Notule bibliographique
Nathalie Heinich, La sociologie de Norbert Elias,
Nouvelle édition, Editions La découverte, Collection Repères.
Né en Allemagne dans une famille juive en 1897, mort aux Pays-Bas
en 1990, Norbert Elias se forme à la sociologie après des
études de médecine et de philosophie, puis il enseigne en
Angleterre où, fuyant l'Allemagne nazie, il s'est réfugié
avant la Seconde Guerre mondiale, après une vaine tentative d'installation
en France. La réception de l'œuvre d'Elias fut brouillée
par ces avatars de l'histoire : ce n'est qu'à partir de la fin des
années soixante que ses ouvrages commencent à être
traduits en français. Ils portent sur l'histoire de l'autocontrôle
de la violence et l'intériorisation des émotions (dans des
domaines aussi divers que les manières de table, le sport, la musique,
les rapports entre les sexes ou la mort) ainsi que sur les conséquences
d'une redéfinition des relations d'interdépendance (dans
le rapport au temps, au groupe de référence ou à la
situation) qui ouvre à une véritable “ révolution
copernicienne ” en sociologie. Ce livre rend compte de l'originalité
d'une pensée qui a su inventer de nouveaux objets, mais aussi des
façons nouvelles d'aborder la recherche sociologique.
Nathalie Heinich, sociologue, chercheur au CNRS est notamment l'auteur
de La Gloire de Van Gogh (Minuit, 1991), Du peintre à l'artiste
(Minuit, 1993), États de femme (Gallimard, 1996), Le Triple
jeu de l'art contemporain (Minuit, 1998), et Ce que l'art fait à
la sociologie (Minuit, 1998), L'épreuve de la grandeur (La
Découverte, 1999), Être écrivain (La Découverte,
2000) et Sociologie de l’art (La Découverte, “ Repères ”,
2002.
Introduction –
I. Une sociologie de la civilisation - 1. La civilisation des
mœurs - Sociogenèse et psychogenèse - Une explication sociologique
- 2. La dynamique de l’Occident - Interdépendance et équilibre
des tensions - L’économie psychique - Vers une sociologie appliquée
- 3. Culture et civilisation - 4. La société de cour - Les
trois paradoxes de la société de cour - Une double distanciation
- 5. Un modèle discuté - Extension dans l’espace : l’universalisme
- Extension dans le temps : l’évolutionnisme - Empirie et réfutabilité
–
II. Une sociologie des affects - 1. L’autocontrôle des
émotions - Engagement et distanciation - Application à l’histoire
des sciences - 2. De la violence au contrôle des tensions - La réduction
des écarts hiérarchiques - Le sport, symptôme et outil
de civilisation - 3. De l’extériorisation à l’intériorisation
- Une civilisation de la pudeur - La solitude des mourants - 4. Perspectives
ontogénétique : le cas Mozart - 5. Entre psychanalyse et
anthropologie –
III. Une sociologie du temps long - 1. Une longue patience -
Norbert Elias par lui-même - 2. Une réflexion sur le temps
- Qu’est-ce que le temps ? - Une critique des philosophes - 3. Une évolution
non évolutionniste - 4. Sociologue ou historien ? - Le retrait des
sociologues dans le présent - Un défi à l’histoire
–
IV. Une sociologie de l’espace d’interactions - 1. Identités
communautaires - Établis et marginaux - Au-delà de Marx -
Nous et moi - 2. Interdépendance et configurations - La société
des individus - Le modèle du jeu - Une sociologie des configurations
- 3. Par-delà l’individu et la société – Une opposition
qui n’existe pas - Une révolution copernicienne - Qu’est-ce que
la sociologie ? –
Conclusion - 1. Un effort de scientificité - Contre la
métaphysique - Contre la téléologie - Contre la normativité
- 2. L’élimination des faux problèmes - Contre le logicisme
- Contre le causalisme - Contre la pensée discontinue – Contre les
découpages disciplinaires - 3. Un défi à la sociologie
–
Repères bibliographiques - Table des encadrés.
REVUE FRANÇAISE DE SOCIOLOGIE. “ Au moment où Norbert Elias est redécouvert par la sociologie française, resque intégralement traduit, et figure pour certains parmi les grands maîtres de la discipline, voici un petit livre qui vient à point. Il réussit le tour de force de résumer l’essentiel de l’œuvre d’Elias en quelque 130 pages. La présentation est claire, relativement exhaustive et se termine par une conclusion étoffée. L’analyse est utilement complétée par 27 encadrés qui sont autant d’extraits de textes, courts pour la plupart, généralement bienvenus. ”
LE MONDE. “ Un remarquable petit livre de synthèse. ”
LIBERATION. “ Par l’originalité et la multiplicité de
ses sujets et par la pluralité des disciplines dont elle relève,
l’œuvre de Norbert Elias (Breslau 1897-Amsterdam 1990) est aussi imposante
que difficile à embrasser. C’est ce que réussit ici Nathalie
Heinich en suivant Elias dans son activité favorite de saute-frontière,
de la sociologie à l’histoire, de la psychologie, voire de la psychanalyse,
à l’anthropologie, à la science politique… ”