Revue Française de Psychanalyse 
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Présentation

La Revue Française de Psychanalyse, fondée en 1927, interrompue par la guerre et l'occupation, est réapparue en 1948 avec un dynamisme qui reflète celui de la Société Psychanalytique de Paris. Dès sa création, elle a eu le caractère d'une
revue internationale de langue française. Des contributions de collègues du monde entier ont enrichi ses publications qui constituent aujourd'hui un fond considérable, extrêmement original et complémentaire par rapport à l'ensemble des revues de langues anglaises ou latino-américaines. L'espace où elle s'est développée a permis à la pensée psychanalytique francophone de suivre une ligne dont le caractère novateur s'appuie sur le corpus de l'œuvre de Freud, et qui a su éviter les excès de l'ego psychology, du kleinisme ou ceux du courant lacanien.
 



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Contacts

Directeur: Paul Denis. Directeurs adjoints: Andrée Bauduin, Denys Ribas
Membres du Comité de rédaction: Jacques Angelergues, Jean-Louis Baldacci, Michèle Bertrand, Christine Bouchard, Pierre Chauvel, Francoise Coblence Monique Dechaud-Ferbus, Alain Ferrant, Jacques Miedzyrzecki, Jean-Michel Porte, Victor Souffir, Éva Weil. Secrétaire de rédaction: Catherine Alicot
Contact: Ecrire au comité de rédaction de la RFP.
La Société Psychanalytique de Paris possède un site où snt diffusés des informations psychanalytiques, des conférences, des annonces de séminaires, des parutions (et une lettre électronique d'information).

La reuve est éditée par les Presses Universitaires de France.
Abonnements : France 700 francs. Etranger 840 ff. Supplément 80 f pour envoi par avion.
A adresser à Presses Universitaires de France, Département des revues,
14, avenue du Bois de l'Epine, BP 90, 91003 EVRY cedex. CCP 1302 69 C Paris.
 



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Dernier numéro paru

Tome 65 N° 4 Octobre-Décembre 2001:
La figurabilité.
Spécial congrès
61e congrès des psychanalystes de langue française

Sommaire complet

I - L'action de la forme

Laurence Kahn, L’action de la forme
Laurence Kahn, L’hallucinatoire, la forme, la référence
Michel Neyraut, L’illusion de la forme ou « l’invasion de la Sicile par les ours »
Edmundo Gomez Mango, La figure et l’incarnation
Bernard Chervet, Les veines de l’onyx ou les contraintes imposées au ça
Francoise Coblence, La forme est sexuelle, ne le sait pas…
Laurent Danon-Boileau, Figurabilité et intonation
Gilbert Diatkine, Rythme et figurabilité
Jacqueline Godfrind, Le transfert en souffrance de forme
André Green, Que sont les formes ?
Martuine Lussier, Court plaidoyer pour « figurabilité »
Claudette Lafond, Trans-formation
Evelyne Sechaud, Figurabilité olfactive
 

II – Figurabilité et régrédience

Cesar et Sara Botella, Figurabilité et régrédience
André Beetschen, Vers l’éclat nocturne de l’image
Claude Janin, Contenir par le contact, encadrer par l’hallucinatoire
Nicole Carels, Flux et reflux de la convergence
Emmanuelle Chervet, Une régrédience mesurée
Anne Clancier, Le travail du poème. Figurabilité et poésie
François Duparc, Formes motrices et figures hallucinatoires
André Green, Reculer pour mieux sauter
Claude Le Guen, La figurabilité se fonde sur un vécu et non sur une vision
Florence Guignard, Le sexuel statufié
Jean Guillaumin, L’image entre le dedans et le dehors
Augustin Jeanneau, Hallucinatoire et hallucinations
Bernard Penot, Une hallucination ne fait pas de psychose !
Michèle Perron-Borelli, Images, représentations, fantasmes
Jean-Michel Quinodoz, Figurabilité, fantasme inconscient et formes de symbolisation dans les rêves
René Roussillon, L’objet, l’expérience de satisfaction et l’intelligibilité
Madjid Sali, Les deux voies de l’hallucination
 
 
 
 
 



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Sommaire des précédents numéros

Ils sont disponibles également ici:http://193.49.126.9/bibliothq/revues/RFP.html.
 
3/1996 L'amour 4/1996 L'épreuve du changement
5/1996 Les clivages 1/1997 Jalousies
2/1997 L'objet en personne 3/1997 Croyances
4/1997 5/1997
1/1998 La rencontre analytique 2/1998 Le masculin
3/1998 Le narratif en psychanalyse 4/1998 La sublimation
Spécial/1998 Psychosomatique et pulsionnalité
1/1999 L'affect et sa perversion 2/1999 M. Proust, visiteur des psychanalystes

Sommaires des numéros publiés en 2000: n° 2000/1, 2000/2,2000/3, 2000/4, 2000/5, 2001/1, 2001/2 .


2001/1. La répression

Enjeux de la répression

Anne DEBURGE - La levée de la répression en psychosomatique
Paul DENIS - Emprise et répression
Claude LE GUEN - Quelque chose manque... De la répression aux représentations motrices
Bernard PENOT - Réprimer, idéaliser, sublimer
Jacques PRESS - Mécanismes de répression,travail de contre-transfert et processus de somatisation
François VILLA - « Le "réprimé" devient le ressort du rêver »
Steven WAINRIB - La répressivité

La répression dans la cure

Catherine PARAT - La répression chez l'analyste, 141 Andrée BAUDUIN - La répression, un défi à la répétition transférentielle ?
Pierre CHAUVEL - Comme un cadavre
François SACCO - La répression et le Moi corporel
Christine ANZIEU-PREMMEREUR - Petite enfance et répression

Répression dans la culture

Jacques ANDRÉ - Violences oedipiennes
Daniel HURVY - Entre répression et expression, l'aveu
ASSOCIATION PSYCHANALYTIQUE INTERNATIONALE Communications prépubliées du XLIIe Congrès international de Nice (IPAC, 2001)
Isidoro BERENSTEIN - Psychanalyse. Méthode et applications
Jean-Luc DONNET - De la règle fondamentale à la situation analysante
Amold GOLDBERG - La psychanalyse postmodeme

Critique de livres

Nenouka AMIGDRENA-RDSENBERG, Leopoldo BLEGER et Eduardo VERA-OCAMPD - Position et objet dans l'oeuvre de Melanie Klein de Willy Baranger
Monique DECHAUD-FERBUS - Paul Federn, une autre voie pour la théorie du Moi de Maria Teresa de Melo Carvalho
Gilbert DIATKINE - Psychanalyse multi-familiale de Jorge Garcia-Badaracco
Florence GUIGNARD - Le Claustrum. Une exploration des phénomènes claustraphobiques de Donald Meltzer
Christine JEAN-STRDCHLIC - La psychanalyse comme oeuvre ouverte de Antonino Ferro

2001/2 La séparation

I - PERSPECTIVES THÉORIQUES

Michel de MUZAN - Séparation et identité
Josette FRAPPIER - La séparation, un concept psychanalytique ?
Bernard GOLSE - De la différenciation à la séparation : it's a long way to go ?
Philippe JAEGER - Élaboration sans fin du deuil de l'objet primaire chez Winnicott
Gilbert DIATKINE - An.goisse de séparation, angoisse de morcellement

II - LES AGES DE LA VIE

Sylvie FAURE-FRAGIER - Que reste-t-il de leurs amours ? Séparation mère-fille et conception
Michèle GIRARDON-PETITCOLIN - Une figure de la séparation impossible : l'interruption médicale de grossesse
Chantal LECHARTIER-ATLAN - La grossesse «mère» de toutes les séparations
Martine CARON-LEFEVRE et Françoise MOGGIO - Deux et deux font-ils toujours quatre ?
Albert LOUPPE - Auto-mutilations transitoires à l'adolescence
Jean-Claude ARFOUILLOUX - Séparation et castration
Antonino FERRO - La séparation entre le rêve et l'éjacuation
Josiane CHAMBRIER - Vengeance et séparation psychique

III - SÉPARATION DANS LA CURE

Sylvie G. CONSOLI - Une séparation inattendue : ses effets sur la relation avec un patient souffrant d'une maladie dermatologique
Béatrice LE FRANCOIS - Rupture de traitement et séparation

IV - SÉPARATION ET ÉCRITURE

Monique COURNUT-JANIN - Narcisse séparé
Murielle GAGNEBIN - Deux séparations dans la nouvelle Héloïse de J.-J. Rousseau
Bernard LEMAIGRE - Séparation, mélancolie et écriture chez Kierkegaard
Martine LUSSIER - Traiter la séparation par l'emprise : la correspondance de Freud avec Fliess
Marie-Françoise GUITTARD-MAURY - «... c'est donc que j'aime votre absence...»

PERSPECTIVES

Ralph Roughton - A propos de la publication de son article.
«La cure psychanalytique des homosexuels hommes et femmes»

CRITIQUES DE LIVRES

Andrée BAUDUIN - Maman de Michel Schneider
Béatrice LE FRANCOIS - L'élaboration en psychanalyse de François Duparc
Daniel ROSE - Le passé recomposé de Francis Pasche
Elsa SCHMID-KITSIKIS - Entre .éduction et inspiration de Jean Laplanche
Jean-Pierre VEURIOT - Épître aux insensés de Gérard Bayle

REVUE DES REVUES

Sesto M. PASSONE - Rivista di psicoanalisi
Marie-Claire DURIEU - Libres cahiers pour la psychanalyse
Denise BOUCHET-KERVELLA - Revue Française de Psychosomatique
 


2000/1 janvier-mars 2000

ALTOUNIAN J. Passion et oubli d’une mémoire collective mise au travail dans la cure et l’écriture. Témoignage d’une analysante, héritière du génocide arménien
En s’étayant sur des éléments autobiographiques, l’auteur présente en 5 points le parcours de son travail d’élaboration analytique et d’écriture portant sur la transmission psychique d’un trauma collectif, le génocide des Arméniens de 1915 chez les descendants des survivants. Il explique qu’au sein d’une communauté survivant à un traumatisme de masse, l’incorporation des objets endeuillés, l’inefficience de l’interdit invalidé par le meurtre devenu loi, l’indifférenciation sexuelle aux effets incestuels, la déculturation dans l’exil hypothèquent lourdement les processus de transmission. Il s’interroge sur les modalités de la filiation après un meurtre collectif mis en œuvre et vécu dans le secret - condition déterminante de l’entreprise génocidaire dégagée par les historiens -, générateur d’un sentiment de honte et d’illégitimité dans la mesure où les référents propres à l’histoire collective des Arméniens de la diaspora n’existent généralement pas dans le monde où ils vivent, le génocide de 1915, non reconnu par l’État héritier du crime, ne s’inscrivant pas dans la mémoire occidentale.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 9 – 21

BARANES J.-J. Mémoires transgénérationnelles : le paradigme adolescent
A quoi répond le " succès théorique " du thème transgénérationnel né en France dans les années 1970-1980 ? Excitation contretransférentielle suscitée par une scène primitive irreprésentable, ou plutôt question cruciale de la métapsychologie ? A partir de trois vignettes cliniques, l’auteur en dégage la portée et les enjeux, en prenant pour paradigme l’adolescence, temps privilégié pour la réflexion sur la transmission entre les générations et ses impasses.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 23 – 38

CHASSEGUET-SMIRGEL J. Trauma et croyance
L’auteur envisage différentes formes de déni de l’expérience concentrationnaire et donne l’exemple de deux séances avec un patient déporté à l’âge de douze ans. Ce patient ponctuait son récit de la phrase : " Vous ne me croyez pas. " Celle-ci avait plusieurs fois été analysée comme une projection du déni du patient ; mais l’interprétation ne prit effet que lorsque le thérapeute fit intervenir un matériel " tiers " : le récit d’un rêve raconté par Primo Levi, reflétant le même déni et clivage que celui exprimé par le patient. Cette procédure technique est commentée et les conséquences sur la mémoire des mécanismes de déni et de clivage sont évoquées.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 39 – 46

CRÉMIEUX R. Stücke or not Stücke
Il aura fallu cinquante ans pour qu’un certain nombre d’entre nous s’autorisent à revenir sur le passé et à transmettre leur expérience concentrationnaire aux générations futures. Dans ce bref article, je m’interroge : le traumatisme était-il indicible ? Redoutions-nous de ne pas être entendus ? Un consensus s’est-il établi entre les déportés et les " autres " ? Psychanalyste, résistante dans le Vercors, déportée à Ravensbrück, j’essaye, à partir de mon expérience personnelle d’en comprendre les raisons, de réfléchir sur l’apport et les limites de l’application des théories psychanalytiques mais aussi de montrer comment une telle expérience peut enrichir l’écoute de l’analyste. Il m’a semblé qu’au cours d’une analyse plus que l’interprétation souvent vécue comme intrusive et persécutrice, c’est la qualité de la relation transférentielle et contretransférentielle qui permettra au déporté de se sentir accompagné dans son travail de mémoire.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 47 – 51

SULLIVAN P. " Je me souviens " écrire avec Rosine Crémieux
La mémoire est un partage. Il n’y a de transmission possible d’une expérience traumatique que dans une aventure commune. L’écriture (comme la psychanalyse) maintient dans le temps la vivacité du souvenir.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 53 – 55

FINK K. La mémoire et sa relation au temps et à l’espace
Cet article traite du rôle joué par le temps et l’espace dans la formation d’un souvenir. Pour qu’un événement ou une expérience puisse donner lieu à un souvenir, il doit pouvoir s’inscrire dans le temps et l’espace. Lorsqu’une expérience traumatique est refoulée dans l’inconscient, elle ne peut se transformer en un souvenir dans la mesure où l’inconscient ignore les catégories de temps et d’espace. Ce fait, déjà décrit par Freud, a été élaboré bien plus tard par Matte-Blanco dans sa théorie bilogique. Deux exemples cliniques illustrent ce qui précède. Un troisième exemple illustre le fait que si une pensée inconsciente (logique symétrique) envahit l’inconscient, les catégories de temps et d’espace ne peuvent plus fonctionner normalement et les événements traumatiques continuent de se reproduire au lieu de se voir transformés en un souvenir.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 57 – 66

GOLSE B. Du traumatisme entre pulsions de vie et pulsions de mort
Après avoir montré comment le traumatisme peut être destructeur ou structurant dans la mesure où il s’inscrit dans la dynamique du conflit entre pulsions de vie et pulsions de mort, l’auteur envisage ensuite la question des traumatismes hyperprécoces. Ceux-ci sont évoqués à la lumière de l’évolution de la clinique psychanalytique en matière de traumatisme (clinique du vide), en référence à la théorie de l’après-coup et de ses aménagements nécessaires dans le champ de la psychopathologie du bébé et enfin dans la perspective des apports théoriques de R. Diatkine dans ce champ. A propos des conflits récents en Europe, ce travail évoque ensuite les drames transgénérationnels auxquels se trouvent exposés les bébés ainsi que les raisons d’espérer qui subsistent, en dépit de tout. Enfin, le concept de traumatisme se voit brièvement articulé avec certains travaux relativement récents concernant la mémoire (travaux de S. R. Palombo et de G. Edelman).
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 67 – 79

KAFKA J. L’individu traumatisé dans la société traumatisée : traitement, mémoire et monuments commémoratifs
La loi appliquée, monument et monument commémoratif des conflits raciaux et ethniques et de leurs victimes, offre la sécurité dans le cadre de laquelle les souvenirs " peuvent se jouer ", dans laquelle les frontières, notamment celles de l’identification peuvent être traversées. Le passage et re-passage exploratoire de frontières entre différentes identifications et de leurs jeux de mémoire constituent une partie essentielle du traitement psychanalytique. On peut reformuler la question d’Angelergues et Weil de la façon suivante : " Qu’en est-il de l’analyse après la destruction traumatique de la loi ? " En passant du domaine clinique à celui de l’application d’idées psychanalytiques à des interventions sociales visant à empêcher des cataclysmes futurs, j’ai examiné une partie de l’histoire de l’activisme social psychanalytique et considéré les façons dont les sociétés " commémorent " le traumatisme. Se concentrer sur la victime plutôt que sur le criminel peut servir à rendre un monument commémoratif acceptable mais diminue aussi son efficacité. Dans l’état actuel de nos connaissances, la loi que l’on applique est le monument commémoratif doué du plus fort pouvoir contre la répétition d’événements horribles.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 81 – 96

KORFF-SAUSSE S. La mémoire en partage
Affirmer qu’une épreuve traumatique est de l’ordre de l’indicible et de l’intransmissible, c’est la mettre en position d’extra-territorialité par rapport à la psychanalyse. L’article veut interroger ces idées trop facilement admises et étudier les obstacles qui s’opposent à la remémoration et à l’élaboration du trauma dans le cadre analytique, et qui sont, telle est l’hypothèse de l’auteur qui s’appuie sur les travaux de Ferenczi, à rechercher essentiellement du côté du contre-transfert.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 97 – 112

ROSENBLUM R. Mourir de dire
Peut-on mourir d’écrire la catastrophe ? Faut-il voir dans la divulgation, les fantasmes inconscients qui la sous-tendent, le retour des affects qu’elle entraîne, une décision lourde de conséquences ? Telle est la question posée ici au cours d’une exploration de trajectoires littéraires qui amènent deux écrivains à témoigner de plus en plus directement d’une expérience jusque dans ses aspects les plus inavouables. Ces deux écrivains, Sarah Kofman et Primo Levi ne survivent pas.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 113 – 137

SCHMID-KITSIKIS E. La mémoire du traumatisme ou comment nier l’oubli pour ne pas se souvenir
Les travaux récents dans les domaines de la temporalité, de la représentation et du traumatisme ouvrent des voies nouvelles de recherche dans la ligne des hypothèses freudiennes sur la mémoire. L’auteur propose une réflexion sur la notion de " mémoire du traumatisme " en lien avec celle de " devoir de mémoire ". A la lumière de deux références cliniques, un traumatisme mélancolique et un traumatisme transgénérationnel, elle s’interroge sur la place du " temps de mémoire " dans la dynamique du souvenir et de l’oubli et sur le destin des traumas infantiles qui ne peuvent être repris dans un processus d’après-coup.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 139 – 149

SYNODINOU C. Devoir de liaison. La mémoire revisitée
La mémoire commémorative confiée par l’individu à la collectivité constitue un écran fantasmatique propre à permettre l’élaboration du traumatisme individuel, le dernier ayant été transmis fantasmatiquement à travers les générations. Cette tentative de liaison de vécus cataclysmiques, ayant marqué narcissiquement l’individu, est un équivalent de la compulsion de répétition, émanant de la pulsion de mort. Dans ce cas, le lien qui fonde la communauté s’appuie sur un idéal qui est le négatif de la souffrance.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 151 – 160

VERMOREL H. Mémoire et futur de la psychanalyse
La psychanalyse s’adresse au sujet dans un colloque singulier. Pour autant, on ne peut négliger qu’elle véhicule une mémoire collective, transmise par une tradition orale à côté des textes écrits. Produit de la culture occidentale et de son malaise, elle se propose comme remède à la souffrance de l’individu de la modernité tout en explorant le malaise de la civilisation. Elle cherche à retrouver dans l’inconscient individuel la dimension du sacré qui a déserté la culture.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 161 – 167

WEIL E. Silence et latence
A travers l’analyse des textes des écrivains R. Antelme, P. Levi et J. Semprun, déportés et rescapés de la Shoah, est abordée la notion de latence collective, sur le modèle de la période de latence infantile qui pourrait rendre compte du délai écoulé entre les événements de la Shoah et la multiplication des récits à partir des années 1980. Il semble que cette notion ne puisse pas être étendue telle quelle au collectif, mais contribue à une compréhension de la transmission différée dans le temps, à travers des mécanismes psychiques liés à la désexcitation ou désexualisation dans le registre du sadisme.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 169 – 179

ENRIQUEZ E. " Plus jamais ça "
L’oubli recouvre bien souvent les catastrophes psychiques et les cataclysmes sociaux. Les auteurs des meutres collectifs sont parfois condamnés mais le plus souvent absous quand ils ne trouvent pas d’appui dans les sociétés (en particulier celles qui ont voulu devenir homogènes). La mémoire des crimes et la punition des bourreaux sont indispensables pour empêcher, autant que faire se peut, l’instauration d’un cycle répétitif et la mise en place d’une société alinénée. L’homme de mémoire essaie de défendre par son action la dignité de l’être humain avec lequel il a signé un pacte juridico-affectif.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 189 – 199

WAINTRATER R. Le pacte testimonial, une idéologie qui fait lien ?
Les catastrophes psychiques et sociales, dont la Shoah reste le paradigme, détruisent les formations intermédiaires, destinées à gérer les rapports entre l’individuel et le collectif. L’idéologie mémorielle - ou devoir de mémoire - est venue s’offrir comme une de ces formations intermédiaires ; nous examinerons ici à quelles conditions le devoir de mémoire fonctionne comme un pacte narcissique, restaurateur d’une certaine continuité identitaire, ou au contraire, comme un pacte dénégatif, porteur d’une fausse restauration des liens endommagés par la catastrophe.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 201 – 210

WIEVIORKA A. Quelques réflexions sur la question des restitutions, des indemnisations et des réparations
La sensibilité à tout ce qui touche au génocide des Juifs contraste vivement avec ce qu’elle était dans les années d’après-guerre. Ainsi, la question des restitutions, des indemnisations et des réparations qui semblaient réglées resurgit. Plus de deux générations après les événements, elle pose la question du passage du temps : " Le passé qui ne veut pas passer " est pourtant, aux yeux de l’historien, passé, rendant toutes ces questions extrêmement problématiques.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 1, janvier-mars 2000, pages 211 – 219

2000/2, avril-juin 2000

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 COURNUT J. Le transfert négatif : acceptions diverses plus ou moins pessimistes
Le transfert peut être considéré comme négatif quand il est hostile, haineux ou trop érotisé, quand il induit la destruction des liens et surtout quand il est transfert négatif de mort, dans la déliaison, insupportable pour la vie psychique de l’analyste.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 361 – 365

COUVREUR C. Un mouvement qui est toujours le même, négatif
L’auteur propose d’envisager le transfert négatif comme ce qui vient affecter d’un signe négatif l’Ütbertragung, le mouvement processuel, avec sa triple dimension métapsychologique. A quoi renvoie donc ce signe négatif lorsque, de manière prévalente et durable, il s’attache à la dynamique transférentielle ? L’auteur reprendra cette question au travers du cas de la jeune homosexuelle (1920) et de celui de Ferenczi, dont le transfert négatif est demeuré en souffrance entre Freud et lui. Comment enfin restituer au transfert négatif son pouvoir mobilisateur, passer de ses " négatifs " à ses " effets positifs " ? Une séquence clinique illustrera le travail de liaison nécessaire - entre investissements amoureux et haineux, comme entre investissements narcissiques et objectaux - pour que le mouvement de l’analyse puisse s’instaurer ou reprendre.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 368 – 381

BOUCHARD C. Peut-on interpréter le transfert négatif ?
L’auteur tente de dégager une contradiction propre à la problématique du transfert négatif : marquée à la fois par la nécessité de l’interprétation et la difficulté - voire l’impossibilité - de l’interprétation. Le transfert négatif, tout en étant défini comme ce qui identifie l’analyse par rapport aux autres traitements, est virtuellement porteur de l’échec ou de l’interruption des cures. L’auteur interroge donc les conditions de son interprétation. Pour Freud l’interprétation suppose un transfert positif et se doit d’être " près du moi ". Il conviendrait donc d’opposer deux pôles : - hostilité intense et sentiment de préjudice : l’origine de la réalité psychique, étant perçue comme extérieure au sujet, est peu compatible avec son interprétation (le modèle serait la paranoïa) ; - mouvements transférentiels accompagnés de l’investissement de leur interprétation. On pourrait alors distinguer le transfert analysable, positif ou hostile, lié à l’investissement de la neutralité, et le transfert négatif où la confusion de la personne et de la fonction de l’analyse rend le statut de l’interprétation précaire.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 383 – 393

Claude JANIN Du transfert négatif au transfert du négatif : l’attracteur négatif
Il y a deux types de transfert négatif : le premier, classiquement, comprend les valences agressives ou hostiles, représentables et refoulables, telles qu’elles se rencontrent dans les configurations névrotiques classiques ; il est directement repérable dans le matériel du patient. L’autre se définit comme une négativation des processus de pensées liés à la destructivité et n’est repérable que par construction/déduction. L’auteur postule l’existence d’un " attracteur négatif ", qui en opposition à l’ " attracteur œdipien " rend compte de cette négativation. Cet attracteur négatif est lié au traumatisme en deuxième topique.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 396 – 405

ABENSOUR L. L’impossible du transfert négatif. Le transfert clivé
La question du transfert est abordée sous un angle particulier. Non pas dans son articulation avec le transfert positif et l’expression de conflits, mais lorsque la menace d’une désorganisation rend son émergence impossible. Deux vignettes cliniques illustrent les effets de clivage du transfert dans le cas de traumatismes, et la possibilité d’ouvrir, par des aménagements techniques tiers, un espace psychique. -
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 408 – 417

FAIN M. Transfert négatif et faillite du cadre
Commentaire d’un texte portant sur le déblocage de la fonction onirique, l’hallucinable, à la suite de la modification provisoire d’un cadre dominé par la compulsion de répétition.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 419 – 423

PORTE J.-M. Transfert négatif, négativisation du transfert et du contre-transfert
Classiquement, le transfert négatif signifie l’expression d’émois hostiles à l’égard de l’analyste. L’accent mis sur la relation du procès de la cure à la dynamique transféro-contre-transférentielle conduit à en décrire une autre modalité : la " négativation " du transfert. Celle-ci ne renverrait plus tant à une expression pulsionnelle qu’à une attaque plus ou moins sournoise de la fonction analytique du psychanalyste et de l’analyse elle-même, en lien avec une problématique narcissique.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 425 – 435

DENIS P. Le transfert monovalent
Le transfert négatif se définit comme ce qui arrête le mouvement du processus analytique. C’est l’ambivalence du transfert qui en caractérise la dynamique, tout transfert " monovalent " peut, a priori, être considéré comme négatif que son expression soit ou non hostile.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 437 – 441

CHAUVEL P. Les refus narcissiques et mélancoliques du transfert
Les divers aspects du narcissisme et de la mélancolie, au sens de Freud, la prévalence de l’identification sur le choix d’objet, qu’ils induisent, sont l’origine de difficultés dans l’analyse. Les mécanismes d’identification-incorporation dans le couple analytique obèrent le jeu des représentations, animé par la mobilité libidinale, qui est essentielle au dynamisme transférentiel.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 445 – 457

KASWIN-BONNEFOND D. Le transfert négatif : un paradigme de l’analyse ?
L’auteur propose d’envisager le transfert et particulièrement le transfert négatif comme parangon de l’exigence de travail que nécessite la psychisation de la pulsion. Selon sa valence économique il peut être abordé sous l’aspect théorique de la première ou de la seconde topique. Dès lors le travail analytique conjugue à coté de l’élaboration remémorative et interprétative la mise en jeu des processus de figurabilité chez le patient comme chez l’analyste.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 459 – 470

LABROUSSE-HILAIRE D. La haine de transfert, la haine du transfert
La haine de transfert est envisagée dans sa forme radicale quand elle vient totalement submerger le tableau clinique, sidérant le processus analytique. Il s’agit de patients ayant souffert de carences narcissiques précoces. L’auteur avance l’hypothèse d’une haine primaire signant une indistinction sujet/objet dans un en deçà de l’ambivalence. A partir d’une illustration clinique, l’auteur dégage les principales caractéristiques de ces patients : porteurs d’un lourd passé analytique, l’analyse précédente a fait voler en éclats des identifications fragiles, les contre-investissements et formations réactionnelles mis en place jusque-là. La haine reste la seule ressource pour tenter de se dégager de l’indistinction dans un mouvement permanent d’incorporation à l’identique/excorporation. Le transfert devient psychotique en raison d’un surinvestissement de la perception de la personne de l’analyste sans le plus petit écart. Il est essentiel pour l’analyste de ne jamais perdre de vue la coexistence d’un transfert positif, pour ne pas courir le risque d’un contre-transfert haineux.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 471 – 486

MANCINI R. Une identification au négatif de l’objet
En s’appuyant sur certains aspects des textes de S. Beckett et surtout G. Perec - dont on sait que l’un et l’autre ont fait une analyse - l’auteur propose de comparer la négativité de la création avec les processus à l’œuvre dans un type de transfert négatif dit négatif du fait qu’il subvertit le processus et la fonction analytiques. Ce type de transfert négatif laisse l’analysant, du fait de traumatismes précoces, dans un attachement indéfectible au " négatif de la relation " (Winnicott). L’enjeu de la cure se situe dans la possibilité que puisse progressivement se faire un travail d’appropriation de la destructivité.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 487 – 499

MAUGENDRE D. Le serpent et la pomme
Le transfert négatif se révèle un outil indispensable à la conduite de la cure. C’est pour cette raison que l’on ne doit en aucune manière tenter d’éviter sa survenue, puis qu’il constitue le plus souvent une excellente opportunité de se livrer à l’interprétation : c’est l’aspect positif du transfert négatif. Il existe bien des façons d’éviter de se confronter à ses manifestations, désagréables au premier abord : pratiques transgressives, manque de vigilance dans une cure de formation, par exemple. On prendra garde de se laisser prendre au piège de cet évitement, faute de quoi l’analyse risque de rester une chose aimable dénuée de toute efficacité.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 501 – 512

QUINODOZ D. Sentiment transférentiel d’indifférence chez une analysante adoptée
Un cas particulier de transfert négatif apparaît lorsque le patient transfère sur l’analyste non pas de la haine mais de l’indifférence. L’auteur a été confronté à cette forme de transfert avec une analysante qui avait été abandonnée à la naissance et qui fantasmait ne pas avoir existé jusqu’au moment où elle avait été adoptée, c’est-à-dire durant les six premiers mois de sa vie. Lorsque dans le transfert la psychanalyste se trouvait dans le rôle des parents biologiques, elle ne rencontrait ni amour ni haine transférentiels, mais de l’indifférence. Grâce à l’analyse de l’aspect négatif du transfert, la patiente a pu découvrir que son déni de l’existence de l’objet et son indifférence à son égard étaient l’expression d’un anéantissement actif de sa part dû à sa haine envers l’objet et à son besoin de le conserver. C’est alors qu’elle a pu faire un travail d’intrication des affects de haine et d’amour envers l’objet total analyste tout en liant les aspects négatifs et positifs du transfert. C’est pourquoi, au lieu de distinguer deux transferts, l’un positif l’autre négatif, l’auteur préfère considérer que le transfert apparaît dans l’analyse avec un versant positif et un versant négatif selon des proportions variables, ce qui permet d’insister sur l’importance de l’intégration des sentiments d’amour et de haine envers l’objet transférentiel considéré comme un objet total.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 513 – 527

ROUX M.-L. Une mort de la psychanalyse
Les deux échecs qui peuvent atteindre le déroulement d’un processus transféro-contre-transférentiel productif sont trop de proximité ou trop d’éloignement. C’est la théorie pulsionnelle, dans sa dualité, qui permet d’échapper à une fixation qui serait la mort de la psychanalyse en ce qu’elle éviterait de penser le conflit.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 529 – 534

URTUBEY L. de Si transfert négatif et contre-transfert négatif se rejoignent durablement...
L’union d’un transfert et d’un contre-transfert négatifs intenses, si elle est durable, conduit à la réaction thérapeutique négative. Diverses formes sont ici distinguées : la réaction thérapeutique négative analysable, fréquente et passage parfois nécessaire de certaines cures ; la réaction thérapeutique négative qui ne répond pas à l’analyse et déduit le traitement. Côté patient, ce sera surtout par une haine mortifère et une déliaison des motions pulsionnelles destructrices. Côté analyste, il s’agira surtout de commettre des passages à l’acte sexuel. Mais le cas se présente aussi d’un contre-transfert négatif prédominant chez l’analyste, accompagné d’un transfert négatif de nature érotique assaisonné de passages à l’acte chez le patient. Une technique trop classique, un défaut d’auto-analyse, des circonstances extérieures favorisantes, des dénégations tenaces sont à l’origine de ces cures pénibles, au dénouement atypique, qui se joue par le passage à l’acte.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 535 – 547

BARTANDE I. Freud insolite
Pour désamorcer " les transfert et contre-transfert négatifs " concernant Freud, il importe de visiter son atelier. C’est consentir à ses enquêtes conscientes, soupçonner ses motifs inconscients sans en bouder les paradoxes. C’est ne pas redouter de perdre le mentor pétrifié en dictons, à prendre ou à laisser, au profit de la vivacité et des méandres d’une pensée mobilisée un demi-siècle durant.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 551 – 564

BOKANOWSKI T. Une lecture de " Analyse avec fin et analyse sans fin "
L’auteur propose une " lecture " de " Analyse avec fin et analyse sans fin " à la lumière du dialogue posthume que Freud entretient avec Ferenczi, figure qui " habite " pleinement cet écrit. Cette lecture se propose de donner un éclairage concernant la question centrale du transfert négatif dont on sait qu’il a été un " enjeu " essentiel dans la relation entre le fondateur de la psychanalyse et celui qui fut l’un de ses disciples les plus doués.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 565 – 579

GUIGNARD F. A l’écoute du déroulement de la cure analytique
Prendre le recul nécessaire à une observation du couple analytique qu’il forme avec un analysant donné, permet au psychanalyste de se mettre à l’écoute du déroulement de la cure et d’y déceler les modes et les temps d’expression du transfert négatif, voire du contre-transfert négatif. L’auteur examine les différents effets du négatif, notamment sur l’individuation et le développement psychique. Elle compare les modèles métaphoriques proposés par Freud à partir de la biologie d’il y a cent ans, à ceux que pourraient nous évoquer la biologie moléculaire actuelle. Elle examine les expressions de la mort dans les diverses générations de pulsions, expressions allant de la violence - créatrice ou destructrice - au parasitisme et ce, tant dans le transfert que dans le contre-transfert. Elle voit dans la résistance à terminer une cure analytique l’expression d’une configuration particulière du fantasme inconscient d’inceste avec la mère.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 2, avril-juin 2000, pages 581 – 597

2000/3, juillet-septembre 2000

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 BIRRAUX A. La projection : instrument d’adolescence
L’auteur rappelle l’usage et la fonctionnalité de la projection à l’adolescence et montre que tout en participant de symptômes qui n’engagent pas dans la pathologie, elle est toujours un mécanisme de défense. À partir d’une topologie des phobies, il est montré comment la fonctionnalité de la projection dépend pour chaque sujet de l’intégration de ses limites et de son individuation.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 693 – 704

BRUSSET B. La projection comme processus et comme mécanisme
L’auteur rapporte deux cas illustrant la place et les fonctions de la projection. Comme mécanisme de défense, dans les névroses, elle est subordonnée au refoulement et dans les moments paranoïaques en cours d’analyse, elle s’oppose à toute ré-introjection. Comme processus, elle est à comprendre dans ses rapports avec l’introjection. Au décours d’un épisode psychotique, le travail psychanalytique transforme petit à petit l’activité projective, dans trois de ses aspects significatifs (la compulsion à interpréter, un symptôme hallucinatoire et la projection directe sur l’analyste en séance) en activité transitionnelle au service du travail analytique.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 705 – 721

GIBEAULT A. De la projection et de l’identification projective
Projection et identification projectives sont étudiées à partir des concepts corrélatifs d’extrojection, d’excorporation et d’extériorisation d’une part, et d’incorporation, d’introjection et d’intériorisation d’autre part. La projection apparaît ainsi constitutive du fonctionnement psychique par la possibilité de construire et de maintenir la différenciation entre le dedans et le dehors, tandis que l’identification projective, en particulier comme mécanisme de défense pathologique, vise à annuler cette différence et à effacer les limites entre le sujet et l’objet. Une réflexion sur les approches de Freud, de M. Klein et des postkleiniens permet de montrer l’importance de distinguer entre les deux concepts. Le cas clinique d’une patiente état limite est utilisé pour illustrer les enjeux intrapsychiques et interpersonnels du recours à l’identification projective.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 723 – 742

GREEN A. La position phobique centrale avec un modèle de l’association libre
Par position phobique centrale l’auteur décrit un état mental en séance, caractérisé par une perturbation du fonctionnement associatif qui se rattache aux manifestations du négatif. La destructivité porte ici sur les propres processus psychiques du sujet et réalise un déni de la réalité psychique du patient par lui-même. La position phobique centrale tente d’éviter, par l’interruption associative, la potentialisation des divers traumas jalonnant l’histoire du patient. Des conclusions théoriques sont tirées de cette élaboration, appuyées sur une relecture de l’article de Freud sur la négation.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 743 – 771

MAUGENDRE D. La projection ordinaire
La projection constitue certainement un mode de protection efficace contre ce qui peut constituer une agression. Dans ce texte, il est question de l’efficacité de ce processus lors de la survenue de maladies réelles, qu’elles soient bénignes ou graves. Ce mode de pensée n’a guère de chances de se révéler utile quand il s’agit de patients qui pensent pouvoir contrôler leur mal par un savoir s’étayant sur l’illusion psycho-somatique. Il semble qu’il soit absent chez celui qui se livre à la conviction hypocondriaque. La projection se trouve ainsi bien utile quand il s’agit de se protéger d’un mal ordinaire.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 773 – 785

PASCHE F. D’une fonction méconnue (?) de la projection
F. Pasche montre que l’activité de pensée et de représentation a une fonction de " reflet ", de protection contre l’angoisse psychotique, expérience cardinale de la psychose. Deux écrans virtuels sont nécessaires entre la réalité et le sujet. La projection psychotique aurait pour but de créer une barrière aussi étanche que possible entre l’Autre et Soi. F. Pasche illustre cette hypothèse par le réexamen des écrits de Wolfson (Le schizo et les langues) et du Président Schreber.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 787 – 799

ROSENBERG B. Essence et limites de la projection
Dans la première partie de cette étude, nous comparons la projection à la négation. C’est ainsi que nous pouvons décrire l’essence de la projection. Dans la deuxième partie, nous abordons, pour définir les limites de la projection, une comparaison entre masochisme et projection en reprenant les propos que nous avons tenus en la matière en 1984.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 801 – 820

RACAMIER P.-C. Un espace pour délirer
L’auteur considère que la production d’un délire secrète son propre espace et que l’essentiel du délire réside dans la création même de cet espace. Celui-ci est opposé à l’espace transitionnel.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 823 – 829

GAUTHIER S. Hallucinations ou projection. Les hallucinations psychotiques, entre sentiment de présence et allusion à l’absence
Suivant certaines indications de Freud, l’auteur distingue nettement l’hallucination de la projection et du rêve. Il réfère l’hallucination surtout aux processus de représentation et analyse les dimensions corporelle et symbolique qui la composent. Ses liens avec la pensée, le narcissisme, la différenciation moi/non moi, les relations objectales la font envisager dans une perspective dynamique. Le passage de l’hallucination vécue dans la sphère du narcissisme à une hallucination exprimable implique une réorganisation psychique, en règle délirante, et en particulier une restauration de la projection. Les hallucinations négatives sont décrites comme des formes de projection se manifestant au seuil de la réorganisation des fonctionnements et témoignant de cette réorganisation.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 832 – 849

SALI M. Le projeté et le clivé dans l’identification projective
Les élaborations théoriques freudiennes après 1920 modifient profondément la notion de réalité pour la psychanalyse. Ces modifications entraînent des effets en cascade sur les notions de projection et d’hallucination. Le nécessaire démembrement de la première (évoqué par les auteurs de l’argument) s’assortit de la même nécessité de différencier deux formes de la seconde. Une nouvelle conception de l’hallucination et des liens qu’elle entretient avec le projeté et le clivé est progressivement prise en compte dans les derniers écrits freudiens.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 851 – 857

BERCHERIE P. Évaluation critique du concept freudien de projection
La structure du concept freudien de projection renvoie directement à la césure (Bion) dedans/dehors caractéristique de la psychologie rationaliste et de la modernité scientifique. On trouve chez Freud deux grands axes de pensée sur ce thème : le modèle de la défense narcissique et celui du retour du refoulé, auxquels s’adjoint finalement la notion d’un devinement sectoriel de l’inconscient de l’autre. En appuyant sur cette dernière piste, qui transgresse la césure dedans/dehors, l’auteur relie directement phénomènes projectifs et construction délirante à la structuration de l’idéal et à la construction connexe de la réalité.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 861 – 883

LECLAIRE M. et SCARFONE D. Vers une conception unitaire de l’épreuve de réalité
Les auteurs postfreudiens qui se sont penchés sur le problème de l’épreuve de réalité ont souvent affirmé que les trois formulations que Freud avait successivement proposées (capacité de distinguer le perçu du représenté ; capacité de distinguer un " à l’intérieur " d’un " à l’extérieur " par l’action motrice et enfin jugement d’existence) seraient inconciliables entre elles. On s’est donc cru dans l’obligation de choisir entre l’une ou l’autre des trois formulations. L’Esquisse d’une psychologie scientifique n’est généralement citée qu’à l’appui de la supériorité d’une définition de l’épreuve de réalité fondée sur la capacité de distinguer le perçu du représenté. Cela n’a cependant pas empêché l’éclosion de nombreuses autres définitions et un grand nombre de phénomènes variés furent placés sous la rubrique d’épreuve de réalité. Les auteurs du présent article démontrent, à partir de l’Esquisse et notamment à travers la notion souvent méconnue d’image motrice, la profonde unité des trois versions freudiennes de l’épreuve de réalité. Cette unité est retracée à partir d’une distinction proposée par Freud, mais jamais élaborée par la suite, entre " épreuve de réalité " et " épreuve d’actualité ".
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 885 – 912

BRULLMANN F. " L’occupant "... alliances, mésalliances, blessures... (De certains processus projectifs à l’œuvre dans une demande de chirurgie esthétique)
L’article traite des enjeux inconscients contenus dans certaines demandes de chirurgie esthétique à travers l’étude d’un cas clinique concernant un homme d’âge mûr, convaincu depuis la puberté que seule une correction esthétique du nez pourrait le soulager de sa souffrance. Face au traumatisme précoce de la mort de son père, et à la suite d’un deuil en suspens, son Moi fragilisé avait été en partie clivé dans un " collage " narcissique, solution de compromis devant une menace de désorganisation. Le nez, garant de sa ressemblance avec lui, était devenu la cible symbolique des projections de toute sa conflictualité inconsciente. L’hypothèse avancée est que, pour mortifère qu’elle ait été, cette fixation persécutrice circonscrite au nez avait peut-être eu la fonction salutaire de le préserver de dérives plus redoutables.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 913 – 923

LUSSIER M. Une conférence de Freud et son esquisse
Cet article montre l’intérêt du brouillon inédit de la seconde partie des Actuelles sur la guerre et la mort : intérêt éditorial, intérêt pour le processus psychique de la création, intérêt théorique relatif à la question de la méconnaissance de la mort par l’inconscient, aux effets psychiques de la mort et de la pulsion meurtrière.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 3, juillet-septembre 2000, pages 927 – 942

Sommaire du numéro de "octobre-novembre 2000":

AISENSTEIN M. Élaboration, perlaboration, cicatrisation
La perlaboration est une notion complexe mais floue à laquelle l'auteur préfère le concept d'élaboration psychique incluant le travail des pensées latentes mais auquel s'ajoute l'idée de traversée contenue dans le terme anglais working through. A propos de fragments du matériel d'une cure est posée la question cruciale de la mémoire en psychanalyse.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1065 - 1076

BOUCHARD C. Processus analytique et insaisissable perlaboration
L'introduction en 1914 de la perlaboration introduit un tournant technique dans la psychanalyse : les limites de la suggestion, la tendance du patient à répéter ses conflits dans la cure et l'insuffisance de la remémoration remettent en cause l'impact automatique de la parole et de l'interprétation au profit d'un travail, qui nécessite du temps et de la patience, et imparti au patient. Mais le modèle de la répétition en 1914 ouvre sur la compulsion de répétition qui fragilise la position de retrait interprétatif et appelle d'autres modalités perlaboratives.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1077 - 1092

MONTAGNIER M.-T. Aux limites de l'analysable, la perlaboration : travail de Sisyphe ou mutation de l'acte psychanalytique ?
L'auteur étudie les obstacles à la perlaboration dans les cures où l'analyste devient le dépositaire d'affects et de représentations qui paraissent, chez le patient, coupés de leurs représentants. Le discours, alors, fait écran, s'érige en leurre excitant et on assiste à un désengagement au sein de la parole. L'auteur s'appuie sur le récit de moments d'une cure oscillant entre un travail de perlaboration et sa fermeture passant par la douleur et le travail de contre-transfert.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1093 - 1113

DONNET J.-L. Le silence de la perlaboration
La perlaboration est corrélative de ce qui fait, pour la Psychanalyse, la consistance même de la Réalité psychique. C'est pourquoi elle fait référence à un patient seul en présence du psychanalyste suffisamment patient.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1115 - 1119

QUINODOZ J.-M. Rêves d'intégration à contenu paradoxal régressif : les " rêves qui tournent une page "
Les " rêves qui tournent une page " sont des rêves dont le contenu primitif angoissant effraye le rêveur, tandis que le psychanalyste les voit comme le signe d'un progrès dans les processus d'intégration psychique, en dépit de leur aspect régressif. Ces rêves sont illustrés par divers exemples de patients en psychanalyse. L'auteur interprète les rêves qui tournent une page en deux temps. D'abord il montre au patient qu'il est devenu capable de contenir et de se représenter des fragments clivés de lui-même qu'il n'avait pu accepter jusque-là. Dans un second temps, lorsque le moi a retrouvé davantage de cohésion, il interprète les contenus refoulés proprement dit.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1121 - 1135

PERRON-BORELLI M. Entre carences narcissiques et organisation œdipienne
Parmi les structures " non névrotiques " qui requièrent des modalités d'élaboration différentes de celles que définit la perlaboration classique adaptée aux névroses, nombreuses sont celles dans lesquelles une organisation œdipienne, bien qu'entravée par des carences narcissiques, ne doit pas être pour autant négligée dans l'écoute de l'analyste et dans les processus d'élaboration qui en découlent. Une observation clinique, montrant l'articulation d'un registre de carence narcissique identitaire et d'un registre œdipien, ainsi que leur mise en relation dans un moment crucial du processus analytique, est ici évoquée. Elle souligne l'importance d'une " double écoute " et de la complémentarité de différents registres d'élaboration, complémentarité nécessaire pour ouvrir les voies d'une émergence et d'une élaboration du conflit œdipien latent.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1137 - 1145

SEULIN C. Une dialectique topique dans la cure des cas limites
L'auteur avance l'idée d'une dialectique entre la topique interne de l'analysant et une topique interpsychique à deux lors de la cure des cas limites. La répétition conduirait l'analysant à déléguer à l'analyste les fonctions du moi et du Surmoi, ce qui se repère dans l'éprouvé et les interventions de l'analyste. Un bref exemple clinique de projection illustre un moment de rencontre des deux fonctionnements topiques. Dans la théorie, le cas de l'interprétation du rêve comme autoreprésentation de la topique psychique est étudié à la lumière de l'hypothèse avancée.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1147 - 1158

KIRSHNER L. Perlaboration et " enactment " dans les cas difficiles
L'auteur évoque le cas d'un patient qui déverse tout son malheur sur le psychanalyste auquel il fait revivre ses affects et ses identifications projectives. C'est par l'analyse de son contre-transfert que le psychanalyste parvient à un équivalent de perlaboration qu'il pourra partager avec son patient.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1159 - 1163

WAINRIB S. L'élaboration et les mécanismes anti-élaboratifs
Cet article tend à proposer un modèle de l'élaboration en relation à l'extension de la pratique analytique d'aujourd'hui. Les enjeux en seront soulignés pour l'analysant comme pour l'analyste. Les mécanismes anti-élaboratifs auxquels se heurtent certaines cures, seront différenciés des résistances liées à une topique interne bien repérable ; la collusion recherchée dans le transfert en sera un exemple type. La relation entre élaboration, développement d'un réseau d'interprétants, effet de tiercéité et processus de subjectivation sera précisée en s'étayant sur un cas clinique.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1165 - 1179

CHERVET B. Perlaboration, résistance du ça et impératif processuel
L'examen de la progressive différenciation du concept de perlaboration en étroite corrélation dans l'œuvre de Freud, avec ses apports successifs à sa théorie des pulsions, permet une approche métapsychologique des notions de travail et tout particulièrement du travail psychique œuvrant à l'effet thérapeutique d'une cure. La perlaboration désigne le moment de travail régressif de séance, spécifique de l'analysant, exigeant pour se dérouler que l'analyste soit le support de la mise en latence de l'orientation progrédiente des investissements. Ce travail, soumis au besoin de retour à un état antérieur et à un impératif à maintenir un lien à l'objectalité, aura à se dérouler en chacune des instances de la psyché, et à remplacer les résistances qui s'y sont installées. Une situation clinique dominée par des résistances du ça sert à appréhender la perlaboration réalisée alors. Elle consiste en un travail de coexcitation inaugurant celui de la désexualisation narcissique et celui du deuil objectal.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1181 - 1194

REYDELLET D. Où sont les hommes ?
Je pose l'hypothèse que Saint-Exupéry offre à notre étude le modèle de la multiplicité des voies élaboratives du deuil, en l'occurrence les deuils traumatiques de son père et de son jeune frère : - à travers Le Petit Prince, l'un de ses derniers écrits présenté comme un rêve éveillé merveilleusement mis en mots et en images, élaboration d'un traumatisme (avion accidenté dans le désert) mais qui se termine par le suicide de son héros - à travers son métier de pilote, véritable élaboration comportementale menant à une maîtrise de plus en plus serrée des tentations de la compulsion de répétition. Aurait-il raté l'élaboration de l'interprétation sauvage : " condamné à mort ", sobriquet dont l'affublaient ses camarades ? Un travail analytique aurait-il permis une véritable Durcharbeitung et évité le dénouement final aujourd'hui encore mystérieux ?
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1195 - 1200

BION W. R. Les vertex d'un entretien préliminaire
Wilfred Bion exploite la frustration qu'il éprouve lors d'un séminaire organisé en 1978 à Paris par S. Resnik, en raison de sa connaissance imparfaite de la langue française, pour montrer comment la communication spécifique qui découle de la capacité de " rêverie " de l'analyste et comment la méthode d'investigation dite des " vertex " l'aident à aborder les problèmes d'un entretien préliminaire. Cette rencontre se situe à l'époque où Bion se penche plus spécifiquement sur les obstacles que rencontre l'analyste dans le maniement psychique de la douleur, de l'incommunicable, de l'inconnaissable.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1217 - 1229

ANZIEU D. Vues nouvelles sur l'auto-analyse de Freud
La correspondance avec Fliess amorce chez Freud un processus évolutif, équivalant à celui qui produira, quand elle sera inventée, la situation psychanalytique. Les premières lettres mettent en place les thèmes qui feront l'objet de l'auto-analyse de Freud, particulièrement dans le rêve de l' " injection faite à Irma ". Ces lettres évoquent enfin les circonstances de la rupture entre Freud et Fliess et les causes inconscientes de leur désaccord.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1201 - 1216

NAPOLITANO F. Les composantes de la poussée pulsionnelle et leurs rapports quantitatifs
Cet article a pour objectif de développer de manière systématique certaines considérations formelles sur les rapports quantitatifs entre la poussée pulsionnelle et ses composantes, affect et représentation. Le choix d'une hypothèse quantitative au lieu d'une autre a des effets qui apparaissent plus ou moins compatibles, selon le cas, avec la métapsychologie freudienne, ce qui entraîne des conséquences théoriques et des reformulations de problématiques cliniques à un niveau plus élevé de généralité. Est ici réaffirmée la nécessité d'une explication la plus rigoureuse possible de la théorie, explicitation qui puisse rendre compte des aspects profonds de la pensée psychanalytique qui, pris ensemble, constituent une véritable théorie implicite.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1233 - 1246

TESONE J. E. Le parcours de l'affect à travers les langues
A l'instar de Six personnages en quête d'auteur, l'affect peut être qualifié de pirandelien en tant qu'il est à la recherche d'une représentation. Ce parcours, long et sinueux, se fera parfois au moyen d'autres langues que la langue maternelle. Lorsque l'affect est si intense qu'il fait vaciller le refoulement, il peut faire recours à une langue acquise secondairement, laquelle offre davantage des possibilités, à la fois de répression et de lever du refoulement. C'est l'une des voies que peut emprunter le travail du négatif décrit par A. Green, permettant l'approche d'une névrose inabordable dans la langue maternelle.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1247 - 1267

JOZEF-PERELBERG R. Espaces pleins et espaces vides dans le processus analytique
En s'étayant sur le travail de J.-B. Pontalis, l'auteur distingue deux sortes d'analysants selon l'impact qu'ils ont sur l'analyste : d'un côté ceux qui créent un espace vide dans le cabinet de consultation, avec une impression de sécheresse et une absence de souvenirs qui donnent à l'analyste le sentiment d'être exclu du monde interne de son patient. Et à l'extrême, on trouve les patients qui remplissent le cabinet de l'analyste auquel ils donnent le sentiment d'un excès de représentations et que l'analyste occupe trop de place dans leur monde interne. L'auteur se penche sur la modernité théorique du concept de pulsion en vue de conceptualiser l'impact que ces patients produisent sur l'analyste, concept qui se réfère aux limites du représentable.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1269 - 1289

ALTOUNIAN J. Freud, une langue de rêve ?
A l'aide de nombreux exemples, regroupés en 15 configurations stylistiques, ce " travail d'atelier " sur la langue de la Traumdeutung présente une proposition de traduction en la confrontant au texte original et à sa traduction actuellement existante. Ces illustrations cherchent à montrer, comment la langue de Freud innervée par une référentialité multiple où se condensent souvent plusieurs niveaux de langue - langue courante, langue de la sensibilité littéraire et langue en laquelle le chercheur découpe les concepts qui théorisent l'appareil psychique - constitue un instrument idéal pour créer une continuité allant des mots avec lesquels se racontent les rêves à ceux qui les interprètent, continuité souvent difficile à restituer dans la langue d'arrivée.
Revue française de psychanalyse Vol. : LXIV, N° : 4, octobre-novembre 2000, pages 1291 - 1305
 
 

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