Actualité des publications
février 2004


Sommaire général
Archives des livres par date
 Nouveautés

Vous trouverez ici l'archivage des publications annoncées en février 2004.
NB: Les titres ne sont pas archivés par nom d'auteur. Les titres suivis d'un * sont des rééditions (ou bien mention explicite).

La liste des nouveautés de février 2004 est aussi disponible au format rtf (14 pages).
 

— Alferi Pierre, Des enfants et des monstres, P. O. L. , 2004, ISBN:. À l’ère téléphage, le câble fait valser les films en boucle et le satellite les met en orbite en attendant les self-serveurs. Le cinéma peut tout partager avec la télé, il lui résistera par un trait bien plus que technique: la projection vient de derrière, nous met en garde. Le caisson lumineux, lui, nous plonge dans son tube. Les films y sont des souvenirs, déchets, carlingues de vieux vaisseaux encombrant le ciel cathodique. Souvenir d’une séance, mais sans son sex-appeal. Souvenir qu’on n’a pas, et désir d’une séance. Occasion d’un retour critique? Plutôt: comme on enfourche un cheval de manège, en saisir un au vol et jouer la curiosité contre la nostalgie. Cette suite d’articles, pour la plupart publiés en ligne sur le site des Cahiers du cinéma, certains dans la revue Vacarme, s’organisent autour de quelques faits ou éléments constitutifs, pour Pierre Alferi, du pouvoir qu’exerce le cinéma sur nous. D’abord le fantastique et l’immaturité qui sont d’ailleurs, hors même le genre dit fantastique qui fait ici l’objet de beaux développements, au cœur du cinéma qui produit des fantômes animés. Pierre Alferi s’attache à l’évocation et à la critique aussi bien des films à effets (science-fiction, monstres, vampires, etc. ) que d’œuvres plus discrètes, elliptiques, mais pas moins efficaces (ainsi du cinéma de Jacques Tourneur). Ensuite la mélancolie filmée à travers cette manière qu’ont certains héros non pas de regagner le monde qui leur a été refusé, mais d’en faire leur deuil. Ensuite encore, bien sûr, les acteurs, ce qui les fait, peut-être, des êtres d’un genre unique dont les personnages endossés seraient les espèces. Quelques portraits pour cerner une singularité qui ne s’affiche pas, hyperphysique, qui se laisse entrevoir de rôle en rôle, entre les avatars. Enfin, quelques articles imaginent des cinéastes à partir de leurs films. Certains s’appuyèrent sur un modèle déjà classique du beau, dans le théâtre et la peinture, pour maintenir farouchement une volonté d’art dans l’usine à films (Lang, Murnau, Ulmer, Preminger). D’autres, arrivés un peu tard, ont mimé cette volonté (Minnelli, Corman, Lynch, Kitano). http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre. asp?Clef=5770 – Notule de l’éditeur.

— André Motte, Christian Rutten, Pierre Somville, avec la collaboration de Laurence Bauloye, Aikaterini Lefka eEt Annick Stevens, Philosophie de la forme. Eidos, idea, morphè dans la philosophie grecque, des origines à Aristote. Travaux du centre d’études aristotéliciennes de l’Université de Liège, édités par, Coll. «Aristote. Traduction et études», Peeters, Louvain-la- Neuve – Paris – Dudley MA, 2003, 684 p. Toutes les occurrences des trois termes présentes dans les fragments des philosophes présocratiques ainsi que dans les œuvres de Platon et d'Aristote ont été examinées, dans leur contexte, d'un point de vue grammatical et d'un point de vue sémantique. Grâce à ces analyses approfondies, l’ouvrage apporte certaines vues nouvelles relativement à la thématique, toujours controversée, autour des notions de la «forme» et de l’»idée». Les résultats de l'enquête ont d'abord été présentés et discutés au cours d'un colloque qui s'est tenu à Liège en mars 2001. Les auteurs, au nombre d'une vingtaine, sont des professeurs et des chercheurs issus des Universités de Liège, de Bruxelles, de Louvain-la-Neuve, de Leuven, de Luxembourg, de Padoue et de Montréal. Dans le volume, chacun des trois corpus donne lieu en outre à un tableau récapitulatif des occurrences et à des conclusions propres. Un quatrième chapitre comprend une étude sur Proclus ainsi que des investigations relatives aux traductions arabes et latines du vocabulaire concerné. Pour finir, Enrico BERTI dégage les principaux résultats du travail et montre aussi certains enjeux de cette «philosophie de la forme» inaugurée par les penseurs grecs. L'ouvrage comprend une bibliographie de quelque deux cents quarante titres ainsi qu'un index des mots sémantiquement apparentés aux trois termes étudiés et des autres mots qui apparaissent fréquemment dans leur voisinage. http://www.peeters-leuven.be – Notule de l’éditeur.

— Aristote, Éthique à Nicomaque, Garnier-Flammarion, traduction présentation, notes et bibliographie par Richard Bodéüs, ISBN: 2-08-070947-X. - L'Éthique à Nicomaque n'est pas seulement l'une des oeuvres les plus célèbres d'Aristote, l'une de celles qui témoignent le mieux aujourd'hui de sa philosophie. C'est aussi, plus généralement, un des grands textes de l'histoire de la pensée. Quelle est l'activité qui, en dernière instance, donne sens à la vie humaine? Telle est l'interrogation qu'Aristote commence par soulever, sachant que l'être humain est un être rationnel, susceptible d'élaborer de multiples projets. On ne peut lire - ou relire - l'Éthique à Nicomaque sans éprouver combien la réponse à cette question entraîne le philosophe à la découverte de l'homme lui-même, en qui, selon Aristote, s'unissent mystérieusement la bête et le dieu. Cette nouvelle traduction dégage clairement la structure et l'articulation du texte d'Aristote. Elle s'accompagne d'un appareil de notes fourni qui tient compte des analyses et des interrogations principales dont le texte a récemment fait l'objet. – Notule de l’éditeur.

— Aron Raymond, Le marxisme de Marx, L. G. F. , ISBN: 2-253-10800-6. Édition: Bachelier Christian, Casanova Jean-Claude; première édition: 2002. Ouvrage sans cesse repoussé par Aron (1902-1983), Le Marxisme de Marx sort enfin sous la forme originale d'un cours donné pour le concours de l'agrégation en 1962 et 1963 à la Sorbonne. Grâce au travail de Jean-Claude Casanova et de Christian Bachelier, ce cours – parfois amendé à la lumière d'un autre cours donné au Collège de France en 1977 – devient un véritable ouvrage, structuré, précis, fort de plus de 800 pages, annoté avec précision. Il n'est pas seulement une trace de l'histoire intellectuelle de la seconde moitié du XXe siècle, mais est peut-être aussi l'un des livres le plus intéressants sur Marx dans les productions actuelles. – Notule de l’éditeur.

— Bachelier Louis, Aux origines de la finance mathématique, Préface de I. Ekeland. Sous la direction de J. M. Courtault et Y. Kabanov, Presses Universitaires de Franche-Comté, ISBN: 2-84627-064-3. - Les articles rassemblés dans ce volume pour le centenaire de la soutenance de la thèse de Louis Bachelier "Théorie de la spéculation" sont consacrés à l'exposé de la vie et de l'oeuvre de ce savant peu connu considéré aujourd'hui comme le précurseur de la finance mathématique. – Notule de l’éditeur.

— Balmes Marc, Boi Luciano, Lambert Dominique, L'énigme des mathématiques. La mathématisation du réel et la Métaphysique, livres I (391 p. , paru en mars 2003, ISBN: 390677077X) et II (environ 400p. , à paraître courant 2004), collection "Philosophia Naturalis et Geometricalis", Peter Lang, Bern - Berlin - Bruxelles - Frankfurt am Main - New York - Oxford - Wien. "Une énigme: comment se fait-il que la mathématique, qui est un produit de la pensée humaine et indépendante de toute expérience, s’adapte d’une si admirable manière aux objets de la réalité?". Dans toute sa force, c’est une question proprement métaphysique que soulevait Albert Einstein: la mathématisation du réel, telle qu’inaugurée par Galilée, y atteint, par delà le mathématisable immédiat des quantités discrète et continue, le mathématisable profond de lois et de structures. Or celles-ci sont bien quelque chose de ce réel, mais quelque chose qui, du fait de la séparation du réel sensible grâce à laquelle la mathématique acquiert son autonomie, demande à y être situé. Mais si les succès de la mathématisation ont contribué de manière décisive à faire adopter, à la philosophie moderne, un primat de l’interrogation critique et, à la philosophie contemporaine, un primat de la considération du dire rationnel, ils leur en ont par là-même rendu l’entreprise, et la métaphysique elle-même, impensables. Mais, lue ligne à ligne et avec ces questions, la Métaphysique ­ non pas l’essentialisme de l’aristotélisme scolaire ­ s'avère utiliser une telle considération et développer une telle interrogation au service d’une analyse causale de ce qui est pris en tant qu’être. Celle-ci, convenablement actualisée, doit permettre de situer dans le réel, au niveau de son intelligibilité première, les quantités discrète et continue (livre I) et, au niveau de sa structure métaphysique, ses lois et structures mathématiquement exprimables (livre II). Du même coup, "l’énigme" s’avère un catalyseur très puissant pour la redécouverte de cette analyse et, par suite, pour une renaissance de la métaphysique. J'ajoute que ces deux livres, qui tentent de situer le mathématisable profond des lois et structures à la lumière de la saisie par Zêta et Êta des causes immanentes de l'exister par soi, séparé et un qui est celui des substances sensibles, devraient se prolonger dans un troisième, en cours de rédaction, qui tentera de situer le mathématisable relativement au divin (et, par là, de s'essayer à une vision de sagesse sur l'activité mathématicienne de l'homme), ce qui l'engagera en particulier dans une lecture ligne à ligne de Métaphysique Thêta et Lambda, ainsi que dans un essai d'en prolonger la démarche jusqu'à une philosophie de la création. – Notule de l’éditeur.

— Balmes Marc, Pour un plein accès à l'acte d'être avec Thomas d'Aquin et Aristote. Réenraciner le De ente et essentia, prolonger la Métaphysique, collection "Ouverture philosophique", 191 p. , L'Harmattan, Paris, 2003, ISBN: 2-7475-3980-6. Nul doute que l'accès à l'acte d'être des réalités que nous classons dans la catégorie de la substance ne soit, dans la recherche métaphysique des principes et causes propres de ce qui est pris en tant qu'être, une étape décisive. Mais cet accès, le devons-nous au seul saint Thomas, comme cela est couramment tenu, ou bien le devons-nous d'abord à Aristote, et comment alors se comparent les voies par lesquelles l'un et l'autre nous y conduisent? Prenant appui sur une lecture entièrement renouvelée de la démarche des livres Z et H de la Métaphysique, ici présentée de manière relativement synthétique, l'on y confronte celle du De ente et essentia. L'on montre alors que si l'apport du théologien, partant du donné de foi de la création ex nihilo, peut et doit être repris dans un prolongement philosophique à l'apport de la Métaphysique, il demande aussi, par delà l'écran néoplatonicien et le reproche erroné d'essentialisme fait à Aristote, à être réenraciné dans l'accès ouvert par celui-ci aux causes immanentes de l'exister par soi, séparé et un qui est celui des substances, à savoir: selon la forme, ces substances elles-mêmes et, selon la fin, leur acte d'être. – Notule de l’éditeur.

— Bouhsira Jacques, Durieux Marie-Claire dir., Winnicott insolite, PUF, ISBN: 2-13-054163-1

— Bouveresse Jacques, Bourdieu, savant & politique, Collection "Bancs d'essai", 192 p. , Agone, 2004, ISBN: 2-7489-0020-0. En librairie le 15 fevrier 2004. http://www.agone.org/bourdieusavantpolitique. – "Bourdieu aurait sûrement dérangé un peu moins son époque, s'il s'était contenté d'assumer le rôle qui est prévu pour les gens comme lui, celui de l'homme de science, détenteur d'un savoir qui était, dans son cas, énorme et parfois écrasant, que la position d'exception qu'il occupe protège contre le contact avec les réalités et les modes de pensée "vulgaires". Mais il ne l'a justement pas voulu et il est curieux qu'on lui ait reproche, parce qu'il était un des intellectuels les plus prestigieux et, du point de vue social, les plus privilégies de notre temps, d'avoir réussi a rester en même temps aussi proche des gens les plus ordinaires. C'est justement, en grande partie, a cause de l'identité de nos réactions sur la façon dont la raison savante devrait traiter le "sens commun" et les "gens du commun" que nous avons, lui et moi, sympathise spontanément depuis le début. Bourdieu a dit qu'il ne s'était "jamais vraiment senti justifié d'exister en tant qu'intellectuel". Et, a la différence de beaucoup d'autres, il n'a pas seulement essayé, mais également réussi a exister autrement. Quand il parle de ce qui le rapproche de Pascal, il mentionne la sollicitude, dénuée de toute naïveté populiste, de celui-ci pour le "commun des hommes" et les "opinions du peuple saines". C'est donc a Pascal que je laissera le dernier mot sur ce en quoi consiste la grandeur des hommes comme Bourdieu et celle de l'exemple qu'ils nous donnent: "On tient a eux par le bout par lequel ils tiennent au peuple; car quelque élèves qu'ils soient, si sont-ils unis au moindre des hommes par quelque endroit. Ils ne sont pas suspendus en l'air, tout abstraits de notre société. Non, non; s'ils sont plus grands que nous, c'est qu'ils ont la tête plus élevée; mais ils ont les pieds aussi bas que les nôtres. Ils y sont tous a même niveau, et s'appuient sur la même terre; et, par cette extrémité, ils sont aussi abaisses que nous, que les plus petits, que les bêtes. "' Ce livre réunit deux penseurs hétérodoxes, l'un philosophe, l'autre sociologue, également professeurs au Collège de France. Celui qui reste parle de l'ami qui n'est plus, de ce qu'il a appris de lui, du rapport a la science, aux pouvoirs et a la société, de leurs désaccords aussi, et de leurs colères communes. Sommaire Préface (2004) -I- L'esprit du grimpeur -II- La philosophie reconnaissante -III- Conformismes & résistance -IV- Les médias, les intellectuels & le sociologue -V- Le savant & le politique -VI- Règles, dispositions & habitus -VII- La connaissance de soi et la science. – Notule de l’éditeur.

— Carraud Vincent, Marion Jean-Luc, Montaigne: scepticisme, métaphysique, théologie, PUF, ISBN: 2-13-052976-3

— Cassou-Nogues Pierre, Gödel, Les Belles lettres, 2004. ISBN 2-251-76040-7. Kurt Gödel (1906-1978), mathématicien, logicien et philosophe, est incontestablement l’un des plus grands esprits de notre temps. Ses réponses aux questions radicales posées par le XXe siècle au langage, aux mathématiques et à la pensée rationnelle ont modifié de façon décisive l’assise du savoir contemporain: Existe-t-il une langue qui permette d’isoler les phrases vraies dans tout monde possible? Pouvons-nous ou prouver ou réfuter chacune des phrases que nous pouvons y énoncer? Ou bien, dans une langue donnée, existe-t-il des phrases indécidables? Plus largement, existe-t-il des phrases absolument indécidables, qui, dans aucune langue plausible, ne seront ni prouvées ni réfutées? Sommes-nous des machines? Si nous pensons correctement, notre pensée doit pouvoir s’énoncer dans une langue univoque mais, en utilisant une langue définie, nous écrivons comme une machine. Existe-t-il des machines capables d’écrire tout ce que nous pouvons penser? Existe-t-il des objets qui ne sont ni dans l’espace ni dans le temps et que nous ne pouvons percevoir qu’avec nos esprits? Les nombres sont-ils de tels objets? Les mathématiques apparaissent comme le modèle de l’activité rationnelle et l’arithmétique donne le modèle de la certitude mathématique. Mais pouvons-nous donner un fondement à l’arithmétique élémentaire? On présente ici les réponses de Gödel, en suivant son œuvre logique et philosophique, depuis sa démonstration de la complétude sémantique du calcul des prédicats (1929) à sa réflexion sur le continu chez Cantor (1947), en passant par son théorème dit d’incomplétude (1931) – théorème qui a rendu Gödel fameux au-delà de son domaine et influencé jusqu’au psychanalyste Jacques Lacan. Pierre Cassou-Noguès, agrégé de mathématiques et docteur en philosophie, est chercheur au CNRS; il a notamment publié Hilbert et De l’expérience mathématique. – Notule de l’éditeur.

— Cometti Jean-Pierre dir. , L'éthique de la philosophie, Kimé, ISBN: 2-84174-326-8. - Jean-Pierre COMETTI: avant-propos. Claudine TIERCELIN: Les philosophes et la vie morale Alonso. TORDESILLAS: Synonymique, éthique, philosophie (Notes sur Prodicos de Ceos). Roger POUIVET: Philosophie et vertus intellectuelles. Pierre LIVET: L'éthique de l'argumentation. Max MARCUZZI: L'éthique d'une philosophie après la métaphysique. Elisabeth COREAU-SCAVARDA: Wittgenstein: une conception éthique de la philosophie. Jean-Pierre COMETTI: La philosophie dans tous ses états. – Notule de l’éditeur.

— Comte-Sponville André, Le capitalisme est-il moral? Sur quelques ridicules et tyrannies de notre temps, Albin Michel, ISBN: 2-226-14220-7

— Crignon-De Oliveira & Gaille-Nikodimov, À qui appartient le corps humain? Médecine, politique et droit. Les belles lettres. Bibliographie. Index. Parution: février 2004. ISBN 2-251-43010-5. C’est souvent à partir des situations exceptionnelles et dramatiques que la question de la propriété du corps humain se trouve posée dans nos sociétés, que l’on songe aux débats relatifs à l’euthanasie. Dans ce contexte, les juristes mais aussi les philosophes et les hommes politiques se voient reprocher d’être toujours en retard par rapport aux avancées des pratiques médicales. Les outils manqueraient aux citoyens pour comprendre et mesurer l’importance de ce qui se joue dans les décisions qu’ils ont à prendre tout au long de leur vie, au sujet de leur corps ou des corps de ceux qui leur sont proches. L’histoire des pratiques médicales, celle de nos traditions religieuses, politiques, et philosophiques, l’examen des doctrines juridiques et des concepts qu’elles proposent pour définir le statut du corps humain, la prise en compte enfin des théories de la justice permettent pourtant de constater que nous sommes loin d’être démunis pour penser le statut du corps dans nos sociétés. Cette voie rend possible une véritable confrontation entre les différentes positions et revendications exprimées à propos de la propriété du corps, en lieu et place du dialogue de sourds auquel nous assistons trop souvent. Marie Gaille-Nikodimov, Docteur en philosophie et chercheuse au CNRS, mène ses recherches sur la pensée politique de la Renaissance et sur les rapports entre politique, médecine et anthropologie. Claire Crignon-De Oliveira, Docteur en philosophie, enseigne à l’ENS Lettres et Sciences Humaines de Lyon, travaille sur la pensée anglaise classique et sur les rapports entre médecine, politique et religion. – Notule de l’éditeur.

— Delruelle Edouard, Métamorphoses du sujet. L'éthique philosophique de Socrate à Foucault, De Boeck, ISBN: 2-8041-4341-4. Quelles sont les formes par lesquelles un individu se pense et se reconnaît comme sujet? A travers quelles modalités part-il à la recherche de soi-même? Quelles expériences opère-t-il sur lui-même pour donner sens à son existence? Telles sont les questions soulevées par l'éthique philosophique, auquel cet ouvrage propose d'introduire le lecteur. Métamorphoses du sujet: ce titre doit donc s'entendre au double sens où chaque philosophie est l'expérience d'une métamorphose intérieure du sujet, et où l'histoire de la philosophie est l'histoire des différentes métamorphoses du sujet dans notre culture, de Socrate et Platon à Nietzsche et Sartre. Cette histoire est celle du passage de notre culture de l'hétéronomie à l'autonomie. Avec l'invention de la philosophie, le sens de l'existence ne provient plus d'une source radicale d'altérité (Dieu ou les dieux), mais s'alimente à une libre recherche fondée sur le dialogue et la critique. Mais est-il vraiment possible, sans garantie transcendante, de donner sens à notre vie? Ne sommes-nous pas alors condamnés à une existence médiocre, limitée à la satisfaction des intérêts de notre ego? L'éthique philosophique fait le pari qu'il est possible de s'arracher à la médiocrité de la vie de tous les jours, sans céder à la tentation de faire de ce travail la quête d'une transcendance illusoire. Ni platitude ni transcendance, tel est l'enjeu de la philosophie. Cet ouvrage qui embrasse toute l'histoire de la philosophie intéressera particulièrement les étudiants des 1er et 2e cycles universitaires ainsi que les élèves du secondaire supérieur. – Notule de l’éditeur.

— Evola Julius, Le fascisme vu de droite suivi de Notes sur le Troisième Reich. 3e édition revue et corrigée, Pardes, ISBN: 2-86714-039-0

— Fleury Cynthia, Zarka Yves-Charles, Difficile tolérance, PUF, ISBN: 2-13-053977-7

— France-Lanord Hadrien, Paul Celan et Martin Heidegger. Le sens d'un dialogue, Fayard, ISBN: 2-213-61775-9. - La première rencontre entre Paul Celan et Martin Heidegger eut lieu en 1967, à l’occasion d’une lecture publique de Celan en Allemagne. Dès le début des années 1950 pourtant, le poète lit le philosophe et le philosophe lit le poète. Leur correspondance l’atteste, et aussi les notes de lecture que chacun porta sur les écrits de l’autre: ces deux œuvres se sont fécondées. Ce livre est un travail de restitution et de mise au point. Il est surtout une réflexion, presque quarante ans après, sur une rencontre dont le sens doit aujourd’hui encore nous requérir. Le dialogue de la poésie et de la pensée prend une résonance étrangement actuelle, en notre temps de deuil et de péril. Né en 1976, Hadrien France-Lanord est agrégé de philosophie. Il est chargé de la traduction du tome 79 de l’édition intégrale de Heidegger: Conférences de Brême et de Fribourg. – Notule de l’éditeur.

— Gentile Emilio, Qu'est-ce que le fascisme? Histoire et interprétation, traduction: Dauzat Pierre-Emmanuel, Gallimard, ISBN: 2-07-030387-X. - Mussolini et le parti fasciste conquirent le pouvoir le 28 octobre 1922. Depuis lors, les historiens n'ont cessé de disputer de questions concernant la nature du fascisme et son sens dans l'histoire contemporaine: fut-il un mouvement autonome ou l'instrument d'autres forces? Eut-il une idéologie et une culture? Fut-il moderne ou antimoderne, révolutionnaire ou réactionnaire, autoritaire ou totalitaire? Fut-il spécifiquement italien ou international? Faut-il parler de «fascisme», c'est-à-dire d'un phénomène unique avec de nombreuses variantes, telles les branches d'un même arbre, ou au contraire de «fascismes», comme autant d'arbres différents partageant des caractéristiques communes? À partir d'une réflexion - articulée notamment autour de l'idéologie, de l'économie, de la culture de l'«homme nouveau», du rôle du parti, de l'État et du mythe de Mussolini, ou bien encore de la religion politique -, Emilio Gentile, spécialiste mondialement reconnu du fascisme, cette «voie italienne du totalitarisme», retrace ici les faits et interprétations indissolublement constitutifs d'un phénomène international tel qu'il a été historiquement: politique, moderne, nationaliste, révolutionnaire, totalitaire, raciste et impérialiste, décidé à détruire la civilisation démocratique et libérale et se posant en alternative radicale aux principes de liberté et d'égalité réalisés par la révolution des droits de l'homme et du citoyen. – Notule de l’éditeur.

— Green André, Edde Dominique, La Lettre et la Mort. Promenade d'un psychanalyste à travers la littérature: Proust, Shakespeare, Conrad, Borges. . . , Denoël, ISBN: 2-207-25434-8

— Hadot Pierre, Le voile d'Isis. Essai sur l'histoire de l'idée de nature, Gallimard, ISBN: 2-07-073088-3. - Un aphorisme hante la philosophie occidentale: celui d'Héraclite, qui veut que «la Nature aime à se voiler». Près de vingt-cinq siècles durant, ces quelques petits mots ont successivement signifié: que tout ce qui naît tend à mourir; que la Nature s'enveloppe dans des formes sensibles et dans des mythes; qu'elle cache en elle des vertus occultes; mais également que l'Être est originellement dans un état de contraction et de non-déploiement; ou bien encore qu'il se dévoile en se voilant. Ainsi cet aphorisme aura-t-il servi à expliquer les difficultés de la science de la nature, à justifier l'exégèse allégorique des textes bibliques ou à défendre le paganisme, à critiquer la violence faite à la nature par la technique et la mécanisation du monde, à expliquer enfin l'angoisse qu'inspire à l'homme moderne son être-au-monde. La même formule, illustrée par l'image du voile d'Isis et déployée par Pierre Hadot dans l'histoire de l'Occident, aura justifié, par suite de contresens créateurs, l'attitude prométhéenne - l'homme doit se rendre maître et possesseur de la Nature - comme l'attitude orphique - nul ne peut soulever le voile des mystères de la Nature, sinon le poète et l'artiste. Elle n'aura jamais cessé de tracer des perspectives nouvelles sur la réalité et de révéler les attitudes les plus diverses à l'égard de la Nature. Par là, elle confirme le propos de Nietzsche: «Une bonne sentence est trop dure à la dent du temps et tous les millénaires n'arrivent pas à la consommer, bien qu'elle serve à tout moment de nourriture.» – Notule de l’éditeur.

— Hentsch Thierry, Mussi Sébastien, Tardif Francine, Lasvergnas Isabelle dir. , Le vivant et la rationalité instrumentale, Liber, ISBN: 2-89578-037-4

— Hosle Vittorio, La crise du temps présent et la responsabilité de la philosophie. Pragmatisme transcendantal, fondation ultime, éthique, traduction Geraud Marc, Théétète, ISBN: 2-912860-41-5

— Jaquet Chantal, L'unité du corps et de l'esprit. Affects, actions et passions chez Spinoza, PUF, ISBN: 2-13-054204-2

— Kahn Laurence, Enaudeau Michel, Fiction et vérité freudiennes, Balland, ISBN: 2-7158-1484-4

— Lear Gabriel Richardson, Happy Lives and the Highest Good. An Essay on Aristotle's Nicomachean Ethics, ISBN: 0-691-11466-8. 256 pages. Gabriel Richardson Lear presents a bold new approach to one of the enduring debates about Aristotle's Nicomachean Ethics: the controversy about whether it coherently argues that the best life for humans is one devoted to a single activity, namely philosophical contemplation. Many scholars oppose this reading because the bulk of the Ethics is devoted to various moral virtues--courage and generosity, for example--that are not in any obvious way either manifestations of philosophical contemplation or subordinated to it. They argue that Aristotle was inconsistent, and that we should not try to read the entire Ethics as an attempt to flesh out the notion that the best life aims at the "monistic good" of contemplation. The entire book description: http://pup.princeton.edu/titles/7751.html; Princeton University Press 41 William Street Princeton, NJ 08540 U. S. A. – Notule de l’éditeur.

— Lebensztejn Jean-Claude, Manières de table, Bayard Centurion, ISBN: 2-227-47365-7

— Marmasse Gilles, Kervegan Jean-François, Hegel penseur du droit, CNRS, ISBN: 2-271-06195-4. - Les Principes de la philosophie du droit sont l’un des textes les plus lus et les plus controversés de Hegel . Il s’agit à la fois d’un bilan de l’histoire de la philosophie morale, juridique et politique et d’une analyse audacieuse et «engagée» de la modernité post-révolutionnaire. Pourtant, malgré sa destination pédagogique et sa rédaction soignée, le précis de 1820 est d’un abord malaisé, dans la mesure où il ne se soustrait à aucune des exigences de ce qui, pour Hegel, garantit la «scientificité» d’un traité de philosophie. Il n’y a rien d’étonnant, par conséquent, au fait que les querelles d’interprétation les plus violentes aient eu lieu à son propos et que la pensée hégélienne du droit ait, tour à tour, servi de caution ou de repoussoir aux prises de position politiques les plus diverses. La difficulté du texte mais aussi le caractère stratégique des thèmes abordés font en effet des Principes de la philosophie du droit un idéal miroir à fantasmes. La «fin des idéologies» a ouvert la voie à une lecture plus sereine (mais peut-être plus exigeante)de la conceptualisation hégélienne du droit et pas seulement de ce que Hegel nomme abstrait»), centré sur la question de la propriété, et du droit qu’a l’individu de voir honorée sa qualité de sujet moral agissant. Ce recueil d’études, qui illustre les tendances actuelles de la recherche, propose une lecture à la fois synthétique et détaillée de l’ouvrage de Hegel en insistant non seulement sur sa dimension «systématique» et spéculative, Il ne s’agit pas de prétendre que Hegel soit avant tout un philosophe du droit, encore moins de mettre entre parenthèses le puissant soubassement métaphysique ou spéculatif de sa doctrine de l’esprit objectif, mais de réévaluer ce moment du système et de tirer parti des appuis qu’il peut offrir à la philosophie contemporaine. Jean-François KERVÉGAN est professeur à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris I). Ses travaux portent sur la philosophie allemande, en particulier sur Hegel, dont il a traduit les Principes de la philosophie du droit , et sur la philosophie juridique et politique. Gille MARMASSE enseigne la philosophie à l’Université Jean-Moulin (Lyon III). Il est l’auteur d’un ensemble de publications sur Hegel, dont il a édité des cours inédits sur la philosophie de la nature. Voir le sommaire sur http://nosophi.univ-paris1.fr/docs/HPD.pdf – Notule de l’éditeur.

— Masson Céline, Fonction de l'image dans l'appareil psychique. Construction d'un appareil optique, ERES, ISBN: 2-7492-0256-6. L’image donne chair à une absence dans un écart référentiel qui est celui de la symbolisation. L’image fait voir, donne formes, articule des scènes et des corps; en somme elle constitue un langage. Elle est le visage de l’infigurable, la pellicule sensible sur laquelle sont inscrites les formations psychiques. Comment naissent les images et qu’en faisons-nous? En quoi les images, œuvres d’art, sont-elles des prolongements de l’appareil psychique, des représentations de notre dedans psychique dont parle Freud? Comment les images se transmettent-elles dans la culture? Quelle est la fonction des images et des représentations fabriquées par le sujet et projetées dans l’espace culturel? Est-elle différente de celles qui restent intérieures au sujet mais qui pourtant circulent comme monnaie d’échange entre les générations? Ce livre explore le champ de l'image, considérée comme étant au cœur même de la vie psychique, dans une approche anthropologique et psychanalytique. Sont ici analysés son lien avec la mémoire et l'imagination, mais encore les rêves, la psychopathologie, notamment les hallucinations visuelles, et surtout ses rapports au mode même du créer. Céline Masson est psychanalyste, maître de conférences à l’université Paris 7 Denis-Diderot. – Notule de l’éditeur.

— Mosès Stéphane, Au-delà de la guerre. Trois études sur Levinas, Lyber-éclat, 2004, ISBN 2-84162-083-2. Levinas et la guerre: sujet à première vue incongru, si l’on en croit l’image convenue du philosophe en «penseur de l’éthique et de l’altérité». et si ces thèmes ont bien entendu une importance centrale chez Levinas, réduire sa pensée à cette doctrine bien-pensante, c’est ignorer ce qui en constitue le point de départ, et qui ne cesse de sous-tendre toutes ses analyses: un redoutable réalisme, une conscience suraiguë de la nature tragique de l’histoire. La lucidité que Levinas oppose à la naïveté des bons sentiments provient de la constatation amère que «l’évidence de la guerre se maintient dans une civilisation essentiellement hypocrite». Les trois études réunies ici se proposent de retracer le chemin qui, chez Levinas, mène d’une vision métaphysique de la guerre, jusqu’à l’idéal d’une «paix messianique», rendue possible par une autre vision de l’histoire. Ancien élève de l'École normale supérieure, Stéphane Mosès s’installe à Jérusalem en 1969 où il devient professeur de littérature allemande et comparée à l'Université Hébraïque de Jérusalem. Il a publié plusieurs articles ou ouvrages sur Franz Rosenzweig, Walter Benjamin, ou Gershom Scholem et il a également traduit Paul Celan. Son livre classique, Système et Révélation. La philosophie de Franz Rosenzweig, a été réédité récemment chez Bayard. Il a également publié: L'Ange de l’histoire. Rosenzweig, Benjamin, Scholem (Seuil, 1992) et L’Éros et la Loi (Seuil, 1999). http://www.lyber-eclat.net/nouveautes.html#moses1  – Notule de l’éditeur.

— Onfray Michel, La philosophie féroce. Exercices anarchistes, Galilée, ISBN: 2-7186-0613-4

— Paturet Jean-Bernard, La psychanalyse à coups de marteau, ERES, ISBN: 2-7492-0259-0. Dans La naissance de la philosophie, Nietzsche écrit que les penseurs grecs de l'époque de la tragédie furent les sondeurs de la vie, les psychologues de l'âme humaine, ceux qui «philosophaient à coups de marteau». À son tour, Jean-Bernard Paturet tente à coups de «marteau de la psychanalyse» de «sonder» quelques textes de la culture grecque que le hasard de lectures, de rencontres et de conférences, l'a conduit à lire ou à relire. La psychanalyse n’est pas ici utilisée comme l'aune à laquelle se mesurerait la vérité de leur contenu, mais elle fait «résonner» pour les hommes du XXIe siècle ce que ces textes portent en eux de plus profond, c'est-à-dire les grandes questions qui agitent la nature humaine: les passions et l'histoire, l'amour et la mort, la justice et la politique, le destin et les dieux. Car, au cœur de la tragédie, de la philosophie et de la mythologie comme de la littérature, s'expriment les sombres secrets qui animent l'inconscient des êtres humains… Et Nietzsche nous a appris que pour approcher cette part énigmatique et mystérieuse, cette part d'ombre et de secret, il fallait privilégier «l'écoute» et faire de «l'ouïe», le sens fondamental de la connaissance du vivant. Le «marteau de la psychanalyse» sera ainsi une sorte de «sonar» de l'insondable énigme de l'éternel humain. Jean-Bernard Paturet est professeur des universités à Montpellier 3, codirecteur de l’équipe de recherche «Esthétique et éducation en psychanalyse». – Notule de l’éditeur.

— Peces-Barba Martinez G. , Théorie générale des droits fondamentaux, L. G. D. J. , Collection: Droit et société, 2004, ISBN: 2. 275. 02471. 9, 504 pages. Gregorio Peces-Barba Martínez est professeur de Philosophie du Droit à l’Université Carlos III de Madrid dont il est en outre le Président. Après avoir exercé la profession d’avocat et celle de député, il a été l’un des «sept pères» de la Constitution espagnole de 1978 chargés d’élaborer et d’octroyer à l’Espagne un nouveau texte fondamental. Il présida par la suite le Parlement espagnol sous la première législature socialiste. Il est par ailleurs membre de l’Institut international des Droits de l’Homme de Strasbourg, docteur honoris causa de la Saint-Louis University, de l’Université de Vigo, de l’UNED, du Middlebury College et académicien de l’Académie royale des Sciences morales et politiques. La philosophie du droit, les droits de l’homme, les institutions politiques, la théorie de l’État et du Droit sont les principaux sujets de ses œuvres telles que Teoria dei diritti fondamentali (1993, édition italienne de la première partie du présent ouvrage), Etica, poder y Derechos fundamentales ante el fin de siglo (2e éd. , 2000), Historia de los derechos fundamentales (v. 1: 1998; v. 2: 2001), Curso de Teoria del Derecho (2e éd. , 2000), Sur la dignité humaine (à paraître en 2004). La question des droits de l’homme a trop longtemps été présentée en fonction uniquement de la protection et de la garantie qu’ils procurent. Loin de déconsidérer une telle perspective, le présent ouvrage préfère l’intégrer dans une approche plus large visant à comprendre intégralement un phénomène au travers de l’étude de sa portée et de sa substance. Une telle approche permet de définir le thème des droits de l’homme en tenant compte non seulement de son importance juridique et morale, mais encore des critiques qui lui ont été adressées. L’analyse historique permet de saisir les influences philosophiques, idéologiques, politiques et sociales des droits fondamentaux et les divers processus de leur évolution. En analysant le fondement même des droits, ces derniers apparaissent comme les porteurs de certaines valeurs essentielles qui, combinées les unes aux autres, permettent de mieux saisir leurs objectifs et leur dynamique. La théorie juridique, en outre, offre les outils opportuns pour définir les droits sous la forme d’un système juridique de Droit positif d’où découlent fonctions, classification et limites. L’étude porte, enfin, sur les domaines d’application de ces droits, sans les borner dans les limites traditionnelles du pouvoir étatique, mais en soulevant la question de leur universalité et de leur rôle dans les relations entre particuliers. – Notule de l’éditeur.

— Pena-Ruiz Henri, Le roman du monde. Légendes philosophiques, Flammarion, ISBN: 2-08-080054-X. Réédition en poche dans la collection «Champs»; première édition: août 2001. Le roman du monde, c'est l'aventure même des hommes. Il se compose d'images et de symboles, de personnages mythiques et d'exemples familiers, d'allégories et de métaphores désormais proverbiales: le feu de Prométhée, la tour de Babel, le nez de Cléopâtre, les ailes de l'âme, la chouette de Minerve, Œdipe aveugle, la peau de chagrin, le roseau pensant, Thalès tombant dans un puits. . . Autant de légendes fortes dans lesquelles la pensée trouve son incarnation sensible. Tirées des mythologies et des religions, de la littérature et de la philosophie, elles composent ici le récit de l'humanité aux prises avec les tourments de l'action et le spectacle des choses. Dans cet itinéraire où se raconte la culture, un peu de notre imaginaire ouvre tout grand le chemin à l'émotion de la pensée. – Notule de l’éditeur.

— Pena-Ruiz Henri, Leçons sur le bonheur, Flammarion, ISBN: 2-08-210116-9. Treize leçons pour explorer les chemins du bonheur. Comment assumer ses désirs? Comment faire face à l'adversité? Comment exercer et fortifier sa volonté? Comment vivre au mieux son rapport à soi-même et aux autres? Comment multiplier les jouissances qui rendent l'existence heureuse? Avec Épicure et Montaigne, Descartes et Spinoza, Nietzsche et Camus, comme avec bien d'autres penseurs, il s'agit de chercher des réponses à ces questions qui concernent le bien-être de chacun. Henri Pena-Ruiz a revisité les sagesses qui fondent l'art de vivre. Il montre la fécondité de leurs préceptes et conseils pour ouvrir la voie du bonheur. L'itinéraire proposé ici est accessible à tous. Il conjugue récits et analyses, moments poétiques et méditations philosophiques. Il nous invite à prendre soin de nos pensées, pour cultiver au mieux le goût de vivre, le goût du monde et le goût de l'autre. Un livre à lire pour ne laisser passer aucune occasion de bonheur. – Notule de l’éditeur.

— Plotin, Traités 22-26, éd. critique par Brisson Luc, Lavaud Laurent, Pradeau Jean-François, Flammarion, ISBN: 2-08-071198-9. Né en Égypte au début du IIIe siècle apr. J. -C. , Plotin s'installe à Rome en 246, en terre stoïcienne, pour y enseigner les principes d'une philosophie platonicienne et y inaugurer la tradition qu'on dit aujourd'hui «néoplatonicienne». De 254 jusqu'à la veille de sa mort, en 270, Plotin rédige un ensemble de textes que son disciple Porphyre éditera vers l'année 300 en les distribuant en cinquante-quatre traités, regroupés en six «neuvaines»: les Ennéades. Dans ces traités, Plotin se propose de guider l'âme de son lecteur sur le chemin d'une ascèse qui doit la conduire vers son principe, «l'Intellect» et lui permettre alors de percevoir, pour s'y unir, le principe de toutes choses qu'est «l'Un». La présente collection regroupera, en neuf volumes, les cinquante-quatre traités de Plotin, traduits et présentés dans l'ordre chronologique qui fut celui de leur rédaction. Ce volume contient les Traités: 22 et 23. Sur la raison pour laquelle l'être, un et identique, est partout tout entier; 24. Sur le fait que ce qui est au-delà de l'être n'intellige pas, et sur ce que sont les principes premier et second d'intellection; 25. Sur le sens de «en puissance» et «en acte»; 26. Sur l'impassibilité des incorporels. Traductions sous la direction de Luc Brisson et Jean-François Pradeau. – Notule de l’éditeur.

— Poche Fred, Une politique de la fragilité. Éthique, dignité et luttes sociales, Cerf, ISBN: 2-204-07336-9. - Où trouver des ressources fécondes pour continuer à lutter contre l’injustice et l’oppression après la fin des philosophies de l’histoire? Dans quel sens mener le combat pour la dignité de la personne à l’heure des grandes incertitudes idéologiques? Que convient-il de valoriser pour avancer vers une société réellement démocratique qui laisse pleinement sa place au plus grand nombre, avec une attention particulière aux plus défavorisés? Faut-il prolonger ou rompre le geste conceptuel de la pensée occidentale? Certains philosophes contemporains opèrent une rupture avec la tradition métaphysique qui s’interrogeait sur l’être, ainsi qu’avec les modernes centrés sur la conscience, afin de repartir du langage, du paradigme communicationnel. Le présent ouvrage s’ouvre avec la valorisation de ce détour langagier de la philosophie. Cependant, même lorsqu’il se trouve radicalisé sous la forme d’une «dialogique transcendantale», ce courant de pensée semble continuer un geste théorique qui le rattache au libéralisme politique. Or, il s’agit ici, de se séparer radicalement de cette tradition philosophique. L’auteur s’efforce ainsi de penser l’aventure démocratie en maintenant comme référence première la concrétude existentielle du sujet avec son arrimage contextuel. Une «anthropologie de contextualité», réhabilitant l’»espace» et le «social-historique», se dessine, laissant la place à une certaine forme d’»hétéronomie subversive». La réflexion éthique développée dans ce livre prépare la voie à une pensée du politique qui s’efforce de réfléchir non plus «pour», mais «à partir de» et «avec» les oubliés de la mondialisation néo-libérale. Se déploient alors les prémisses d’une «politique de la fragilité». – Notule de l’éditeur.

— Revue Le Coq-Héron N° 175 Décembre 2003: Subjectivité et appartenances. Dynamiques inconscientes des cultures, avec Major René, Daubigny Corinne, Letondal Jacques, Goldschmidt Georges-Arthur, ERES, ISBN: 2-7492-0151-9

— Revue. Apeiron, volume n° 36 fascicule n° 2 année 2003. Sommaire. Anaxagoras' Parmenidean cosmology: Worlds within worlds within the one; John E. SISKO. Socrates; in the Crito; Paul NEUFELD. Making time Aristotle's way; Jon MCGINNIS. Plato on Appetitive desires in the Republic; Paul HOFFMAN.

— Revue. Cahiers Philosophiques de Strasbourg, n°15 (Printemps 2003): "L'épicurisme antique". Études réunies par Thomas Bénatouil, Valéry Laurand et Arnaud Macé. Sommaire: Textes inédits. T. Bénatouil, "La méthode épicurienne des explications multiples". A. Gigandet, "Providence et causes finales: une polémique épicurienne". J. Giovacchini, "Le refus épicurien de la définition". V. Laurand, "Le traitement épicurien de la douleur". A. Macé, "La vitesse de la pensée. Sur la pensée épicurienne de la co-affection". P. -M. Morel, "Epicure et la "fin de la nature"". Traductions. P. De Lacy, "Limite et variation dans la philosophie épicurienne". M. Erler, "Philologia medicans. Comment les épicuriens lisaient les textes de leur maître". G. B. Kerferd, "La doctrine de l'âme chez Epicure". J. Mau, "Epicure, Lettre à Hérodote § 54-62. D. Sedley, "L'anti-réductionnisme épicurien". Publication: Les Cahiers Phlosophiques de Strasbourg, Université Marc Bloch, Le Portique, 14, rue René Descartes, F-67000 Strasbourg. Diffusion: Librairie Philosophique J. Vrin, 6 place de la Sorbonne, 75005 Paris, http://www.vrin.fr – Notule de l’éditeur.

— Revue. Kairos, n° 22, 2003, De Kant à la phénoménologie. Sommaire. Jean-Jacques Delfour, L’espace et la spatialité chez Kant (Esthétique transcendantale, § 2 et 3). Jean-François Lavigne, Husserl lecteur d’Avenarius: une contribution à la genèse de la réduction phénoménologique? François Dion, Eugen Fink et Emmanuel Kant: la place de la philosophie dans la cosmologie. Olivier Dekens, Le minimum subjectif: de Kant à Dieter Henrich. Claude Piché, La phénoménologie de l’expérience morale chez Kant. Marc Richir, Lebenswelt et époché philosophique transcendantale. Nicolas de Warren, Husserl et la question du monde. Anthony Steinbock, Facticité et intuition dans la problématique du monde de la vie. Régis Thomas, Mathématisation indirecte et monde de la vie. Un commentaire de la section 9c de la Krisis. Hommage à Gérard Granel. Jean-Marie Vaysse, Granel et les grecs. Françoise Fournié, quelques notes pour rejouer Marx. Soren Gosvig Olesen, La pathologie de Kant. Etudes critiques. Eliane Martin-Haag, A propos des passions rêvées par la raison. Franck Pierobon, L’architectonique kantienne existe-t-elle comme méthode? Chronique de la vie philosophique. – Notule de l’éditeur.

— Revue. La clinique lacanienne N° 7: L'adoption, Hamad Nazir, Aguerre Jean-Claude dir. , ERES, ISBN: 2-7492-0239-6

— Revue. Plato 4. Issue Four presents an article-length contribution, by Marlis Colloud-Streit, on the absence of a myth in the Sophist. This contribution is followed by a collection of six shorter papers that reflect on the theme’Platonic Knowledge: Is it an Illusion?' These papers, by Luc Brisson, Michael Erler, Christopher Gill, Lloyd Gerson, Noburu Notomi, and Samual Scolnicov, were presented together at the World Congress of Philosophy at Istanbul, in August 2003. They provide a synoptic view of many key epistemological questions, and, in some cases, give access to recently published scholarly analyses. The issue closes with three reviews, by Luc Brisson, Eduardo Mombello and Mario Vegetti. All future contributions should be sent to: Gretchen. J. Reydams-Schils. 1@nd. edu To access the Journal, for more information and Notes to Contributors, see: http://www.nd.edu/~plato  – Notule de l’éditeur.

— Revue. Res Publica n° 36 vient de paraître L'écologie est-elle anticapitaliste? Sommaire. - "L'écosophie, avenir de l'écologie politique?", entretien avec Valérie Marange - "Economie et environnement: le marché inefficace", par Jean-Paul Maréchal - "Marx écologiste?", par Jacques Bidet - "Ecologisme: quelles contradictions? Les Verts en Belgique", par Patrice Deramaix - "L'eau: entre défis et stratégies", par Martine Le Bec-Cabon. Hors dossier: - "Pour une Europe cosmopolite", entretien avec Ulrich Beck - "Haine de la vieillesse", par Agnès Echène - "Et la démocratie devint un jeu... (autour de Voyous de Jacques Derrida)", par Jean-Marc Gaté - "Soranos d'Ephèse ou la première gynécologie sélective", par François-Xavier Ajavon http://www.revuerespublica.com – Notule de l’éditeur.

— Revue. Studia Phaenomenologica: vol. III (2003) no. 3-4: Maurice Merleau-Ponty: Chiasm and logos http://www.culture.ro/srf/studia2.php?stid=80

— Revue. Topique N° 85 Décembre 2003: Les spiritualités, Vallet Odon, Rosolato Guy, Mijolla-Mellor Sophie De, Maltese-Milcent Marie-Thérèse, L’esprit du temps, ISBN: 2-84795-018-4

— Rouchy Jean-Claude, Soula Desroche Monique, Institution et changement. Processus psychique et organisation, ERES, ISBN: 2-7492-0258-2. Cet ouvrage a été conçu dans un rapport étroit entre le travail clinique sur le terrain et l'élaboration de concepts utiles à l'analyse, en dialogue avec différentes théories de la psychanalyse et des sciences humaines portant sur l'institution et le changement. L'approche que proposent les auteurs est centrée sur la personne, sur ses constructions, sur les difficultés, les conflits, les souffrances éprouvées dans le cadre professionnel. Traiter de l'évolution des structures, de changements individuels et collectifs, concerne le vécu des personnes dans des équipes, des services, des établissements dont elles font partie, mais qui font aussi partie d'elles-mêmes. Pour les auteurs, l'analyse d’institution est un travail d'élaboration au sens psychanalytique du terme, qui demande du temps, un cadre complexe et rigoureux, et concerne à la fois l'évolution des processus psychiques au plan individuel et collectif, et des changements du système d'organisation en rapport à de nouvelles valeurs instituantes. Les exemples cliniques qu’ils développent ici permettent au lecteur d’en comprendre les étapes et d’en mesurer les effets et les implications. Dans les secteurs du soin et du travail social, cette analyse des processus inconscients – actifs dans les rapports individu, groupe, organisation, institution et valeurs sociales – conduit à envisager des changements et la restauration d'un cadre de travail cohérent où circule à nouveau la vie, où la qualité des soins et des prises en charge fait écho à la satisfaction des équipes de réaliser enfin leurs aspirations professionnelles. – Notule de l’éditeur.

— Sacks Jonathan, Rozenbaumas Isabelle, La dignité de la différence. Pour éviter le choc des civilisations, Bayard Centurion, ISBN: 2-227-47223-5

— Salmi Hamid, Pont-Humbert Catherine, Ethnopsychiatrie. Cultures et thérapies, Vuibert, ISBN: 2-7117-6180-0

— Serfati Michel dir. , De la méthode, Recherches en histoire et philosophie des mathématiques. Autour du séminaire de l'IREM de l'Université de Paris VII. Auteurs: M. Bitbol, A. Douady, I. Grattan-Guinness, O. Hudry, R. Langevin, A. Michel, J. Mosconi, A. Revuz, M. Serfati, Presses Universitaires de Franche-Comté, ISBN: 2-84867-000-2. – Notule de l’éditeur.

— Sichere Bernard, Le Moment lacanien, L. G. F. , ISBN: 2-253-13066-4

— Sloterdijk Peter, Écumes, Pauvert (Fayard), 2004, ISBN:. Peter Sloterdijk s’est fait remarquer en France depuis plusieurs années pour sa réflexion audacieuse et inédite ( Critique de la pensée cynique, Le temps du crime et l’oeuvre d’art, Règles pour le parc humain, Bulles et Ni le soleil ni la mort). Après s’être plongé dans le roman de la relation dyadique et trinitaire (Sphères I – Bulles, Pauvert, 2002), après avoir étudié la constitutions des «globes» humains dans une impressionnante histoire de la mondialisation philosophique (Sphères II – Globes, à paraître), Peter Sloterdijk part, dans ce dernier volume de sa trilogie, Écumes, à la découverte de la structure alvéolaire qui permet aux êtres humains de coexister dans les sociétés modernes. Il y souligne le rôle de l’élément aérien, aussi bien dans les nouvelles techniques de destruction et d’extermination (avec, notamment, un impressionnant chapitre sur «l’atmoterrorisme» au XX e siècle), développe une théorie des îles et de «l’insulation» humaine, se penche sur le phénomène de la cohabitation d’êtres vivant seuls, en cellules juxtaposées, ou sur le phénomène de la «serre». Peter Sloterdijk entre avec ce volume dans une phase d’observation de la société contemporaine, dont il rattache l’évolution aux premiers mythes de l’écume, entre autres la naissance d’Aphrodite. Écumes, écrit d’une plume vive et claire, est sans doute le volume le plus actuel et le plus accessible de cette trilogie où l’on nous propose une histoire philosophique et esthétique de la coexistence entre les hommes. – Notule de l’éditeur.

— Vandekerckhove L. , La punition mise à nu. - Pénalisation et criminalisation du suicide dans l'Europe médiévale et dans l'ancien Régime, Academia, Collection: Hors collection, 2004, ISBN: 2. 87209. 709. 0. Date de parution: 02/2004, 182 pages. Pourquoi, par le passé, le suicide était-il considéré comme un crime? Pourquoi le punissait-on? Comment la collectivité justifiait-elle cette attitude et cette réaction? Quelles peines la justice médiévale et d'Ancien Régime prévoyait-elle lorsque quelqu'un se suicidait? Comment les exécutait-on? A partir d'une étude passionnante sur la peine judiciaire du suicide et du comportement suicidaire dans l'Europe médiévale et d'Ancien Régime, Lieven Vandekerckhove s'interroge sur le phénomène de la punition en général. Sur base de son enquête, l'auteur avance l'hypothèse que toute punition constitue un acte de représailles. Ni plus ni moins. Face à des actes contraires à son echelle de valeurs, la collectivité éprouve un besoin de vengeance expliqué par le fait que ces actes portent atteinte au fondement même de la cohésion sociale. C'est ce "coup" porté au consensus moral qui entraîne les représailles et donc implique la punition. Et c'est encore lui qui amène la société à catégoriser ces actes comme des infractions. En rendant le mal pour le mal par la punition, la société peut décharger son indignation. Pour Lieven Vandekerckhove, utiliser l'argument d'efficacité pour expliquer la punition - de quelque infraction que ce soit - fait preuve d'une mauvaise compréhension du phénomène. Et c'est s'enfermer dans l'arsenal idéologique qui légitime la punition, au lieu de l'éclaircir. Docteur en sociologie et bachelier en philosophie, Lieven Vandekerckhove est professeur à la Katholieke Universiteit Leuven (Louvain et Courtrai, Belgique). Ses recherches portent principalement sur la sociologie criminologique, la sociologie de la culture, et la sociologie de l'éducation. – Notule de l’éditeur.

— Weber Dominique, Léviathan de Hobbes avec le texte intégral des chapitres 16 et 17, Bréal, ISBN: 2-7495-0142-3

— Wolf Edith, Abensour Corinne et Sergent Bernard (sous la direction de), De la destruction du savoir en temps de paix. Recherche, Université, École (1975-2003), Fayard, 2004, ISBN:. Le propos du livre est de rendre compte de la destruction du savoir et de la culture entreprise en France depuis la fin des années 70. Cette thèse apparemment radicale ne se soutient d’aucune théorie du complot. Elle s’appuie sur des faits, des chiffres, des sources vérifiables et issus le plus souvent d’organismes officiels. Les auteurs: universitaires, professeurs du second degré, chercheurs, bibliothécaires, archéologues, conservateurs de musées, membres d’associations, sont divers par leurs appartenances politiques et leurs formations. Mais chacun a été témoin de faits précis, emblématiques d’une certaine tendance. Tous sont d’accord pour définir cette tendance par quatre points essentiels: 1°Le remplacement des connaissances, définies selon des critères scientifiques par des spécialistes, par des compétences adaptatives modelées selon les critères des décideurs de la sphère économique; 2°Le désengagement de l’Etat dans la définition des normes et la validation des connaissances comme dans le financement de la recherche et de l’enseignement; 3°La dévalorisation de la culture comme transmission intergénérationnelle au profit d’une «culture jeune» caractérisée par l’éphémère et le territorial, adaptée à une conception consumériste de la vie en société, et rendant impossible une inscription dans l’histoire et l’esprit critique qui l’accompagne; 4°L’émergence d’une «novlangue» dont les maîtres mots sont: compétence, professionnalisme, gestion, autonomie, innovation, mobilité, transversalité; et dont la fonction principale semble être de mettre en place une nouvelle idéologie, mais masquée, puisqu’elle prétend par principe rejeter toute idéologie. – Notule de l’éditeur.