Actualité des publications
mars 2004


Sommaire général
Archives des livres par date
 Nouveautés

Vous trouverez ici l'archivage des publications annoncées en mars 2004.
NB: Les titres ne sont pas archivés par nom d'auteur. Les titres suivis d'un * sont des rééditions (ou bien mention explicite).

La liste des nouveautés de mars 2004 est aussi disponible au format rtf (17 pages).
 

— AEIS, Actualité de l'humanisme. Actes du colloque de l'Académie Européenne Interdisciplinaire des Sciences, Nice-Côte d'Azur, Editeur: AEIS, ISBN: 2-9519104-1-X

— Alphant Marianne dir., La vocation philosophique, Bayard Centurion, ISBN: 2-227-47227-8

— Antoine Agnès, L'impensé de la démocratie. Tocqueville, la citoyenneté et la religion, Fayard, septembre 2003, ISBN: 2-213-61568-3 – «Le présent livre s'attache à dégager la réflexion de Tocqueville sur la nécessité d'une éducation à la démocratie et, tout particulièrement, sur le rôle que peut jouer la religion en matière de citoyenneté. Ce faisant, il s'intéresse, plus qu'au Tocqueville disciple de Montesquieu, qui a inspiré et continuera d'inspirer sociologues et politologues, à un Tocqueville moraliste et métaphysicien, proche alors de Pascal et de Rousseau, et porteur d'un humanisme exigeant. Au coeur de la pensée du philosophe, figure le paradoxe que la démocratie, bien qu'elle constitue le régime de l'émancipation politique, n'engendre pas nécessairement la liberté humaine. Laissée à ses propres penchants naturels, elle peut créer de nouvelles formes d'esclavage, produisant ainsi, en quelque sorte, son propre contraire. Aussi la première partie de ce livre rassemble-t-il les analyses de Tocqueville sur la condition démocratique, en mettant l'accent, avec lui, sur les facteurs de risque liés à cette forme d'existence socio-historique, fondée sur le principe d'égalité. En forgeant des êtres individualistes, rationalistes et matérialistes, c'est-à-dire d'abord préoccupés d'eux--mêmes et de leur confort matériel, la société démocratique a tendance, en effet, à isoler les hommes les uns des autres et à fragiliser ainsi le lien social. Repliés sur leur sphère privée, les individus perdent le sens du collectif et la préoccupation des affaires communes, tout en peinant à donner sens à leur vie. La démocratie, à son tour, prend une orientation unilatéralement scientifique, industrielle et commerciale, au détriment de la dimension politique qui la constitue fondamentalement. La deuxième et la troisième partie du livre présentent les remèdes que Tocqueville a préconisés pour éviter ces maux potentiels de la démocratie. Dans sa perspective, celle-ci souffre avant tout d'un déficit d'altérité. Il est donc nécessaire de mettre en place, à l'intérieur de son propre espace, des dispositifs de transcendance, qui aideront l'individu à sortir de lui-même et à retrouver le sens de la vie commune et de l'aventure collective. Or, il y a deux voies possibles et complémentaires pour atteindre ce but: la citoyenneté d'une part, et la religion, d'autre part, qui constituent les piliers de la "science politique nouvelle" que le philosophe cherche à bâtir. Tocqueville tente d'abord de réconcilier le liberté des Anciens et des Modernes, c'est-à-dire de réinterpréter la vertu antique, si vantée par l'humanisme civique, à l'aune des nouvelles exigences de l'individualité moderne et du rationalisme utilitariste qui l'anime. Il s'attache, en particulier, à revaloriser l'idée de participation, et surtout, instruit par l'exemple américain, il développe une théorie de l'association, comme "science-mère" de la démocratie. Plus encore, il refuse l'idéologie française selon laquelle religion et modernité seraient incompatibles et s'attache à définir les conditions qui permettraient à la religion de jouer un rôle positif dans l'espace public démocratique, une fois la séparation institutionnelle du politique et du religieux clairement établie. Critiquant la tradition politique qui a voulu s'appuyer sur une religion civile, il appelle plutôt les religions à devenir civiques, et contribue par sa vision de l'interaction des deux sphères spirituelle et temporelle à définir une forme de "laïcité", qui implique un certain degré de perméabilité entre la sphère privée et la sphère publique. Le christianisme, qui a donné son essor à l'idée d'égalité et a donc des affinités culturelles avec le principe d'organisation démocratique, et, plus encore, un catholicisme réformé, doivent, à ses yeux, pouvoir donner l'exemple de ce que devrait être une religion démocratique. La dernière partie du livre dégage les conséquences anthropologiques de cette "science nouvelle" et, tout particulièrement, la manière dont elle tente de dépasser les apories de la philosophie des Lumières. S'y trouve ainsi développée la philosophie de l'histoire de Tocqueville. Loin que la démocratie représente pour lui une fin de l'histoire, elle ouvre, au contraire une nouvelle époque, dans laquelle la responsabilité des individus se trouve accrue, du fait de l'élargissement du champ de la liberté humaine, et dans laquelle l'humanité, en conséquence, demeure plus que jamais confrontée au défi du choix entre civilisation et barbarie» A.A. – Notule de l’auteur.

— Aristote, Traité du ciel, Traduit par Catherine Dalimier & Pierre Pellegrin, Flammarion, ISBN: 2-08-071036-2. Le Traité du ciel peut paraître issu de la plume d'un «autre» Aristote. En effet, on y trouve des notions presque ignorées du reste du corpus aristotélicien, comme celle de la «quintessence», des doctrines bien connues exposées sous une forme inhabituelle, comme celle des éléments, une écriture parfois enthousiaste et poétique qui tranche avec la sécheresse habituelle du Stagirite. Peut-être le Traité du ciel est-il une oeuvre de jeunesse, comme beaucoup l'ont pensé. À moins que tous ces décalages tiennent au point de vue spécifique à cet ouvrage, qui est un traité de cosmologie. Cette nouvelle traduction s'attache à cerner les caractéristiques d'un texte étonnant, et surtout à déterminer la forme des argumentations et des raisonnements qu'il met en oeuvre. Ce qui conduit finalement à une question capitale: comment un traité plus ouvert que dogmatique, plus hypothétique qu'affirmatif, a-t-il pu contribuer aussi puissamment, après sa redécouverte au Moyen Âge, à figer l'image occidentale du cosmos jusqu'aux temps modernes? – Notule de l’éditeur.

— Aron Raymond, Le spectateur engagé, éd. Wolton Dominique, Missika Jean-Louis, Fallois, ISBN: 2-87706-500-6. Réédition. Première édition: Julliard 1981; Presses / Pocket (n° 2152).

— Audier Serge, Tocqueville retrouvé. Genèse et enjeux du renouveau tocquevillien français, Vrin, ISBN: 2-7116-1630-4. Après une longue éclipse, l’œuvre de Tocqueville s’est imposée ces dernières décennies comme une référence centrale dans la pensée française contemporaine. Tout se passe comme si, après l’hégémonie du marxisme, la pensée de Tocqueville était devenue le nouvel «horizon indépassable» de notre temps. Cependant, les raisons de ce retour de Tocqueville demeurent obscures: quant il n’est pas réduit à un discours idéologique, le renouveau tocquevillien français est souvent assimilé à une simple entreprise de «restauration» du libéralisme classique. Contre ces simplifications, ce livre fait ressortir les étapes qui ont conduit à la redécouverte de Tocqueville et explore les enjeux philosophiques de ces déplacements. Tous en montrant le rôle capital joué par R. Aron, on examine comment, dès la première moitié du XXe siècle, la problématique tocquevillienne a été mobilisée dans le cadre d’une critique de la modernité ou, au contraire, dans la perspective d’une légitimation des idéaux démocratiques, centrée sur la dynamique égalitaire. Enfin les présupposés du courant «néo-tocquevillien», accordant une place capitale à la thématiqure de l’individu, sont portés au jour et discutés en prenant pour fil conducteur d’autres lectures de Tocqueville, issues notamment de la phénoménologie. – Notule de l’éditeur.

— Benasayag Miguel, La fragilité, Éditions La Découverte, 2004, Collection «Armillaire», Un essai philosophique important pour aider à faire face à la crise du «monde moderne» par l’un des penseurs majeurs qui marquent la «nouvelle radicalité» au cœur du mouvement «altermondialiste». – Notule de l’éditeur.

— Bensaid Daniel, Une lente impatience, Stock, ISBN: 2-234-05659-4

— Canivet Guy, Ewald François dir., Naissance du Code civil. La raison du législateur, Travaux préparatoires du Code civil, Flammarion, ISBN: 2-08-210360-9. Travaux préparatoires du Code civil. En dépit des efforts de la royauté, une infinité de lois diverses régissaient la France avant 1789. Aussi, en 1790, la Constituante décrétait que «les lois civiles seraient revues et réformées par les législateurs et qu'il serait fait un code général de lois simples, claires et appropriées à la Constitution». Tâche immense que les Assemblées successives vont s'efforcer de mener à bien, mais qui ne prendra vraiment son essor et n'aboutira qu'avec le Consulat, sous l'impulsion de Bonaparte (le Code civil sera promulgué en 1804). Les travaux furent menés au sein du Conseil d'état et en liaison avec les autres assemblées, particulièrement le Tribunat. De grands juristes (Portalis, Cambacérès, entre autres) eurent l'occasion d'exposer leur philosophie de la Loi, où se rassemblaient l'héritage des Lumières et l'esprit de la Révolution. Au début du XIXe siècle, Pierre-Antoine Fenet entreprit de réunir et de publier tous les travaux préparatoires précédant la rédaction finale du Code civil. Ce recueil comporte des textes et des discussions du plus haut intérêt - parfois très célèbres, comme le Discours préliminaire de Portalis -, qui reflètent des préoccupations contemporaines (le problème de la nationalité, par exemple). Préface de Guy Canivet Présentation de François Ewald). – Notule de l’éditeur.

— Canivez Patrice, Qu'est-ce que la nation?, Vrin, ISBN: 2-7116-1672-X. Cet essai tente une clarification du concept de nation, avant de traiter deux questions controversées: la nation est-elle une construction des hommes de lettres, des politiciens et des idéologues, ou bien une véritable communauté caractérisée par une éthique collective? La nation est-elle le cadre par excellence de l'action démocratique, ou bien un frein au développement de l'action politique par la libre discussion, une source permanente de violence nationaliste? Patrice Canivez, Professeur de philosophie à l'Université Charles de Gaulle-Lille 3, est directeur du Centre Eric Weil. – Notule de l’éditeur.

— Caratini Sophie, Les non-dits de l'anthropologie, PUF, ISBN: 2-13-054076-7

— Chabert George, Un nouveau pouvoir spirituel. Auguste Comte et la religion scientifique au XIXe siècle, PU DE CAEN, ISBN: 2-84133-130-X

— Chagnollaud Dominique, Science politique. Eléments de sociologie politique, 5e édition, Dalloz-Sirey, ISBN: 2-247-05518-4

— Chambost Anne-Sophie, Dockes-Lallement Nicole, Proudhon et la norme. Pensée juridique d'un anarchiste, PU Rennes, ISBN: 2-86847-925-1

— Chomard-Lexa Annette, Lucien Cuénot, l'intuition naturaliste, L'Harmattan, Paris, ISBN 2-7475-6153-4. www.editions-harmattan.fr . Préface Jean Gayon, Professeur à l'Université Paris-1-Panthéon Sorbonne. Avant-propos André Rossinot Maire de Nancy Président de la Communauté Urbaine du Grand Nancy. Cette étude, basée sur la découverte d'archives inédites, fait revivre un des derniers grands naturalistes français du XXe siècle, Lucien Cuénot (1866-1951). L'analyse de l'oeuvre scientifique, à la lumière des apports de la biologie contemporaine, offre un éclairage nouveau sur les raisons complexes de son éclipse imméritée. Il fut le premier biologiste français à adopter d'emblée le néo-darwinisme, dans une France lamarckiste, hostile au courant darwinien anglo-saxon. Forte personnalité, libre penseur, grande figure de la vie scientifique et universitaire française, Lucien Cuénot fut l'un des pionniers de la génétique à l'échelle internationale en participant à la redécouverte des lois de Mendel chez la souris en 1902. Mais ce naturaliste refusa d'adhérer pleinement à la théorie synthétique de l'évolution, telles qu'elle fut élaborée dans les pays anglo-saxons au cours des années 1940: taxé trop vite de finaliste, il fut aussitôt occulté après sa mort. Cet ouvrage montre que pourtant la pensée évolutionniste de Lucien Cuénot, fondée sur l'intuition naturaliste, prend désormais tout son sens. Reçu à l'Académie des sciences en 1931, il créa en outre, en 1933, le musée de zoologie de Nancy. Annette Chomard-Lexa est docteur ès sciences biologiques. Après plusieurs années consacrées à la recherche universitaire et à l'enseignement, elle s'est passionnée pour l'histoire et l'épistémologie des sciences de la vie et de la terre, particulièrement en Lorraine, sa terre natale. Cette étude est, à l'origine, une commande du Muséum-Aquarium et de la Communauté Urbaine du Grand-Nancy réalisée en 2001. – Notule de l’éditeur.

— Clavier Paul, Qu'est-ce que la théologie naturelle?, Vrin, ISBN: 2-7116-1669-X. - La raison humaine est-elle compétente sur Dieu? Les preuves de l'existence de Dieu sont-elles caduques? Dieu est-il l'explication ultime de la nature et de ses lois? Qu'est-ce que l'arguement ontologique? L'argument consmologique? Les arguments physico-théologiques? L'expérience religieuse peut-elle se passer de préambules rationnels? Enquête de la raison sur l'existence et les attributs de Dieu, la théologie naturelle est confrontée à des résistances et des échecs provoqués par diverses formes de scepticisme. L'argument ontologique occupe néanmoins une place cruciale dans l'histoire de la philosophie du Moyen Age au XVIIIe siècle. Paul Clavier est maître de conférences en philosophie à l'École Normale Supérieure de Paris. – Notule de l’éditeur.

— Clero Jean-Pierre, Locke, , Ellipses Marketing, ISBN: 2-7298-1635-6

— Collectif, Politiques de Caïn. En dialogue avec René Girard, Collection Essais, Editions Desclée de Brouwer, 2004, ISBN: . Le présent ouvrage rassemble des essais de philosophes, d’anthropologues et de biblistes, qui tous se réclament à des degrés divers de la pensée de René Girard. Ils nous reconduisent à l'un des paradigmes les plus significatifs de la politique: la lutte entre frères. Fortement enraciné dans la tradition hébraïque, ce conflit a été occulté par celui du père et du fils, propre à la tradition grecque. Or celle-ci a dominé depuis des siècles les théories politiques, élargissant aux institutions le schéma père-souverain, fils-sujet. Les auteurs mettent donc en évidence la thèse selon laquelle celui qui détient le pouvoir ne représente pas le père mais le frère, qui a usurpé cette place. Ce pouvoir arbitraire révèle le geste politique du premier assassin de l'humanité. Une réflexion sur une cohabitation pacifique entre les hommes ne peut se passer de la référence à Caïn et Abel. Avec eux commence l'histoire de l'humanité. En outre, suivant la thèse de René Girard, les auteurs du pr! ésent recueil reconnaissent dans le religieux la première répo! nse proprement humaine aux problèmes posés par le déchaînement de la violence. Pour y répondre et pour assurer leur survie, dès les temps plus reculés, les hommes ont établi des institutions - religieuses d’abord, politiques ensuite. Essais de René Girard, G. M. Chiodi, F. Siracusano, D. La Torre, D. Mazzù, R. Escobar, G. Fornari, L. Alfieri, M. S. Barberi et C. Bonvecchio. Ces auteurs ont fondé il y a vingt ans le groupe de recherche “Mythes, Symboles et Politique”, qui étudie les fondements anthropologiques et religieux de la politique et organise, dans ce but, des colloques et des séminaires à l’université de Messine. – Notule de l’éditeur.

— Constant Benjamin, Commentaire sur l'ouvrage de Filangieri, Préface d'A. Laurent. Les Belles Lettres. 2004. Parution: mars 2004. ISBN 2-251-39035-9. «Pour la pensée, pour l’éducation, pour l’industrie, la devise des gouvernements doit être laissez faire et laissez passer»: cette sentence finale du Commentaire sur l’ouvrage de Filangieri résume on ne peut mieux l’esprit de radicalité libérale qui en imprègne tout le propos. Paru en 1822-24 et curieusement jamais republié depuis en France, ce texte fondamental et néanmoins trop méconnu de Benjamin Constant prend prétexte d’une lecture critique du livre du juriste italien Gaëtano Filangieri, La Science de la législation (1780), pour procéder, comme l’a pertinemment noté l’un de ses meilleurs biographes, à «l’exposé le plus hardi et le plus complet de sa doctrine», au sujet de l’économie, de la justice sociale, du droit pénal, de l’esclavage, de l’éducation ou de la religion. La force et la remarquable originalité de ses développements théoriques pointant de manière prémonitoire les dangers d’une montée croissante du «despotisme législatif» font de ce Commentaire un ouvrage majeur de Constant, indispensable à la meilleure connaissance – non édulcorée – d’une pensée dont la place éminente dans l’histoire des idées ne cesse de se confirmer. – Notule de l’éditeur.

— Corcuff Philippe, Prises de tete pour un autre monde. Chroniques, Dessins originaux de Charb. Paris, Editions Textuel, collection " La Discorde " (animée par Daniel Bensaïd) ISBN: 2-84597-105-2 - diffusion Seuil. - Une sélection des chroniques transfrontalières (entre philosophie, sociologie, journalisme et politique) qui paraissent dans Charlie Hebdo depuis avril 2001 sous l’intitulé "Prise de tête", complétée par un choix de diverses interventions dans la presse entre 1996 et 2003 (dans Libération, Le Monde, Les Inrockuptibles, Lyon Capitale, Rouge et Ras l’front) – Notule de l’éditeur.

— Cornaz Laurent, Marchaisse Thierry, L'indifférence à la psychanalyse. Sagesse du lettré chinois, désir du psychanalyste, Rencontres avec François Jullien, PUF, ISBN: 2-13-054264-6.

— Cuche Denys, La notion de culture dans les sciences sociales, nouvelle édition, Éditions La Découverte, 2004, Collection «Repères», ISBN: . - Depuis son apparition au XVIIIe siècle, l'idée de culture a suscité de vifs débats. Ses enjeux sont considérables puisque la notion de culture permet aux sciences sociales de penser l'unité de l'humanité dans sa diversité. Ce livre présente ces débats et les usages qui ont pu être faits de la notion de culture dans les sciences sociales, en privilégiant la sociologie et l'anthropologie. – Notule de l’éditeur.

— Dagognet François, Muracciole Jean-Luc, Entretiens sur l'enseignement de la philosophie, Little Big Man, ISBN: 2-915557-00-4

— David Alain, Brezis David, Kierkegaard ou la subjectivité en miroir, Kimé, ISBN: 2-84174-335-7 (Collection Collège en acte du Collège International de Philosophie). - Dans le fragment " le Tranquille Désespoir ", Kierkegaard dépeint son face-à-face avec le père comme un vertigineux rapport d'identification mimétique à l'Autre. A partir de là, se laisse analyser à divers niveaux la constitution en miroir de la subjectivité kierkegaardienne: d'abord, dans la pensée même du danois, dont elle éclaire en profondeur les présupposés; ensuite, dans la relation complexe qui l'unit à deux penseurs clés de la modernité, Hegel et Heidegger. Si la scène spéculaire entre père et fils reproduit en quelque manière le paradigme spéculatif d'un sujet structuré comme puissance de réflexion ou de retour sur soi, elle ne manque pas en même temps de s'en écarter, de briser, brouiller, obscurcir le pur miroir en lequel prétend se réfléchir l'Esprit hégélien. – Notule de l’éditeur.

— Debray Régis, Chroniques de l'idiotie triomphante. Terrorisme, guerres, diplomatie 1990-2003, Fayard, ISBN: 2-213-61926-3. - «Le recueil qui suit est centré sur le terrorisme, les deux guerres d’Irak, la France et le droit international. Il se compose de tout ce que j’ai publié à ce propos, bref ou long – journal, magazine, colloque ou radio – entre 1990 et 2003. Cette séquence de dix ans, riche en événements, comme on dit – avec, en point culminant, l’énorme fait divers du 11 septembre –, offre à ces coups d’épée dans l’eau une certaine unité de lieu, de temps et d’action.» Régis Debray est philosophe. Il est président de l’Institut européen en sciences des religions et a récemment publié chez Fayard Le Feu sacré, fonctions du religieux. – Notule de l’éditeur.

— Dekens Olivier, Lexique des repères philosophiques, Ellipses Marketing, ISBN: 2-7298-1610-0

— Delannoy Benjamin, Burke et Kant interprètes de la Révolution française, L’Harmattan, ISBN: 2-7475-6069-4

— Deniau Guy, Gadamer, Ellipses Marketing, ISBN: 2-7298-1945-2

— Desclos Marie-Laurence, Structure des traités d'Aristote, Ellipses Marketing, ISBN: 2-7298-1893-6

— Descombes Vincent, L'inconscient malgré lui, Gallimard, ISBN: 2-07-031266-6. - Le XXe siècle philosophique a été traversé, en Europe, par la querelle du sujet. On en connaît les grandes étapes: le tournant idéaliste de la phénoménologie et la réaffirmation d'une orientation cartésienne de toute la philosophie (Husserl); l'essai d'une radicalisation existentielle de l'idée du rapport à soi (Heidegger et Sartre); la démystification structuraliste qui fit du sujet une illusion d'optique ou un effet de langage; le dépassement des philosophies classiques de la conscience dans un dialogisme (Habermas); les travaux de restauration herméneutique d'un sujet rendu frugal par l'accent porté sur sa finitude, son historicité, sa dette (Gadamer, Ricœur). La guerre est finie. Les adversaires du sujet lui font une place à la condition que, tirant les leçons de l'expérience humaine, il soit divisé, fragmenté, souvent opaque à lui-même, voire impotent. Les tenants du sujet en conviennent, à la condition que l'idée n'en soit pas tenue pour illusoire. Tous concluent que le sujet avait été conçu, à tort, comme doté de deux attributs auxquels il n'avait pas droit: la transparence et la souveraineté. Mais aussi que le sujet réformé peut et doit conserver sa place architectonique dans notre conception générale du monde et notre propre statut cosmologique. Telle est la grande illusion de la philosophie morale, politique ou de la cognition. Car il n'est pas certain qu'aujourd'hui la philosophie puisse dire ce qu'elle entend par sujet. Sauf à revenir à la conception élémentaire de sujet d'un agir soi-même. – Notule de l’éditeur.

— Drouin-Hans Anne-Marie, Éducation et utopies, Vrin, ISBN: 2-7116-1644-4. Préface de Jacqueline Lagrée. - Parler d’utopie à propos d’éducation, c’est tantôt dénoncer des propos illusoires, tantôt appeler le rêve ou l’invention. Or, avant d’être la source de tels jugements contradictoires, l’utopie fut d’abord une île et raconta le roman de la perfection, rendue possible en pensée. L’auteur propose tour à tour une épistémologie de l’imaginaire utopique, une analyse des projets éducatifs portés par les grands récits utopiques, enfin une éthique de l’imaginaire utopique. Des premières utopies du XVIe siècle aux contre-utopies, sa réflexion embrasse un vaste corpus et réunit Thomas More, Campanella, Bacon, Foigny, Veirasse, Fontenelle, Cabet, Morris, Skinner… étudiant ce que recèlent toutes ces constructions rationnelles qui sont des rêves. Car la représentation même de la perfection a ses faiblesses; et, pour éviter le pire par le meilleur, il faut encore espérer et toujours inventer. Anne-Marie Drouin-Hans est Maître de conférences à l’Université de Bourgogne. – Notule de l’éditeur.

— Durin Corinne, Mayer Christiane, Plessix Gray Francine Du, Simone Weil, Fides, ISBN: 2-7621-2508-1

— Éliane Gubin, Catherine Jacques, Florence Rochefort, Brigitte Studer, Françoise Thébaud, Michelle Zancarini-Fournel, Le siècle des féminismes, Préface de Michelle Perrot, Editions de l'atelier, paris, Parution 4 mars 2004. – Présentation. Le féminisme a été un phénomène majeur du XXe siècle, véritable mouvement social, politique et culturel, acteur des événements et facteur de changement. Cet ouvrage propose dans sa complexité éloignée de toute vision hagiographique, une composante essentielle des actuels bilans critiques du XXe siècle. Le féminisme apparaît aujourd’hui comme un événement majeur du XXe siècle, même si on lui fait constamment grief de ne pas résoudre les nouveaux conflits de sexes qu’il aurait lui-même engendrés. En ce début de XXIe siècle, le féminisme semble à un tournant: il a pris une ampleur mondiale, il fait partie intégrante des grands débats de société et il resurgit là où on l’attendait le moins, parmi les jeunes femmes de banlieue. A-t-il fait fausse route ou au contraire reste-t-il d’une actualité brûlante, tout particulièrement pour une myriade de femmes dans le monde dépourvues de tous leurs droits? Certes, l’histoire n’a pas pour vocation de résoudre les problèmes actuels, du moins peut-elle contribuer à en éclairer le contenu et les formulations. Synthèse unique sur un siècle, cet ouvrage offre au public le fruit des recherches internationales encore méconnues qui, depuis plus de vingt ans, ont défriché un nouveau champ du savoir. La pluralité des combats féministes y est retracée sans complaisance: de la lutte pour le droit de vote aux combats pour la dépénalisation de l’avortement et la libération sexuelle, en passant par le droit à l’éducation et au travail. Fort de ses 27 auteurs, de plus de dix nationalités différentes réparties sur trois continents, Le Siècle des féminismes interroge les différentes formes de mobilisation, les liens avec le politique, la portée critique, et quelques-unes des trajectoires des féminismes hors d’Occident. Proposer un livre d’histoire sur les féminismes, ce n’est pas seulement restaurer un passé mal connu et trop souvent caricaturé, c’est surtout vouloir convaincre que ce véritable mouvement social, politique et culturel est un incontestable acteur de l’histoire du XXe – Notule de l’éditeur.

— Foyer Jean, Cornu Gérard, Catala Pierre, Lequette Yves, Universite Pantheon-Assas, Le Code civil 1804-2004. Un passé, un présent, un avenir, Dalloz-Sirey, ISBN: 2-247-05733-0

— Franck Didier, Heidegger et le christianisme. L'explication silencieuse, PUF, ISBN: 2-13-054229-8

— Giordano Bruno, Galland Sébastien, De la triade supérieure contraire. De opposita superna triade (Bilingue), Comp’Act, ISBN: 2-87661-319-0

— Girard René, Les origines de la culture, Desclée de Brouwer, . - Avec deux hypothèses, l’une sur le désir mimétique, l’autre sur les victimes fondatrices, René Girard a bouleversé le champ des sciences humaines. Sa théorie, qui a replacé le christianisme au cœur de l’anthropologie! , est aussi l’une des rares, depuis Durkheim, à tenter d’expliquer les phénomènes culturels et sociaux en remontant à leur origine. Au point que c’est de la ritualisation des premiers événements que seraient nés les groupes sociaux et les mécanismes qui les protègent: tabous, normes, institutions. Mais seul le sacrifice du Christ, affirme René Girard, dévoile ceux qui auraient eu lieu au départ des religions et des cultures archaïques. Répondant aux questions de Pierpaolo Antonello et de João Cezar de Castro Rocha, l’auteur de La Violence et le Sacré éclaire la nature de son entreprise. Il revient pour cela sur les grandes étapes de sa vie et de sa carrière, évoque la réception de son œuvre en France et dans le monde, et ses chantiers en cours. Face aux critiques qu’on n’a pas manqué de lui faire, mais aussi aux questions brûlantes de l’actualité, il formule différemment ses thèses (un darwinisme revisité) et propose des analyses inédites: des pages sur l!’Inde védique ou d’autres, plus polémiques, contre Régis Debray et ce qu’il est convenu d’appeler le «retour du religieux». Cette autobiographie intellectuelle apporte un éclairage singulier sur l’une des pensées les plus stimulantes de notre époque. L’itinéraire de ce chercheur totalement indépendant apparaît, de fait, exemplaire. En restant à l’écart des écoles de pensées, des modes académiques, voire des compromis institutionnels, René Girard a su se ménager un surprenant espace de liberté. Le prouvent le nombre et la qualité des recherches interdisciplinaires que cette œuvre suscite: autant de prismes nécessaires pour penser l’origine. René Girard a enseigné à l’université de Stanford. Son œuvre, abondamment traduite et commentée, compte des ouvrages devenus des classiques, parmi lesquels: Mensonge romantique et Vérité romanesque (Grasset, 1961), La Violence et le Sacré (Grasset, 1972), Des choses cachées depuis la fondation du monde (Grasset, 1978). Il a publié aux éditions Desclée de Brouwer, en 2001, Celui par qui le scandale arrive. Pierpaolo Antonello est professeur à l’Université de Cambridge. João Cezar de Castro Rocha est professeur à l’Université de Rio de Janeiro. – Notule de l’éditeur.

— Goody Jack, Au-delà des murs, Editons Parenthèses, collection «parcours méditerranéens», 2004. Traduit de l’anglais par Marianne Kennedy, photographies, bibliographie, 2004, suivi d’une postface et d’un entretien réalisés par Dionigi Albera. ISBN: 2-86364-151-4. - L’histoire commence en septembre 1943, dans un camp de prisonniers de guerre à Chieti, non loin de la côte Adriatique, exactement à l’est de Rome, où étaient détenus de jeunes officiers britanniques. Jack Goody est d’abord retenu dans ce camp puis, après une évasion de quelques mois, il est repris et transféré dans un camp en Allemagne où il rédige ce récit. L’empreinte de Jack Goody est indéniable dans plusieurs champs des sciences humaines. Pendant plus d’un demi-siècle, son œuvre a permis de renouveler les connaissances, de bouleverser certaines idées reçues et d’ouvrir des pistes de réflexion nouvelles, comme en témoignent ses travaux novateurs sur la parenté, l’écriture, la cuisine, la culture des fleurs, la représentation. Si la formation littéraire de Goody se manifeste ici par la maîtrise de moyens expressifs d’une grande efficacité et par le choix d’une écriture à la troisième personne, ce récit, qui reste inédit en anglais, constitue en quelque sorte l’amorce de sa carrière d’anthropologue. On y décèle une tendance à questionner la réalité qui l’entoure, à la filtrer pour dégager les mécanismes sociaux à l’œuvre. La description de la vie du camp, de cet assemblage hétéroclite de prisonniers d’horizons divers, relève déjà d’un registre sociologique. Cette même attention aux détails de la vie quotidienne l’amène à s’intéresser aux paysans des Abruzzes et au milieu cosmopolite de la haute société romaine. On voit déjà à l’œuvre cette capacité de construire la connaissance à partir du vécu, par le biais d’une imbrication étroite entre subjectivité et objectivité, qui caractérise la démarche ethnologique. Dans un certain sens on pourrait qualifier cette période italienne d’expérience proto-ethnographique, effectuée avant même d’être formé à l’anthropologie: terrain avant la lettre. Un entretien inédit avec Jack Goody éclaire le texte dans sa dimension autobiographique. – Notule de l’éditeur.

— Goyard-Fabre Simone, Philosophie critique et raison juridique, PUF, ISBN: 2-13-054310-3

— Grimaldi Nicolas, Bref traité du désenchantement, L.G.F., ISBN: 2-253-13070-2

— Heidegger & Ludwig Von Ficker, Briefwechsel 1952 – 1967, Klett-Cotta Verlag, 2004,

— Heidegger, Les conférences de Cassel (1925), VRIN, 2004, ISBN: 2-7116-1589-9. Textes introduits et traduits (texte allemand en vis-à-vis) par Jean-Claude Gens. - La correspondance de 1911 entre Dilthey et Husserl et, en 1925, les Conférences prononcées par Heidegger à Cassel portent sur la question de «l'historicité». Elles permettent d'interroger la nature et les limites de l'inspiration diltheyenne de la phénoménologie dans le premier quart du XXe siècle. Interrompue par le décès de Dilthey, la correspondance de 1911 avec Husserl a pour arrière-plan leur rencontre de 1905. De leur côté, les Conférences de Cassel constituent le point culminant d'une réception qui avait contribué à l'élaboration de l'herméneutique de la vie facticielle. Première ébauche d’Être et temps}, elles invitent explicitement à répéter la question diltheyenne relative à l'histoire sur le sol de la phénoménologie, et Heidegger ira jusqu'à reconnaître à Dilthey le sens de la question de l'être. Cette réception de Dilthey par Husserl et Heidegger permet en retour de penser la spécificité d'une séquence phénoménologique de la pensée herméneutique allemande. Textes introduits et traduits (texte allemand en vis-à-vis) par Jean-Claude Gens, maître de conférences à l'Université de Bourgogne. – Notule de l’éditeur.

— Hobbes, De Corpore (IV, 25, § 1-9), Hobbes. Sensation et expérience, analyse Milanese Arnaud, Ellipses Marketing, ISBN: 2-7298-1717-4

— Humboldt Wilhelm Von, Essai sur les limites de l'action de l'État, Traduction de l'allemand par H. Chrétien (1867), révisée par K. Horn. Préface de A. Laurent et K. Horn. 2004. Parution: mars 2004. ISBN 2-251-39036-7. Jamais réédité en France depuis sa traduction de l’allemand en 1867, l’Essai sur les limites de l’action de l’Etat compte au nombre des très grands classiques de la philosophie politique. Rédigé par Wilhelm von Humboldt en 1791/92, ce texte ne fut publié, à titre posthume, qu’en 1850. Immédiatement alors salué comme pièce maîtresse de la philosophie libérale, l’Essai développe en effet une implacable argumentation contre toute extension de l’intervention de l’État au-delà de la garantie de la sûreté à tous – même et surtout si cette intervention est motivée par le soin du «bien positif» des citoyens, que Humboldt juge liberticide. L’exceptionnelle richesse de l’Essai provient assurément de cette affirmation d’une dimension existentielle et spirituelle de la liberté, elle-même facteur du perfectionnement harmonieux de l’humanité. – Notule de l’éditeur.

— Jarczyk Gwendoline, La réflexion spéculative. Le retour et le perte dans la pensée de Hegel, Kimé, ISBN: 2-84174-333-0. - La "réflexion" désigne habituellement la faculté que possède l'esprit de se replier sur lui-même pour examiner de façon attentive les tenants et les aboutissants de ses connaissances, pour les ordonner, les rectifier s'il est besoin, sans se laisser dominer par la première impression. Pour le philosophe Hegel (1770-1831), la réflexion n'a pas cette connotation psychologique, mais est à entendre comme le mouvement logique par lequel la réalité se reprend elle-même dans son immédiateté première pour se dire en vérité, comme unité d'une intériorité essentielle et d'une extériorité inhérente à sa position dans le langage où elle trouve son effectivité. – Notule de l’éditeur.

— Jenson Jane, Gazibo Mamoudou, La politique comparée. Fondements, enjeux et approches théoriques, PU Montréal, ISBN: 2-7606-1886-2

— Jullien François, La Chaîne et la trame. Du canonique, de l'imaginaire et de l'ordre du texte en Chine, PUF, ISBN: 2-13-054241-7

— Laks André, Le vide et la haine. Éléments pour une histoire archaïque de la négativité, PUF, ISBN: 2-13-054271-9

— Laruelle François, La lutte et l'utopie à la fin des temps philosophiques, Kimé, ISBN: 2-84174-332-2. Le futur de la philosophie est problématique, mais une mutation de ses fonctions est possible. Elle n'a été jusqu'à présent qu'une utopie du passé et ne rend de services que de conservation. Il faut l'introduire à une pratique d'utopie en acte, rigoureuse ou non imaginaire, philo-fiction voisine de la science-fiction. De là le double sens du mot d'ordre, du futur faisons table rase. Cette nouvelle destination est imposée par une messianité spécifiquement humaine, une eschatologie dans les limites de l'Homme-en-personne comme ultimatum anti-humaniste ,adressé à l'Histoire et à la Philosophie. – Notule de l’éditeur.

— Lecourt Dominique & Axel Kahn, Bioéthique et liberté, PUF/Quadrige, 128 pages. - Cet entretien croisé s'organise autour de quatre questions. L'humanisme peut-il et doit-il être dépassé? La biologie contemporaine est-elle encore humaniste? Peut-on croire à l'existence d'une post-humanité? Quel est le sens, le rôle et la fonction de la bioéthique? http: //www.puf.com/picts/auteurPUF/032004/PC1105.htm

— Loupan Galia, Hertzberg Arthur, Les origines de l'antisémitisme moderne, Presses de la Renaissance, ISBN: 2-85616-899-X

— Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, Arléa, ISBN: 2-86959-254-X

— Marinoff Lou, Faure Frédéric, La philosophie, c'est la vie. A ceux qui osent poser des questions et tout spécialement les poser au philosophe, La Table ronde, ISBN: 2-7103-2647-7

— Marion Mathieu, Ludwig Wittgenstein. Introduction au "Tractatus logico-philosophicus, PUF, ISBN: 2-13-053334-5

— Moreau Denis, Malebranche. Une philosophie de l'expérience, Vrin, ISBN: 2-7116-1612-6. Nicolas Malebranche (1638-1715) fut le principal représentant du cartésianisme en France. Sa pensée se présente comme une audacieuse tentative de synthèse entre la philosophie «moderne» de Descartes et certains thèmes fondamentaux de l’augustinisme. Malebranche est donc un représentant majeur de ce qu’il est convenu d’appeler le «rationalisme chrétien». Ce livre expose et analyse une série de thèmes qui fournissent des axes directeurs pour la lecture de l’abondante œuvre de Malebranche. Il fait apparaître l’intérêt philosophique des principales problématiques malebranchistes: la théorie de la connaissance et de l’idée; la question de la connaissance de soi; les rapports entre philosophie et religion; la théorie de la causalité appelée «occasionalisme»; la théodicée. Il tente aussi de suggérer les multiples postérités du malebranchisme, qui exerça une influence considérable sur l’ensemble des penseurs européens du XVIIIe siècle. Denis Moreau est Maître de conférences à l’Université de Nantes. – Notule de l’éditeur.

— Neill A.S., Libres enfants de Summerhill, Éditions La Découverte, 2004, ISBN: . - Le psychanalyste A. S. Neill raconte comment il a fondé en 1921 une école autogérée, Summerhill, pour y appliquer ses méthodes d'enseignement basées sur les découvertes psychanalytiques, et dont l'objectif est d'instruire les élèves et non de les éduquer. Le combat d'un homme au service de l'éducation contre un système social formant des individus «manipulés» et dociles. – Notule de l’éditeur.

— Onfray Michel, Esthétique du pôle Nord. Stèles hyperboréennes, L.G.F., ISBN: 2-253-13068-0

— Paty Michel, La physique du XXe siècle, Collection "Sciences & Histoires", EDP-Sciences (BP 112 - 91944 Les Ulis Cedex A), . Table des matières. Avant-propos. 1. Introduction. Renouveaux conceptuels et transformations des sciences physiques. 2. La théorie de la relativité. 3. La physique quantique. 4. L'interprétation des concepts quantiques. 5. Atomes et états de la matière. 6. Matière subatomique, Dans le noyau de l'atome. 7. Matière subatomique, 2: Les champs fondamentaux et leurs sources. 8. Systèmes dynamiques et «physique des objets courants». 9. Dynamique de la Terre. 10. Les objets du cosmos: planètes, étoiles, galaxies, radiations . 11. La cosmologie contemporaine: déploiement et transformations de l'Univers . 12. Remarques sur les recherches des origines. 13. Objets et méthodes. 14. Conclusion. Quelques leçons de la physique du XXe siècle et un regard vers le XXIe. «En ce début du XXIè siècle, il est possible de jeter un regard en arrière sur les accomplissements survenus dans nos connaissances au cours des cent années écoulées. La physique, en particulier, a connu au cours du XXè siècle des renouvellements considérables, avec les révolutions relativiste et quantique et l'exploration de nouveaux domaines de la structure de la matière qui n'étaient pas imaginables au siècle précédent: physique atomique et constitution atomique de la matière condensée, chimie quantique, physique nucléaire et subnucléaire ou des particules élémentaires (réunies sous le chapitre de la "physique subatomique" avec les théories récentes d'unification), astrophysique et cosmologie. D'autres descriptions ont été renouvelées, comme celle de la physique des objets courants et les phénomènes dynamiques non linéaires (dits "chaotiques"). La géophysique s'est développée entre la géologie, la physique et la géographie physique, en ouvrant une nouvelle perspective sur l'histoire de la Terre, de l'hypothèse de la dérive des continents à la tectonique des plaques. Cette histoire remarquable n'est qu'un exemple parmi de nombreux autres des interactions de la physique avec les autres sciences, qui vont parfois jusqu'à déterminer la formation de disciplines nouvelles à la jonction des anciennes, plus traditionnelles, mais qui ne cessent pas, pour autant, d'exister et de fournir la base sur laquelle les nouvelles s'appuient. Tous ces développements sont décrits dans ce livre, sur onze chapitres, dans leurs traits essentiels et en mettant en évidence les rapports interdisciplinaires qu'ils impliquent, leurs racines historiques, les nouveautés conceptuelles, ainsi que les interrogations que ces dernières suscitent du point de vue épistémologique. Bien entendu, il ne s'agira pas d'être exhaustifs. Nous voudrions surtout donner une idée de la dynamique de la connaissance qui a non seulement apporté de nouvelles données et révèle de nouveaux phénomènes, mais qui a puissamment contribué à renouveler sur bien des points notre conception de la nature, et nos moyens d'approche de celle-ci. Le thème du chapitre suivant (chapitre 12), inhabituel dans un livre sur la physique, se tient à l'interface de cette science et d'autres disciplines, comme prolongement dans une autre direction d'un thème abordé au chapitre 11 avec la cosmologie: celui des origines de la vie, à la frontière de la physico-chimie et de la biologie. Quelques aspects de la question des origines dans son ensemble sont abordés à ce propos. On s'attend à ce que cette question, naguère suspecte à l'esprit scientifique, se présente de manière bien différente selon la nature de ce dont on considère l'origine, ou les origines. On peut d'ailleurs commencer avec l'apparition de la pensée, et notamment de la pensée réflexive qui est celle de la connaissance et se manifeste avec l'homme (peut-on dire comment, et à quel moment?): question qui n'est pas malvenue dans un ouvrage sur les sciences physiques, s'il nous importe de mesurer la place originaire de l'homme dans la nature physique. La question des origines se pose de la manière la plus concrète à partir de l'établissement de l'évolution des formes, formes du vivant en biologie, formes des objets cosmiques et de l'Univers en cosmologie. Mais nous verrons que la question des origines de la vie se pose, dans sa localisation spatio-temporelle, d'une manière très différente de celle de l'Univers, en raison, en particulier, de l'unicité et de la totalité de ce dernier (qui définit avec lui-même l'espace et le temps). Le chapitre 13 est consacré à des éléments d'information et de réflexion sur certains changements caractéristiques survenus dans les méthodes et la nature des sciences physiques. D'une part, les méthodes théoriques, caractérisées par une abstraction accrue dans le recours à des théories mathématiques, semblent de plus en plus éloignées des notions communes et des intuitions familières. D'autre part, les méthodes expérimentales évoluent vers la réalisation de grands appareillages à l'aide d'importants moyens financiers, matériels et humains. Par ailleurs, l'organisation des expériences s'effectue sur un mode qui se rapproche du mode industriel avec ses stratégies, ses spécialisations, ses concurrences, ses justifications et ses rapports au succès, liés à la capacité des prédictions théoriques (ce qui constitue les caractères de la "big science"). Mais c'est aussi, et en partie par cela même, la nature des sciences physiques qui se voit questionnée d'une manière plus forte en apparence que par le passé. Cette interrogation concerne tout d'abord leur objet, le statut de leur "formalisation" mathématique et du rapport de celle-ci à ce qui peut être dit "physique" (pensé à travers les phénomènes donnés dans l'expérience). Ces changements ont contribué à multiplier les applications de la physique et de ses techniques à d'autres sciences (Š). Le quatorzième et dernier chapitre reprend quelques leçons du parcours effectué, et esquisse brièvement quelques interrogations sur ce que seront peut-être, ou non, les sciences et la physique au XXIè siècle. Si certaines directions peuvent être esquissées, la connaissance scientifique, par définition, réserve les nouveautés de l'inconnu. A la fin du XIXè siècle, à la veille des révolutions relativiste et quantique qu'il était loin d'imaginer, le physicien Lord Rayleigh considérait que la physique était une science presque achevée avec deux ombres seulement: la non détection du «vent d'éther», et le comportement du «rayonnement noir». Or, ces deux phénomènes, inexpliqués par la physique classique d'alors, étaient gros des révolutions relativiste et quantique qui ont ensuite bouleversé cette science. Mais, en même temps, ces deux révolutions ne surgirent pas de rien: les connaissances de l'époque les portaient (au moins en partie), pour ainsi dire, dans leur sein. S'il est donc présomptueux de prétendre prédire ce que sera la physique de demain, le regard sur celle du siècle qui vient de se terminer nous permet de risquer quelques réflexions épistémologiques pour mieux comprendre ce qui s'est réellement passé, en profondeur, dans les renouvellements de nos connaissances, en tentant d'en saisir le mouvement dans l'ordre des significations. Cette perspective constitue, en fait, l'axe du présent ouvrage. Le texte est parfois ponctué, lorsque la nécessité s'en fait sentir, notamment pour des détails biographiques, de notes de bas de page. Chaque chapitre est accompagné d'encadrés explicatifs et d'illustrations. Une bibliographie de textes sources et de lectures complémentaires, relativement détaillée sans être, bien entendu, exhaustive, est donnée en fin de volume, séparément pour chaque chapitre. En rédigeant ce livre, je me suis efforcé de le rendre lisible au plus grand nombre, sans jargon spécialisé ni appareil mathématique, en développant de la manière la plus claire possible les notions même difficiles, dans l'intention d'en donner à comprendre les enjeux, du point de vue de la nature telle que nous la concevons et de la connaissance, sans les brouiller par des images faciles et trompeuses. Le lecteur pourra ainsi se donner une représentation à son propre usage de ce qu'est cette matière dont il est fait et dont est constitué l'Univers où il se trouve plongé. Le récit de ces connaissances et de leur établissement est celui d'une aventure de l'esprit, somme toute assez extraordinaire, qui le concerne aujourd'hui tout autant que les héros qui en ont tissé l'histoire au long du siècle écoulé, à la suite de ceux qui les ont précédés. Puisse le lecteur partager un peu de la passion intellectuelle qui les a menés. Communiquer cette passion, et ses raisons, telle est la motivation qui me l'a fait écrire.» – Notule de l’éditeur.

— Peretz Henri, Les méthodes en sociologie, nouvelle édition, Éditions La Découverte, 2004, Collection «Repères», 128 p. L'observation directe des comportements sociaux est une des méthodes de recueil de données. Elle a ses racines dans l'anthropologie et l'étude des milieux urbains des grandes villes anglaises et nord-américaines.. Ce livre montre d'abord l'apport irremplaçable de l'observation à côté de l'entretien ou du questionnaire, notamment lorsque certains comportements sont inavouables ou inconscients. – Notule de l’éditeur.

— Plon Michel, Rey-Flaud Henri dir., La pulsion de mort entre psychanalyse et philosophie, ERES, ISBN: 2-7492-0266-3. - «Un siècle après L’interprétation des rêves, la découverte de l’inconscient s’est imposée à l’ensemble de la culture. Aujourd’hui, les concepts de la psychanalyse sont devenus biens communs pour toutes les sciences humaines, au risque de perdre la fraîcheur et le tranchant du premier jour. C’est pourquoi il nous est apparu opportun d’interroger certaines références fondamentales du champ freudien en confrontant des philosophes et des psychanalystes sur le thème de la pulsion de mort. Cette notion, devenue d’un usage ordinaire, conserve en fait un caractère énigmatique. La rabattre sur un obscur instinct d’agression serait assurément perdre le vif de l’invention originelle, en oubliant que Freud ne la conçoit pas dissociée de la pulsion antinomique de vie, la désintrication des deux marquant tout à la fois la catastrophe spirituelle de la psychose et les désastres de la civilisation. Dans cet ouvrage, sont mis à la question les différents visages de la pulsion de mort: destinée fatale du patient en cure qui accomplit sa destruction programmée, déchaînements barbares de bandes de jeunes habités par une haine brute quand la fonction de «berger de l’être» dévolue au langage s’est complètement dissoute, mais aussi affirmation de la souveraineté des puissances létales, sublimées dans le théâtre de Racine. C’est l’esprit des moments de surprise issus de ces confrontations que nous souhaitons partager avec nos lecteurs.» M. P. et H. R-F. – Notule de l’éditeur.

— Raffoul François, A chaque fois mien. Heidegger et la question du sujet, Galilée, ISBN: 2-7186-0611-8 – Notule de l’éditeur.

— Renouvier Charles, La nouvelle monadologie, Fayard, ISBN: 2-213-61906-9; coll. Philosophie - Corpus des œuvres de philosophie en langue française. - Né à Montpellier, Charles Renouvier entre en 1834 à l’École polytechnique, y rencontre Auguste Comte, alors répétiteur; Jules Lequier son condisciple l’initie au problème métaphysique du libre arbitre, qui sera la clef de voûte de sa doctrine. Renonçant à la carrière militaire, il choisit la philosophie; penseur républicain en 1848, il s’engage dans la pensée spéculative, après le coup d’Etat de 1851, pour élaborer une doctrine qu’il nommera «nouveau criticisme» (tentative de prolonger Kant dans une voie opposée à l’idealisme allemand), et qui connaîtra un succès tardif mais non négligeable auprès des professeurs de la troisième République. A partir de 1872, il fonde avec la collaboration de François Pillon une revue, La Critique philosophique (1872 1889), dans laquelle il tire de ses principes philosophiques des applications institutionnelles. En 1897, il s’installe à Perpignan puis à Prades (1901) avec son disciple Louis Prat, professeur de lettres au collège, qu’il a rencontré dans les années 1880 (cf. leur correspondance inédite, fonds Renouvier de la Bibliothèque universitaire de l’université Paul-Valery de Montpellier). C’est à l’âge de 83 ans que le philosophe entreprend La Nouvelle Monadologie avec la collaboration de Prat, lequel par la suite accomplira un utile travail de mémoire, en publiant les cents posthumes et en rédigeant la biographie du maître (Charles Renouvier sa doctrine, va vie, 1937); après la mort de Renouvier, il s’orientera vers une doctrine inspirée du «catharisme» et liée à ses origines ariégeoises (La Religion de l’Harmonie, 1922; L’Harmonisme, 1927). – Notule de l’éditeur.

— Revue Française de Psychanalyse Tome 68 N° 1 Janvier-Mars 2004: Jeu, PUF, ISBN: 2-13-054349-9

— Revue française de science politique Volume 54 N° 1 Février 2004, Presses De Sciences Po, ISBN: 2-7246-2983-3

— Revue Le Coq-Héron N° 176 Mars 2004: Entre pratique et théorie, ERES, ISBN: 2-7492-0271-X

— Revue L'herne N° 81: Paul Ricœur, Ricoeur Paul, Azouvi François, Revault D'allonnes Myriam, L’Herne, ISBN: 2-85197-097-6

— Revue Savoirs et clinique N° 4 Février 2004: L'enfant devant la loi, ERES, ISBN: 2-7492-0301-5

— Ricoeur Paul, A l'école de la phénoménologie, Vrin, 2004, ISBN: 2-7116-1674-6. Le lecteur trouvera ici rassemblés quelques textes qui appartiennent aux années d’apprentissage de leur auteur. La plupart sont consacrés exclusivement à celui qui fut un de ses peu nombreux éducateurs à la pensée: Edmund Husserl. Ils justifient pleinement le titre donné à la collection d’articles: A l’école de la phénoménologie, étant entendu que le titre de phénoménologie s’identifie ici au nom de son second fondateur, après Hegel. Si l’introduction aux Idées directrices, tome I, ainsi que le commentaire accompagnant la traduction de 1950, ne figurent pas dans ce recueil, les Idées directrices, tome II, et surtout les Méditations Cartésiennes, sans oublier la Krisis, sont largement commentées. On a joint deux ou trois essais dans lesquels l’auteur se livre à quelques exercices de caractère plus personnel. Mais ils ont tous été composés à l’école de la phénoménologie husserlienne. – Notule de l’éditeur.

— Savidan Patrick dir., La République ou l'Europe?, L.G.F., ISBN: 2-253-13058-3

— Schlegel Friedrich, Schleiermacher Friedrich-Daniel-Ernst, Introductions aux dialogues de Platon (1804-1828) Leçons d'histoire de la philosophie (1819-1823). Suivies des textes de Friedrich Schlegel relatifs, Cerf, ISBN: 2-204-07199-4. Traduction et introduction par Marie-Dominique Richard, chargée de recherche au CNRS à Villejuif (Centre d'Études des Religions du Livre). - Cet ouvrage constitue la première traduction en français des «Introductions» de F. D. E. Schleiermacher aux dialogues de Platon ainsi que des textes de F. Schlegel relatifs à Platon. Cette traduction est précédée d'une introduction où son auteur tente de montrer comment les enjeux philosophiques, des penseurs romantiques les conduisirent à négliger la vérité historique dans leur exégèse de Platon. Ainsi, la conception schlégélienne de la philosophie platonicienne et même de la philosophie tout court entrait totalement en contradiction avec l'idée de l'existence d'une doctrine platonicienne non écrite à tendance systématisante. Selon Schlegel, en effet, «la philosophie aspirant à prendre son envol vers l'Infini sans jamais parvenir à l'atteindre ne saurait être confinée ni dans des écrits ni dans des lettres et des systèmes». Seule la forme dialectique était susceptible de refléter le va-et-vient incessant d'une pensée en quête de l'Infini. «La philosophie de Platon se confondait avec la philosophie en soi car Platon avait réussi à faire coïncider le fond et la forme de sa pensée dans ses écrits. Platon avait une philosophie, mais pas de système: sa pensée n'était jamais parvenue à l'état d'achèvement.» Dans ses écrits, Platon avait choisi le genre le plus adéquat pour traduire sa conception de la méthode et de la forme du discours philosophique, à savoir le dialogue. Loin de crypter les doctrines de Platon, les dialogues embrassaient la quintessence de sa philosophie. Dans ses Introductions aux dialogues de Platon, Schleiermacher reprit à son compte en les «absolutisant» les présupposés philosophiques de Schlegel et substitua ce faisant une herméneutique «organiciste» à l'herméneutique systématisante de W.G. Tennemann. Mais loin de s'imposer, le «paradigme romantique» suscita dès cette époque des réactions critiques, notamment chez l'éminent philologue et disciple de Schleiermacher, A. Boeckh, et chez K.F. Hermann. De nos jours, le débat se poursuit entre les antiésotéristes et les tenants de l'ésotérisme platonicien, selon lesquels il s'agit non de combattre Schleiermacher, mais de le dépasser dans la voie qu'il a lui-même tracée. L'ambition de l'ouvrage est de mettre à la portée du lecteur éclairé les textes qui sont à la base de ce débat amorcé au début du XIXe siècle afin qu'il puisse juger sur pièces. – Notule de l’éditeur.

— Seguy-Duclot Alain, Penser la vie. Enquête philosophique, Ellipses Marketing, ISBN: 2-7298-1817-0

— Soulez Antonia, Wittgenstein et le tournant grammatical, PUF, ISBN: 2-13-053985-8

— Strauss Leo, Sedeyn Olivier, Nihilisme et politique, Rivages, ISBN: 2-7436-1237-1

— Strauss Leo, Voegelin Eric, Foi et philosophie politique. La correspondance Strauss-Voegelin 1934-1964, Vrin, ISBN: 2-7116-1678-9. Les époques d’instabilité et de désordre politique coïncident généralement avec un développement de la science politique. En atteste une fois de plus la Correspondance qu’entretiennent ces «deux géants de la science politique», Léo Strauss et Eric Voegelin, tous deux contraints par la révolution national-socialiste à s’exiler aux États-Unis. Dans la cinquantaine de lettres échangées, dont le cœur se constitue au cous des années 1942-1953, le lecteur assiste à le gestation des deux grands théoriciens politiques de ce début de siècle. Mais le désaccord irréductible entre les deux penseurs porte bien évidemment sur le rôle de la foi et de la philosophie politique, ainsi qu’en témoigne le sous-titre de cette Correspondance, désaccord dont le lecteur trouvera témoignage dans les quatre essais, datant de la période de la maturité des deux auteurs, dont trois inédits, qui composent la seconde partie de ce volume. La troisième partie rassemble huit esais d’éminents spécialistes de l’un ou l’autre penseur, commentant les problèmes soulevés dans la Correspondance et, plus généralement, dans l’œuvre des deux auteurs. Édité par P. Emberley et B. Cooper. Traduit par Sylvie Courtine-Denamy. – Notule de l’éditeur.

— Szczyglak Gisèle, Les fondements de l'identité humaine: politique d'une usurpation, L'Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-5347-7. - Le débat scientifique autour de la question épineuse de la place de l'Homo sapiens dans le monde vivant conduit à repenser la vision occidentale du genre humain. Dans ces conditions, les trois dimensions - biologique, culturelle et politique - de la nature humaine figurent un incessant va-et-vient entre la sphère biologique et extra-biologique dont le point de rencontre est l'humanité. En reprenant l'importance que l'Occident a accordé à la culture et au politique, cet essai prend une ampleur authentiquement humaniste. – Notule de l’éditeur.

— Tosel André, Bienenstock Myriam, La raison pratique au XXe siècle. Trajets et figures, L’Harmattan, ISBN: 2-7475-6003-1. - Comment penser la notion de raison pratique? La question est à l'ordre du jour: depuis le milieu du XXe siècle, les tentatives de réhabilitation de la philosophie pratique se multiplient. Nombreux sont ceux qui proclament le primat de la raison pratique, envers et contre la primauté que l'on aurait trop longtemps accordée à la raison théorique et aussi, souvent, en remplacement des philosophies de l'histoire, si populaires au XIXe et au début du XXe siècle. Plusieurs des contributions rassemblées dans ce volume réexaminent les différentes approches, adoptées par les défenseurs dune raison pratique. – Notule de l’éditeur.

— Vaysse Jean-Marie, Totalité et finitude. Spinoza et Heidegger, Vrin, 2004, ISBN: 2-7116-1660-6. Spinoza est le penseur de la totalité qui, allant de l’être au connaître, fait, contre la tradition métaphysique, de l’Absolu le principe d’affirmation d’une finitude essentielle et montre que l’homme, tout en n’étant pas «comme un empire dans un empire», peut cependant accéder au savoir de son appartenance à la totalité comme cause prochaine, en une intuition intellectuelle que la tradition réservait à Dieu. Heidegger est le penseur de la finitude ontologique, pour qui la pensée de l’Être est ancrée dans l’analytique du Dasein comme cet étant dont la seule essence est l’existence finie. Là où Spinoza propose une éthique excédant la logique de la métaphysique, Heidegger entreprend un travail de déconstruction de celle-ci, visant à sa métamorphose en une autre pensée permettant de rejouer le logos, la mort, le divin. Heidegger parle peu de Spinoza qui semble court-circuiter le fil historial de sa lecture de la métaphysique. Comment comprendre ce quasi-silence, si ce n’est en admettant que l’éthique fait retour dans l’ontologie fondamentale? L’ethos doit alors se penser comme un séjour, qui est tout à la fois un habiter et une manière d’exister ordonnés à une vérité de l’Être. Celui-ci n’est le transcendant absolu qu’en tant qu’il n’est pas un transcendant ontique mais l’immanence de ce fond abyssal auquel tout ek-sister doit s’arracher et à partir duquel il trouve sa tenue. Joie active la béatitude est l’affect ontologique par excellence, et elle est aussi l’angoisse comme sérénité. Le mutisme de Heidegger pourrrait ainsi signifier un accord impensé avec la seule pensée qui ne se laisse pas intégrer dans une histoire de l’Être et qui demeure comme une «anomalie sauvage». Jean-Marie Vaysse est professeur de philosophie à l’Université de Toulouse II le Mirail. – Notule de l’éditeur.

— Vignaux Paul, Philosophie au Moyen Age suivi de Histoire de la pensée médiévale et problèmes contemporains, Vrin, ISBN: 2-7116-1680-0. Ce volume réunit trois textes du célèbre historien français de la philosophie médiévale Paul Vignaux (1904-1987), deux textes de nature plutôt autobiographique qui retracent son itinéraire intellectuel et Philosophie au Moyen Âge, une introduction à la philosophie médiévale qui compte toujours parmi les plus stimulantes présentations de la philosophie de cette époque. Cet ensemble de textes est complété par d’amples notices bibliographiques et une présentation de la figure intellectuelle de Paul Vignaux qui fut également une des personnalités marquantes du syndicalisme français. Paul Vignaux fut le successeur d’Etienne Gilson à la Ve section de l’École pratique des hautes études. – Notule de l’éditeur.

— Voegelin Eric, Launay Marc De, Science, politique et gnose, Bayard Centurion, ISBN: 2-227-47380-0

— Voegelin Eric, Réflexions autobiographiques, édition Courtine-Denamy Sylvie, Bayard Centurion, ISBN: 2-227-47347-9

— Vuarnet Jean-Noël, Le philosophe-artiste, Leo Scheer, ISBN: 2-84938-009-1

— Winnicott Donald-W & Bost Brigitte, Conversations ordinaires, Gallimard, ISBN: 2-07-031448-0. Collection Folio essais; première édition: 1988.

—Worms Frédéric dir., Le moment 1900 en philosophie, PU du Septentrion, ISBN: 2-85939-824-4. - Y a-t-il un lien entre les oeuvres de Husserl, Freud, Bergson, Russell, Durkheim et bien d'autres, toutes apparues autour de 1900? Y a-t-il un moment 1900 en philosophie? Telle est la question posée par ce livre à travers une diversité d'études confiées aux meilleurs spécialistes et unifiées par des relations dont dépend, au-delà de 1900, tout le XXe siècle philosophique, jusqu'à nous. Sommaire. INTRODUCTION de Frédéric Worms Le moment 1900 en philosophie: une hypothèse et sa mise à l’épreuve PREMIÈRE PARTIE UN MOMENT PHILOSOPHIQUE, ENTRE LOGIQUE ET MÉTAPHYSIQUE 1Un moment métaphysique? FRÉDÉRIC WORMS -Lille 3 Bergson et ses contemporains: le problème philosophique de l’homme entre vie et connaissance BERTRAND SAINT-SERNIN -Paris 4 L’idée de conversion intellectuelle selon Alain, Brunschvicg et Blondel BERNARD BOURGEOIS -Paris 1 La société des philosophes en France en 1900 2Un moment logique et herméneutique? JOCELYN BENOIST -Paris 1 Le problème de la référence au début du XX e siècle Essai de philosophie comparée ALI BENMAKHLOUF -Paris 10 Russell, Frege, Whitehead, l’indétermination du langage FRANÇOIS DE GANDT -Lille 3 Göttingen 1901: Husserl et Hilbert JEAN-MICHEL SALANSKIS -Paris 10 La figure du continu temporel DENIS THOUARD -CNRS Dilthey et la naissance de l’herméneutique en 1900 DEUXIÈME PARTIE UN MOMENT PHILOSOPHIQUE, ENTRE SCIENCES DE LA NATURE ET SCIENCES DE L’ESPRIT 1Un moment philosophique à l’épreuve de la physique ANOUK BARBEROUSSE -CNRS Le nouveau visage du hasard ROBERT LOCQUENEUX -Lille 1 Henri Bouasse: Ether, quanta &physique des principes BERNADETTE BENSAUDE-VINCENT -Paris 10 L’énergétique d’Ostwald ANASTASIOS BRENNER -Toulouse 2 Le conventionnalisme: crise de la physique et réflexion philosophique (Poincaré, Duhem, Le Roy) 2Un moment philosophique à l’épreuve des sciences de la vie et de la pensée PIERRE HUM-UMR 8519 Ribot, l’oubli fait biologique ou fait psychologique? JEAN-CLAUDE DUPONT -Amiens Le tournant 1900 dans la pensée physiologique PIERRE HENRI CASTEL -CNRS La Traumdeutung offrait-elle en 1900, une solution aux problèmes de la psychopathologie? TROISIÈME PARTIE UN MOMENT PHILOSOPHIQUE ENTRE ESTHÉTIQUE ET POLITIQUE 1Un moment philosophique pour l’esthétique? CATHERINE KINTZLER -Lille 3 Bergson et Freud, théoriciens classiques du rire ANNE SIMON -CNRS Le côté phénoménologique de Proust (Proust et Husserl) PHILIPPE SABOT -Lille 3 Gide disciple de Nietzsche? L’Immoraliste en 1902 ISABELLE KALINOWSKI -CNRS La littérature comme pathologie JOËLLE CAULLIER -Lille 3 Musiques pour la fin du temps ANTONIA SOULEZ -Paris 8 La forme en philosophie et en musique: Wittgenstein et Schoenberg 2Un moment philosophique pour la politique? LAURENT FEDI -CNRS Entre organicisme et individualisme, la concurrence des philosophies sociales, en France, vers 1900 FRÉDÉRIC KECK -Lille 3 Le débat sur La Morale et la science des mœurs de Lévy-Bruhl (1903)Le problème moral, entre philosophie et sociologie BRUNO ANTONINI -Nice Méthode philosophique et politique ou les fondements métaphysiques du socialisme chez Jean Jaurès MARC CRÉPON -CNRS Les promesses d’un mot: la grève générale (Sorel lecteur de Nietzsche) – Notule de l’éditeur.