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Sommaires des n° 23, 24, 25
Sur le site de la revue: sommaire des n° 25, n° 26/27
 



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AU SOMMAIRE

Elements pour une critique de la contestation
FRANCK POUPEAU
     Parce qu'ils ont pour effet de rendre le mouvement social dependant de l'opinion publique, les discours triomphalistes constituent un obstacle a toute critique interne de la contestation. Ce qui est en jeu alors reside moins dans les moyens d'action directe utilises que dans les consequences eventuelles sur le debat public et sur l'image du mouvement dans les medias. En outre, cette critique se heurte a la tendance a l'institutionnalisation des organisations, qui reproduit, dans le champ militant, la coupure entre les profanes et les professionnels de la politique.

Licenciement, reclassement, declassement
FANNY DOUMAYROU
     Dans l'avalanche de degraissages et de fermetures d'usines qui marque l'actualite sociale, on voit emerger un large consensus des politiques et des dirigeants d'entreprises pour presenter le "reclassement" comme solution miracle au probleme des licenciements. On explique aux salaries menaces de perdre leur emploi : "La logique economique est implacable, vos
licenciements, ineluctables, votre resistance, inutile. Votre avenir n'est pas si sombre, puisque l'on s'engage a vous reclasser. Mieux vaut vous resigner" Mais la puissance financiere des grands groupes ne regle que la paix sociale, pas l'avenir professionnel des salaries licencies.

Liberalisme & nouveau mode de contrôle des salaries dans l'entreprise
JEAN-PHILIPPE MELCHIOR
     Renault-Le Mans peut etre presente comme un type ideal en matiere de conditions de travail et de relations entre la direction et les salaries dans ce secteur industriel. Au nom de la productivite et de la "qualite", la direction cherche a supprimer toute forme de resistance et a ecarter tous ceux qui ne s'inscrivent pas pleinement dans la poursuite de ces objectifs. Les moyens mis en oeuvre pour eradiquer les obstacles a ce management ramenent les relations sociales a ce qu'elles etaient avant
l'emergence du syndicalisme, quand chaque salarie, prive de toute possibilite de reaction collective, ne pouvait lutter contre l'exploitation sans subir personnellement la repression patronale.
 

"Refondation sociale" & pacification syndicale. Les fonctions de la notion
de 'societe civile'"
PAUL LAGNEAU-YMONET
     L'entreprise de "refondation sociale" menee par le patronat francais depuis 1999 s'appuie sur la redefinition de termes politiques propres a promouvoir certains rapports sociaux et a disqualifier toute tentative de contester aussi bien la legitimite que les effets des politiques economiques neoliberales. La mobilisation de la notion de "societe civile", qui appartient a des traditions politiques tres diverses, constitue un exemple privilegie de ce travail d'imposition d'une vision du monde social
conforme aux interets des decideurs economiques, sous l'impulsion conjointe du MEDEF et de la CFDT.

Quel corporatisme ? Notes sur la disqualification des mouvements syndicaux
PIERRE CONTESENNE
     L'actualite sociale genere regulierement des neologismes, inventes par des personnalites politiques ou des journalistes pour designer des faits ou des acteurs sociaux afin de les disqualifier. La disqualification du "corporatisme", terme detourne de sa veritable signification au profit d'une vision liberale du monde social, constitue un lieu commun par lequel la pensee dominante entreprend la deligitimation des forces collectives de contestation.

Chronique des luttes. Premier volet. Un metier dans les luttes
Entretien avec Jacques Toublet Propos presentes par Franck Poupeau
     Cette serie d'entretiens realises avec des militants veut tout a la fois restituer la memoire des luttes et comprendre comment se constitue le capital militant, ce melange d'autorite et de savoir-faire qui s'investit dans les activites revendicatives. Ces "chroniques des luttes" seront consacrees a des formes minoritaires d'engagement qui caracterisent des militants, responsables ou anonymes, pour lesquels les luttes ne constituent pas une voie detournee de promotion - sociale ou politique - mais l'accomplissement d'une resistance enracinee dans le "refus de parvenir".

Perspectives militantes
   Les multiples visages de la revolte globale & la face assassine de Big
Brother
   SERGE QUADRUPPANI
   Un air de carnaval & de revolution
   JOHN JORDAN & JENNIFER WHITNEY
   Critique des "Mc Protests"
   NAOMI KLEIN
   De nouvelles cibles
   MICHAEL ALBERT

La guerre de l'eau (Bolivie, 1999-2001)
FRANCK POUPEAU
     Il arrive que les mouvements de contestation les plus implantes dans une population restent les plus ignores des medias et des reseaux militants. C'est le cas de la "guerra del agua", qui a eu lieu a Cochabamba de janvier a septembre 2000. Moins romantique et mediatisee que les guerillas centramericaines, elle incarne pourtant une forme de contestation dont pourraient s'inspirer bien des mouvements de resistance au liberalisme : elle est, a ce jour, la seule lutte qui ait fait reculer, sur le terrain,
les forces neoliberales ; et elle s'est accompagnee de pratiques radicalement democratiques dans la mise en place d'une gestion participative de l'eau.

La recuperation de la contestation par les medias
SERGE HALIMI & PIERRE RIMBERT
     Les groupes contestataires (partis, associations, collectifs ou syndicats) agissent le plus souvent comme si leur rapport aux medias allait de soi : ils pensent se servir des grands moyens de communication sans s'y asservir. Le danger que les "medias dominants", c'est-a-dire les "faiseurs d'opinion",  font peser sur les mouvements contestataires est analyse au travers de l'exemple de ce que les journalistes appellent le "mouvement anti-mondialisation", et plus precisement de l'association ATTAC.

L'espace public comme construction journalistique. Les auteurs de
"tribunes" dans la presse ecrite
LOUIS PINTO
     Parmi les transformations recentes qui ont contribue a modifier la physionomie de la presse, que ce soit dans son contenu, son style ou encore ses fonctions, une des plus remarquables est l'essor de la "tribune". Intermediaire entre courrier des lecteurs, articles d'information elabores par les journalistes de metier et ecrits d'expert, ce genre est cense favoriser des traits qui manquent habituellement a la simple relation des faits. Son statut d'exception est propre a rassurer les journalistes : ils
sont justifies de ce qu'ils sont et ne sont pas, justifies de ne pas appartenir a un groupe dont les deficiences sont attestees par celui qui, par ses defis de "geneur", est capable de "deranger" les doctes et les doctrinaires.

Marcel Mauss, le don & la revolution
FRANCOIS ATHANE
     L'amnesie des conditions sociales de production du discours scientifique, qui accompagne souvent la citation des auteurs consacres, a pour effet d'evacuer le contenu politique de leurs textes. Elle contribue ainsi a entretenir la separation entre preoccupations politiques et recherches en sciences sociales, alimentant aussi bien l'anti-intellectualisme de l'action militante que le mepris pratique de la reflexion savante. De sorte que les engagements politiques de Durkheim, de Weber ou de Mauss ne sont souvent evoques que sur un mode allusif sans etre investis dans l'analyse des textes.

La sociologie dans les luttes. De la situation coloniale a l'imperialisme
neoliberal, FRANCK POUPEAU & THIERRY DISCEPOLO
     Les textes "politiques" ou "critiques" de Pierre Bourdieu retenus ici tiennent avant tout de la mise en situation : invitation a la lecture d'une oeuvre souvent neutralisee et rendue inaccessible par ses conditions academiques de reception ; rassemblement d'analyses, d'entretiens et de textes de circonstance, ecrits souvent mineurs qui se retrouvent parfois dans les livres sous une forme plus elaboree, plus "savante". Il s'agit de montrer, a travers les etapes de l'itineraire du sociologue, replace dans son contexte historique, une articulation certaine entre recherche scientifique et intervention politique.

PIERRE BOURDIEU - "Les sous-proletaires algeriens" - "Sartre, l'invention de l'intellectuel total" - "Incorrigiblement optimiste"

De la societe ouverte a la societe concrete
JACQUES BOUVERESSE
     Le chemin qui mene du dieu ou de la bete Etat a l'Etat humain, s'il y en a un, passe necessairement par la notion de pouvoir local. Il faut naturellement se garder de transformer a nouveau cette idee en un fetiche  et admettre qu'elle devra, comme n'importe quelle autre, faire ses preuves. Mais il est indispensable de lui donner la possibilite et les moyens reels de les faire. "Les idees montrent en fin de compte a l'avenir non pas le chemin, mais seulement la direction ; elles sont des filets qui sont jetes sur le futur pour attraper quelque chose et qui sont toujours en partie et jamais entierement dechires par lui."

Questions aux "defenseurs des droits de l'homme"
JEAN BRICMONT
     Les evenements du 11 septembre 2001 sont suffisamment graves pour qu'ils nous conduisent a nous poser des questions de fond. Ainsi le tournant pris vers la fin des annees 1970 par la plupart des mouvements de gauche ; tournant qui a consiste a remplacer la lutte pour des objectifs socio-politiques tels que le socialisme (entendu sous une forme ou une autre) par celle en faveur des droits de l'homme et de la democratie. Ce tournant a amene, in fine, beaucoup d'intellectuels et d'organisations de gauche a soutenir ou a s'opposer tres mollement a la guerre de l'OTAN contre la Yougoslavie.

Les "secrets" de Wittgenstein. Notes sur quelques "revelations" faites au grand public francais en commemoration du 50e anniversaire de sa mort
THIERRY DISCEPOLO
     Au milieu du tourbillon editorial qui entoura l'an dernier le cinquantenaire de la mort du philosophe Ludwig Wittgenstein paraissait un tout petit livre au titre accrocheur : Carnets secrets. De quels "secrets" ces cahiers sont-ils donc tisses ? De quels propos sont-ils remplis ? de quelles reflexions heterodoxes ? Quels rapports ce journal entretient-il avec l'oeuvre du philosophe ? L'introduction ne nous en dit pas grand choseŠ Le present texte et le suivant ont pour objet de repondre a ces
questions.

Le courage d'etre. Introduction aux "Carnets secrets 1914-1916" de Ludwig
Wittgenstein
ALDO G. GARGANI
(Traduit de l'italien par Patricia Farazzi)
     On nous a appris a nous representer l'auteur d'une oeuvre philosophique en le separant de sa biographie. Au milieu, entre les deux moities dont est artificiellement composee cette meme personne, surgirait l'oeuvre theorique, comme une structure autonome et independante. Pourtant les Carnets secrets de Wittgenstein font voler en eclats cette image fictive dont nous avons longtemps ete prisonniers.

Le refus de parvenir. Cette fusion entre l'idee de civilisation & l'idee de
revolution
MARCEL MARTINET

John Dewey, homme d'action
ALFRED ROSMERT
("Resister aux sirenes du mensonge d'Etat", avant-propos de Charles Jacquier)

Leon Blum, les grandes illusions,
BORIS SOUVARINE
("En desespoir de cause", avant-propos de Charles Jacquier)

http://atheles.org/agone
Prix : 22 euros
ISBN : 2-910846-58-X
 

Sommaire.


AGONE Philosophie , Critique & Littérature numéro 25, 2001

Dans notre précipitation à lier médecine et génétique, nous perdons de vue les autres possibilités d'améliorer la santé publique : approche sociale de la santé, analyse des causes de décès, etc. Les différences de structure sociale, les habitudes de vie et l'environnement comptent pour beaucoup plus dans les maladies que les différences génétiques. Voilà le genre d'information qu'il est nécessaire de faire partager le plus largement pour résister à l'assaut du « tout génétique ».

La génétique va révolutionner la médecine, nous dit-on, et il faut se préparer à cette perspective inéluctable au bénéfice de tout un chacun. Ne doit-on pas plutôt se demander s'il est fondé de vouloir imposer une telle médecine quand il n'y a pas de gènes majeurs dans les maladies communes et que nombre de tests seront inutiles et mal interprétés. Alors que les marchands de tests poussent les feux pour s'imposer, des données de plus en plus nombreuses montrent que, très souvent, les facteurs génétiques jouent un tout petit rôle.

Laurent Dianoux
 

7. Lettre d’un lecteur d’aujourd’hui à l’éditeur de la Fackel, Jacques Bouveresse
Il subsiste bien, encore aujourd’hui, quelques esprits chagrins et attardés, en particulier des sociologues, des critiques sociaux et culturels, des moralistes et même des philosophes apparemment sérieux, qui partagent assez largement, souvent sans le savoir, votre point de vue sur le monde actuel. Mais chacun sait que le journalisme ne possède en aucune façon le genre d’unité, d’homogénéité, de docilité, de conformisme et encore moins de perversité que les théories qui restent, comme la vôtre, inspirées par la vieille idée de la conspiration ont tendance à lui attribuer.

21. La nouvelle censure, Serge Halimi
Quand les manipulations de l’information sont habituelles, quand des fabricants d’armes diffusent la morale du jour, quand l’espace public, déjà endeuillé par les privatisations, est envahi par le fracas publicitaire et boursier, quand de « grands » journalistes ne rêvent que de faire équipe avec les maîtres de la planète – lesquels sont aussi les maîtres des médias –, et quand tout cela se fait au nom de la liberté, comment ne pas partager un instant le sentiment de Karl Kraus qu’appliquée à la
presse la « liberté » vaut à peine mieux que la censure ?

25. Invitation à la trahison. Avant-propos à Les Chiens ont soif. Critiques & propositions libertaires suspendues à l’air du temps Normand Baillargeon
Aux intellectuels sont consentis des loisirs et des privilèges si considérables qu’ils leur permettraient, s’ils le voulaient, de contribuer à ce que soit connue la vérité sur certaines questions d’une grande importance. On devrait donc attendre des intellectuels qu’ils rendent compte de ce qu’ils ont compris de notre société et qu’ils le fassent entendre aux prin-cipaux concernés en s’exprimant de manière à être entendu. Je soutiens que c’est trop souvent le contraire qui se produit. Les intellectuels servent plus volontiers les pouvoirs qui oppressent qu’ils ne les énoncent et, loin de la combattre, ils contribuent à la propagande des maîtres. Pire encore, il arrive qu’ils soient les premiers destructeurs des outils de libération auxquels ils ont un accès privilégié : les faits, la raison, la vérité, la clarté, l’éducation, etc.

39. Lettre ouvertes à mes collègues bibliothécaires vautrés dans la médiologie, Nicolas Morin
Régis Debray relève, dans l’évolution de nos outils, la victoire du petit sur le grand, qu’il résume d’une formule, « less is more ». Il attribue cette formule aux architectes Mies van der Rohe et Adolf Loos. Évidement, je ne suis pas architecte, mais il me semble que ces derniers seraient fort surpris d’apprendre qu’ils avaient voulu dire par là que le petit doit primer sur le grand. Car il s’agissait plutôt d’un principe tant d’économie esthétique que d’honnêteté intellectuelle : « less decoration, more functionality », moins de fioritures de style, plus d’efficacité, c’est-à-dire exactement l’inverse de ce que pratique Régis Debray.

51. Effets pervers des politiques d’aide humanitaire, Arnaud Quemin
L’aide humanitaire permet aux États qui la financent de répondre aux attentes de leurs opinions publiques, de fournir des raisons de participer à des situations éloignées de leurs zones immédiates d’influence, d’assurer leur emprise sur le déroulement d’événements ne relevant pas de leur pouvoir et de donner un fond de moralité à des actions qui en ont be-soin. Si, pour une raison ou une autre, une crise humanitaire ne peut ré-pondre à au moins l’une de ces quatre finalités, elle a toutes les chances de ne bénéficier que d’un financement marginal et inférieur à ses besoins réels et de s’ajouter à la liste des « crises oubliées de l’humanitaire ».

67. L’ethnologue organique de la migration algérienne, Pierre Bourdieu & Loïc Wacquant
En tant qu’ethnologue organique de la migration algérienne, observa-teur- témoin du drame silencieux de l’exode massif des paysans berbères de Kabylie vers les bas-fonds industriels de leur ancien maître colonial, Abdelmalek Sayad nous offre la figure exemplaire du sociologue en « écrivain public » qui enregistre et diffuse la parole de ceux qui en sont le plus cruellement dépossédés par le poids écrasant de la subordination impérialiste et de la domination de classe, sans jamais s’instituer en porte-parole, sans jamais s’autoriser de la parole donnée pour donner des leçons, si ce n’est des leçons d’intégrité ethnologique, de rigueur scientifique et de courage civique.

79. Sciences du vivant & marché : du cognitif aux applications
Le cas de la génétique humaine, Laurent Dianoux (Précédé de la Charte de l’association Génétique et Liberté) La biologie a connu de grands bouleversements ces vingt-cinq dernières années grâce au développement des nouveaux outils de la biologie mo-léculaire et du génie génétique. Elle est devenue un phénomène scientifico-industriel de première importance car ses répercussions concernent aussi bien la recherche de base que ses applications, l’impact sur la so-ciété, les conséquences pour les individus, la conception des régulations sociales. Ce développement s’accompagne toutefois de la présentation de progrès, réels ou supposés, qui sont tout simplement des manipula-tions médiatico-scientifiques.

103. Santé publique, environnement & aliments transgéniques.
Extrait de La Guerre au vivant (J.-P. Berlan, dir.), Michael Hansen (Précédé de la Charte d’adhésion du Collectif Alerte Santé)
Pour les biotechniciens, le vivant apparaît comme un mécano fascinant qu’ils peuvent bricoler à loisir. Pour les « investisseurs », l’enjeu est celui du retour sur investissement. La conjonction des deux ne justifie pas de foncer dans l’agriculture transgénique car notre connaissances des conséquences est bien limitée, pour ne pas dire inexistante. La brève revue des nuisances potentielles que révèlent les travaux scientifiques ré-cents montre que la plus grande prudence est d’autant plus de mise que les bénéfices seront, de toute évidence, bien mal partagés. Dans l’état ac-tuel de l’incertide scientifique, l’alimentation transgénique ne répond qu’à l’urgence du retour sur investissement de quelques transnationales.

123. La panique aux commandes.Tout ce que vous devez savoir de la mondilisation économique (extrait), Robin Hahnel Traduit de l’anglais par Mickey Gaboriaud
Parmi les systèmes économiques, le capitalisme fait figure de patient maniaco-dépressif. L’exubérance, l’optimisme débridé et l’euphorie – suivis par la mélancolie, l’apathie et la dépression – sont ses états naturels. Quel que soit le nombre de fois où le cycle se répète, le patient croit à chaque fois que le dernier « boom » sera éternel et se retrouve comme un imbécile lorsque la bulle éclate. De la même façon, quel que soit le nombre de fois où le patient rechute, le « centre psychiatrique » écono-mique finit toujours par céder à ses supplications et le laisse suspendre la thérapie pendant les moments d’euphorie, libérant son économie exubé-rante pour finalement s’apercevoir, une fois de plus, que le patient doit recommencer à prendre ses cachets lorsqu’il s’effondre faute de soins.

131. À but non lucratif. Cent ans de liberté d’association,
PIERRE WALDECK-ROUSSEAU, Chambre des députés, 11 février 1882
ARTHUR GROUSSIER, Chambre des députés, 4 février 1901
CHARLES GRAS, Chambre des députés, 28 février 1901
Société civile & libéralismes, Jérôme Pellissier
Aux actes… Françoise Vanni
Une vie de militante, Claudette Rosell
L’État à double figure, « animateur » côté nation, où il se désiste de son ancien rôle de régulateur économique au « profit » des associations, reste, côté monde, « stratège » et « pilote ». Conscient que s’y décident les grandes orientations des prochaines décennies, il souhaite rester maître d’une souveraineté qui pourtant, même là, lui échappe de plus en plus nettement. Dans cette situation, l’État « animateur » serait simple-ment conduit, à l’intérieur des cadres nationaux, à convaincre du bien-fondé des décisions supranationales, à accomplir quelques fonctions administratives et redistributives minimales, à « accompagner » les ani-mations associatives, ainsi qu’à maintenir la paix sociale et à assurer l’ordre et la justice. Dans cette situation néanmoins, l’État, d’« a n i m a-t
e u r », risque de devenir rapidement « pénal ».

HISTOIRE RADICALE
149. Signification historique de la barbarie stalinienne, Maximilien Rubel.
Avant-propos de Bruno David, « Pour penser contre un présent d’oppression »
161 . Âmes mortes au XXe siècle. Le parti socialiste-communiste unifié & le sort de Zensl Müsham, Margarete Buber-Neumann. Avant-propos de Charles Jacquier, « Errance mortelle des militants anti-fascistes en U R S S »
171 . Marinus Van der Lubbe ou Le mythe dans l’histoire, Paul Barton.
Avant-propos de Charles Jacquier, « Pour maintenir vivante une perspective libératrice »
 



AGONE Philosophie , Critique & Littérature numéro 24, 2000
192 pages / format 15 x 21 cm / ISBN 2-910846-41-5

NÉCROTECHNOLOGIES dites sciences de la vie ou biotechnologies
L’économie politique du profit impose à la biologie appliquée à l’agriculture de dépouiller les plantes et les animaux de la faculté la plus fondamentale des êtres vivants, se re-produire et se multiplier. Elle lui impose de faire un vivant en quelque sorte stérile — c’est-à-dire mort. Les transnationales des " sciences de la vie " sont toutes des entreprises agrochimiques. Elles produisent des pesticides, des fongicides, des bactéricides, des herbicides, des gamétocides. Leur culture " biologique " est en réalité une culture mortifère.
 Jean-Pierre Berlan
 

 7. Quand la gauche essayait, Serge Halimi
 La tentation récurrente des socialistes de dénier une capitulation que chacun observe suggère que l’idéal capitaliste, le repli individualiste, la privatisation des entreprises et des têtes demeurent en France moins assurés qu’ailleurs – novembre-décembre 1995, ce n’est pas si loin. […] Et puisque « nous voici condamnés à vivre dans le monde où nous vivons » , pourquoi ne pas dorénavant se satisfaire de soulager çà ou là quelques petites misères grâce à l’admirable dévouement d’une poignée de bénévoles et à la bonté médiatisée d’un quarteron de mécènes ? Sans jamais plus céder à l’antique « tentation totalitaire » : extirper les racines de l’injustice.

 17. La prison comme substitut du ghetto : la nouvelle « institution particulière » de l’Amérique Loïc Wacquant
 L’originalité du système carcéral américain actuel tient à ceci que, à la différence de l’ esclavage, du système de Jim Crow et du ghetto du milieu de siècle, il ne remplit aucune fonction économique positive de recrutement et de discipline de la main-d’oeuvre : il ne sert qu’à entreposer les fractions précarisées et déprolétarisées de la classe ouvrière noire, soit qu’elles ne trouvent pas de travail en raison d’un déficit de qualification (causé par la banqueroute du système scolaire public), de la discrimination à l’embauche et de la concurrence des immigrés, soit qu’elles refusent de se soumettre à l’indignité des emplois sous-qualifiés et sous-payés des secteurs périphériques de l’économie de services – que les habitants du ghetto qualifient d’ailleurs communément de « boulots d’esclaves » (slave jobs).

 35. Le capitalisme comme panacée & la droite extrême comme anxiolytique. Petite analyse des relations entre racisme & capita-lisme en Europe germanophone Lothar Baier
 Traduit de l’allemand par Henri Christophe
 Le capitalisme serait une force par essence anti-autoritaire démontant le « principe du chef »… Afin d’étayer cette thèse sidérante, on nous assène une étrange leçon d’histoire qui en dit long sur la carence d’explication des néo-libéraux lorsqu’ils se trouvent face à certaines réalités historiques. Les dictatures se sont répandues « exclusivement dans des pays pré-modernes » ; elles n’ont jamais eu la moindre chance aux États-Unis ou en Angleterre. Allemagne, Espagne, Portugal et Italie n’auraient pas résisté aux dictatures car ils « n’étaient pas encore assez modernes, c’est-à-dire pas encore parfaitement formés au capitalisme ». L’Allemagne des années 1920, un pays « pré-moderne » ? !… Et la France pétainiste ?

 43. Liaisons dangereuses entre institutions & milieux d’affaires européens.
Avant-propos Susan George

 47. L’Europe des grandes firmes Observatoire de l’Europe industrielle Traduit de l’anglais par Mickey Gaboriaud
 Les multinationales, qui agissent aussi bien individuellement qu’au sein de divers lobbies, sont devenues d’importants partenaires politiques dans le processus de prise de décision de l’Union européenne. Au cours des quinze dernières années, avec la réalisation du Marché unique, l’adoption de la monnaie unique et l’accroissement du pouvoir de ses institutions, l’unification européenne est passée à la vitesse supérieure. Ce processus s’est accéléré sous la pression des lobbies représentant les plus importantes entreprises européennes. Voici un aperçu général de quelques-unes des firmes les plus influentes à Bruxelles et une analyse de certaines des situations dans lesquelles la politique européenne a été (dé)formée par les manoeuvres industrielles.

 67. Quels nouveaux objectifs pour l’Union européenne ? Jean-Philippe Melchior
 Alors que la destruction des régulations nationales jugées nuisibles à l’unification du continent est bien avancée, il s’agit de savoir si l’Union va poursuivre son évolution, à l’aune d’un renoncement durable du politique, pour le seul profit des grandes multinationales européennes ou si, au contraire, va émerger une volonté commune pour construire de nouvelles régulations valables cette fois au niveau européen. Jusqu’à présent, le décalage entre le niveau élevé d’intégration économique atteint par l’Union européenne et l’édification politique et sociale de celle-ci est resté très important. Le maintien de ce décalage paraît difficilement envisageable à l’heure de l’élargissement de l’Union à l’Est et au Sud européens.

 87. Petite histoire & brûlante actualité de l’austro-fascisme. Préface d’Hanna & Karl. Monologues autrichiens de Franz Innerhofer, Carl Merz & Helmut Qualtinger Lothar Baier
 Il semble que l’heure soit au dialogue, après des siècles de conflit et de séparation, entre science et foi, ou science et théologie. Le « positivisme » n’est plus de mise en philosophie, la science, postquantique et postgödelienne, s’est faite modeste ; les théologiens se sont mis à l’écoute de la science, qu’ils ont renoncée à contredire ou à régenter. Tout ne va-t-il pas pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Non. Je vais plaider une thèse qui va à l’encontre de cette tendance et montrer que, si elles sont bien comprises, la démarche scientifique et la démarche religieuse sont en fait inconciliables.

 101. La guerre au vivant (suivi des déclarations de René Riesel & des Chercheurs dans la nuit sur la culture des OGM) Jean-Pierre Berlan
 La biologie moderne et ses biotechnologies relèvent plus de la spéculation financière caractéristique de notre époque que d’une science qui a perdu jusqu’au souvenir qu’elle avait pu se ranger sous la bannière de la vérité, de la liberté, de l’objectivité, du désintéressement et de l’émancipation. Depuis que la première « chimère » génétique ouvrit en 1973 la boîte de Pandore de l’instrumentalisation du vivant, cette biologie-là s’attache à capitaliser les profits futurs. Le profit étant dans les gènes, la vérité scientifique s’y trouve aussi. Notre livre s’efforcera de répondre aux préoccupations du mouvement de résistance aux mystifications techno-scientifiques de la biologie marchande.

 115. La modestie, la rigueur & l’ironie. Remarques à propos de Prodiges et vertiges de l’analogie, de Jacques Bouveresse Jean Bricmont & Alan Sokal
 Lorsque nous avons écrit notre livre dénonçant l’usage grossièrement abusif des concepts scientifiques par bon nombre d’intellectuels philosophico-littéraires français de premier plan, nous nous sentions comme des étrangers. C’est donc avec grand plaisir que nous lisons la défense vigoureuse de nos idées par Jacques Bouveresse. Nous n’avons pas été surpris par sa sévérité, comme sur la question de l’honnêteté : pas seulement à propos d’auteurs que nous avions critiqués, mais aussi à propos de leurs nombreux défenseurs dans les médias français – en particulier dans L e Monde des livres. Alors que nous ne nous prononçons pas sur le fait de savoir si leurs textes sont le fruit de la malhonnêteté ou de l’incompétence la plus grossière, Bouveresse est tenté de répondre : « les deux ».
 

123. Actualité d’un anniversaire.
 La crise de l’Octobre 1970 québécois Jean-François Nadeau
 Journées d’octobre au Québec Francis Simard
 Manifeste d’octobre 1970 Front de libération du Québec
 Sur la crise d’octobre 1970. Entretien avec… Jean-Paul Sartre
 Il y a quarante ans, à une époque de rapides changements sociaux et politiques, les Québécois ont plus que jamais pris conscience d’eux-mêmes. De nombreux jeunes gens commencèrent à militer. Mais il sembla à certains que la lutte au sein de partis à l’architecture traditionnelle ne menait nulle part. Ces partis, jugeaient-ils alors, ne peuvent que servir le jeu du pouvoir en place. À partir de 1963, plusieurs ont rejoint l’action clandestine au sein du Front de libération du Québec. Ses membres se jetèrent à la gorge de l’impérialisme sous toutes ses formes : bombe contre des symboles coloniaux ou attaques d’institutions du capitalisme. Ces actions donnèrent lieu à de formidables chasses à l’homme et à des procès retentissants…

 HISTOIRE RADICALE
 153. Retour sur une présence en Espagne : George Orwell & la guerre civile. « J’ai été témoin à Barcelone », par George Orwell.
 165. Arguments anciens pour instruire toute participation déclinante aux élections, présentation de Charles Jacquier « La grève des électeurs », par Octave Mirbeau « Aux électeurs », par Zo d’Axa.
 177. Documents pour prévenir les amnésies. Pièces à conviction : Heinen & Aragon. « Pour qu’on ne sache pas» suivi de «Défense ou déchéance de la culture », par George Henein.
 
 
 
 
 
 



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D’où vient que, durant près d’un siècle (dont une bonne partie du nôtre), alors que la curiosité ethnologique n’a fait que croître, on ne se soit pas inquiété de savoir si les peuples dits « primitifs » (ou anciens) croyaient véritablement en leur magie, leur mythes ou leurs rites ? D’où vient que l’on se soit intéressé aux symboles et aux représentations, au détriment des usages, et que l’on ait fini par confondre les uns et les autres ?

7. À l’ombre des mentalités primitives. Éditorial, Jacques Vialle.

11. Remarques sur Le Rameau d’Or de Frazer, Ludwig Wittgenstein
La manière dont Frazer expose les conceptions magiques et religieuses des hommes n’est pas satisfaisante : elle fait apparaître ces conceptions comme des erreurs.
Ainsi donc saint Augustin était dans l’erreur lorsqu’il invoque Dieu à chaque page des Confessions ?
Mais – peut-on dire – s’il n’était pas dans l’erreur, le saint bouddhiste ou n’importe quel autre l’était tout de même, lui dont la religion exprime de tout autres conceptions. Mais aucun d’entre eux n’était dans l’erreur, excepté là où il mettait en place une théorie.

33. Wittgenstein critique de Frazer, Jacques Bouveresse
L’erreur fondamentale qu’a commise Frazer est de la même nature que celle que nous commettons la plupart du temps en philosophie. Nous nous méprenons sur la nature exacte du problème qu’il s’agit de résoudre et nous croyons à tort qu’il doit être résolu par l’invention d’une explication ou d’une théorie, avec un risque de désillusion comme celui de découvrir que les théories et les explications philosophiques ne résolvent finalement pas du tout les perplexités philosophiques. Wittgenstein soutient qu’il ne devrait en principe rien y avoir d’hypothétique dans les considérations du philosophe ; et la raison en est que, là encore, une hypothèse ne peut procurer à l’esprit le genre d’apaisement qu’il recherche.

55. L’interprétation & l’interprète. À propos des choses de la religion. Paul Veyne
Le stoïcisme ou la croyance en un Paradis soulagent-ils un condamné à mort ? Un peu, sans doute. Une amulette rassure-t-elle vraiment son port e u r ? Un peu. Langage médiocre et obscur, assurément : « un peu » n’est pas un vocable à dignité scientifique ou philosophique. Et pourtant l’expérience et l’action de chacun ne sont faits que d’innombrables « un peu » .

89. Comment se fixe la croyance, Charles-Sanders Peirce
Certainement, l’homme est, somme toute, un être logique ; mais il ne l’est pas complètement. Par exemple, nous sommes pour la plupart portés à la confiance et à l’espoir, plus que la logique ne nous y autoriserait. Nous semblons faits de telle sorte que, en l’absence de tout fait sur lequel nous appuyer, nous sommes heureux et satisfaits de nous-mêmes ; en sorte que l’expérience a pour effet de contre dire sans cesse nos espérances et nos aspirations. Cependant l’application de ce correctif durant toute une vie ne déracine pas ordinairement cette disposition à la confiance. Quand l’espoir n’est entamé par aucune expérience, il est vraisemblable que cet optimisme est extravagant.

109. Les prisons de l’esprit, Henri Broch
La science et la culture sont au centre de l’homme moderne. Voilà pourquoi, au-delà des difficultés qui peuvent exister, un scientifique, citoyen impliqué dans la société dans laquelle il vit, peut et doit soulever les problèmes posés par le développement des pseudosciences et des croyances. Il est d’autant plus important que cela se fasse que la science est, par définition, ce qui gêne les dogmatiques. Le rôle de citoyen du scientifique prend donc un sens particulier et s’élargit au-delà de la simple sphère du « paranormal » et son action dans la res-publica, par essence même politique, peut aider à mettre en évidence que croyances et paranormal sont intrinsèquement opposés à l’homme.

131. Science & religion : l’irréductible antagonisme, Jean Bricmont
Il semble que l’heure soit au dialogue, après des siècles de conflit et de séparation, entre science et foi, ou science et théologie.
Le « positivisme » n’est plus de mise en philosophie, la science, postquantique et postgödelienne, s’est faite modeste ; les théologiens se sont mis à l’écoute de la science, qu’ils ont renoncée à contredire ou à régenter. Tout ne va-t-il pas pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Non. Je vais plaider une thèse qui va à l’encontre de cette tendance et montrer que, si elles sont bien comprises, la démarche scientifique et la démarche religieuse sont en fait inconciliables.

MARGINALIA
171. « Une vision très sélective de l’histoire. Mise à l’épreuve de la “nouvelle doctrine” », par Noam Chomsky. Traduit de l’anglais par Frédéric Cotton

183. « Témoignage sur l’insurrection viennoise de 1934 », par Julius D i c k m a n n. Introduit par Bouris Souvarine Avant-propos de Charles Jacquier

189. « Julien Benda & la justice abstraite », Jean Malaquais Avant-propos de Charles Jacquier

205. « A scholarship with committment. Pour un savoir engagé », par Pierre Bourdieu
 
 
 

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