Philosophie
Académie de Toulouse

Appel à communications journées d’étude "Penser avec le corps" (ERRAPHIS/LLA)

jeudi 7 novembre 2013

PENSER AVEC LE CORPS
Projet de journée d’étude. Sara Bédard-Goulet (LLA), Anne Coignard (ERRAPHIS)

Comment questionner la relation que l’art – qu’il soit littéraire, plastique, chorégraphique, musical – entretient avec l’éthique ? Comment définir l’éthique, aussi, au regard de la création artistique, dans sa diversité, et au regard de la diversité des pratiques de réception ?
Il pourrait sembler aller de soi que les œuvres littéraires, parce qu’elles mettent en scène des situations humaines, ont quelque chose à dire de l’éthique. La dimension éthique de la littérature, alors, se dessine comme la sollicitation qui nous est faite, par ces œuvres, de poser des questions morales, d’interroger, en leur lieu, les manières d’agir qui y sont proposées à l’examen. Mais l’éthique n’est-elle en jeu dans les œuvres que si celles-ci posent explicitement, ou permettent de poser, des questions éthiques ? Surtout, qu’en est-il des autres disciplines artistiques ?
Nous souhaitons, dans cette journée d’étude, prendre en compte la diversité du champ artistique en faisant l’hypothèse que cela nous permettra de problématiser ce que l’on peut entendre par « éthique ». C’est en partant de ce désir d’ouverture du champ de la question que nous proposons, pour interroger les relations de l’art et de l’éthique, de partir du corps : qu’est-ce que les arts et la littérature, considérées du point de vue du corps, peuvent apporter à une réflexion sur l’éthique ?
Le terme d’éthique, renvoyé à son étymologie, fait signe vers l’ethos. Lorsque Platon aborde cette question, notamment dans la République, c’est d’abord de la musique qu’il est question et de son rôle indispensable dans l’éducation. La musique nous dispose d’une certaine manière, elle informe notre âme : par elle, se joue notre intériorisation d’un certain ethos, d’une manière d’être ou de se tenir. Avant d’être ce sur quoi nous pensons, un thème, l’éthique désigne donc comment nous sommes, ou comment nous sommes disposés, devant le monde et ce que nous avons à y faire, par notre rencontre avec les œuvres. Celles-ci donc, avant de nous donner à penser, nous donneraient à être. Partir du corps, pour nous, c’est donc proposer de penser notre relation avec les œuvres à partir de ce qu’elles nous font – à partir de ce qu’elle provoquent en nous et de ce qu’elles nous font être. En considérant notre manière d’être, l’éthique nous invite à considérer la relation à l’œuvre artistique comme une conduite, qui prend place au cœur des façons d’être et des façons de faire des individus. Et il s’agit de questionner comment des manières de penser naissent dans le corps.
Telles que nous souhaitons l’interroger, la pensée, telle qu’elle se joue dans ou à partir des arts, exige que soient tenues ensemble manières de penser, manières de sentir et de se mouvoir, déploiement de la pensée et déploiement d’une manière d’habiter son corps. Le problème, pour tenter de le nouer, est le suivant : comment suis-je dans mon corps lorsque je suis, aussi, à l’œuvre – pour la créer ou la recevoir ? Qu’est-ce qui circule entre le corps de l’artiste, celui de son œuvre et celui du récepteur ? Comment ce dernier commencer à penser à partir de ce que l’œuvre lui fait, ouvrant pour lui la possibilité d’une nouvelle gestuelle ?
Et, partant, dans quelle mesure ce qui advient dans le corps est-il l’enjeu d’une subjectivation, pour le créateur comme pour le récepteur ? En quoi l’expérience artistique peut-elle être le lieu d’émergence d’un sujet éthique ?

Parmi les pistes de réflexion possible, on pourra envisager :
- De quel corps parle-t-on à chaque fois ? À quelle époque, dans quelle culture ? À quel âge
de la vie ? Parle-t-on d’un corps sain ou malade, vivant ou mort
- Parle-t-on d’un corps genré ? Et comment l’expérience des œuvres travaille le genre ?
- Doit-on parler du corps ou des corps ? Comment articuler une réflexion générale sur l’importance du corps dans l’expérience artistique et la pluralité des corps singuliers qui sont en jeu à chaque fois ?
- Comment l’œuvre retravaille-t-elle des corps déjà constitués, en cours de constitution ou des corps imaginaires ?
- Et comment, agissant sur nos pratiques corporelles, elle agit sur la manière dont nous pensons notre corps ? Dans quelle mesure peut-elle ainsi questionner les normes qui s’imposent habituellement à nos corps ?

Les propositions de communication en français (environ 250 mots) mentionnant les coordonnées des auteurs (nom, affiliation, adresse courriel) sont à envoyer jusqu’au 6 janvier 2014 aux
organisatrices : Anne Coignard (anne.coignard@gmail.com) ou Sara Bédard-Goulet (ichbinsara@gmail.com). La durée des communications sera de 20 minutes.


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