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Notule bibliographique
 

Campanella, Tommaso, Apologie de Galilée, Belles Lettres, coll. : science et humanisme, 10/2000.
Traduit du latin et présenté par Michel Lerner

L'auteur :

Campanella (Stilo, 1568 - Paris, 1639) est, à beaucoup d’égards, un frère de Giordano Bruno : méridional, de basse extraction, il entre dans l’ordre dominicain à Naples (1583) et connaît bien vite des difficultés avec l’Inquisition (1591, 1593, 1596). Il doit même participer à une séance d’Auto-da-fé à Rome, où il abjure solennellement ses hérésies. Plus grave, il prend la tête d’une insurrection anti-espagnole, prête à s’allier aux Turcs. Pris, il est horriblement torturé par l’Inquisition de Naples, mais s’en tire en feignant la folie (1600). Il écope malgré tout de la prison à vie. Commence alors un emprisonnement qui durera 27 ans, dans des conditions souvent épouvantables. Au cours de ces années, Campanella réussit à garder le contact avec le monde extérieur : il lit des livres, donne des cours, reçoit des visites et, surtout, il écrit sans cesse. Sa réputation grandit, au point que des protestants viennent le trouver et deviennent ses éditeurs en Allemagne.
 
Le livre :
Depuis toujours, Campanella cherche à promouvoir un « aggiornamento » de la philosophie catholique : un mariage entre théologie, philosophie platonicienne et science contemporaine. C’est qu'il est parfaitement conscient que la science aristotélicienne a fait son temps, et qu’il est urgent d’ouvrir les fenêtres.
 
Depuis au moins 1608, il est en correspondance avec Galilée (qui ne lui répond jamais directement). Sans être lui-même un copernicien, il est convaincu de la caducité d’Aristote. Lorsque, en 1616, les enquêtes de l’Inquisition commencent contre Galilée, le Cardinal Caetani, membre de la commission, se tourne vers Campanella pour connaître son opinion (un prisonnier de l’Inquisition consulté par un cardinal de la Commission de l’Index !). En réponse, il adresse à Caetani cette Apologia où il établit, dans la forme d’une disputation scolastique, que la nouvelle philosophie de Galilée non seulement ne contrarie pas l’Ecriture, mais qu'elle répond même mieux au besoin d’une philosophie naturelle authentiquement chrétienne. L’ouvrage sera imprimé en Allemagne dès 1616 et diffusé dans toute l’Europe.

 
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