Idées
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Les indications données ont été aimablement fournies par la rédaction de la revue elle-même.
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Arguments et sommaires des derniers numéros :

N° 1: "Méthodes et vérités" 2/1998
N° 2:  "L’éducation" 10/1998
N° 3: "L'art" 2/1999
N° 4: "Vie et matière" 10/1999
N° 5: "Violence" 3/2000
N° 6: "Ecrire et lire" 9/2000
N° 7: "De nos sensations à nos idées" 2/2001
N° 8: "Agir?" 10/2001

N° 9: L’amour et la mort (Appel à textes)
 
 



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 Présentation (note de la Rédaction)
 


Portrait de la revue Idées



La création de cette revue en 1997 dans le cadre d’une association de loi 1901 est partie d’un simple constat : passer à l’acte public d’écriture philosophique est difficile en France à moins d’être déjà reconnu par le système universitaire, ou bien d’y être introduit par l’un de ses membres. Cette situation peut être renforcée par une forme d’auto-censure de la part de ceux qui ne veulent plus pratiquer la philosophie en solitaire. Une idée ébauchée ne se développe réellement que si elle entre dans le champ de la discussion. En effet, il est nécessaire de se confronter très rapidement aux regards critiques et avertis. Les premières années d’études comme les premiers travaux de recherche n’y suffisent pas.

Pour remédier à cela, il fallait donc créer un nouvel espace de réflexion philosophique en marge des grandes revues. L’ambition de la revue Idées est réelle : proposer des articles dont la teneur philosophique ne soit pas inférieure à celle des aînées. Le projet n’en est pas moins modeste puisqu’il s’agit bien d’assumer l’état de formation, en matière de philosophie, des collaborateurs, étudiants ou professeurs.

La revue Idées n’a pas vocation à créer un nouveau courant de philosophie, elle est délibérément généraliste. Le comité de rédaction définit une unité thématique par numéro. La spécificité de certains thèmes implique l’intervention de collaborateurs d’horizons divers, philosophiques ou non (39 auteurs ont écrit dans la revue pour une parution bi-annuelle). Cette volonté d’ouverture est double : intellectuelle et géographique.
C’est pourquoi, nous espérons que vous, lecteurs, souhaiterez rapidement devenir nos collaborateurs si vous vous reconnaissez dans ce projet. En effet, vous pouvez désirer formuler des objections ou apporter des compléments à ce numéro. De façon plus générale, vous pouvez envisager toute activité relative à l’élaboration de la revue, et ce, dès le prochain numéro (voir la page 76).

L’année 2000 a marqué pour la revue une nouvelle étape de développement : augmentation très nette du tirage et agrandissement du réseau de diffusion (21 librairies dans 14 villes de France). Nos fidèles lecteurs auront remarqué une petite augmentation du prix de notre revue. Malgré l’augmentation du coût du papier, le prix était resté identique depuis février 1998. En revanche, il est désormais possible de s’abonner à la revue Idées. Notre premier numéro de 2002 sera consacré à « l’amour et la mort » et vous serez informés lors de sa parution du thème d’Octobre 2002. A très bientôt et bonne lecture à tous !
 
 
 
 

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 Contacts

Direction :
La directrice de rédaction et de "l'association d'Idées" est Isabelle Dumoulin :
Contact: philosophie.revue.idees@wanadoo.fr

Siège social :
Association d'Idées - Revue Idées
66, boulevard de Strasbourg, 75010 Paris, tél. : 01.40.36.31.91.
 



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N° 8, octobre 2001, « Agir ? »

Argument.

Sommaire.
La mode des excuses : de la politesse à la politique.
par Audrey Techer

Le principe de précaution : les enjeux d’une nouvelle norme de l’action.
par Yashar Saghaï

Quod vitae sectabor iter ? L’action, la raison, la vie.
par Dominique Weber

Les seins de Marianne : sur les rapports entre bonheur et politique.
par Pierre-Jean Dessertine

L’Etat comme muselière de nos actions : de l’homme carnassier au citoyen herbivore, lecture de Schopenhauer.
par Aurélie Mure

De la perception de la matière à la taille de la pierre chez les premiers hominidés.
par Arnaud Bouthinon
 

Editorial

Que dois-je faire ? Cette interrogation qui semble déterminer mon action n’est-elle pas plutôt celle qui m’interdit d’agir ? En effet, comment répondre à une telle question ? N’est-il pas plus simple de se demander ce qui nous plaît, ce qui est pratique, ce qui est efficace, ce qui est rapide au lieu de rechercher le bon choix, la décision et l’action morales ? Tout d’abord avoir une telle ambition pourrait sembler candide puisqu’elle présuppose que nous sommes à même d’être justes. Nous sommes, certes, à même d’être conformes à des lois, à des mœurs et plus largement à des habitudes. Quotidiennement, c’est cela être juste, c’est cela être un honnête homme. Un tel sens de la justice ne nécessite aucune interrogation, ne pousse personne à se demander : « que dois-je faire ? . Ainsi que l’expose Bergson (1) , nos actions sont alors quasiment  instinctives parce que prises dans une nécessité et une cohésion sociale :

« C’est la société qui trace à l’individu le programme de son existence quotidienne. On ne peut vivre en famille, exercer sa profession, […] ou même rester chez soi, sans obéir à des prescriptions et se plier à des obligations. Un choix s’impose à tout instant, nous optons naturellement pour ce qui est conforme à la règle. C’est à peine si nous en avons conscience ; nous ne faisons aucun effort. […] Le devoir, ainsi entendu, s’accomplit presque toujours automatiquement ; et l’obéissance au devoir, si l’on s’en tient au cas le plus fréquent, se définirait un laisser-aller ou un abandon. » (2)

Mais pour peu que l’on doute, pour peu que l’on résiste aussi brièvement que ce soit, quelle sera la règle de notre action ? Si l’on ne veut plus agir uniquement selon les normes d’un système social clos sur lui-même (3), il faut alors chercher des critères universels de justice. Encore faudrait-il qu’en nous interrogeant de la sorte nous soyons à même de nous défaire de tout déterminisme social ou culturel. Pour nous libérer totalement, il faudrait nous dépouiller de ce qui fait de nous cet individu-ci, ici et maintenant. L’impossibilité de cette tâche accompagnée de la conscience de ce qui me détermine à agir et penser comme je le fais, ne peut me conduire qu’à douter de la valeur de mes motifs et me cantonne dans l’indécision. Alors, cessons de penser pour agir.

Certes, mais il y a tout de même bien des buts à atteindre, qui les détermine ? Et comment ? La question « pourquoi j’agis ? » se débarrasse du  fantôme de l’impératif catégorique kantien mais laisse entière l’interrogation sur ce qui détermine mon action. Mes motifs peuvent-ils être circonscrits, saisis, voire contrôlés ? Il faudrait alors s’opposer radicalement aux philosophies telles que celle de Schopenhauer pour qui la volonté est certes le moteur de l’action, mais il s’agit d’une volonté égoïste, dévouée à mes désirs et nullement contrôlée par l’intellect (4). Par ailleurs, mettre de côté une ambition morale transcendante ne suffit pas à ôter l’inquiétude quant à la valeur de mon action. Comment bien agir en attendant le Bien ? Comment bien agir en attendant de se débarrasser du doute (5) ? Cette question se manifeste dans de nombreuses prises de décision. Dans le champ politique actuel, le principe de précaution (6) semble prescrire ce qu’il faut faire ou ne pas faire en attendant…en attendant de voir si les risques sont importants ou tout simplement en attendant de savoir. Ainsi, se demander  « que faire des OGM ? » revient à se demander « quelle décision prendre quand on est dans l’ignorance et qu’il y a pourtant une nécessité politique, économique, écologique à agir ? ». Ce qui est alors mis en question c’est bien, encore et toujours, le bon choix, mais de façon plus aiguë, c’est la possibilité même d’agir et de décider qui est mise en cause.

Que faire ? Pourquoi ? Est-il seulement possible d’agir, notamment dans le champ politique, ainsi que se le demande Pierre-Jean Dessertine (7) ? Ces questions n’épuisent pas une réflexion sur l’action. Les moyens de l’action sont aussi à questionner, ils changent, ils se transforment au cours de l’histoire des sociétés. Ainsi, comme le souligne Audrey Techer, nous assistons à un nouveau mode d’action politique. La parole symbolique et performative n’est pas une nouveauté, cependant l’incursion massive des excuses et actes de repentance sur la scène politique en est une. Inutile d’en écrire plus ici, il suffit à  présent de tourner cette page.

Un dernier mot toutefois avant de vous laisser à votre lecture. Le dernier article que nous vous proposons, loin d’être sans relation avec l’action, s’inscrit aussi dans la suite de notre précédent numéro (8). Si un primate et un homme perçoivent tous deux un outil dans une pierre, ils ne peuvent pas en faire le même outil en raison d’une réelle différence de processus cognitif ainsi que l’explique précisément Arnaud Bouthinon.

Isabelle Dumoulin

Notes:
1  Les deux sources de la morale et de la religion, PUF, Quadrige, pp1-29, octobre 2000, Paris (retour).
2  ibid., pp 12-13 (retour).
3  ibid., pp 24-29 (retour).
4  cf. l’article d’Aurélie Mure, L’Etat comme muselière de nos actions…, pp 51-60 (retour).
5  cf. l’article de Dominique Weber, Quod vitae sectabor iter ?… , pp 31-40 (retour).
6  cf. l’article de Yashar Saghaï, Le principe de précaution…, pp 21-30 (retour).
7  Les seins de Marianne : sur les rapports entre bonheur et politique, pp 41-50 (retour).
8  De nos sensations à nos idées, Février 2001(sommaire détaillé) (retour).
 
 



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N° 7, février 2001: "De nos sensations à nos idées"

Sommaire
- La caresse : de l’effleurement sensuel à l’efflorescence de l’idée, par Patrice Tardieu (7-17)
- La transformation du regard, par Réza Moghadassi (19-27)
- La constitution du réel et de l’esprit : idée, mémoire et imagination chez Husserl, par Yves Mayzaud (29-37)
- L’intuition chez Bergson, par Céline Tarrade (39-47)
- Les relations du corps et de l’esprit : du cerveau à la pensée, par Isabelle Thézé (49-56)
- Penser, est-ce modéliser ? L’enjeu philosophique de la notion psychologique de modèle mental, par Thomas Marcy (57-66)

Argument

Nos idées proviennent-elles de nos sensations ? Ne doivent-elles rien à une réelle action ou activité de l’esprit ? L’esprit, l’âme, comme l’on voudra, ne possèdent-ils rien en propre, ne seraient-ce que des facultés (ou plus radicalement des idées innées) nécessaires et actives dans la construction de nos idées et, plus largement, dans notre relation au réel qu’il s’agisse simplement de le percevoir ou de lui donner un sens ? De la réponse à ces questions sont nés deux personnages centraux de la scène philosophique : l’empiriste et le rationaliste. Cette alternative est ainsi très clairement exprimée par Leibniz :
« Il s’agit de savoir si l’âme en elle-même est vide entièrement comme des tablettes où l’on n’a encore rien écrit suivant Aristote et l’auteur de l’Essai (1), et si tout ce qui y est tracé vient uniquement des sens et de l’expérience, ou si l’âme contient originairement les principes de plusieurs notions et doctrines que les objets externes réveillent seulement dans les occasions, comme je le crois avec Platon » (2).
L’enjeu est alors de définir le rapport entre la réalité et l’esprit de l’homme. Mais l’intrigue est bien loin d’être nouvelle. Elle semble usée jusqu’à la corde et le spectateur le plus indulgent se lasse de voir se répéter la même pièce, même les changements de décors, la diction rajeunie, ne suffisent plus à éveiller son intérêt.

C’est pourquoi, ce numéro de la revue Idées a pour ambition de revisiter ce dilemme classique en soulignant ce qu’apportent de véritablement nouveau les approches contemporaines. Nous sommes animés par la conviction que les philosophies continentales, les réflexions issues des sciences de la cognition, et les pensées extra-occidentales permettent de poser le problème de l’empirisme de manière inédite.
S’affirme ainsi l’identité de notre revue : être un lieu de confrontation et de dialogue de traditions antagonistes. L’absence de parti pris d’école ne tient pas à une quelconque frileusité mais à notre conviction d’être, selon le mot de Paul Ricœur, des « héritiers multiples ». Avant de pouvoir choisir, sélectionner, combiner les diverses approches, il nous faut nous y initier, les étudier avec patience et enthousiasme. Passer outre certaines préventions, tourner le dos à de tenaces préjugés. Mais après tout, philosopher n’est-ce pas confronter inlassablement sa raison et sa curiosité à mille et un domaines ?
Notre numéro « De nos sensations à nos idées » s’ouvre sur le parcours de Patrice Tardieu qui nous propose une métaphysique fondée sur la sensation grâce à l’élaboration du concept de caresse. Cet axe de recherche nous mène de l’empirisme de Condillac au sensualisme métaphysique de Lévinas en passant par Sartre. Réza Moghaddassi scrute la métaphore du regard à la recherche d’un au-delà existentiel des sensations et des idées. Cet article envisage trois manières de modifier notre manière d’être au monde et avec autrui : la philosophie, la poésie, et la spiritualité. L’accent est mis sur le bouddhisme et des comparaisons avec d’autres traditions. L’article d’Yves Mayzaud porte sur la constitution du réel, sur l’action de notre conscience en direction de l’objet visé, de l’objet à connaître. Cette réflexion nous livre l’un des acquis majeurs de la phénoménologie : la problématique husserlienne des Idenn et la critique de la notion classique de représentation. Céline Tarrade propose pour sa part une exploration de la « terra incognita des phénomènes psychiques », et éclaire les enjeux de l’intuition chez Bergson qui se veut un mode de connaissance autonome et distinct de l’entendement.

Nous terminons avec la philosophie analytique, et plus exactement avec des problèmes relatifs à la philosophie de l’esprit et à la psychologie basés sur l’étude de la cognition. Isabelle Thézé , par l’étude des relations du cerveau et de l’esprit, brosse à grands traits un tableau des débats fondamentaux qui agitent les chercheurs dans ce domaine. Le préjugé qui consiste à accuser ce type d’approche de « réductionnisme naïf » méconnaît ainsi les tensions et débats argumentés qui s’y déroulent. Enfin l’article de Thomas Marcy nous confronte à l’enjeu philosophique de la notion psychologique de modèle mental par l’analyse et la critique de l’une des plus importantes théories récentes de l’interprétation que l’on doit au psychologue Johnson-Laird.

Comme à l’accoutumée, nous espérons que la diversité des articles tant par leur contenu que par leur style permettra à chacun de profiter pleinement de ce nouveau numéro. Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter bonne lecture et à vous adresser nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

Yashar Saghaï

Notes

1: Il s’agit de l’Essai sur l’entendement humain de Locke (retour)
2: Nouveaux essais sur l’entendement humain, pp 37-38, GF-Flammarion, 1990. (retour)
 
 



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 N° 6, octobre 2000, Ecrire et lire

- Lire entre les lignes, par Sandrine Moreau
- Stratégies de lecture et d’écriture chez Michel Foucault, par Audrey Techer
- Montaigne : autoportrait au livre, par Jérôme Vasseur
- Le jeu et le destin, lecture de Nietzsche, par Arnaud Bonnefoy
- Lire et écrire chez les Indiens d’Amérique du Nord : sur les relations existant entre les différentes phases du rêve visionnaire et le concept de devenir, par Philippe Rozin

Argument

Ecrire et lire, deux actes, l’un de production l’autre de réception comme si le lecteur n’était que le réceptacle neutre d’un sens. Or un mot résonne, consone avec les autres, avec son histoire chez l’auteur mais aussi dans l’esprit du lecteur. Ecrire et lire ne peuvent donc être dissociés. Je crée le texte que je reçois puisque je l’interprète. Dans les mots d’un auteur, je saisis autant ce dernier que ce que je projette de moi sur son texte. Le lecteur est ainsi acteur et auteur de sa lecture. D’ailleurs le texte invite lui-même par ses sous-entendus, ses implicites, ses non-dits à créer, imaginer ce qui est à lire entre les lignes. Que dire alors de l’auteur ? N’est-il pas lui aussi lecteur : interprète de lui-même, lecteur de ce qu’il imagine être la réception de son lecteur ? Nous écrivons et lisons des mots mais plus largement ces deux actes qui se produisent réciproquement, sont des actes d’interprétation. Voir le monde, l’expliquer, le ressentir, c’est déjà l’écrire. C’est pourquoi nous vous invitons à lire entre nos lignes, à découvrir comment certains auteurs s’écrivent eux-mêmes ainsi qu’à voir le monde sans plume ni papier des Indiens d’Amérique du Nord.

Isabelle Dumoulin
 
 
 



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 N° 5, mars 2000, "Violence"

- Quand le tissu social se déchire : essai d'élucidation d'une nouvelle forme de violence.
- L'Etat et le « droit » à la violence, la constitution de la violence légale selon la sociologie de Max Weber
- L’art et la violence : « au nom du corps »
- Le sens de la violence et son usage dans la relation maître-disciple
- « Tat Twam Asi » : la pitié et la cruauté, lecture de Schopenhauer
- Ascèse et subversion : la violence des cyniques grecs

Argument

Détruire, opprimer, exprimer, créer ?

Violer, violenter, faire violence, autant d’occurrences de la violence qui lui assignent une fonction simplement destructrice, dévastatrice, voire nihiliste. Agir violemment peut aisément avoir pour conséquence la destruction de ce vers quoi se dirige l’action, la négation serait alors l’essence de la violence. Pourtant les matières inertes et vivantes se caractérisent par la lutte et la production de forces. La vie est mouvement. La matière dans son ensemble ne parvient à l’inertie que par l'opposition de forces égales. Dans cette perspective, la violence comprise comme énergie et force serait le principe même de la nature.
Toutefois, la violence ne se réduit pas au mouvement, elle est force de rupture. Aimer, désirer, entrer en action seraient ainsi des actes violents parce qu’ils passent par la modification soudaine d’un état psychologique, physique, intellectuel, politique, etc. Reste à savoir si la rupture est créatrice ou destructrice. Pour devenir aimant ne faut-il pas se faire violence puisque au-delà de l’attirance pour une personne peut apparaître la décision d’y donner suite, la création d’un nouvel ordre affectif ? Pour créer une idéologie politique nouvelle, ne faut-il pas transgresser un état de fait et de droit ? De la vie psychologique d’un homme au comportement d’une société, l’essence de la violence est alors d’être révolutionnaire. Pour prendre un autre exemple, le dialogue philosophique mené par Socrate ou même un professeur dans sa classe vise certes à se rapprocher du vrai mais par la destruction d’idées reçues, non fondées. Les irruptions scandalisées de Polos et de Calliclès face à Socrate dans le Gorgias offrent une grande parenté avec l’exaspération violente que peut provoquer, entre autres, le cours de philosophie. L’avancée du disciple passe par sa nécessaire déstabilisation.

Dira-t-on alors que toute violence est légitime car médium créateur ? Ce serait bien sûr oublier que la force de rupture peut être sans horizon, sans finalité. L’éclatement de la violence est alors le symptôme d’une crise. De même que la violence démente est un symptôme psychiatrique, la violence sociale n’est-elle pas le révélateur d’une société parvenue à un point de rupture, d’une société qui ne peut plus être harmonieuse. La violence symptomatique, si elle peut être sans finalité, rejoint la violence créatrice car elle appelle au changement. Ainsi, faire l’explication d’une violence adolescente croissante, c’est faire un diagnostic social qui ouvre la voie de l’invention d’une nouvelle société. En d’autres termes, peut-on envisager une « fracture sociale » de façon strictement médicale, c’est-à-dire se contenter de vouloir la résorber, l’atténuer, sans changer fondamentalement les principes du corps qui l’a produite, c’est-à-dire sans changer radicalement de corps ?
Que l’on envisage la violence comme élément essentiel du changement ou comme provocation au changement, c’est prendre le parti d’une violence positive dans son essence ou dans ses effets. Ce parti pris est-il sérieusement défendable dès lors que l’on se tourne vers la violence légale, qu’il s’agisse des forces policières, armées ou même de l’article 49-3 de notre Constitution ? Si l’on peut disserter sur l’utilité de forces de répression et de contrôle, on peut davantage s’interroger sur la nécessité de telles forces. Sont-elles liées de façon essentielle à l’existence de toute société ? L’état de société ou état civil par opposition à l’état de nature mythologique ne peut-il exister qu’avec une violence légitimée, fondée par la loi ? On pourra dire que ces forces sont créatrices d’ordre. Le problème est dans la définition même de l’ordre. La violence légale est peut-être bien davantage une force de canalisation des conflits que de création d’harmonie, une force de sécurité bien plus qu’une force de paix. L’allusion à l’article 49-3 offre une autre approche de la violence légale. Le politique ne doit-il pas parfois être l’inventeur au lieu d’être le suiveur ? L’invention politique et sociale peut ainsi avoir besoin d’une arme légale pour s’imposer, s’opposer à l’état d’une société. L’imposition politique ne peut bien sûr pas être un principe puisqu’elle ouvre directement la voie de l’abus de pouvoir mais qu’une démocratie se soit dotée d’un tel outil suscite un questionnement sur sa légitimité.

En définitive chercher à se saisir de la violence, c’est peut-être davantage s’interroger sur ce qui la produit, ce qu’elle exprime et ce qu’elle crée que sur ce qu’elle détruit. Les violences affectives, physiques, intellectuelles, morales, sociales, politiques, destructrices ou oppressives sont-elles toutes de la violence parce qu’elles seraient des forces de rupture et de création ?
Isabelle Dumoulin
 
 
 



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 N° 4, novembre 1999, "Vie et matière"

Sommaire

- Sein, sperme, scybales ; objets abjects par Patrice Tardieu pages 3-15
- La vie comme communion de l’homme et du monde, rencontre de l’autre par Arnaud Bonnefoy pages 16-24
- Monde des fées et des dieux : vie de l’homme, de la bête, du brin d’herbe et du caillou ou l’humanité du surnaturel. par Isabelle Dumoulin pages 25-32
- L’émergence du vivant et de la conscience par Christian Ly Cong pages 33-40
- Bergson : la vie comme paradigme par Christine Mauran pages 41-56
- Charles Linné et l’équilibre de la nature par Paul Mazliak pages 57-67
- Spinoza : une philosophie sous influences ? par Yashar Saghaï pages 68-70
 

Argument

 Dans ce numéro, les différents auteurs mènent une exploration de la vie en suivant des voies aussi bien mythologiques que scientifiques. La vie se distingue-t-elle radicalement du monde de la matière inerte ou bien n'est-elle qu'une forme complexe de matière? Faut-il distinguer le vivant du reste de la nature ou au contraire intégrer sa compréhension dans une vaste histoire naturelle? La question est donc de savoir si la vie doit être pensée séparément de la matière voire par opposition avec elle. Outre ce problème apparaît celui des différentes formes de vie. Qu'est-ce qui fait la spécificité de la vie humaine? Comment peut-on expliquer l'émergence de la conscience? L'existence est-elle indéfinissable, insaisissable ou bien peut-on tenter un approche de la vie humaine par la matière qu'elle produit telle que sa sueur, ses rognures d'ongles...
 
 
 



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 N° 3, février 1999, "L'art"

Sommaire

- L’Art Brut, aux frontières de l’Art
- Pour une approche pragmatiste de l’art (relecture de J. Dewey et L. Wittgenstein)
- Univers esthétiques, une approche ensembliste
- Une lecture hégélienne de l’art moderne : l’art moderne comme agonie de l’art romantique
- L’art et la ville
- L’émotion musicale
- L’ambition esthétique de Richard Wagner

Argument

Notre objectif initial était de créer un espace public d'écriture qui soit en même temps un espace de formation philosophique. En effet, l'essentiel des parutions est réservée aux personnes déjà reconnues, notamment par le milieu universitaire. Nous ne voulions pas d'une revue exclusivement parisienne mais au contraire d'une revue ouverte géographiquement et intellectuellement. A l'occasion de ce troisième numéro nos objectifs sont atteints. En effet, notre réseau de diffusion en librairie s'est encore élargi et les auteurs sortent du réseau amical qui fut notre point de départ. Ils sont professeurs ou étudiants, de Paris, Rennes ou Grenoble. A ce propos nous remercions les professeurs qui ont bien voulu assurer le relais auprès de leurs étudiants. Les auteurs ne sont pas tous de formation philosophique mais viennent aussi de l'histoire de l'art puisque notre projet intégrait l'intervention de non philosophes selon le tème choisi. A présent, il nous faut continuer à nous développer, notamment dans les villes universitaires. Nous attendons aussi la collaboration d'étudiants de premier cycle.

Le présent numéro est consacré à l'art. Les quatre premiers articles posent le problème de la définition de l'art. Y a-t-il des critères permettant de dire ce qui est de l'art et ce qui n'en est pas? Peut-on parler d'art quand il n'y a pas explicitement d'intention créatrice ainsi que dans l'Art Brut ? Selon quelle méthode peut-on dévoiler le sens d'une åuvre ? Que nous apporte une lecture de l'art comme mise en jeu de l'action du créateur et du spectateur? Par ailleurs deux articles étudient plus précisément la musique. Le premier propose une étude de l'émotion musicale: nous retrouvons-nous dans la musique ou est-elle créatrice d'émotions ? Le second se consacre à une étude des principes téoriques à l'úuvre chez Wagner. Ces différentes études ne s'interrogent nullement sur la rapport entre l'art et l'espace urbain, ce à quoi se consacre le cinquième article.

Nous remercions les auteurs de ce numéro pour leur collaboration active et attendons vos remarques, vos critiques, et vos propositions d'articles pour le prochain numéro.
 
 
 



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 N° 2, L’éducation, novembre 1998

Sommaire de L’éducation paru en novembre 1998 :

- L’intelligence s’éduque-t-elle ?
- L’intelligence et l’école : la scientificité de la psychologie en question. Lecture de Michel Foucault.
- Comment on éduque une machine… ou le déterminisme de La Mettrie face au problème de l’éducation.
- La nouvelle question de l’Université.
- Aux frontières du Je : L’éducation d’une

Argument
 

L'éducation en question

Dans l'éducation, la relation du pédagogue à l'élève se fonde sur la perspective d'une intelligence à développer. Que signifie donc ce terme?Actuellement il est perçu comme un concept opératoire formel, autrement dit un outil particulier pour comprendre, ce qui le rend, en principe, quantifiable. Cette conception est lourde de conséquences en pédagogie:comme le notait Hannah Arendt, le XXe siècle se caractérise par le développement d'une "science de l'enseignement en général au point de s'affranchir complètement de la matière à enseigner1". L'évidence immédiate de cette téorie ne doit pas nous faire perdre de vue son historicité2, qui nous engage à nous interroger sur sa légitimité et à réexaminer les frontières de ces concepts clefs, puisque l'Education, sous la forme institutionnelle de l'école, nous confronte au problème symptomatique de l'échec scolaire, et aux crises périodiques du système scolaire.

Par le biais des notes, des orientations, de la durée des études, l'école opère un tri entre les bons et les mauvais éléments. Quels sont les critères qui permettent de définir le mauvais élève et l'échec scolaire est-il imputable aux aptitudes "naturelles" de l'élève ou aux principes d'éducation mis en úuvre?En effet, l'école ne privilégie-t-elle pas certains types d'intelligence tels que la capacité à développer, à organiser, à structurer la pensée (en témoigne, en France, l'omniprésence de la dissertation)?Soit l'on pose que seul de développement de l'esprit est synonyme d'intelligence (au sens formel du terme), soit on choisit que les autres aptitudes (telles que l'activité créatrice ou la phronesis en tant qu'intelligence pratique qui ne sépare pas artificiellement la méthode et son objet) ne peuvent être enseignées, ne peuvent être le fruit d'une éducation car elles ne relèveraient que du don.

Cette opposition entre l'inné et l'acquis renvoie plus largement à la possibilité même d'éduquer l'individu. Celui-ci a-t-il des capacités définies dès la naissance ou bien peut-on former tout individu à tout?Le développement de l'individu est-il déterminé?L'institution scolaire n'évite-t-elle le constat de son échec en évoquant les capacités de l'élève?Les articles de Céline Belloq, Vincent Verjus et Romain Melot étudient les problèmes que sont la définition de l'intelligence, la mesure de l'intelligence et le déterminisme.

 L'Education pose également un problème d'ordre politique:quelle éducation pour quelle société? Former les individus permet de former une société, de conformer cette société à un projet politique. Cette formation peut aussi bien tenter de libérer l'esprit que l'endoctriner. A la question de la place de la liberté dans l'éducation s'associe celle de sa finalité et de son utilité. On peut fabriquer des outils au service d'une idéologie, sans même en avoir conscience, ou de besoins économiques. Cette dernière orientation se traduit par la professionnalisation des études. L'école peut-elle se faire le porte-parole des caprices de l'économie? On objectera avec raison que l'amour du savoir ne permet pas de se nourrir et qu'à défaut d'être rentier, il faut bien apprendre un métier. Cette question du travail, rendue aiguë par le contexte économique, remet en cause les formations générales et, plus encore, la nature des études universitaires. En effet, l'Université, notamment en Lettres et Sciences humaines, permet essentiellement de devenir professeur ou chercheur, ce qui ne concerne qu'une faible part des étudiants.

 Face à toute perspective de professionnalisation, les intellectuels lèvent en masse leur bouclier au nom du refus de l'utilitarisme. Cette doxa intellectuelle et philosophique revendique la défense de la liberté. Cependant, ne masque-t-elle pas une sorte de justification de l'activité de ces intellectuels qui ne tendraient qu'à se reproduire eux-mêmes, refusant que leur savoir serve à autre chose qu'à savoir?Est-il impossible de dépasser cette opposition entre valeur intellectuelle de l'inutile et nécessité d'être utile professionnellement?C'est en raison de ces questions et des critiques adressées à l'Université française que Guillaume Bachelay nous propose un état des lieux de l'Université pour penser sa refondation à partir du rappel de ses principes.

 Les différentes questions mentionnées ci-dessus sont toutes en relation avec l'institution scolaire. On peut toutefois penser l'éducation à échelle strictement individuelle à propos de la formation de la conscience. Stéphane Hanczyk fait une lecture du "connais toi toi-même" de Socrate comme guide de la constitution du je, modèle d'éducation.
 
 

Isabelle Dumoulin Yashar Saghaï
 
 

1 "La crise de l'éducation", in La crise de la culture, Paris, Gallimard, Coll. Folio essais, 1989, p. 234.

2 Voir Hans-Georg Gadamer, Philosophie de la santé, Paris, Grasset-Mollat, Coll. La grande raison, octobre 1998, chapitre 3:"Du problème de l'intelligence", pp. 55-70.
 
 
 
 



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 N° 1, février 1998, “ Méthodes et vérités ”

Sommaire
- La vérité comme dialogue et entente chez Gadamer
- Argument, preuve et démonstration chez Kant
- Les vérités d’un mathématicien
- Les fondements de la vérité du discours politique
- La conjecture comme voie d’accès à la vérité chez Rousseau
- La vérité de la vertu en question chez La Rochefoucauld

Argument

Méthodes et vérités

 S’interroger sur les voies d’accès à la vérité repose sur un présupposé : il n’y a pas de mode privilégié de la recherche de la vérité. Ainsi, le philosophe ne serait en rien supérieur au poète, par exemple. Il est assez courant d’entendre que seules la rationalité et la discursivité permettent de prétendre à la vérité. Si tel est le cas les propos des artistes sur la vérité sont vains, l’expérience visionnaire de Rimbaud est une illusion, la vérité recherchée par Giacometti est une plaisanterie. Afin d’être cohérent, il faudrait même conclure que certains modes d’écriture de la pensée tels que la maxime et l’aphorisme sont nuls et non avenus. On peut bien s’en tenir à cette position confortable pour le philosophe puisqu’elle confère à ce dernier ses lettres de noblesse. Toutefois, l’on peut faire le pari inverse : reconnaître des activités aussi variées que la création artistique, les sciences exactes et expérimentales, les sciences dites humaines, voire même les systèmes religieux, comme autant de formes que peut légitimement prendre la recherche de la vérité sans qu’il soit question d’une quelconque hiérarchie.
 Prendre ce parti soulève aussitôt un problème. Si autant d’activités ont la vérité comme horizon alors même qu’elles présentent des méthodes de recherche radicalement différentes, cela signifie soit que la vérité existe, mais qu’il y a des moyens de l’atteindre ce qui présente un hiatus entre la nature des moyens et la nature de la fin, soit que la vérité est une expression vide de sens et il faut alors parler des vérités.

 Les conséquences de cette alternative sont les suivantes. Pour éviter le hiatus mentionné, la seule solution est de formuler l’hypothèse qu’il y a autant de faces de la vérité que de modes de recherche de cette dernière. Personne ne sera donc en mesure d’affirmer chercher la vérité. Le résultat sera nécessairement partiel. Quant à la deuxième partie de l’alternative, elle semble légitimer une expression telle que « à chacun sa vérité ». Le relativisme résultant rend alors mystérieux tout emploi singulier et absolu du terme « vérité ». En résumé, pour déceler ce que cache le terme « vérité », on se retrouve face au choix suivant : une vérité protéïforme ou de multiples vérités.

 Le présupposé d’une telle question de méthode est que la vérité a un contenu déterminé, sinon comment serait-il possible de mentionner un hiatus entre la nature des moyens et la nature de la fin ? En réalité, on peut envisager que la vérité n’est qu’une sorte de concept limite fonctionnant comme horizon de toute quête, de toute recherche. Ainsi, la vérité serait vide de contenu. En effet, si, pour nous, elle présentait un contenu, il n’y aurait plus lieu de chercher. Ce concept limite ne serait que la représentation de la totalité du savoir. D’ailleurs, Einstein ne dit pas autre chose quand il évoque la limite idéale, toujours cherchée et jamais atteinte par le scientifique, qu’est la « vérité objective ». Dans certains systèmes de pensée, le rôle de la vérité est joué par Dieu tel que le Dieu leibnizien qui seul embrasse la totalité des points de vue.

 Toutefois, la question de savoir si la vérité est vide ou déterminée est une question classique puisqu’elle considère la vérité comme une abstraction que l’on peut chosifier voire même personnifier. Ce processus est rendu possible par une distinction formelle entre la fin et les moyens. Cette distinction a-t-elle un sens ? Ne faut-il pas plutôt considérer les différentes méthodes de recherche comme constitutives de la vérité dans leur domaine. Ainsi, la vérité, au lieu d’être un horizon absolu, ne serait à chaque fois qu’une vérité particulière constituée par une démarche particulière. En effet, la « vérité objective » mentionnée par Einstein n’est que la vérité des phénomènes physiques. Par conséquent, chaque domaine pour dévoiler son objet doit élaborer une méthode adéquate. Le problème que soulève la vérité n’est donc pas tant l’alternative « une vérité ou des vérités » que la question de l’adéquation entre un objet à dévoiler et la méthode de dévoilement.

 C’est pourquoi, les articles que nous vous proposons ont pour axe problématique principal la méthode employée pour une vérité particulière. Certes, ces articles ne sont pas exhaustifs. Certes, ils ne sont que l’œuvre de philosophes en formation. Nous espérons toutefois que vous y trouverez un réel intérêt et que vous nous ferez part de vos critiques, objections, ou compléments d’information que nous pourrions insérer au prochain numéro.

                   Isabelle Dumoulin
 

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