Notule bibliographique
Greisch Jean, Paul Ricoeur. L'itinérance du sens, Millon, 2001, ISBN: 2-84137-118-2
Cet ouvrage, forme le troisième volet d’un triptyque dédié aux différentes expressions que l’idée de phénoménologie herméneutique a reçues dans la philosophie du xxe siècle, se donne pour tâche d’analyser et d’évaluer la contribution de Ricœur à ce courant. Il se focalise d’abord sur la percée herméneutique de 1960, qui a pour arrière-plan une phénoménologie du volontaire et de l’involontaire et une anthropologie de la faillibilité. La seconde partie, placée sous l’égide du «Cogito narratif», retrace la genèse d’une herméneutique de la conscience historique sous le fil conducteur d’une analyse des opérations de mise en intrigue narrative dans le récit de fiction et le récit historique. La troisième partie dégage les principaux phénomènes qui étayent l’idée d’une phénoménologie du « sujet capable » qui domine les derniers travaux de Ricœur. Qu’il s’agisse de la capacité de se souvenir, d’oublier, de pardonner, de promettre ou de témoigner, ces recherches donnent tout son relief à la question kantienne : « Que m’est-il permis d’espérer ? ». - Notule de l'éditeur.
Sommaire
Introduction générale :
l’herméneutique à l’école de la phénoménologie
1. « La terre ferme du cogito » (Hegel)
2. La mésaventure de Descartes (Husserl)
3. Le « cogito blessé » et l’itinérance
du sens (Ricœur)
Première Partie
Le cogito blessé. De la phénoménologie de
la volonté
à l’herméneutique du symbole
I. Les phénomènes du volontaire et de l’involontaire
et la poétique de la liberté
1. À la recherche d’une phénoménologie du
volontaire et de l’involontaire0
2. Cogito intégral et cogito brisé
3. Du « dualisme d’entendement » au « dualisme
d’existence à l’intérieur même de l’unité vécue»
4. Une double épochè : la mise entre parenthèses
de la faute et de la transcendance
5. Les chemins du consentement
6. Un « refus à triple tête » : les
trois vœux de la liberté absolue et leur échec
II.La possibilité anthropologique du mal : la faillibilité
humaine
1.Trois décisions méthodologiques
2. La « pathétique de la misère » et
le concept de faillibilité
3. « Que puis-je savoir ? » les failles du pouvoir
de connaître
4. Le caractère, le bonheur et le respect : la synthèse
pratique
5. La fragilité affective : le cœur déchiré
6. Le concept de faillibilité
III. L’épreuve du mal et le langage de l’aveu. La percée
herméneutique de 1960
1. Une nouvelle révolution copernicienne : « penser
à partir des symboles »
2. Le langage de l’aveu et la symbolique élémentaire
du mal
3. « Unde malum ? » : la fonction symbolique du mythe
4. Pour une phénoménologie herméneutique
des mythes
5. Une typologie phénoménologique des mythes
6. Le problème de l’application herméneutique :
la place éminente du mythe adamique
7. Une « philosophie à partir des symboles »
: le statut philosophique de l’herméneutique
8. Vers une « onto-herméneutique » ?
Deuxième Partie
Raconter et Comprendre. le cogito narratif
IV. Empêtrement et intrigue. Une phénoménologie
pure de la narrativité est-elle concevable ?
1. L’histoire comme lieu premier de la Selbstgegebenheit
2. Comprendre les histoires d’autrui
3. L’auto-empêtrement ou l’histoire vécue à
la première personne
4. De l’histoire universelle à « l’histoire multiverselle
» : l’empêtrement collectif
5. Le bourdonnement et le bruissement des paroles : une nouvelle
interprétation
du verbum mentis
V. « Raconter » : enjeux philosophiques et anthropologiques
de la triple mimèsis narrative
1. Penser le récit : un triple défi
2. Le cercle du temps et du récit : un nouveau visage
du cercle herméneutique
3. Schématisme narratif et traditions narratives
4. Le sujet comme « apprenti-historien »
VI. La fête du récit
1. La mort du récit : la thèse de Benjamin
2. Une « fable du récit » : Joseph et ses
frères
3. Les ruses de la raison narrative
4. Le cogito narratif
5. Les vertus narratives
VII. Penser l’histoire à la lumière du récit.
Une herméneutique de la condition historique
1. L’intentionnalité historienne et la réalité
du temps historique
2. Penser l’histoire : les tâches de « l’historien-philosophe
»
3. Compréhension herméneutique de l’histoire ou
déconstruction : une fausse alternative
4. « Renoncer à Hegel » : la « déconstruction
» herméneutique de la philosophie hégélienne
de l’histoire
5. Une critique herméneutique de la raison historique
6. Au-delà de l’historicisme : la vie et ses intérêts
historiques (Nietzsche)
7. Les « hérissements de la discontinuité
» : faut-il déconstruire la mémoire historique ? (M.
Foucault)
8. L’apprenti-historien et le métier historique
9. Un « apprenti-historien » face à «
l’inquiétante étrangeté de l’histoire » (un
exemple littéraire)
VIII. Le « poème de l’histoire ». De l’utilité
et de l’inutilité de l’histoire de la philosophie pour
la vie de la pensée
1. Pour une « histoire philosophique de la philosophie »
2. Les écritures de l’histoire (Hegel)
2. L’histoire monumentale, antiquaire et critique en philosophie
3. La crise de la raison et le « poème de l’histoire
de la philosophie » (Husserl)
Troisième Partie
Une phénoménologie de l’homme capable
IX La mémoire heureuse, l’art d’oublier, le difficile pardon
1. « Pouvoir se souvenir » : une phénoménologie
de la mémoire
2. L’art oublier
3. Savoir pardonner : le pardon difficile
4. La mémoire méditante : une herméneutique
de l’inachèvement
X.« Pouvoir promettre ». Cinq variations phénoménologico-herméneutiques
1. La promesse comme expression d’une « fidélité
créatrice » (G. Marcel)
2. Promettre et pardonner (H. Arendt)
3. Promettre et séduire
4. La « réciprocité médiée
» : le serment commun (J.P. Sartre)
5. La promesse promise et l’anticipation de l’avenir absolu
XI. La « promesse d’avant toute promesse » et l’herméneutique
du soi
1. Qui peut promettre ?
2. Des actions pleines de promesses
3. Raconter et promettre
4. Promesse et responsabilité
5. Pouvoir promettre et pouvoir espérer. Au-delà
de la sagesse pratique
XII. Témoignage et attestation
1. Le témoignage comme problème herméneutique
2. L’attestation au cœur de l’herméneutique du soi
3. La nudité du témoignage et l’épreuve
du mal radical
XIII. « La flèche de l’espérance »
1. Le statut problématique de la philosophie de la religion
2. Faut-il renoncer à la théologie philosophique
? Le sens d’un « suspens agnostique »
3. Les conditions existentielles de l’autonomie philosophique
4. L’appropriation critique des textes fondateurs de la philosophie
de la religion
5. Le tournant herméneutique de la phénoménologie
de la religion
6. Une « philosophie protestante » ?
|
|
j.jacques.delfour@ac-toulouse.fr |