Actualité des publications
Novembre-décembre 2003


Sommaire général
Archives des livres par date
 Nouveautés

Vous trouverez ici l'archivage des publications annoncées en novembre-décembre 2003.
NB: Les titres ne sont pas archivés par nom d'auteur.
Les titres suivis d'un * sont des rééditions (ou bien mention explicite).
La liste des nouveautés de novembre-décembre 2003 est aussi disponible au format rtf.
 
 

— Albert Michael, Après le capitalisme. Éléments d'économie participaliste, Traduit de l'anglais par Mickey Gaboriaud, Preface de Thierry Discepolo, Agone, 2003, ISBN: 2-7489-0006-3. Militant libertaire nord-americain, Michael Albert est notamment l'animateur, a Boston, du site internet de contre-information www.zmag.org .

— Analyse Freudienne Presse N° 8 / 2003: Le refoulement, c'est l'inconscient - les opérations d'exclusion. Tome 1, Des psychanalystes parlent..., Levy Robert, Florez Adriana, Bremond Bernard dir., ERES, 2003, ISBN: 2-7492-0156-X

— Aristote, Ethique à Nicomaque, édition Gauthier-Jolif, Peeters, distribué en France par Vrin, collection 'Aristote. Traductions et études' publiée par le Centre De Wulf-Mansion de l'Université catholique de Louvain. Reproduction, sans changement, de la seconde édition de 1970. 4 volumes. Fidèle aux principes de l’exégèse historique développée par Jaeger et Nuyens, cette magistrale présentation de l’Éthique à Nicomaque étudie la manière dont cette œuvre a été composée, puis éditée, et rappelle comment s’est formée l’exégèse traditionnelle et ce qu’elle a ajouté à la pensée originelle d’Aristote. Il ne semble en effet plus possible d’aborder l’explication de l’Éthique à Nicomaque sans avoir fait le point des recherches qui se sont efforcées de la situer à sa place dans le cours de la vie d’Aristote et dans le développement de son œuvre et de sa pensée. Réalisant l’alliance d’un examen philologique et historique aussi bien que philosophique, l’étude de R. A. Gauthier constitue un instrument indispensable à la compréhension de l’éthique d’Aristote. Édition par René Antoine Gauhtier et Jean Yves Jolif. – Notule de l’éditeur.

— Arnaud André-Jean, Critique de la raison juridique. Tome 2, Gouvernants sans frontières, Entre mondialisation et post-mondialisation, LGDJ, 2003, ISBN: 2-275-02397-6. En quelques décennies, le monde a radicalement changé. Et, avec lui, les paramètres de la régulation traditionnelle de nos sociétés. En parlant de crise du droit et de la justice – et probablement du politique – ce qui est visé, en fait, est un changement drastique de la rationalité du droit. La rationalité à l’œuvre sous les régulations juridiques contemporaines montre du droit un visage méconnaissable. Du providentiel, on passe, progressivement, au ludique avec une réelle prééminence du marché; derrière la monocentralité officielle, on repère une multiplication des centres de prises de décision, qui présentent une structure segmentée; de l’autorité souveraine et absolue, on en vient à la négociation: partis de l’idée d’un droit simple, on se trouve plongé dans le complexe. Des acteurs insolites apparaissent; la société civile se reconstitue et manifeste, directement ou en imaginant des solutions alternatives au droit, une volonté d’autre chose. Le pouvoir, désormais, échoit en partage aux gouvernants et aux gouvernés. Usant d’un outil rénové à cette fin, qu’on nomme la gouvernante, les citoyens entendent participer à la production des normes juridiques. La production de régulation juridique apparaît alors comme un projet commun, comme le résultat d’un consensus. Reste à régler le dilemme comment faire coexister gouvernement et gouvernante légitimement et de manière à la fois efficace et équilibrée ? Sont en cause, en réalité, les fondements même de la philosophie du droit et de l’État qui sous-tend nos codes et nos institutions. Devenus obsolètes, ils doivent être repensés d’urgence. Prenant acte de ces mutations dans la rationalité du droit, ce livre propose l’instauration d’une dialectique systématique et permanente entre gouvernante et gouvernement comme réponse aux solutions prônées par les penseurs néolibéraux. Cet ouvrage prend la suite du vol. I de la Critique de la Raison juridique publiée chez le même éditeur en 1981, et sous-titré Où va la sociologie du droit ? – Notule de l’éditeur.

— Azémar Guy, L’Homme asymétrique. Gauchers et droitiers face à face, Préface de Jean Massion, CNRS éditions, 2003, ISBN: 2-271-06179-2. Dès la préhistoire, puis dans toutes les cultures, le taux des gauchers a avoisiné les 10 %. Environnés de droitiers, ils ont toujours été considérés comme des individus singuliers, marqués, selon les époques et les lieux, d’un potentiel plus ou moins funeste ou génial. Il restait à s’interroger sur la singularité du statut des droitiers eux-mêmes, dont le comportement est plus étroitement stéréotypé et asymétrique que celui des gauchers. Quels sont les avantages d’une telle asymétrie fonctionnelle constituée par l’homme, au cours de son évolution, dans un corps a priori symétrique ? Se fondant sur une étude approfondie et pratique, l’auteur met en évidence de façon systématique les performances spécifiques, sportives en particulier, résultant des préférences manuelles, oculaires ou pédestres. Le rôle déterminant de la latéralité dans les sports d’opposition et notamment l’escrime, est largement étudié. Rappelant le fonctionnement cérébral, cet ouvrage apporte ainsi un éclairage nouveau sur la différence complexe entre gaucher et droitier. – Notule de l’éditeur.

— Bacot Paul, Baratay Éric, Barbet Denis, Faure Olivier, Mayaud Jean-Luc dir., L'animal en politique, L’Harmattan, 2003. Historiens, linguistes et politologues éclairent ici des feux croisés de leurs problématiques et de leurs méthodologies cet objet jusqu’alors peu traité en tant que tel: le rapport de l’animal à la politique. Le lecteur sera donc confronté à des images qui figurent, et à des mots qui désignent des animaux représentant idées, valeurs, pays, partis, groupes et personnes. Car derrière la bête, il s’agit bien toujours de l’homme pris dans une conflictualité sociale que le politique développe en même temps qu’il la régule. Et aujourd’hui comme hier, les luttes politiques portent sur la place de tel ou tel animal de part ou ’autre d'un clivage, comme elles portent sur la place de mots, de couleurs, d’événements ou bien sûr de groupes humains. Si cet ouvrage privilégie l'époque contemporaine et l'Europe, il n'ignore pas le passé plus lointain et ouvre largement la palette des pays évoqués: le tigre asiatique et l’âne américain côtoient la crevette africaine et le lion… européen. Il s’agit donc d’un travail d’analyse comparée des usages politiques de l’animal. Jean-Luc Mayaud est Professeur d'Histoire contemporaine à l'Université Lumière, Olivier Faure est Professeur d'Histoire contemporaine à l'Université Jean Moulin, Denis Barbet est Maître de conférences de Science politique à l'Institut d’études politiques de Lyon, Éric Baratay est Professeur d'Histoire contemporaine à l'Université Jean Moulin et Paul Bacot est Professeur de Science politique à l'Institut d’études politiques de Lyon. Ils sont respectivement spécialistes d'histoire rurale, d'histoire des régulations sociales, de sociologie de la vie politique, d'histoire de l'animal et de sociologie de la politisation. – Notule de l’éditeur.

— Bastit Michel, Souchard Bertrand, Aristote de la physique à la métaphysique. Réceptivité et causalité, PU Dijon, 2003, ISBN: 2-905965-91-6

— Bauman Zygmunt, Rosson Christophe, La vie en miettes. Expérience postmoderne et moralité, Editions du Rouergue, 2003, ISBN: 2-84156-520-3. Bauman, sociologue et philosophe, étudie les formes que peut prendre la moralité dans un monde postmoderne où précisément la morale traditionnelle avec ses grands principes n’est plus crédible. Comment vivre sans codes ni règles sans tomber dans le chaos ? Collection d'essais Les Incorrects dirigée par Yves Michaud  – Notule de l’éditeur.

— Benda Julien, La trahison des clercs, Grasset et Fasquelle, 2003, ISBN: 2-246-01915-X

— Bernardi Bruno, Qu'est-ce qu'une décision politique?, Vrin, 2003, ISBN: 2-7116-1640-1. La décision est au centre des problématiques contemporaines du politique. Pensée comme choix, la décision politique est comprise dans une théorie générale de la décision et la décision collective conçue comme coalescence de décisions individuelles. Pensée comme commandement, elle renvoie à une problématique de la puissance et relève d'une approche décisionniste. Dans les deux cas son effectivité est le consentement. Cet ouvrage, pour sortir de cette alternative, propose une définition de la démocratie comme pouvoir partagé de décision et de la décision politique comme processus de délibération sans la dériver du choix préférentiel des individus. On esquisse l'idée d'une rationalité proprement politique de la décision. Dans un second temps, commentant le chapitre VIII de sa Théorie de la constitution, on montre comment les présupposés qui sont les siens conduisent Carl Schmitt, penseur majeur de la politique, dans une impasse théorique dont le nazisme a pu représenter une issue illusoire. Bruno Bernardi est professeur de classes préparatoires à Marseille. – Notule de l’éditeur.

— Besnier Bernard, Moreau Pierre-François, Renault Laurence dir., Les passions antiques et médiévales (Théories et critiques des passions I), PUF, collection "Léviathan". Les passions ont une longue histoire, dans la philosophie comme dans la politique, le théâtre ou la religion. Sous l’apparente continuité des termes, cette histoire est faite de ruptures, mais aussi de remaniements, de reprises et de controverses sur les héritages. Exemples, références et discussions topiques réapparaissent régulièrement, et régulièrement dans des contextes nouveaux qui leur donnent des sens différents et des enjeux parfois opposés. Il existe peu de thèmes sur lesquels les matériaux les plus anciens ont été relus avec plus de constance et transformés avec plus de vigueur. La colère et l’amour, la crainte et l’espoir, la sympathie et la pitié expliquent, dit-on, les actions des hommes et permettent de comprendre pourquoi elles ne sont pas toujours rationnelles. Mais ces passions permettent aussi d’agir sur les hommes, comme font le poète et l’orateur. Et c’est par elles ­ ou contre elles ­ que l’individu peut être conduit au bonheur, ou au salut, ou à la vie dans la société civile. La connaissance des passions apparaît dès lors essentielle à la connaissance de l’homme, qu’il faille les éradiquer, ou les mettre au service de la raison, ou leur faire confiance pour remplacer celle-ci. Décriées, admirées, analysées, elles font donc l’objet de nombre d’écrits théoriques ­ sous la plume des philosophes comme sous celle des médecins et des théologiens, sans compter les innombrables érudits qui s’interrogent sur la catharsis pour tenter de comprendre l’essence de la tragédie. Ce volume, qui reprend notamment les actes de deux colloques organisés par le CERPHI (UMR 5037 du CNRS/ ENS LSH) étudie les deux premiers épisodes de cette histoire: l’émergence du discours sur les passions dans la Grèce antique et à Rome, depuis Platon et Aristote; sa reprise transformée au Moyen- Age. Mais il considère aussi comment ces discours anciens perdurent, sont discutés, modifiés, contredits jusqu’au coeur de l’âge classique. Il s’agit donc aussi de relire les Stoïciens vus par Galien, Epicure par Gassendi, Augustin par Thomas d’Aquin et Senault, Duns Scot par Descartes ou Malebranche. – Notule de l’éditeur.

— Birnbaum Antonia, Le vertige d’une pensée. Descartes corps et âme, éditions Horlieu. Contre la pratique scolastique qui s’autorise de la vérité révélée, Descartes met en jeu une raison qui n’aurait d’autre certitude que la vérité établie à partir de ses propres principes. Pourtant, malgré cette entame offensive, sa philosophie s’emploie encore une fois à montrer la dépendance de la raison humaine à l’égard de la perfection divine et, partant, à fonder un sujet de la science qui serait compatible avec le maintien de la théologie. Cette déférence envers l’instance divine chagrine Stendhal et motive sa remarque ironique sur cet homme partout célébré comme le héros de la raison moderne: «Descartes commence par tout révoquer en doute pour raisonner en moine cinq mètres plus loin», tel est son verdict sur la passe d’armes cartésienne. Cet ouvrage explore ce qui s’est joué au cours de ces cinq mètres, partant de l’errance qu’amorce l’exercice du doute, s’intéressant à ce qui fait dévier la pensée cartésienne de sa conclusion quant à la réalité d’une substance raisonnable entièrement distincte du corps. L’errance provient de l’exercice même des méditations et se prolonge, voire s’aggrave dans la correspondance du philosophe, notamment dans l’échange avec la princesse Elisabeth de Bohême. L’audace épistolaire qui les anime tous deux incite Descartes à infléchir son cheminement, à affranchir une nouvelle fois sa curiosité des procédures dans lesquelles il l’a fixée: il se déprend du principe systématique pour se mettre au contact de ce qui, dans la pensée, est étranger à l’ordre des raisons. – Notule de l’éditeur.

— Bonah, Christian; Lepicard, Etienne; Roelcke, Volker (éds.), La Médecine expérimentale au tribunal: Implications éthiques de quelques procès médicaux du XXe siècle européen, Editions des Archives Contemporaines, Paris, 2003.  Table des matières: Introduction. Partie I: Vers le procès de Lübeck, 1930. Règles éthiques, droits des patients et ethos médical dans le cas d’essais médicamenteux (1892-1931) par Lutz Sauerteig. Le drame de Lübeck: la vaccination BCG, le “ procès Calmette ” et les Richtlinien de 1931 par Christian Bonah. Éthique et ethos de la recherche biomédicale en France: l’introduction de la vaccination par le BCG, 1921-1933 par Philippe Menut. Partie II: De Lübeck à Nuremberg, 1931-1947 L’expérimentation sur l’homme à la lumière de la revue Ethik (1922-1938): Ruptures et continuités d’un débat en Allemagne par Andreas Frewer. Science médicale, ethos et transformations politiques: la recherche psychiatrique en Allemagne, 1925-1945 par Volker Roelcke, Gerrit Hohendorf et Maike Rotzoll. Le Code de Nuremberg, Andrew Conway Ivy et les crimes de guerre médicaux nazis par Paul Weindling. La politique des crimes de guerre médicaux: les tribulations qui conduisirent au procès de Ravensbrück, 1946/47 par Nina Staehle. Procès de médecins et codification éthique: Les Richtlinien (1931) et le Code de Nuremberg (1947) en comparaison par Étienne Lepicard et Delphine Haiun. Partie III: Vers les procès du “ sang contaminé ” Le débat en France autour de la recherche sur l'homme après 1945 par Giovanni Maio. La tragédie de la thalidomide: affaires judiciaires et réponses législatives, 1959-1971 par Arthur Daemmrich. L’affaire du “ sang contaminé ” en France et en Allemagne: contrôle, responsabilité et conséquences politiques et juridiques d’un scandale de santé publique par Ludmilla Schlageter et Jacqueline Bouton. La responsabilité politique et pénale dans l’affaire du sang contaminé en France par Blandine Kriegel. Sang contaminé et émergence du principe de précaution: vers une responsabilité sans culpabilité? par Jacqueline Bouton et Christian Byk. Partie IV: Mises en perspective La recherche biomédicale, quels enjeux pour le droit? par Éric Heilmann. Les procès médicaux, syndrome d’un pouvoir médical au stade critique par Jean-Pierre Baud. Annexes. Quatrième de couverture. Du “procès de la vaccination par le BCG” en 1931, à l'affaire du “sang contaminé” en passant par le scandale de la “Thalidomide” des années 1960, la prise de conscience des questions éthiques en matière de santé est liée à l'image du scandale et du procès. A l’aube du XXIe siècle, l’homme découvre avec effroi que la médecine contemporaine, si efficace soit-elle, comporte aussi des risques non négligeables, et que les maladies ne cèdent pas toujours au progrès de la médecine. “Maladies émergentes”, sécurité sanitaire, principe de précaution sont autant d’inventions d’une fin de siècle déboussolée. Pour redonner sens aux événements et soulager les souffrances des victimes, le droit prend une place de plus en plus grande dans les débats éthiques. Le procès devient une forme courante pour trancher des questions sociales et éthiques. Si cette “juridicisation” de la vie courante, et en particulier de la médecine, est un fait prégnant de la fin du XXe siècle, les premiers grands procès médicaux ne datent pas de cette période, loin de là. Les auteurs de ce livre cherchent à replacer dans l’histoire du XXe siècle, la construction sociale et culturelle des normes éthiques et leurs traductions dans le domaine de la recherche biologique et médicale. A cet effet, ils examinent les principaux procès médicaux qui en ont marqué l'histoire de l'éthique médicale. Habituellement, c’est la publication du Code de Nuremberg dans les attendus du jugement du procès des médecins nazis en août 1947 qui sert de référence pour penser le développement de l’éthique biomédicale. Ce livre montre que la codification éthique n’est pas à l’origine des bonnes pratiques de recherche, mais bien au contraire, que l’éthique naît de la pratique et de l’ethos qui s’y est forgé de manière empirique. Cette affirmation trouve son expression la plus emblématique dans l’histoire de l’expérimentation sur l’homme qui est au centre de ces analyses. Directeurs/auteurs: Christian Bonah, Maître de Conférence à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg, est médecin et historien. Il enseigne les sciences humaines et sociales à la Faculté de Médecine et à la Faculté des Sciences de la Vie à Strasbourg. Il est entre autres l’auteur de Instruire, guérir, servir. Formation, recherche et pratiques médicales en France et en Allemagne pendant la deuxième moitié du XIXe siècle (Strasbourg: Presses Universitaires de Strasbourg, 2000). Etienne Lepicard, Assistant Professor à l’Université de Tel Aviv (Israël), est médecin et historien. Il enseigne les “medical humanities” à la Sackler School of Medicine à Tel Aviv. Entre autres a paru sous sa direction Autour de Jean Granier: l'Exigence morale (Paris: Editions Universitaires, 1995). Volker Roelcke, Professeur d’Histoire de la médecine à l’Université de Giessen (Allemagne), est médecin et historien. Il enseigne l’histoire de la médecine à la Faculté de Médecine de Giessen. Il est notamment l’auteur de Krankheit und Kulturkritik: Psychiatrische Gesellschaftsdeutungen im bürgerlichen Zeitalter (1790 - 1914) (Frankfurt/Main: Campus, 1999). – Notule de l’éditeur.

— Bonazzi Mauro, Academici e Platonici. Il Dibattito Antico sullo Scetticismo di Platone («Il Filarete. Pubblicazioni della Facoltà di Lettere e Filosofia dell’Università degli Studi di Milano» 2003, ISBN 88-7916-219-5. De toutes les images de Platon qui ont circulé dans l’Antiquité, c’est sans aucun doute celle du philosophe sceptique qui apparaît comme l’image la plus originale aux yeux des lecteurs contemporains. Et pourtant, comme nous le dit Diogène Laërce, autour de la légitimité d’une lecture sceptique de l’Athénien se déclencha un très grand débat marqué par une multitude d’interprétations discordantes. En reconstituant les différentes étapes de la discussion par le biais des prises de positions des partisans et des adversaires – des Académiciens aux Pyrrhoniens, des Médioplatoniciens aux Néoplatoniciens -, ce livre se propose d’illustrer dans quel sens on pouvait et l’on peut parler d’un ‘Platon sceptique’. Même s’il est difficile de partager complètement une telle interprétation, cette hypothèse a au moins l’avantage de mettre en lumière certaines lignes directrices de la pensée platonicienne, en particulier la réflexion sur la nature de la philosophie, la caractérisation du philosophe en tant que tel, c’est-à-dire comme véritable amoureux de la sophia qui ne prétend pas posséder un savoir authentique et qui n’arrête pas de chercher et d’examiner attentivement un problème dans toute sa complexité et toute sa richesse. Comme le sceptique, Platon et ses personnages se trouvent toujours dans une situation transitoire, puisqu’ils n’atteignent jamais aucun point d’arrivée, bien qu’ils ne renoncent pas à poursuivre leur recherche. Les dialogues proposent une leçon de méthode philosophique, contre les prétentions – souvent hâtives – des dogmatiques. C’est en étudiant les arguments que les anciens ont utilisés pour soutenir la thèse du scepticisme de Platon, que l’un des traits distinctifs du scepticisme ancien à l’égard du scepticisme moderne se manifeste: loin d’affirmer l’impossibilité de la connaissance ou l’inexistence du monde extérieur, le sceptique ancien se présente comme un ‘investigateur’ (au sens propre du mot skeptikos), toujours disposé à rechercher, conscient de tous les obstacles qui entravent la recherche de la vérité et du bonheur. Mauro Bonazzi (Milan, 1973) est Dottore di ricerca in Filologia e letteratura del mondo classico, ses relateurs ont été Mme Isabella Gualandri et M. Pierluigi Donini; il collabore actuellement avec le groupe de recherche en Storia della filosofia antica de l'Università degli Studi di Milano. Ses contributions portent sur le scepticisme ancien, sur la tradition platonicienne et sur la philosophie politique de Platon. – Notule de l’éditeur.

— Boulogne Jacques, Plutarque dans le miroir d'Epicure. Analyse d'une critique systématique de l'épicurisme, PU du Septentrion, 2003, ISBN: 2-85939-805-8. Etude systématique de la polémique anti-épicurienne de Plutarque de Chéronée, par une approche croisée de deux auteurs aux antipodes l'un de l'autre et qui ont considérablement marqué de leur influence la pensée européenne. Autant la critique plutarquienne de l'épicurisme nous informe sur la réception et la compréhension de cette doctrine au début de notre ère, autant elle nous instruit sur l'architectonique de la pensée de Plutarque lui-même. – Notule de l’éditeur.

— Bourdeau Michel, Braunstein Jean-François et Petit Annie dir., Auguste Comte aujourd'hui, préface de Michel Houellebecq, Préliminaires au positivisme, Paris, éditions Kimé, 2003. Auguste Comte, le fondateur du "positivisme ", a construit une des grandes philosophies systématiques du XIXe siècle. Le positivisme connut en son temps un très grand succès, à la fois auprès des savants et des politiques, en Europe comme en Amérique latine. Depuis quelques années, la recherche s'attache à étudier plus précisément l'œuvre de Comte en elle-même, qu'il convient de distinguer du positivisme au sens large. Les articles ici réunis portent sur la pensée scientifique de Comte, en particulier sur son œuvre mathématique et biologique. Ils traitent ensuite de la politique comtienne, à la fois à la lumière des théories politiques et sociales de son temps, mais aussi à travers les échos que cette doctrine rencontre aujourd'hui. Ils s'attachent enfin à éclairer la signification d'une esthétique comtienne très méconnue. Ces études sont issues d'un colloque international sur Auguste Comte Aujourd'hui, organisé au Centre Culturel de Cerisy-la-Salle en 2001. R. Pozzi,Z. Ben Saïd Cherni, M. Bourdeau, J.-F. Braunstein, A. Brenner, C. Cassina, J.-P. Cometti, M. Donzelli, J. Dhombres, L. Fedi, M. Gane, A. Kremer-Marietti, A. Lebras-Chopard, T. Leterre, M. Pickering, R. Pozzi. – Notule de l’éditeur.

— Bourdeau Michel, Braunstein Jean-François, Petit Annie, Picon Antoine, Clauzade Laurent, Loué Thomas et Fedi Laurent, Auguste Comte et la religion positiviste, Vrin, 2003. Aucun aspect de la pensée de Comte ne l'a autant desservi que sa prétention à fonder une nouvelle religion: ce faisant, il a en effet réussi le tour de force de mettre pour une fois d'accord les croyants et les incroyants. Là plus qu'ailleurs, il n'y a pas de place pour lui. Les sociologues du religieux l'ignorent puisque, considérée comme fait social, le religion positiviste n'a eu qu'une existence brêve et extrêmement localisée. Les théoriciens du logico-politique l'ignorent aussi, puisque le lien intime établi entre politique et religion par le positivisme a ceci en propre de faire délibérement l'économie du théologique. L'auteur du Système n'a rien renié des projets du secrétaire de Saint-Simon: en 1852 comme en 1822, il s'agit de «réorganiser sans Dieu ni roi». Ça et là pourtant, quelques signes donnent à penser que cette indifférence n'a rien de définitif; après une longue désaffection, l'œuvre de Comte connaît un regain d'intérêt qui s'étend aussi à la religion de l'Humanité, abordée ici dans une perspective plus historique que dogmatique. – Notule de l’éditeur.

— Bouriau Christophe, Qu'est-ce que l'imagination?, Vrin, 2003, ISBN: 2-7116-1623-1. Cet ouvrage se propose de donner une justification au jugement de Baudelaire, selon lequel sans l'imagination l'exercice de toutes autres facultés de l'âme serait suspendu. L'auteur est ainsi amené, s'agissant des facultés sensible de l'âme, à distinguer l'imagination de la perception et de la mémoire et à montrer comment l'imagination conditionne leur exercice. En ce qui concerne les opérations intellectuelles de l'âme (abstraction, généralisation, induction, hypothèse, invention, raisonnement, etc.), il montre également qu'elles ne seraient pas possibles sans le concours de l'imagination. Le commentaire des textes de Jean-François Pic de la Mirandole éclaire un autre aspect de l'imagination: il montre qu'elle est au principe de la transformation du monde et de la transformation de l'homme par lui-même. Elle consacre l'infinie plasticité de l'humain. Christophe Bouriau est maître de conférences à l'Université de Nancy 2 et membres des Archives Poincaré (CNRS). – Notule de l’éditeur.

— Bouveresse Jacques & Rosat Jean-Jacques dir., Philosophies de la perception, Odile Jacob, 2003, ISBN: 2-7381-1352-4. - La philosophie de la perception est en plein renouveau et connaît aujourd’hui des développements riches et multiples. Un grand nombre des problèmes centraux qu’elle aborde désormais sont présentés ici dans une perspective résolument pluraliste: confrontation entre réalisme direct et réalisme indirect, conditions de perception de l’espace et du mouvement, nature de la perception des couleurs, des figures ou de la transparence, caractère conceptuel ou non conceptuel du contenu, etc. Cet ouvrage constitue pour la philosophie de la perception aujourd’hui un véritable état des lieux et réunit les conférences données dans le cadre du séminaire de Jacques Bouveresse au Collège de France. Il permet de faire se répondre enfin les travaux de trois courants qui trop souvent s’ignorent: la phénoménologie, l’analyse grammaticale inspirée de Wittgenstein et le courant cognitiviste. Contributions de Louis Allix, Jocelyn Benoist, Alain Berthoz, Jacques Bouveresse, Christiane Chauviré, François Clementz, Jérôme Dokic, Pascal Engel, Sandra Laugier, Jean-Maurice Monnoyer, Élisabeth Pacherie, Jean Petitot et Jean-Jacques Rosat. – Notule de l’éditeur.

— Boyer Alain, Trappeniers Eric, Guide philosophique pour penser le travail éducatif et médico-social. Tome 3, Le désir du sujet, ERES, 2003, ISBN: 2-7492-0234-5

— Brohm Jean-Marie, Les principes de la dialectique, Les éditions de la passion, 2003, ISBN: 2-906229-57-1

— Bruno Pierre, La passe, PU MIRAIL, 2003, ISBN: 2-85816-708-7

— Cantin Serge, Nous voilà rendus au sol. Essais sur le désenchantement du monde, Bellarmin, 2003, ISBN: 2-89007-952-X

— Calbris Geneviève, L’Expression gestuelle de la pensée d’un homme politique, Préface de Jacques Cosnier, CNRS édition, 2003, ISBN: 2-271-06177-6. Quand le corps entre en action pour communiquer et parler, il produit simultanément des signes non verbaux (sonores ou visuels) et des signes verbaux. Ces différents types de signes sont fortement imbriqués. Comment dans cet ensemble complexe, étudier le signe gestuel ? Qu’est-ce qui fait sa spécificité sous ses formes changeantes? Comment interagit-il avec les autres signes ? Pour répondre à ces questions, l’auteur étudie la communication non verbale, vocale et gestuelle, d’un personnage public, et choisit, pour sa démonstration, le discours télévisé de Lionel Jospin, alors Premier ministre. De nombreuses illustrations montrent que les gestes les plus fréquents symbolisent des notions abstraites telles que l’objectif, l’effort, le rassemblement, la décision et la rigueur ou l’équilibre et le réalisme. La gageure de l’ouvrage est de montrer un phénomène interactif, cognitif et souvent méconnu: l’expression gestuelle de la pensée à mettre en mots, produite et perçue de façon non consciente. – Notule de l’éditeur.

— Cario Robert (dir.), Victimes: du traumatisme à la restauration, Paris, L'Harmattan; École Nationale de la Magistrature, 2002, 346 p. (Sciences criminelles). La reconnaissance de la victime, en tant que personne humaine blessée dans son intégrité physique et/ou psychique, ou comme acteur au procès pénal consécutif à la victimisation subie, apparaît aujourd'hui incontestable. D'une manière de plus en plus convaincante, les travaux développés dans la lignée des premières recherches sur la névrose traumatique indiquent que la confrontation à un événement extérieur, aussi soudain que brutal, provoque des bouleversements importants chez la personne qui le subit. Il apparaît alors essentiel que la prise en charge des victimes soit globale. À partir du diagnostic généraliste posé par les Services d'Aides aux Victimes, l'accompagnement social, psychologique et judiciaire de la victime doit être immédiatement - et aussi longtemps que les besoins l' exigent - mis en ouvre dans le cadre d'une justice authentiquement restaurative. – Notule de l’éditeur.

— Castillo Monique (éd.), Morale et politique des droits de l'homme, Hildesheim, Olms, 2003, 195p. 2003, ISBN 3-487-11888-2, (contributions de E.Fernandez, P.Meyer-Bisch, G.Guitterez, P.Cuer, S.Leader, M.Castillo, M.Maesschalck, K.Henrard, V.Ciomos, K.Hilpert, B.Pouligny). Cet ouvrage a été conçu comme une production collective européenne. Son but n’est pas d’exposer un contenu doctrinal figé, mais de saisir, à un moment donné du temps, une pensée des droits de l’homme en voie d’élaboration. Le point de départ de la réflexion se trouve donc dans un certain nombre d’interrogations: - Sur le statut des droits de l’homme: à quel titre peuvent-ils être juridiquement des droits? - Sur leur contenu: jusqu’à quelles revendications de liberté, de sécurité et de bonheur s’étend l’impératif de préservation des personnes? - Sur leur cohérence: la multiplication des droits de l’homme permet-elle encore d’assurer la réciprocité entre droits et devoirs? S’oriente-t-elle vers un pluralisme identitaire? - Sur leur application: comment penser et évaluer les modalités d’un passage à une réalisation supranationale des droits de l’homme? Les personnalités qui ont accepté de participer à cette production ont apporté une diversité d’éclairages qui a valeur de témoignage: n’obéissant à aucune directive contraignante, le livre trouve son unité dans son intentionnalité culturelle, culturellement européenne. Morale et politique des droits de l'homme. Premiere partie: Fondation des droits de l'homme. I - 1- L'idée des droits de l'homme. La Idea de Europa en Europa y los Derechos Humanos par le Pr Eusebio FERNANDEZ. Cohérence des droits humains et souveraineté par Patrice MEYER-BISCH. I - 2- Question d'ethique. El derecho a la objectión de conciencia par Gilberto GUTTERIEZ. Integration, Federation and Rights par Sheldon LEADER. I - 3- Question de Politique. Les Droits de l'Homme entre Cosmopolitisme et Mondialisation par Monique CASTILLO. DEUXIEME partie: Les droits de l'homme en situation. II - 1- Contextualisation. Droits de l'Homme, jugement politique et contextualisation par Marc MAESSCHALCK. The Protection of Minorities: Acceptability of and Need for Group Rights? par Kristin HENRARD. Théorie et pratique des droits de l'homme dans les sociétés post-traditionnelles: le cas roumain par Virgil CIOMOS. II - 2- Les O.N.G. Menschenrechtsschutz und Moralagenturen. Zur Rolle der Nichtregierungsorganisationen (NGOs) par Konrad HILPERT. Multidimensional UN Peacekeeping Missions, INGOs, NGOs, and Promoting the Rule of Law: Exploring the Intersection of International and Local Norms in Different Post-War Contexts par Béatrice POULIGNY. Suicide, Euthanasie, Soins Palliatifs, Mourir dans la Dignité en France et en Europe par le Pr Pierre CÜER. – Notule de l’éditeur.

— Chaberlot Frédéric, La voie lactée. Histoire des conceptions et des modèles de notre Galaxie
des temps anciens aux années 1930, Préface de Jean-Pierre Luminet, CNRS éditions, Histoire des sciences, 2003, ISBN: 2-03-06100-8. 536 p. Illustrations: 85 photos, 120 dessins. Après avoir abordé les mythes et les idées des Anciens sur la Voie lactée (conception stellaire de Démocrite ou météorologique d’Aristote), puis les commentaires que ces idées ont suscités au Moyen Âge et à la Renaissance, l’auteur présente les cosmologies de Wright, Kant et Lambert (XVIIIe siècle) dans lesquelles la Voie lactée est comparée à une strate stellaire. Suivent les débuts de la période scientifique des recherches galactiques (1780-1930), puis la genèse et les développements des modèles galactiques des années 1900-1920. Ces modèles entreront en opposition lors du Grand Débat, pour aboutir aux environs de 1930 à un consensus qui perdure dans ses grandes lignes jusqu’à nos jours (découverte de la rotation galactique par Lindblad, Oort et Plaskett, extinction interstellaire non négligeable par Trumpler). Cet ouvrage est le premier en langue française sur ce sujet. – Notule de l’éditeur.

— Chauvier Stéphane, Qu'est-ce qu'une personne?, Vrin, 2003, ISBN: 2-7116-1624-X. Le rôle central du concept de personne dans notre pensée juridique et morale oblige à en fixer précisément les conditions d'application: quelle différence y a-t-il entre un changement de personne et un changement de personnalité ? N'y a t-il de personnes qu'humaines et tout être humain est-il une personne ? L'objet de cet ouvrage est de montrer qu'une solution cohérente à ces divers problèmes suppose que l'on conçoive la personne non comme une substance douée de conscience de soi, mais comme une conscience de soi incarnée. Stéphane Chauvier est professeur à l'Université de Caen. – Notule de l’éditeur.

— Collectif, Calculs et formes, éditions Ellipses, . Les sciences en général et la mathématique en particulier sont productrices de formes. En mathématiques, il ne s’agit pas seulement de formes géométriques, auxquelles on pense tout d’abord: dessins, figures, représentations graphiques, mais aussi de formes de divers types: concepts, structures, modèles, formules, diagrammes, schémas, etc. L’activité mathématique est en effet, en tout premier lieu, mise en forme: représentation, symbolisation, conceptualisation, abstraction, formalisation, modélisation…, et la mathématique est essentiellement morphologie, science des formes. Cependant si une part importante du travail mathématique concerne la forme, une autre part, tout aussi importante, de ce travail relève du calcul. Calcul numérique, algébrique, formel, la production mathématique se présente comme suites de calculs, procédés algorithmiques, tout autant que comme création de formes. Calculs et formes sont en fait les deux pôles de cette production. Ces deux pôles apparaissent parfois étroitement liés, le plus souvent ils semblent au contraire s’opposer. Le présent ouvrage rassemble des textes qui traitent de ces deux pôles de l’activité mathématique et de leurs rapports, à partir de différents points de vue: historique, épistémologique, philosophique, logique ou mathématique. – Notule de l’éditeur.

— Dauzat Pierre-Emmanuel dir., L'Herne N° 80: Steiner, Éditions de l’Herne, 2003, ISBN: 2-85197-094-1

— Delamarre Bernadette-Marie, Le bonheur, Ellipses Marketing, 2003, ISBN: 2-7298-1596-1

— Delamarre Bernadette-Marie, L'existence et le temps, Ellipses Marketing, 2003, ISBN: 2-7298-1597-X

— Depre Olivier, Hans Jonas, Ellipses Marketing, 2003, ISBN: 2-7298-1458-2

— Desclos Marie-Laurence, Aux marges des dialogues de Platon. (Essai d’histoire anthropologique de la philosophie ancienne), Editions Jérôme Millon — Diffusion Harmonia Mundi, 288 pages. Au point de départ de cet ouvrage, il y a d’abord l’observation, somme toute assez banale, de l’étonnante prolifération de ce qu’on considère généralement comme du non-philosophique à l’intérieur des Dialogues de Platon. Penser les marges, consiste donc, contre la représentation canonique de l’écrit platonicien comme «œuvre philosophique», à prendre au sérieux le recours à tout ce qui semble s’en distinguer. Dans ce dernier cas, il convient notamment de s’interroger sur le sens à accorder à la notion même d’»histoire» lorsqu’on la considère en terrain grec, et sur les rapports qu’entretiennent le médecin, le rhéteur et l’»historien». Il faut en outre montrer le lien étroit unissant l’étude de la dialogicité des Dialogues, et le rapport à une histoire ancienne redéfinie. On doit de même s’aviser que cette expertise, cette habileté précédemment soulignées se manifestent aussi dans la capacité – en tout point remarquable – de pointer les «résidus problématiques» des pratiques et des discours que l’on investit, et d’en dessiner par là les contours. Penser les marges consistait enfin à s’apercevoir que chaque dialogue offre à la lecture sa propre périphérie, qu’il s’agisse des prologues, ou du contexte référentiel dans lequel l’entretien vient s’insérer (destinataire, conditions d’énonciation, dimension pragmatique, etc.). Pour le dire clairement, il y va du refus d’accepter comme allant de soi la distinction du philosophique – seul vraiment digne d’intérêt – et du non philosophique qu’il conviendrait, en tant que tel, d’abandonner à d’autres. Intuition, conviction même, que rien ne vient, si ce n’est étayer, du moins fonder en raison, sauf à considérer qu’une telle distinction n’est pas autre chose qu’un effet du texte platonicien dont nous serions les victimes involontaires, ou consentantes. Ainsi s’expliquerait que nous reprenions à notre compte sans autre forme de procès, ou que nous projetions sans scrupule aucun, la division du champ du savoir en territoires distincts comme s’ils étaient déjà tout constitués. Prendre la mesure des effets de cet effet et en démonter les mécanismes, tel est l’objet de ce livre. - Directrice du Pôle Alpin de Recherches sur les Sociétés Anciennes (PARSA), membre du groupe de recherches Philosophie, Langages et Cognition, membre associé du Centre Louis Gernet, Marie-Laurence Desclos est Professeur d’Histoire de la Philosophie Ancienne à l’Université Pierre Mendès France (Grenoble). TABLE DES MATIERES. Introduction. Chapitre I: L’«histoire» ancienne existe-t-elle? 1. La question d’une «théorie des sources» chez les Anciens 2. La critique des sources. Chapitre II: Thucydide, juge ou rhéteur? 1. Thucydide et l’éloquence de tribunal 2. La dimension agonale de La guerre du Péloponnèse 3. De la rhétorique judiciaire à la rhétorique médicale. Chapitre III: Hérodote et le «traitement grec» de l’enquête 1. Le vocabulaire médical dans les Histoires 2. L’écriture hérodotéenne des Histoires. Chapitre IV: Thucydide et la maladie de la Cité 1. Médecine hippocratique et graphè thucydidéenne 2. Calculer l’incalculable 3. Une «pathologie politique». Chapitre V: L’insuffisance politique de l’«histoire» 1. Hérodote et la démocratie athénienne 2. Thucydide et la décadence de l’empire athénien. Chapitre VI: Frontières et zones frontières 1. Une opération généralisée de délimitation 2. Définition, délimitation et dénomination. Chapitre VII: Sortir du cercle agonal 1. Le jeu du savoir et du pouvoir 2. L’intelligible comme moyen d’éviction. Chapitre VIII: De la paideia au dialogue 1. Pour une définition minimale de la «paideia» 2. Le dialogue platonicien dans tous ses états 3. L’auteur, son texte et son lecteur. Conclusion – Notule de l’éditeur.

— Dolto Françoise, La vague et l'océan. Séminaire sur les pulsions de mort (1970-1971), Édition de Colette Manier avec la participation d'Élisabeth Kouki, Gallimard, 2003, ISBN: 2-07-076482-6. «L'océan, mettons que c'est l'espèce humaine. Chaque vague est un individu qui va au maximum de ses possibilités d'expression et qui, à l'acmé de sa force, retombe dans la non-différenciation de la masse de l'océan. C'est cette rentrée dans l'indifférenciation [...] qui représenterait, au moment où s'amorce la chute de la vague, les pulsions de mort.» Telle est la métaphore que Françoise Dolto développe pour dynamiser, guider sa réflexion, et transmettre sa pensée. C'est l'étude des enfants et des psychotiques qui l'a conduite à s'intéresser aux pulsions de mort. Elle les analyse, pour la première fois dans ce séminaire inédit, à travers les différentes manifestations que sa pratique clinique lui a permis d'observer: dans leur lien ou leur dé-liaison avec les pulsions de vie, à chaque niveau de structuration de l'image du corps, avant ou après la castration primaire. Les pulsions de mort gravent ainsi, selon leurs impacts, le destin psychique de tout sujet. Françoise Dolto apporte ici une contribution décisive au concept de pulsions de mort introduit par Freud en 1920, dont elle étaye, précise et prolonge la portée psychanalytique. – Notule de l’éditeur.

— Donzelli Maria e Pozzi Regina, Patologie della politica. Critica della democrazia tra Otto e Novecento, Roma: Donzelli Editore, 2003.

— Dupuy Jean-Pierre, Livet Pierre, Les limites de la rationalité, tome 1, Éditions La Découverte, 2003, Collection «Recherches», 456 p. Ce livre présente les recherches les plus récentes dans le domaine de la théorie du choix rationnel. Il s'en dégage la thèse que le paradigme de la rationalité est radicalement incomplet. Les recherches ici présentées s'attachent à définir ce que sont ces dispositifs collectifs cognitifs qui encadrent et servent de support aux décisions individuelles. Elles s'inscrivent dans cette synergie entre sciences sociales, sciences cognitives et philosophie qui renouvelle aujourd'hui les sciences de l'homme. – Notule de l’éditeur.

— Elie Maurice, Escoubas Eliane, Goethe Johann-Wolfgang Von, Matériaux pour l'histoire de la théorie des couleurs, PU Mirail, 2003, ISBN: 2-85816-653-6

— Elucidation N° 8/9 Hiver 2003-2004, Rolin Olivier, Nancy Jean-Luc, Regnault François, Milner Jean-Claude, Verdier, 2003, ISBN: 2-86432-400-8

— Eribon Didier, Hérésies. Essais sur la théorie de la sexualité, Fayard, 2003, ISBN: 2-213-61423-7. La littérature et les différents domaines de la réflexion théorique ont souvent été des champs de bataille où les dissidents de l’ordre sexuel ont cherché à faire entendre leurs voix. Ce sont quelques-uns des moments de ce grand affrontement que Didier Eribon entend restituer ici, à travers des lectures de Gide et de Jouhandeau, de Foucault et de Dumézil notamment. Mais il décrit également comment les pensées novatrices ou hérétiques peuvent rester engluées dans les valeurs dominantes (comme chez Gide) et même, parfois, cohabiter chez un même auteur avec un discours réactionnaire voire raciste (comme chez Jouhandeau). C’est de cette complexité qu’il s’agit de rendre compte dans ce livre. Ces discours « hérétiques » doivent bien sûr affronter la résistance acharnée des tenants de l’orthodoxie sociale et des défenseurs de l’ordre sexuel, toujours prompts à les renvoyer à la « folie » ou à la « perversion », à les accuser de « mettre en péril les fondements de la civilisation », comme on le voit, de manière quasi caricaturale, chez des idéologues comme Lacan et Mounier, et chez leurs héritiers. Il faut alors donner toute sa force à l’affirmation de Barthes selon laquelle « dans ce qu’il écrit, chacun défend sa sexualité ». Ce livre se veut un plaidoyer en faveur de la pensée critique, de l’« hérésie », une incitation à élargir l’espace de la liberté et des modes de vie possibles face à tous les conformismes, à toutes les pensées rétrogrades et répressives, qu’elles s’avancent sous le masque de la morale, celui de la Raison ou celui de la Science. Philosophe et historien des idées, Didier Eribon est Professeur Invité à l’université de Berkeley et co-dirige avec Françoise Gaspard le séminaire « Sociologie des homosexualités » à l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris. Il est notamment l’auteur de Réflexions sur la question gay (Fayard, 1999), d’Une morale du minoritaire. Variations sur un thème de Jean Genet (Fayard, 2001), et il a dirigé le Dictionnaire des culture gays et lesbiennes (Larousse, 2003). Il est également critique de philosophie et de sciences humaines au Nouvel Observateur. – Notule de l’éditeur.

— Escola Marc, Clement Bruno dir., Le Malentendu. Généalogie du geste herméneutique, PU Vincennes, 2003, ISBN: 2-84292-145-3. Le malentendu mis en question dans ce volume n'est pas celui dont se préoccupent les sociologues, ou les spécialistes de la communication, et qui empêcherait, dit-on, les hommes de se comprendre. C'est celui qui surgit régulièrement dès qu'on cherche, dans quelque domaine que ce soit, à établir et à légitimer une interprétation. Sont donc réévalués au cours du volume non seulement les enjeux herméneutiques de la philologie, de la traduction, de la critique littéraire; mais aussi ceux de la philosophie, de l'édition, de la diplomatie, de la poésie, de la rhétorique, de la tragédie, bref de tout discours susceptible de rencontrer sur son chemin les questions du sens et de l'interprétation. Le malentendu est également envisagé dans son rapport à l'histoire littéraire, dont il permet de penser non seulement les événements successifs (un malentendu chassant l'autre) mais aussi la dynamique, rarement séparable d'une quête de l'autorité.

— Ethnologie Française, XXXII (1), 2002, Intimités sous surveillance, Paris, PUF, 2002, 192 p. De la confrontation à un espace public, à la justice, à la " publique renommée " ou au gouvernement familial, différents lieux d'intimité sont mis à mal, désapprouvés, accusés, exhumés à partir de leur assignation. De la prison au centre d'hébergement, du métier du sexe aux nuits de drague, de la protection des secrets de famille à celle des rites communautaires, les paroles privées se fractionnent sur des territoires publics et médicaux, juridiques et institutionnels: au guichet, à l'école, dans les institutions d'aide ou de secours, dans une PMI ou dans un bar excentrique. En chacun de ces lieux, s'exerce un droit de regard sur " certaines choses " (santé, scolarité ou protection sociale), mais pas sur d'autres (protection des proches, injure, désordre corporel). Ces lieux soulignent à quel point l 'intimité - ce droit élargi au secret et à la propriété de soi, à la liberté de penser et de conviction - participe de la socialisation des individus, comme un moment d'individualisation de première importance, à défaut de laquelle le stigmate mène son ouvre de dégradation de statut. Comment s'inventent les moyens de protéger son intimité lorsque celle-ci est menacée, fragile, surexposée ou en impasse? – Notule de l’éditeur.

— Études Philosophiques, octobre 2003, n° 4, Presses Universitaires de France. La Poétique d'Aristote: Lectures morales et politiques de la tragédie. Présentation. Pierluigi Donini: La tragédie comme art de la mimèsis et l'apprentissage de la phronèsis. Elizabeth Belfiore: Tragédie, thumos et plaisir esthétique. Sophie Klimis: Voir, regarder, contempler: le plaisir de la reconnaissance de l'humain. Létitia Mouze: Se connaître soi-même: tragédie, bonheur et contingence. Steven Halliwell: La psychologie morale de la catharsis. Un essai de reconstruction. Pierre Destrée: Education morale et catharsis tragique. Bibliographie – Notule de l’éditeur.

— Finkielkraut Alain, L'imparfait du présent, Gallimard, 2003, ISBN: 2-07-030447-7

— Flusser David, Les Sources juives du Christianisme, traduit de l'hébreu par Véra Lasry, et préfacé par Guy Petitdemange, Editions de l'éclat, L’œuvre de David Flusser a marqué durablement les relations entre le judaïsme et le christianisme. Flusser ouvre une voie, comme peut-être personne, en enracinant le christianisme dans l’histoire du judaïsme de l’époque, et propose un éclairage sans pareil, qui est aussi un réveil, un regard nouveau sur un autre paysage. «Il ne s’agit pas d’anecdotes sur les débuts du christianisme. Il s’agit de son lieu de naissance le plus concret, hors de quoi il est ou inintelligible, ou en tout cas faussement compris. Et les conséquences de pareil oubli sont incalculables », écrit Guy Petitdemange dans sa préface à ce petit livre qui résume l'œuvre de toute une vie. Né à Vienne en 1917, David Flusser a été professeur à l’Université Hébraïque de Jérusalem jusqu’à sa mort en 2000. Son livre classique sur Jésus, entièrement réécrit en 1997, sera prochainement publié dans cette même collection. 

— Frank Thomas, Le Marche de droit divin. Capitalisme sauvage & populisme de marche, Traduit de l'anglais par Frederic Cotton, Agone, 2003, ISBN: 2-7489-0001-4. Le "populisme de marche" est la pièce centrale du nouveau consensus américain. Il revendique a grands cris sa nature démocratique et pourtant les institutions démocratiques formelles n'ont jamais semble plus lointaines et plus déplacées que sous son règne. Il discute avec ferveur de la justice économique et pourtant, dans les années 1990, l'économie américaine a enrichi les riches et néglige les plus pauvres dans des proportions qu'on n'avait plus connues depuis les années 1920. Il critique l'"élitisme" tout en transformant la classe des dirigeants d'entreprise en une des élites les plus riches de tous les temps. Il s'en prend a la hiérarchie mais il fait de l'entreprise la plus puissante institution du monde. Il célèbre l'autonomisation accrue de l'individu mais considère pourtant ceux qui en usent pour défier les marches comme des automates. Il acclame la liberté de choix tout en proclamant que le triomphe des marches est inévitable. Mais en dépit de toutes ces contradictions, le populisme de marche constitue une doctrine étonnamment vivace, qui peut survivre a ses défauts, parce qu'il s'est lui-même inocule sa propre opposition. Aussi, ce qu'il nous faut, c'est un véritable contre-pouvoir, une force qui résiste aux impératifs du profit au nom de la démocratie économique. C'est-à-dire, au bout du compte, ce que réclamaient autrefois les vrais Populistes. Ce livre raconte comment, dans les années 1990, la communauté des affaires a fini par acquérir cette légitimité tant convoitée en persuadant le reste du monde que la voie du laissez-faire n'était pas seulement la meilleure et la seule possible mais également la plus soucieuse de répondre a la volonté et aux intérêts populaires. Il montre comment "détruire l'ancien monde" pour en édifier un nouveau, plus sur, a l'usage des milliardaires fut une entreprise a la fois politique, culturelle et économique. - Journaliste a Chicago, Thomas Frank est depuis 1996 un collaborateur régulier du 'Monde diplomatique'.  – Notule de l’éditeur.

— Granel Gérard, Dastur Françoise, Schurmann Reiner, Les origines. Récit, PU Mirail, 2003, ISBN: 2-85816-665-X

— Grondin Jean, Du sens de la vie. Essai philosophique, Montréal, Éditions Fides, 2003 . Si la vie a un sens, celui-ci ne peut pas être inventé de toutes pièces, mais doit être immanent à la vie elle-même. La philosophie ne peut donc pas « donner » un sens à la vie, mais seulement tenter d’éveiller l’attention au sens dans lequel la vie nous emporte et que les grands artisans de notre humanité, les prophètes, les artistes et les penseurs ont su mettre en langage et en images. Partant de là, Jean Grondin nous convie à un dialogue intérieur qui n’a rien d’un exercice académique. « Toute philosophie, toute vie se fonde sur l’espoir, écrit-il. L’espoir de ce livre est d’articuler cette philosophie. » C’est d’espérance, de responsabilité, de bonheur et de sur-vie qu’il est question. L’auteur nous invite à redécouvrir que, malgré toutes ses souffrances, la vie vaut la peine d’être vécue, qu’elle n’est pas qu’une « passion inutile », comme le prétendait Jean-Paul Sartre. Jean Grondin est professeur de philosophie à l’Université de Montréal et auteur de plusieurs ouvrages importants, dont L’universalité de l’herméneutique (PUF, 1993).

— Groult Martine dir., L'Encyclopédie ou la création des disciplines, CNRS, 2003, ISBN: 2-271-06171-7. à l’occasion du 250e anniversaire de la parution du 1er volume de l’Encyclopédie (1751-1765), des chercheurs issus de divers domaines scientifiques ont « repéré » dans le tissu de l’Encyclopédie les disciplines et les savoirs en émergence à cette époque de ruptures et de bilans. Une première partie propose l’étude du problème de la classification, une deuxième est consacrée aux sciences des arts et de la nature (naissance de la chimie, de la biologie, de l’esthétique), au nouveau rôle de l’image. La troisième concerne les sciences de la langue et de la grammaire et la politique. Ces travaux donnent à l’Encyclopédie toute son importance en faisant sortir de son statut d’œuvre au service des Lumières militantes ce rassemblement de la science et de la philosophie.

— Guérin Daniel, Coffret «Ni dieu, ni maître», Éditions La Découverte, 2003, Collection «La Découverte/Poche». Ce coffret propose un choix raisonné de textes politiques et théoriques des grands noms de l'anarchisme. En les replaçant en perspective, Daniel Guérin a retracé l'aventure d'un mouvement politique et intellectuel dont la force de contestation n'a jamais faibli depuis sa naissance au XIXe siècle. Il offre un panorama complet, sur deux siècles, de la pensée anarchiste. Ce coffret comprend Ni dieu, ni maître: anthologie de l’anarchisme, tome 1 et Ni dieu, ni maître: anthologie de l’anarchisme, tome 2. – Notule de l’éditeur.

— Gunilla Haac dir., Hommage à Oscar Haac, 1918-2000, Mélanges historiques, philosophiques et littéraires, Paris, L'Harmattan, 2003, ISBN: 2-7475-4321-8. – Notule de l’éditeur.

— Hadas-Lebel Mireille, Philon d'Alexandrie. Un penseur en diaspora, Fayard, 2003, ISBN: 2-213-61740-6

— Heidegger, Concepts fondamentaux de la philosophie antique, Gallimard, 2003, ISBN: 2-07-073280-0. Le cours Concepts fondamentaux de la philosophie antique a été professé par Martin Heidegger à l'Université de Marbourg pendant le semestre d'été 1926, alors que le philosophe travaillait à l'achèvement d'Être et Temps. Il vient après le cours sur les Concepts fondamentaux de la philosophie aristotélicienne, du semestre d'été 1924, et sur Le Sophiste de Platon du semestre d'hiver 1924-1925, et constitue un document capital pour cerner l'interprétation heideggerienne de la pensée antique à l'époque de l'ontologie fondamentale. À la différence des cours qui l'ont précédé, ce texte n'est pas consacré à un penseur en particulier, mais son ambition est essentiellement plus vaste: il vise à retracer les étapes de la constitution de l'ensemble de la pensée grecque en examinant une série de «concepts fondamentaux concrets bien déterminés» tels que «être - vérité, principe - cause, possibilité - nécessité, relation, unité, multiplicité, nature, vie, connaissance, énoncé - preuve». Au-delà de ces notions et à travers elles, c'est bien le destin de toute la pensée occidentale qui est en question. Heidegger nous fait assister ici à la genèse de la philosophie elle-même, c'est-à-dire à cette pensée radicalement critique qui scinde et différencie l'être de l'étant, et qui s'est développée en Grèce à travers une succession de figures majeures qui vont de Thalès à Aristote, «sommet de la philosophie antique». – Notule de l’éditeur.

— Hémond Aline, Peindre la révolte. Esthétique et résistance culturelle au Mexique, CNRS éditions, 2003, ISBN: 2-271-06096-6. 544 p. Illustrations: 16 photos couleur, 20 N&B, 54 dessins. Cet ouvrage dépeint la construction de l’identité culturelle chez les Nahuas du Balsas (Mexique, État de Guerrero) à travers l’analyse d’une nouvelle production devenue un succès touristique: la peinture sur papier d’écorce (ou amate). Après avoir décrit la région nahua, son organisation sociale, les activités commerciales, la production des peintures sur papier d’écorce, l’auteur analyse les représentations véhiculées, les styles et la diffusion des techniques, en restituant les catégories mentales et esthétiques des peintres indigènes. À travers une lutte contre la construction d’un barrage hydro-électrique menée par les villages d’artisans, elle montre que cette même peinture a contribué à forger une nouvelle créativité et a marqué la naissance d’une identité propre à la région productrice – Notule de l’éditeur.

— Henry Michel, Phénoménologie de la vie. Tome 1 De la phénoménologie, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053203-9

— Henry Michel, Phénoménologie de la vie. Tome 2 De la subjectivité, PUF, 2003, ISBN: 2-13-054041-4

— Heraclitea, Serge Mouraviev dir., vol. II.A.4, éditions Academia Verlag de Sankt Augustin (Bahnstrasse 7, D-53734, Allemagne). Le vol. II.A.4 (de Maxime le Confesseur à Pétrarque), paru en septembre, clôt la partie Traditio (A) du projet et contient une édition critique (avec apparats et traduction française) des sources héraclitéennes byzantines et latines des Ve-XVe siècles (260 textes); e-mail: kontakt@academia-verlag.de. Diffuion: Vrin.

— Heraclitea, Serge Mouraviev dir., vol. III.1, Edition critique complète des témoignages sur la vie et l’oeuvre d’Héraclite d’Ephèse et des vestiges de son livre. IIIe partie, Recensio. 1. Memoria Heraclitea. Textes, traduction et commentaire, éditions Academia Verlag de Sankt Augustin (Bahnstrasse 7, D-53734, Allemagne). - Le vol. III.1 Memoria, annoncé pour la mi-novembre, rassemble, traduit et commente (en français) tous les témoignages disponibles sur la vie, la mort, le livre et l'iconographie du philosophe (300 extraits et 22 planches d'illustrations). Ce volume est une première tentative de réunir et de commenter la totalité des textes et autres documents que nous possédons sur la biographie (tant historique que légendaire) et l’aspect physique d’Héraclite et sur les paramètres bibliographiques, les circonstances de l’écriture, le langage et la diffusion de son livre. Il contient: 180 extraits répartis entre 30 sujets relatifs à la vie, la légende et la mort d’Héraclite [M 1 à M 27]; 30 items répartis entre 6 sujets (sans compter les illustrations) concernant son iconographie [M 28 à M 30]; et 100 extraits répartis entre 26 sujets se rapportant au livre [M 31 à M 56]. À titre de comparaison, rappelons que les diverses éditions de Diels et de Diels-Kranz et toutes les autres éditions qui en dépendent n’ont proposé en tout et pour tout que de quatre (Diels 1901) à neuf (Mondolfo Tarán 1974) textes pertinents. Héraclite d’Ephèse, Les vestiges, 1. La vie, la mort et le livre d’Héraclite, Avec iconographie détaillée et 22 planches d’illustrations. Témoignages extraits des sources (Traditio), complétés, disposés et commentés par Serge N. Mouraviev. e-mail: kontakt@academia-verlag.de. Diffusion: Vrin. – Notule de l’éditeur.

— Imaginaire et Inconscient N° 11 Novembre 2003: Imaginaire du religieux, Natanson Jacques, Natanson Madeleine, Noel Jean-François, Dubois Claude-Gilbert, L’Esprit du temps, 2003, ISBN: 2-84795-014-1.

— Imaginaire et Inconscient N° 12 Novembre 2003: Blessures d'enfance, L’Esprit du temps, 2003, ISBN: 2-84795-015-X

— Ivekovic Rada, Le sexe de la nation, Léo Scheer, 2003, ISBN: 2-915280-10-X

— Jaulin Annick, Wolff Francis, Bodeus Richard, Gauthier-Muzellec Marie-Hélène, La philosophie d'Aristote, PUF, 2003, ISBN: 2-13-054008-2

— Kolb Robert, Réflexions de philosophie du droit international. Problèmes fondamentaux du droit international public: théorie et philosophie du droit international, Emile Bruylant, 2003, ISBN: 2-8027-1773-1. Dans une première partie, l'auteur dégage quelques caractéristiques fondamentales du droit international, qui expliquent et imprègnent ses applications. Après une discussion des types possibles de droit international et de leur réalisation dans l'histoire, il est question des grandes phases d'évolution qu'a connues le droit international depuis le temps de Grotius. Dans une seconde partie, ce sont les relations multiples du droit et de la politique qui font l'objet d'analyses. Enfin, dans une troisième partie, c'est une série de notions juridiques cardinales qui forme l'objet des réflexions. – Notule de l’éditeur.

— Kosik Karel, La Crise des temps modernes. Dialectique de la morale, Les éditions de la passion, 2003, ISBN: 2-906229-58-X

— Kremer-Marietti Angèle, Cours sur la Première Recherche Logique de Husserl, L'Harmattan, 2003. L'analyse scrupuleuse de la Première Recherche Logique nous fait découvrir la problématique qui est celle de Husserl dans le commencement de son philosopher. Sous l'égide de Bolzano et de Brentano, Husserl commence en effet une critique analytique de la connaissance qui relève d'un certain positivisme tablant sur la notion de signe. Sa phénoménologie est alors une théorie de la connaissance que Husserl élabore à l'intention du logicien. – Notule de l’éditeur.

— Kristeva Julia, Le génie féminin. Tome 1, Hannah Arendt, Gallimard, 2003, ISBN: 2-07-042738-2

— Kristeva Julia, Le génie féminin. Tome 2, Melanie Klein, Gallimard, 2003, ISBN: 2-07-042739-0

— La Mothe Le Vayer François de, Petit traité sceptique sur cette commune façon de parler: N'avoir pas le sens commun, Gallimard, 2003, ISBN: 2-07-073503-6. Héritier et disciple de Montaigne, magistrat qui professait «une aversion naturelle» pour la jurisprudence, voyageur curieux des cultures et mœurs étrangères, lecteur omnivore, François de La Mothe Le Vayer (1588-1672) fut longtemps un grand seigneur indolent qui suivait sa seule inclination vers le plaisir. «Honnête homme et bonnes mœurs, soutenait-il, ne s'accordent pas ensemble». Il n'avait pas, à quarante ans, publié le moindre ouvrage, se retrouva sur le tard, et comme incidemment, précepteur de Monsieur, puis du jeune Louis XIV, écrivit un Hexameron rustique longtemps mis à l'index pour son indécence. Devenu intarrissable, il publia, outre un Dialogue sur les rares et éminentes qualités des Asnes de ce temps un ensemble de Petits traités - dont certains rassemblés sous le titre «La Promenade» - et une suite de «Dialogues faits à l'imitation des anciens» sous le pseudonyme d'Orasius Tubero. Le lecteur trouvera dans les pages de ce sceptique intransigeant un antidote salutaire aux pseudo-évidences et à l'universalisme creux qui cimentent l'unanimisme médiatique d'aujourd'hui. Car le «voluptueux incrédule» ne se pose pas seulement la question de la nature du sens commun, mais celle aussi de savoir s'il existe des réalités plus substantielles, finalement, que de pures, de multiples, de contradictoires «façons de parler». – Notule de l’éditeur.

— Lacoste-Dujardin Camille, Le conte kabyle, Éditions La Découverte, 2003, Collection «(Re)Découverte», 536 p. Camille-Lacoste-Dujardin nous livre ici une sorte de somme sur le conte kabyle, en s’efforçant par ailleurs de le situer dans l’histoire et dans son actualité. Elle met en lumière la forte historicité du conte kabyle en montrant comment il se situe à l’articulation douloureuse de deux sociétés, l’une «traditionnelle, résistant à la disparition», l’autre «en devenir». – Notule de l’éditeur.

— Le divan familial N° 11 Automne 2003: L'intime et le privé dans la famille, Mercier Martine, Chouvier Bernard, Barraband Maryvonne, IN PRESS, 2003, ISBN: 2-84835-024-5. Les expériences intimes, dans l'aire privée de la famille, couvrent un large spectre, des plus profondes à celles qui sont aux confins du sujet ou du groupe. Ce numéro tente d'approcher leur statut métapsychologique, en dépit du brouillage qu'induisent les mutations sociales et familiales. Les impératifs d'étanchéité, de transparence ou d'exhibition pèseraient-ils sur les liens familiaux ? – Notule de l’éditeur.

— Lestienne Rémy, Les fils du temps. Causalité, entropie, devenir, Préface de Jean-Didier Vincent, CNRS éditions, ISBN: 2-271-06180-6. Nouvelle édition. Les interrogations sur la réalité et la fuite du temps alimentent un débat philosophique et scientifique millénaire. Qu’est-ce donc que le temps ? Existe-t-il en dehors de nous, de nos perceptions, de nos discours ou de nos mesures scientifiques ? S’appuyant sur les acquis récents de l’astronomie, de la physique des particules mais aussi sur les recherches relatives à l’ontogenèse des êtres vivants et au fonctionnement du système nerveux central de l’homme, Rémy Lestienne décrit la révolution épistémologique qui s’opère actuellement: le temps apparaît désormais comme l’acteur principal de l’histoire, celle du cosmos et celle de l’homme, le plus « temporel » des animaux. – Notule de l’éditeur.

— Lequan Mai, Tosel André, Clavier Paul, Raulet Gérard, Bouriau Christophe, La philosophie de Kant, PUF, 2003, ISBN: 2-13-054010-4

— Macherey Pierre, Hegel ou Spinoza, Éditions La Découverte, 2003, Collection «Armillaire», 268 p. Hegel ou Spinoza, et non Hegel et Spinoza: la question n'est pas ici de procéder à la comparaison entre des auteurs et des systèmes mais de procéder à leur confrontation. À travers la différence de doctrines irréductibles apparaît alors la réalité d'une lutte qui les apparente conflictuellement. Entre Hegel et Spinoza quelque chose se passe, et c'est la connaissance de cet événement qui peut nous faire avancer dans la connaissance de l'histoire de la philosophie, c'est-à-dire dans la connaissance de ce que c'est pour la philosophie que d'avoir une histoire. – Notule de l’éditeur.

— Marchetti G., O. Rignani, V. Sorge (edited by), Ratio et superstitio. Essays in Honor of Graziella Federici Vescovini, Brepols, Louvain-La-Neuve 2003. Twenty-four critical essays, including a substantial introduction, written by the most distinguished international scholars, make up this volume, in honour of Graziella Federici Vescovini. The essays offer by far the most thorough and thoughtful discussion of the relationship between ratio and superstitio, beginning with medieval reflections and ending with «modern» speculation. The unifying themes of these contributions is the spectrum between different forms of reason and superstition. The essays show the tortuous and complex path of philosophical thinking as aiming at truth and discoveries. This path has not privileged itineraries, but it proceeds by integrations that modify the perspectives continuously, at times demonstrating as illusory what had previously seemed certain, and at times recuperating in different contexts what had formerly been rejected. So what we, the children of modern scientism, might call the foolishness of an epoch (as, for example, medieval judiciary astrology), could well be the scientific wisdom of that given historical period. The volume is a broad and suggestive analysis that altogether opens a wide view in the volume's themes, demonstrating how some authors and some texts have for the modern reader a sense that was not recognized in their time. Original essays by: F. Barocelli, J. Biard, F. Bottin, C. Burnett, G. Cacciatore, F. Cambi, G. D'Onofrio, J. Hackett, M. McVaugh, G. Marchetti, G. Mari, P. Morpurgo, J. North, A. Pieretti, D. Pingree, O. Pluta, R. Rashed, V. Sorge, F. Tessitore, C. Trottmann, C. Vinti, O. Weijers, P. Zambelli, M. Zanatta. – Notule de l’éditeur.

— Marty François dir., L'adolescence dans l'histoire de la psychanalyse, IN PRESS, 2003, ISBN: 2-84835-028-8

— Marx Karl, La marchandise. Chapitre 1 du Capital, Actes Sud, 2003, ISBN: 2-7427-4589-0

— Mersenne Marin, Traité de l'harmonie universelle, Fayard, 2003, ISBN: 2-213-61591-8

— Meyer Michel, Le comique et le tragique. Penser le théâtre et son histoire, PUF, 350 p. Sophocle et Shakespeare, Molière et Ibsen, Racine et Pirandello, Goethe et Beckett. Qu'est-ce qui rassemble tous ces noms, et bien d'autres encore, qui ont fait l'histoire du théâtre? Pour répondre à cette question, il fallait une lecture forte qui couvre deux mille ans de littérature. Michel Meyer nous offre cette interprétation rigoureuse, selon une logique qu'il déroule implacablement, pour rendre compte d'un développement que l'on a souvent jugé arbitraire et sans rationalité. Par delà ce versant historique, l'ouvrage de Michel Meyer s'attache également à des questions aussi essentielles que le rire ou l'humour, le tragique ou la perte du sacré, qui animent la quête théâtrale. Pour aborder celle-ci, Aristote, Bergson et Freud sont conviés dans cette grande fresque, où se côtoient sans cesse la théorie et la lecture des pièces individuelles. Spécialistes de la lecture ou simples amoureux du théâtre, acteurs et dramaturges, philosophes et théoriciens de l'esthétique, tous prendront plaisir à retrouver leurs préoccupations dans ce livre, qui consacre la noblesse de l'une des plus belles formes d'art depuis les Grecs. Michel Meyer est l'auteur de nombreux livres dont un ouvrage de refondation de la pensée, Questionnement et historicité (PUF 2000), où il montre comment le rapport à soi, à l'autre et au monde est le fruit d'une constante interrogation, qui tisse la trame de l'histoire individuelle et collective. – Notule de l’éditeur.

— Mopsik Charles, Le Sexe des âmes, Aléas de la différence sexuelle dans la cabale, Editions de l'éclat, La Cabale a développé au sein du judaïsme un vaste réseau d’interprétations qui a permis l’édification d’un système accordant place et reconnaissance religieuse aux formes multiples de l’identité sexuelle, à la bisexualité, aux distorsions entre le «sexe des corps» et le «sexe des âmes» et à une économie complexe du désir. C’est ce réseau que Charles Mopsik a voulu explorer, à travers l’étude de textes de grands cabalistes, tels que Hayyim Vital, Isaac Louria, ou Abraham ben David de Posquières, élaborant une vision du monde qui apporte un certain nombre d’éléments de réponse au questionnement contemporain sur la construction des identités sexuelles et sur la place du masculin et du féminin dans la société. Comme suite à son édition du Secret du mariage de David et Bethsabée de R. Joseph Gikatila (L’éclat, 2003), Charles Mopsik (1956-2003) avait rassemblé ici cinq essais sur les aléas de la différence sexuelle dans la cabale, qui donnent toute la mesure de son génie paradoxal. TABLE DES MATIERES Note de l’éditeur. Introduction: Le couple originel et l’unique primordial dans les religions du monde. 1. La femme masculine I.Très bref survol des antécédents bibliques et rabbiniques II. Les antécédents mystico-ésotériques III. Les discordances entre le sexe anatomique et le sexe de l’âme dans la cabale lourianique IV. Remarque conclusive. 2. Création et procréation Franchir les limites des corps, de la Bible hébraïque à la mystique juive. 3. Genèse 1:26-27: L’Image de Dieu, le couple humain et le statut de la femme chez les premiers cabalistes. Appendice. Genèse 2:24: « Ils seront une seule chair »: quelques interprétations des mystiques juifs médiévaux. Bibliographie de Charles Mopsik .

— Nachi Mohamed, Ethique de la promesse. L'agir responsable, PUF, 2003, ISBN: 2-13-053576-3

— Natali C. e Maso S., Plato Physicus. Cosmologia e antropologia nel Timeo, Amsterdam, Adolf M. Hakkert ed., 2003. Le volume recueille la plupart des interventions présentées au séminaire "Cosmologia e antropologia nel Timeo" et au colloque international conclusif "Plato physicus. L'immagine del cosmo nel Timeo", qui ont eu lieu à l'Université de Venise Cà foscari pendant les années 1999-2001. Table des matières. C. Rowe, The status of the "myth" in Plato's Timaeus. G. Casertano, Cause e concause. Th. K. Johansen, The place of the Demiurge in Plato's Teleology. F. Ferrari, Causa paradigmatica e causa efficiente: il ruolo delle idee nel Timeo. M. Migliori, Il problema della generazione nel Timeo. D. O'Brien, Space and movement: two anomalies in the text of the Timaeus. A. Peratoner, La struttura del cosmo nel Timeo (29c-34b; 40a-41a). B. Botter, Il «ricettacolo» di materia e spazio in Timeo 48e-53b. L. Brisson, How and why do the building blocks of the universe change constantly in Plato's Timaeus (52a-61c)? C. Viano, Corpi e metalli: le «meteore» del Timeo (58d-61c). C. Natali, Antropologia, politica e la struttura del Timeo. S. Maso, Dal disordine all'ordine. M. Cristiani, L'ordine delle generazioni e la generazione del tempo nel Timeo. M. Dixsaut, Divination et prophétie (Timée 71a-72d). M. Da Ponte Orvieto, Il Timeo di Platone nell'opera di Sesto Empirico. Bibliografia. Indice. – Notule de l’éditeur.

— Nietzsche, Fragments et aphorismes, édition: Van Delft Louis, J’ai lu, 2003, ISBN: 2-290-33232-1

— Nietzsche, Fragments posthumes sur l'éternel retour, édition établie et traduite par Lionel Duvoy? Postface avec la participation de Matthieu Serreau. Paris, Editions Allia, août 2003. 2003, ISBN: 2-84485-128-2

— Ogien Ruwen, Le Rasoir de Kant et autres essais de philosophie pratique, Editions de l'éclat, Dans le domaine métaphysique, le philosophe et théologien médiéval Guillaume d’Occam énonça des préceptes d’austérité ou de simplicité passés à la postérité sous le nom de “Rasoir d’Occam” et sous la forme d’une injonction: il ne faut pas multiplier les êtres et les principes d’explication au-delà de ce qui est nécessaire. Le “Rasoir de Kant” fait jouer ce même principe d’économie dans le domaine moral, et permet ainsi de dessiner les contours d’une éthique minimaliste, mais non moins propre à la vie sociale. Plus de deux cents après Diderot, Ruwen Ogien repose, à sa manière, la question du Supplément au voyage de Bougainville concernant les “ inconvénients d’attacher des idées morales à certaines actions qui n’en comportent pas”, et soumet la réflexion morale à un diagnostic qui décevra sans doute les amateurs de certitude, mais réjouira ceux qui se refusent à la réduire au moralisme ambiant. Ruwen Ogien est directeur de recherches au CNRS et participe à des programmes de recherches au département de philosophie de l’Université de Montréal. Depuis son Portrait logique et moral de la haine, paru dans la même collection en 1993, il a publié plusieurs ouvrages parmi lesquels Les causes et les raisons. Philosophie analytique et sciences humaines (Jacqueline Chambon, 1995), Le réalisme moral (PUF, 1999), La honte est-elle immorale ? (Bayard, 2002) et récemment, Penser la pornographie (PUF, 2003). 

— Oury Jean, Hiebel-Barat Marie-Christine, Ecritures, pour une humanité partagée suivi de Itinéraires de formation par Jean Oury, Le Pli, 2003, ISBN: 2-914932-02-2

— Pascal Blaise, Scholar Richard éd., Entretien avec Sacy sur la philosophie. Extraits des Mémoires de Fontaine, Actes Sud, 2003, ISBN: 2-7427-4616-1

— Petit Annie dir., Auguste Comte, Trajectoires positivistes (1798-1998), Paris, L'Harmattan, 2003. Le positivisme, initié par l'oeuvre d'Auguste Comte, est vite devenu une référence dominante, et très vite aussi une étiquette largement distribuée, tant par ceux qui s'en sont declarés militants que par ceux qui veulent inspirer la suspicion, voire jeter l'anathème. Pourtant, bien qu'ils soient souvent évoqués, et peut-être même à cause de ces emplois fréquents et multiples, les positivismes, celui de Comte et ceux qu'on désigne comme tels, restent assez mal connus, et leur sont données des acceptions les plus diverses. – Notule de l’éditeur.

— Philonenko Alexis, Leçons plotiniennes, Les Belles Lettres, 2003. 2003, ISBN: 2-251-44238-3.

— Porret Michel, Beccaria. Le Droit de punir, Michalon, 2003, ISBN: 2-84186-191-0

— Puyuelo Rémy, Poli Adrienne, Babonneau Marc, Fenelon Jacques, Arnoux Dominique-J, Destins des identifications et cures psychanalytiques, IN PRESS, 2003, ISBN: 2-84835-025-3. La rencontre avec un psychanalyste est aussi celle de deux mouvements à l'œuvre chez le patient et l'analyste. Capacité pour l'un de mobiliser les charges de son destin et de jouer avec les identifications révélées dans cette situation si particulière; écoute du psychanalyste, fonction de sa capacité à jouer avec ses propres identifications, y compris aux pères fondateurs de la psychanalyse… C'est de la mobilité possible de l'un et de l'autre des termes de cette rencontre, dans la souplesse de ce nouage subtil et réciproque des identifications du patient et du psychanalyste que pourront se dégager de nouveaux aménagements. La diversité des pratique actuelles de la psychanalyse et les théorisations qui les soutiennent sont abordées dans ces textes. – Notule de l’éditeur.

— Rancière Jacques, Les scènes du peuple, éditions Horlieu. Peuple, ouvriers, prolétaires, autant de mots qu’on souhaiterait ne plus lire et qui se bousculent dans ces textes des Révoltes logiques, écrits entre 1975 et 1985. À l’opposé pourtant de toute célébration, ils entendaient brouiller les identifications qui supportaient les certitudes militantes, marxistes ou anti-marxistes. Tenir sur ces mots trop larges, c’était, d’abord tenir sur leur différence à soi, sur l’espace d'invention dissensuelle qu’offre cette différence. Faire résonner dans les débats du présent des histoires et figures d’un siècle passé, c’était récuser les fausses évidences de l’histoire linéaire. De telles exigences sont moins que jamais inactuelles. La restauration intellectuelle des années 80 a prétendu rendre sa dignité à la politique. En réalité elle a fait le contraire. Elle a accompagné l’effort des gouvernements de droite et de gauche pour faire évanouir les formes dissensuelles du conflit politique et discréditer sous le nom de «populisme» toute résistance à une nécessité économique posée comme inéluctable. La republication de ces textes voudrait contribuer à rouvrir l’espace qui rend à la contingence des révoltes et de leurs logiques les nécessités dont se nourrissent les dominations d’aujourd’hui comme celles d’hier. – Notule de l’éditeur.

— Rawls John, La justice comme équité, Éditions La Découverte, 2003, Collection «Textes à l’appui/Politique et société», 280 p. Dans cet ouvrage, qui trouve son origine dans un cours de philosophie politique et sociale professé à Harvard jusqu’en 1991, John Rawls offre la version définitive de la théorie de la justice comme équité. – Notule de l’éditeur.

Regard éthique: L'euthanasie - Volume I, aspects éthiques et humains (2003), 2003, ISBN: 92-871-5069-9 La revendication d'un droit a mourir dans la dignité devient de plus en plus pressante dans nos sociétés, mais l'euthanasie suscite bien des questions et des polémiques. Est-elle un crime ou un acte ultime de soins? Peut-on aider a mourir? Quel est le rôle des soins palliatifs? Sur quels critères se fonder pour prendre la décision de retirer ou de prolonger la vie? L'acte d'euthanasie est-il en contradiction avec la Convention européenne des Droits de l'Homme? Ce premier volume analyse les différents aspects éthiques et humains en présence dans le débat sur l'euthanasie. Un deuxième volume présentera différentes perspectives nationales ainsi que l'État de la réflexion au niveau paneuropéen. Disponible aux Éditions du Conseil de l'Europe - 67075 Strasbourg Cedex E-mail: publishing@coe.int – Notule de l’éditeur.

— Revue de métaphysique et de morale. 3 (2003), Mercantilisme et philosophie. PUF, 2003, ISBN: 2-13-053990-4.

— Revue française de science politique Volume 53 N° 5 Octobre 2003, Olivier Laurent, Lindemann Thomas, Grossman Emiliano, Deplaude Marc-Olivier, Presses de Sciences Po, 2003, ISBN: 2-7246-2959-0

— Revue philosophique. 3 (2003), Christian Wolff. PUF. 2003, ISBN: 2-13-053452-X. (Sommaire: Jean-François GOUBET: Psychologie et métaphysique. Autour de Christian Wolff; Wolf FEUERHAHN: Entre métaphysique, mathématique, optique et physiologie: la psychométrie au XVIIIe siècle; Faustino FABBIANELLI: Leibniz, Budde et Wolff. Trois modèles de théodicée; Jean-Paul PACCIONI: Wolff, l'expérience et la raison non pure; Thierry ARNAUD: Dans quelle mesure l'Ontologie est-elle fondamentale dans la Métaphysique allemande de Wolff ?; Jean-François GOUBET: Force et facultés de l'âme dans la Métaphysique allemande de Wolff; Olivier-Pierre RUDOLPH: Mémoire, réflexion et conscience chez Christian Wolff. – Notule de l’éditeur.

— Revue semestrielle n° 22 du MAUSS, Qu'est-ce que le religieux?, Éditions La Découverte, 2003, Collection «Recherches/MAUSS», 448 p. Une réflexion à plusieurs voix sur l’essence du fait religieux et sur ses rapports au politique.

— Rey Jean-Michel, Les promesses de l'œuvre. Artaud, Nietzsche, Simone Weil, Collection DDB/Philosophie. Le présent essai reprend les propos mis en place dans Le temps du crédit où l'auteur analysait l'irruption du crédit comme moteur des sociétés modernes. Les œuvres de Artaud, Nietzsche et Simone Weil sont ici considérées comme symptomatiques: toutes trois se construisent dans la communauté qu'elles cherchent à instituer par la confiance sans cesse requise de leurs lecteurs. Ces trois études ménagent des rapprochements avec d'autres auteurs: Bentham, Kierkegaard, Musil, Péguy ou Valéry qui, eux aussi, sont attentifs au statut fiduciaire de certains discours, par lesquels s'éclairent les enjeux de notre civilisation: à la fois ce qui la menace et ce sur quoi elle repose. Dans ces différentes configurations, l'œuvre en quête d'une communauté apparaît comme ce qui doit s'arracher, non sans violence, aux contraintes de ce crédit et à l'assujettissement qu'il représente. Ne reposant sur rien, elle a parfois la forme étrange d'une promesse singulière, s'adressant à un " nous " toujours problématique Jean-Michel Rey enseigne la philosophie et l'esthétique à l'Université Paris VIII. Il a publié depuis 1971 une dizaine de livres sur Nietzsche (L'enjeu des signes, Le Seuil, 1971), sur Freud (Parcours de Freud, Galilée, 1974), sur Kafka (Quelqu'un danse, Presses Universitaires de Lille, 1985), sur Péguy (Colère de Péguy, Hachette, 1987), sur Valéry (Paul Valéry: l'aventure d'une œuvre, Le Seuil, 1991)... et Le temps du crédit (Desclée de Brouwer, 2002). – Notule de l’éditeur.

— Rosanvallon Pierre, La démocratie inachevée. Histoire de la souveraineté du peuple en France, Gallimard, 2003, ISBN: 2-07-030162-1. Première édition: 2000; Collection Folio histoire (No 126). La démocratie représentative s'impose dans son principe en même temps qu'elle se fragilise dans son fonctionnement. Si la démocratie peut être banalement définie comme la mise en œuvre de la souveraineté du peuple, le contenu même de cette dernière semble en effet aujourd'hui se dissiper. Progression de la mondialisation économique, accélération de la construction européenne, croissance du rôle du droit, montée en puissance des instances de régulation non élues, rôle plus actif du Conseil constitutionnel: de multiples évolutions convergent pour ébranler les objets et les modes d'expression acquis de la volonté générale. Le but de cet ouvrage est d'éclairer ces questions présentes en les resituant dans une histoire longue et élargie du problème de la souveraineté du peuple. Car les interrogations sur le sens et les formes adéquates de cette souveraineté ne datent pas d'aujourd'hui. Si elle apparaît depuis plus de deux siècles comme l'incontournable principe organisateur de tout ordre politique moderne, l'impératif que traduit cette évidence fondatrice a toujours été aussi ardent qu'imprécis. À distance des démissions ou des simplifications contemporaines, Pierre Rosanvallon entend montrer que le projet d'une souveraineté plus active du peuple reste toujours pertinent et qu'il peut dorénavant être compris en des termes qui renforcent la liberté au lieu de la menacer. – Notule de l’éditeur.

— Rosenzweig Franz, Confluences. Politique, Histoire, Judaïsme, Vrin, 2003, ISBN: 2-7116-1651-7. Ce recueil de textes de Rosenzweig offre l'indispensable complément à Foi et savoir qui s'attachait essentiellement à la genèse de L'Étoile de la Rédemption (Vrin, 2001). Ici sont rassemblés à la fois des essais politiques et historiques qui sont des réflexions sur la guerre, sur le cours de l'histoire universelle et sur les moteurs de cette histoire, ainsi que deux autres ensembles de textes qui concernent plus directement la nouvelle conception de ce que Rosenzweig appelle «la vie juive». Ces textes témoignent donc d”un héritage «hégélien» que l'auteur entend assumer tout en lui faisant subir nombre de transformations, et, dans le même temps, d'un approfondissement de sa réflexion sur les rapports entre histoire et religion. D'une part, il tente de donner corps à une pensée originale qui refuse également l'orthodoxie, le «libéralisme», l'assimilation et le sionisme; d'autre part, il cherche à traduire dans la pratique cette pensée nouvelle, et c'est la fondation de la «libre Maison d'études» de Francfort qui concrétisera ses engagements. Dans la pensée juive du XXe siècle, outre l'aventure sioniste, cette tentative de refonder la vie et la pensée juives est sans équivalent. Contre la conception antiquaire de l'histoire développée par la «Science du Judaïsme», contre les sécularisations plus ou moins arbitraires opérées par le courant assimilationiste, Rosenzweig milite pour une forme nouvelle d'enseignement qui devrait instaurer un autre rapport à l'ensemble de la tradition, ainsi qu'une autre manière de vivre l'histoire. Introduction, traduction et notes par Gérard Bensussan (Professeur à l'Université Marc Bloch de Strasbourg), Marc Crépon (Directeur de recherche au CNRS) et Marc de Launay (Chargé de recherche au CNRS). – Notule de l’éditeur.

— Saada Anne, Inventer Diderot. Les constructions d'un auteur dans l'Allemagne des Lumières, CNRS, 2003, ISBN: 2-271-06188-1. L’auteur étudie la réception de l’œuvre de Diderot en Allemagne à travers les multiples traces de la librairie, de la critique savante et autre, de la bibliographie ancienne, des achats, etc. Son enquête porte sur deux volets: les œuvres imprimées de Diderot jusqu’aux premiers volumes de l’Encyclopédie; le théâtre de Diderot, reconnu à partir de 1770 grâce à l’évolution de la vie théâtrale en Allemagne. Cet ouvrage offre une comparaison intéressante des manières dont Diderot a été perçu en France et en Allemagne: à l’inverse des ouvrages ayant étudié l’influence de Diderot sur ses contemporains allemands, l’auteur explique comment Diderot a été «?constitué?» comme auteur par les Lumières allemandes.

— Salanskis Jean-Michel, Herméneutique et cognition, PU du Septentrion, 2003, ISBN: 2-85939-802-3. Le livre s'attache à comparer et confronter les sciences cognitives contemporaines avec la vision de l'esprit mise en avant par le courant herméneutique. A l'intérieur des sciences cognitives, on y évoque le computationnalisme, le morphodynamicisme et le constructivisme. Sur le plan philosophique, on y offre une synthèse sur la tradition herméneutique, et on fait recours aux idées de Michel Foucault pour traiter de la notion de représentation. – Notule de l’éditeur.

— Savoirs et clinique N° 3 Octobre 2003: Effroi, peur, angoisse. Clinique des violences contemporaines, Zizek Slavoj, Wajcman Gérard, Morel Geneviève, Kaltenbeck Franz, ERES, 2003, ISBN: 2-7492-0195-0

— Scholem Gershom, Le Prix d'Israël. Écrits politiques 1916-1974, Ce livre rassemble des textes politiques de Gershom Scholem, de 1916 à 1974, et permet de faire découvrir un pan entier de son œuvre, très fortement lié à son travail d’historien, mais souvent occulté. Le « sionisme paradoxal » de Gershom Scholem prend sa source dans ses recherches sur la mystique juive, et, en retour, cette recherche se fonde sur ses prises de positions sionistes. Dans ces textes déjà anciens, Scholem aborde la plupart des problèmes qui se posent aujourd’hui à la fois à la société israélienne, et à la fois aux communautés juives de la diaspora. Son analyse, extraordinairement lucide, permet de mieux comprendre la réalité d’une situation que la seule lecture événementielle ne fait qu’embrouiller. En 1967, au lendemain de la Guerre des Six jours, Scholem écrivait: « En Israël, nous ne doutons pas que les vertus de la paix seront plus fortes et, finalement, plus décisives que celles dont nous avons dû faire preuve dans ce combat qui nous a été imposé. Sans doute s’agit-il au fond des mêmes vertus, mais obéissant simplement à des configurations et des concentrations différentes. Israël a montré qu’il était prêt à se mobiliser pour sa cause; espérons qu’il nous sera accordé de nous mobiliser pour elle dans la paix plutôt que dans la guerre.» Gershom Scholem (1897-1982) est sans conteste le plus important historien du judaïsme du vingtième siècle. Il fut l’ami intime de Walter Benjamin, et l’éditeur de ses œuvres (avec Adorno). La plupart de ses ouvrages concernant la mystique juive ont été publiés en français.

— Segal Jérôme, Le Zéro et le Un - Histoire de la notion scientifique d'information, 2003, éditions Syllepse, 2003, ISBN:2-84797046-0.  Table des matières détaillée, avis de parution. «Le livre contient 904 pages dont 782 pages de texte, une préface d'Antoine Danchin (Directeur de l'Unité de Génétique des Génomes Bactériens à l'Institut Pasteur), 68 pages de bibliographie et autres sources, 12 pages de glossaire, 17 pages d'index et une table des matières détaillée» – Notule de l’éditeur.

— Stein Peter, Keller Alexis, Aboh D'auvergne Anne, Dunand Jean-Philippe, Le droit romain et l'Europe. Essai d'interprétation historique, Helbing & Lichtenhahn, 2003, ISBN: 3-7190-2095-9

— Steiner George, Les Logocrates, Éditions de l’Herne, 2003, ISBN: 2-85197-430-0

— Steiner George, Maîtres et disciples, avec Dauzat Pierre-Emmanuel, Gallimard, 2003, ISBN: 2-07-073054-9. Qu'est-ce qui habilite un homme ou une femme à «enseigner» à un autre être humain, où réside la source de l'autorité ? L'enseignement authentique est le dévoilement d'un Logos révélé, diront les uns: c'est le modèle du maître qui enseigne la Torah, explique le Coran ou commente le Nouveau Testament. Au contraire, argueront d'autres, l'enseignement passe par la seule vertu de l'exemple: Socrate et les saints enseignent en existant. L'enseignement est un rapport de force, une forme de violence, protesteront les troisièmes: le maître possède un pouvoir psychologique, social et physique dont Ionesco fait la satire dans La Leçon. C'est compter sans les refus d'enseigner, faute de destinataire jugé par le maître digne de son héritage. Les exemples abondent dans l'histoire de la tradition alchimique et kabbalistique, ou bien de la philosophie. Puis il y a les pertes, les disparitions par accident, voire les auto-illusions - Fermat avait-il résolu son propre théorème ? Que sont devenus les textes d'Aristote sur la comédie, les recettes de fabrication de certains pigments de Van Eyck, les manières de jouer des triples points d'orgue que Paganini refusait d'enseigner ? La seule réponse qui vaille n'est-elle pas la question de savoir s'il existe quelque chose à transmettre, sinon un premier éveil, une aurore de l'intelligence ? – Notule de l’éditeur.

— Stengers Isabelle, Cosmopolitiques, tome 1, Éditions La Découverte, 2003, Collection «La Découverte/Poches», 266 p. Isabelle Stengers revisite quelques grands moments de l’histoire des savoirs scientifiques, mais aussi quelques effets catastrophiques d’une présentation des sciences qui les oppose à l’opinion. Contre la façon dont les sciences dites «humaines et sociales» ont identifié raison et critique, Isabelle Stengers tente de répondre à la question cosmopolitique: comment les pratiques modernes, qui ont mis à jour les microbes et les électrons, les pratiques techniques, qui créent un autre ordre de savoirs, et les pratiques non modernes, qui échappent au savoir scientifique, pourraient coexister en paix? – Notule de l’éditeur.

— Stengers Isabelle, Cosmopolitiques, tome 2, Éditions La Découverte, 2003, Collection «La Découverte/Poches», 406 p. Isabelle Stengers revisite quelques grands moments de l’histoire des savoirs scientifiques, mais aussi quelques effets catastrophiques d’une présentation des sciences qui les oppose à l’opinion. Contre la façon dont les sciences dites «humaines et sociales» ont identifié raison et critique, Isabelle Stengers tente de répondre à la question cosmopolitique: comment les pratiques modernes, qui ont mis à jour les microbes et les électrons, les pratiques techniques, qui créent un autre ordre de savoirs, et les pratiques non modernes, qui échappent au savoir scientifique, pourraient coexister en paix. – Notule de l’éditeur.

— Strauss Leo, La persécution et l'art d'écrire, traduit et présenté par Olivier Sedeyn, «Un homme dont la pensée est indépendante peut exprimer publiquement ses opinions sans dommage, pourvu qu’il agisse avec prudence. Il peut même les faire imprimer sans courir aucun danger, pourvu qu’il soit capable d’écrire entre les lignes.» L’écriture entre les lignes est le sujet de cet ouvrage, sans nul doute le plus célèbre de Leo Strauss, qui traite de manière magistrale des relations entre la philosophie et la politique à travers l’analyse de deux classiques de la pensée juive: le Guide des Égarés de Moïse Maïmonide et le Kuzari de Yéhuda Halévi, et du Traité théologico-politique de Baruch Spinoza. Si les circonstances de ces textes de Strauss, écrits entre 1941 et 1948, ont bien évidemment changé, les conditions d’une «pensée véritablement indépendante» ne semblent pas s’être améliorées. C’est pourquoi la méthode de lecture proposée ici par Strauss se révèle un outil de première nécessité pour une meilleure «éducation», et s’avère d’autant plus essentielle qu’elle permet de mieux comprendre l’œuvre de l’un des penseurs les plus pertinents du vingtième siècle, que l’on a associé un peu hâtivement à certains courants de la pensée moderne, sans tenir forcément compte de son propre «art d’écrire». Longtemps méconnue du public francophone, l’œuvre de Leo Strauss (1899-1973) exerce depuis quelques années une influence sans précédent en Europe et outre Atlantique. Trois de ses ouvrages ont paru aux Éditions de l’éclat: Le discours socratique de Xénophon, Le Socrate de Xénophon (1991) et Socrate et Aristophane (1993). 

— Tarot Camille, De Durkheim à Mauss, l’invention du symbolique, Éditions La Découverte, 2003, Collection «Recherches/MAUSS», 720 p. C'est l'histoire passionnante de cette invention du concept de symbolique que nous livre le présent ouvrage, dans un style à la fois limpide et époustouflant. Au-delà d'une reconstitution sans précédent de la pensée des deux plus grands représentants de l'École, Durkheim et Mauss, elle nous offre, en prime, une histoire de l'ethnologie, des sciences du langage et des sciences de la religion jusqu'au premier tiers du XXe siècle. Un livre capital pour la compréhension de l'histoire des idées. – Notule de l’éditeur.

— Terssac Gilbert de dir., La théorie de la régulation sociale de Jean-Daniel Reynaud, Éditions La Découverte, 2003, Collection «Recherches», 448 p. Le bilan en forme de débat des apports de la «théorie de la régulation sociale», élaborée par le grand sociologue Jean-Daniel Reynaud.

Trafic, POL, n° 48

— Vaysse Jean-Marie (éd), Vie, monde, individuation, Hildesheim, 2003, Olms, 224p. 2003, ISBN 3-487-11948-X, (contributions de A.Jaulin, X.Verley, E.Martin-Haag, C.Guibet-Lafaye, L.Mérigonde, JF. Kervégan, F.Fischbach, C.Bouton, B.Bégout, P.Kersberg, L.Boi, G.Le Blanc,JM. Vaysse, P.Montebello, JC. Goddard). Il s'agit du colloque organisé par J.-M. Vaysse à Toulouse en novembre 2002. Nous présentons en ce recueil les actes d’un colloque organisé à l’Université de Toulouse II (France) à l’initiative du Département de Philosophie et de son équipe de recherche dirigée par Jean-Marie Vaysse, dont le champ thématique de recherche est les philosophies de la vie de Descartes à nos jours. Il s’est agit d’examiner le sens de la connexion des notions de vie, de monde et d’individuation en partant du problème aristotélicien des individus et du principium individuationis pour traverser les principaux temps forts de l’histoire de la philosophie. Si pour Aristote la question de l’individu appelle une théorie de l’information et de la complétude, pour la philosophe moderne il s’agit, d’abord avec Leibniz, de penser la substance comme sujet individuel. Si avec l’idéalisme allemand la question devient celle de la vie dans son lien étroit avec la volonté, il appartient à la phénoménologie de penser la vie dans sa relation au monde, en tant qu’elle résiste tant au vitalisme qu’à un savoir objectivant. La question de l’individuation resurgit comme celle du phénomène du monde et d’une individuation asubjective (Heidegger, Deleuze). En effet, dès que la finitude devient principium individuationis, le sujet ne permet plus de la penser et une théorie de l’individuation asubjective requiert alors une pensée de l’univocité ontologique. TABLE DES MATIERES. Présentation par J.-M. Vaysse. 1. Individu, individuation, histoire. Annick JAULIN (Université de Paris I) Les individus chez Aristote. Xavier VERLEY (Université de Toulouse II) Leibniz et le problème de l’individuation. Eliane MARTIN-HAAG (Université de Toulouse II) Vie et histoire chez Condillac. 2. Vie, esprit, volonté. Caroline GUIBET-LAFAYE (Université de Toulouse II) Vie de la conscience et vie de l’esprit chez Hegel. Laurent MÉRIGONDE (Université de Toulouse II) Hegel et les individualités naturelles. Jean-François KERVÉGAN (Université de Paris I) Constitution de l’individualité et institutions. Le problème de «l’esprit objectif». Franck FISCHBACH (Université de Toulouse II) Vie et substance selon Schelling et Hegel, lecteurs d’Aristote. Christophe BOUTON (Université de Bordeaux III) Vie, temps et individuation chez Schopenhauer. 3. Vie, monde, phénomènes. Bruce BEGOUT (Université d’Amiens) Le phénomène de la vie. Trois approches possibles d’une phénoménologie de la vie. Pierre KERSZBERG (Université de Toulouse II) La résistance de la science au monde de la vie. Luciano BOÏ (EHESS, Paris) Les formes vivantes: de la topologie à la philosophie. Guillaume LE BLANC (Université de Bordeaux III) La vie et la sensibilité. Eléments d’une histoire. 4. Monde et individuation Jean-Marie VAYSSE (Université de Toulouse II) Vie et monde chez Heidegger. Pierre MONTEBELLO (Université de Toulouse II) La question de l’individuation chez Deleuze et Simondon. Jean-Christophe GODDARD (Université de Poitiers) Vie impersonnelle et individuation tragique. Deleuze, Nietzsche, Hölderlin. – Notule de l’éditeur.

— Vila Juan, Valero Vicente, Expérience et pauvreté. Walter Benjamin à Ibiza (1932-1933), Editions du Rouergue, 2003, ISBN: 2-84156-519-X

— Waszek Norbert, L’Écosse des Lumières: Hume, Smith, Ferguson, PUF, coll. Philosophies, 2003. Considérant les grands succès de ses compatriotes en histoire, David Hume dit une fois, en 1770, qu’il tenait l’Écosse pour «la nation historique par excellence». À l’époque, Hume, William Robertson et Adam Ferguson étaient en effet des historiens de renommée internationale et, par-delà les différences entre les individus (de Hume, en passant par Adam Smith, jusqu’à John Millar), il y eut sans aucun doute, dans leur façon de considérer et d’interpréter l’histoire, des traits communs. L’intérêt pour l’histoire fut si marqué dans le mouvement écossais des Lumières en général que, longtemps, l’une de ses dénominations les plus répandues fut celle d’ «École historique écossaise». Au centre de leur conception de l’histoire se trouve une idée spécifique du progrès. Cette idée doit certes beaucoup à une analogie courante entre le développement individuel et la progression de l’espèce. Mais chez les Écossais, le progrès incontestable de l’espèce humaine n’est lui-même pas le produit linéaire d’un plan rationnel. C’est plutôt un processus spontané, si ce n’est même un résultat qui n’a pas été voulu, et qui est né du recoupement et des conflits entre des buts individuels brisés de multiples manières ­ c’est un résultat sur lequel «bute» une humanité «invariablement aveugle au futur». La conception du progrès des Écossais est apte à en saisir toutes les conséquences négatives. La question de savoir s’il y a déjà, chez eux, une «ruse de la raison», peut donc être posée: elle est aussi essentielle pour comprendre la réception des Écossais chez Lessing et Kant, Hegel et Marx. – Notule de l’éditeur.