de Carl Schmitt, Rivages, 2003, ISBN: 2-7436-1108-1

— Tinland Olivier, Hegel, Maîtrise et servitude. Phénoménologie de l'esprit (B, IV, A) de Hegel, Ellipses Marketing, 2003, ISBN: 2-7298-1463-9

— Todorov Tzvetan, La vie commune. Essai d'anthropologie générale, Le Seuil, 2003, ISBN: 2-02-058897-8. 1re édition: 1995.

— Tornay Alain, Eléments de philosophie comparée. Tome 1, 2ème édition revue et corrigée, Éditions Saint-Augustin, 2003, ISBN: 2-88011-258-3

— Travis Charles, Les liaisons ordinaires. Wittgenstein sur la pensée et le monde, Leçons au Collège de France - Juin 2002, Vrin, 2003, ISBN: 2-7116-1613-4. Préface de Jacques Bouveresse. Comment garantir l’objectivité de notre rapport au monde? Le rationalisme et l’empirisme renvoient, chacun à leur manière, à une capacité générale de l’esprit humain - capacité désengagée du monde, décontextualisée. La nouveauté radicale qu’introduit Wittgenstein dans sa seconde philosophie est une vision contextualiste et proprement humaine de l’objectivité. Dans cet ouvrage, issu de leçons données au Collège de France en 2002, Charles Travis prend appui sur Frege, Wittgenstein et J.L. Austin pour montrer que l’opération de désengagement du monde propre aux différentes théories de la connaissance contemporaines ne permet plus à la pensée (ou à la perception) d’être objective et a fortiori d’être vraie. Elle ne permet pas de véritable rapport au monde. C’est plutôt au sein de nos pratiques les plus ordinaires que se fondent l’objectivité qui est la nôtre, la vérité, ainsi que les différents accords du monde avec le langage et la pensée. La vérité n’est pas abstraite, nos représentations sont situées. Toute signification, comme toute pensée, est sensible à l’occasion. Charles Travis propose ici une lecture originale de Wittgenstein, conjuguée à une approche particulière des grands problèmes de la philosophie analytique. Charles Travis est professeur à Northwestern University (Chicago, USA). Représentant majeur du contextualisme contemporain, il a défendu cette conception dans The Uses of Sense, et a récemment critiqué les visions représentationnalistes du langage et de l’esprit dans Unshadowed Thought. – Notule de l’éditeur.

— Valdinoci Serge, Merleau-Ponty dans l'invisible. L'œil et l'Esprit au miroir du Visible et l'invisible, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-3724-2. Dans la stricte exigence du commentaire, l'auteur s'attache à L' Oeil et l'Esprit, dernier livre du phénoménologue Maurice Merleau-Ponty. Par ce travail " quasi" mot à mot, et éclairé par le Visible et l'invisible, resté inachevé, L' Oeil et l'Esprit se révèle dans son ambition réelle mais peu soulignée: celle d'introduire à l'invisible pur. Ceci est commenté par l'auteur en prenant pour témoins Cézanne, Klee, Giacometti, Duchamp, Masson, Michaux. – Notule de l’éditeur.

— Van Camp Hélène, Auschwitz oblige encore. Tentative pour penser le mal absolu à partir du bien toujours relatif, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4170-3. Auschwitz peut-il encore obliger la pensée aujourd'hui? C'est à cette question que cet essai tente de répondre par l'affirmative, dans la trace vive du livre exceptionnel que Primo Levi rédigea en 1986, c'est à dire quarante ans après Auschwitz, intitulé en français "Les naufragés et les rescapés", mais egalement dans la lumière spectrale et inquiétante de la mort violente que l'écrivain s'est donné un an plus tard, un matin d'avril 1987 à Turin. – Notule de l’éditeur.

— Vert François, La Joconde, le sapin de Noël et Camus..., Le Bord de l'eau, 2003, ISBN: 2-911803-58-2

— Vidal Jean-Pierre, Le labyrinthe aboli. De quelques Minotaures contemporains, Trait d'Union, 2003, ISBN: 2-89588-045-X

— Vidal-Naquet Pierre, Le miroir brisé. Tragédie athénienne et politique. Les Belles Lettres. 96 p. 2002. ISBN 2-251-38058-2. – «Les Grecs ont inventé la politique. On peut le dire sans crainte, dans la mesure où la politique implique non seulement le débat – d’autres sociétés l’ont pratiqué – mais le suffrage, la loi commune écrite, la résolution des antagonismes par des joutes verbales, et le vote des décisions auxquelles on peut donner une forme publique écrite. Les dieux sont évoqués en tête des plus anciens décrets, mais ce sont les hommes réunis en assemblée ou en conseil qui décident. Parmi les Grecs, les Athéniens ont inventé la tragédie, ce «fait social total» comme aurait dit Marcel Mauss, à la fois esthétique, littéraire et religieux. Pierre Vidal-Naquet». – Notule de l’éditeur.

— Vincent Hubert, Lieux et usages du monde. Tome 1, Le nom, le travail, le citoyen et sa vertu, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4446-X. Le projet général de ces Lieux et usages du monde, -dont ce livre constitue les trois premiers échantillons -, est de dessiner une anthropologie sans humanisme respectant la diversité de ces champs de l'expérience. A chaque fois, et selon les exigences propres de ces champs, on y repose la question de l'émancipation. Ici l'auteur s'interroge sur le sens et l'importance que l'on doit attacher à l’expérience d'avoir été mal nommé. – Notule de l’éditeur.

— Wahnich Sophie, La liberté ou la mort, essai sur la Terreur et le terrorisme, La Fabrique, 2003, ISBN: 2-913372-25-2. Ce livre s’inscrit contre la vision de la Révolution aujourd’hui dominante, pour laquelle après 1789-1790, – la «bonne» Révolution, celle de Sieyès, de Condorcet – ce ne sont plus que flots de sang, massacres affreux, détournements coupables d’une belle idée par les «terroristes», Robespierre, Marat et consorts. Dans cette vision, la Révolution devient «la matrice des totalitarismes», comme l’a soutenu François Furet. Partant de la réception particulièrement favorable du film de Rohmer, l’Anglaise et le duc, où la Révolution est vue par les yeux de Grace Elliot, ancienne amante du duc d’Orléans, Sophie Wahnich s’interroge sur les raisons de ce «nouveau dégoût». Pour elle, «il n’est séparable ni du parallèle construit avec l’histoire des catastrophes politiques du XXe siècle, ni de l’idéalisation du modèle démocratique actuel….La Révolution est devenue l’Autre de la démocratie». La violence est la raison essentielle de ce «dégoût» qui fait de la Révolution «un événement insupportable qui blesse la sensibilité ordinaire actuelle en offrant l’archétype d’une violence infligée et assumée sur le corps de l’ennemi, l’imaginaire d’une cruauté à la fois exceptionnelle et infinie car légitimée, dans l’esprit de ceux qui l’accomplissent, par le sentiment de faire le bien.» La demande de terreur qui s’exprime à partir de l’été 1793 a pour cause l’effroi ressenti par le peuple parisien à la mort de Marat, incarnation de la Déclaration des droits de l’homme. De cet effroi, sublimé lors des funérailles, émergent la nécessité du salut public, la détermination de «mourir pour la patrie en danger». Des expressions comme La liberté ou la mort sont à prendre au pied de la lettre. La vengeance, la punition des ennemis sont inséparables du salut public. Danton, le 12 août 1793: «Les députés des assemblées primaires viennent d’exercer parmi nous l’initiative de la terreur contre les ennemis de l’intérieur. Répondons à leurs vœux. Non point d’amnistie à aucun traître. L’homme juste ne fait point de grâce au méchant. Signalons la vengeance populaire par le glaive de la loi sur les conspirateurs de l’intérieur.» L’Assemblée doit traduire les émotions populaires souveraines. C’est parce que la Législative n’a pas osé mettre en jugement ceux qui ont tiré sur le peuple aux Tuileries le 10 août 1792 que le peuple est entré dans les prisons en septembre. Le souvenir de ces massacres hante les révolutionnaires, soucieux de «donner une forme légale aux émotions, d’inventer les formes symboliques et les pratiques qui permettront de contenir l’ardeur». Le tribunal révolutionnaire «est à la fois le symbole de la Terreur et le rejeu des massacres de Septembre.» Il est réclamé par les sectionnaires parisiens, qui «prient la Convention nationale de punir et d’anéantir les intrigants, afin de faire justice au peuple.» Et Danton, aux conventionnels le 10 mars 1793: «Le salut du peuple exige de grands moyens et des mesures terribles. Je ne vois pas de milieu entre les formes ordinaires et un tribunal extraordinaire.» Contrairement aux interprétations aujourd’hui dominantes, le tribunal révolutionnaire est l’antidote de la «vengeance du peuple», une manière de mettre des bornes à l’ «exception souveraine» dans sa fonction vengeresse, une occasion de renouer avec la fonction apaisante, médiatrice, de l’Asssemblée. Pour Danton, les conventionnels doivent être «les dignes régulateurs de l’énergie nationale». En inventant le néologisme de «terroriste», les Thermidoriens inaugurent la vision d’une période–à partir de l’an II–marquée par la terreur et le sang, occultant la légitimité de la violence en pareille situation. L’historiographie actuelle est encore délibérément thermidorienne. Et la mise en équivalence morale de l’an II et de 2001, «non sens historique et philosophique…est l’effet de ce qu’on pourrait appeler la rémanence rétinienne de l’image de la terreur révolutionnaire.» – Notule de l’éditeur.

— Waszek Norbert, L'Ecosse des Lumières. Hume, Smith, Ferguson, PUF, 2003, ISBN: 2-13-052449-4.

— Weibel Luc, Une thèse pour rien. La comédie du savoir, Le Passage, 2003, ISBN: 2-84742-026-6

— Wetzel Marc, Le temps, Quintette, 2003, ISBN: 2-86850-111-7

— Yousif Ephrem-Isa, La floraison des philosophes syriaques, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4348-X

— Zabarella Iacobus, Tables de logique Sur l'Introduction de Porphyre, les Catégories, le De l'interprétation et les Premiers Analytiques d'Aristote. Petite synopse introductive à la logique aristotélicienne, L’Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4633-0. Iacobus Zabarella, 1533-1589, est l'un des commentateurs latins d'Aristote les plus réputés. Son excellente compréhension du texte grec lui permet de se rapprocher de la lettre et de l'esprit d'Aristote. Le petit ouvrage dont est ici publiée la traduction se veut être un résumé sous forme de tableaux commentés des Catégories d'Aristote, de la syllogistique et du traité De l'Interprétation (bilingue Latin-français). – Notule de l’éditeur.

— Zongsan Mou, Spécificités de la philosophie chinoise, Le Cerf, 2003, ISBN: 2-204-06838-1. Introduction de Joël Thoraval. Traduction du chinois par Ivan P. Kamenarovi? (chap. I à VI) et Jean-Claude Pastor (chap. VII à XII). Mou Zongsan (1909-1995) est l'une des figures majeures de la pensée chinoise contemporaine et peut être considéré comme l'un des représentants les plus marquants de ce qu'il a été convenu d'appeler le «néo-confucianisme contemporain», mouvement de pensée qui a commencé à se développer au tournant du XXe siècle. Au sein de ce mouvement, la démarche de Mou Zongsan est double: prendre ses distances, mais aussi se réapproprier une tradition chinoise qui a été ébranlée par le choc de la modernité provoqué par l'Occident. Il s'agit donc de rechercher une voie proprement chinoise capable d'intégrer, à travers une méditation morale qui se veut confucéenne, des données nouvelles comme la philosophie occidentale, la science moderne et la démocratie. Mou Zongsan est l'un des plus grands philosophes chinois du XXe siècle, dont le nom et la pensée restent encore cependant quasiment inconnu aux Occidentaux. Lecteur insatiable des principaux ouvrages qui fondent la pensée philosophique occidentale contemporaine, il a orienté sa recherche sur l'actualité de la pensée chinoise, notamment le confucianisme. – Notule de l’éditeur.

— Zweig Stefan, Erasme. Grandeur et décadence d'une idée, Grasset et Fasquelle, 2003, ISBN: 2-246-16853-8. Grandeur et décadence d’une idée. A travers la biographie d’Erasme, Zweig évoque la Renaissance et la Réforme, formidables bouleversements dans l’histoire des idées. En 1935, lorsque le livre paraît en France, l’écrivain vit en exil à Londres et voit se profiler sur son pays, l’Autriche, puis sur toute l’Europe, la menace du cataclysme. Cette méditation sur l’humanisme d’Erasme vaincu par le fanatisme de Luther prend alors toute sa force et sa dimension tragique. – Notule de l’éditeur.