Pierre-Marie a eu un
jour l'occasion de consulter notre site. Il a laissé un message sur notre forum
!
Le début d'une belle histoire entre un écrivain et ses jeunes (et moins jeunes
!) lecteurs...
Un grand merci pour
sa gentillesse et sa disponibilité !
Réseau d’écoles Vère-Grésigne - Mai
2003
Questions à Pierre-Marie BEAUDE – Auteur du livre « OCRE »
(Synthèse des questions des 4 écoles)
Biographie
de l’auteur :
(provenant du livre « La maison des lointains » - Editions
Gallilmard)
Cette biographie répond déjà
à un certain nombre de questions non reprises dans le questionnaire.
Né
en 1941, Pierre-Marie Beaude passe sa jeunesse à Cherbourg puis poursuit
ses études supérieures en France et en Italie. Professeur à l'université de
Metz, il enseigne
également au Canada.
Il est spécialiste du judaïsme ancien et des origines du
christianisme, connaît le grec, le latin, l'hébreu, l'araméen et pratique
l'allemand, l'anglais et l'italien. Ses études universitaires l'ont conduit
dans les pays du Proche-Orient: Turquie, Syrie, Liban, Jordanie, Israël, Egypte.
Il a fait aussi plusieurs séjours en Afrique noire, au Maghreb, et parcouru le
Sahara.
Ses romans reflètent sa passion
pour les grands espaces et sa connaissance des cultures anciennes.
Pierre-Marie
Beaude a déjà publié:
*
FLORA, L'INCONNUE DE L'ESPACE
(Flammarion)
* LE SIGNE DE L'ALBATROS
(Flammarion)
et chez Gallimard jeunesse:
* LE MUET DU ROI SALOMON (Prix
Erckmann-Chatrian 1991)
* ISSA, ENFANT DES SABLES (Grand
Prix 1996 du comité français pour l'UNICEF)
* OCRE
* CŒUR DE LOUVE
Et
pour les adultes:
* LE VEILLEUR DE CIBRIS
* MARIE LA PASSANTE
* SIMPLES POTRAITS AU FIL DU TEMPS.
Questions
sur votre métier d’écrivain :
1) D’où vient
votre passion de l’écriture ? A quel âge avez-vous écrit votre
premier livre et comment êtes-vous devenu écrivain ?
Quand
j'étais à l’école, j’adorais faire des
rédactions. Ensuite, j’ai fait de longues études,
et j’ai dû attendre longtemps avant de pouvoir écrire. J’ai publié mon
premier livre vers l’âge de 40 ans. C’est le journal Okapi qui m’a permis
de devenir écrivain puisque son rédacteur-en-chef m’a demandé un jour d’écrire
des histoires. Après, j’ai continué en écrivant des romans plus longs.
2) Comment s’appelle
votre premier livre ? C’est
Flora, l’inconnue de l’espace, en Castor-Poche.
3) Ecrivez-vous à la main
où à l’ordinateur ?
Les deux. Je
gribouille mes idées dans des carnets ou des cahiers que je transporte toujours
avec moi. Ensuite, je passe à l’ordinateur. J’imprime, je corrige à la
main, et je remets de nouveau sur ordinateur. Je peux faire ce travail de
va-et-vient neuf ou dix fois pour un roman.
4) A quel(s) moment(s) de
la journée écrivez-vous ?
L’été,
j’écris toujours le matin. Si je me réveille vers quatre heures, j’écris,
puis je me recouche vers neuf heures pour me réveiller vers midi. Durant
l’année scolaire, j’écris un peu tout le temps, le matin ou l’après-midi.
Rarement le soir.
5) Est-ce que vous lisez d’autres livres pour avoir des idées pour écrire
vos livres ?
Je ne lis pas
pour avoir des idées, mais pour le plaisir de lire et de voyager avec les
livres des autres auteurs. Si cela me donne des idées, tant mieux...
6) Est-ce que des gens travaillent avec vous ?
Surtout pas !
C’est comme si, quand vous faites du football, quelqu’un jouait à votre
place ; ou quand vous faites de la danse, quelqu’un vous volait votre tour !
7) Ecrivez-vous d'autres romans actuellement ?
Mon prochain
roman va paraître le 15 mai, il s’appelle Jeremy cheval. Actuellement, j’en
écris un autre, et j’attends le mois de juillet pour pouvoir lui consacrer du
temps.
8) Est-ce qu'il est difficile d'écrire ?
Écrire
demande beaucoup de temps, et beaucoup de savoir-faire. Plus on écrit, mieux on
sait écrire. Mais avant tout, écrire est une passion. Une passion, cela rend
très heureux, mais c’est aussi parfois une source de douleur. Dans mes
romans, j’affronte des questions douloureuses, car à travers mes personnages,
ou plutôt grâce à eux, je m’explique avec mes peurs, mes angoisses, mes désirs.
Questions relatives au livre « Ocre » :
9)
Qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’écrire ce roman ?
Ce roman est
une commande du directeur littéraire de la collection “Page Blanche”,
Jean-Philippe Arrou-Vignod. “Page Blanche” fêtait ses dix ans
d’existence. J.-P. Arrou-Vignod a demandé à dix écrivains de choisir chacun
une couleur et d’écrire une histoire à partir de cette couleur. J’ai
choisi ocre, ocre comme la terre africaine.
10) Combien de temps avez-vous
mis pour écrire « Ocre » ?
Je ne me
rappelle plus. Deux ou trois mois sans doute, mais en n’y travaillant pas tous
les jours.
11) Pourquoi avez-vous choisi le thème de la différence et du respect ?
Je ne choisis
pas de thème. Ce sont plutôt des images, des mots, des rythmes qui me viennent
en tête. Le thème de la différence et du respect s’inscrit dans mon récit,
mais c’est mon lecteur qui le découvre. Moi je ne me dis pas, avant de
commencer mon roman : “tu vas écrire sur le respect”. Quand j’écris, je
vois papa M’Bo, je vois Lise Makouta ; il naissent en moi et je vis avec eux.
Ce sont eux qui conduisent mon lecteur vers la réflexion sur la différence et
le respect.
12) Pourquoi avoir choisi cet enfant comme personnage principal ?
Je ne sais
pas. Quelquefois, le personnage s’impose très facilement à mon esprit, et
d’autres fois, il faut attendre plusieurs semaines.
13) Comment avez-vous choisi les noms des personnages ?
Cette question
est très importante. Dès que vous donnez un nom à vos personnages, ils se
mettent à vivre. Je n’ai généralement aucune difficulté à trouver le nom
d’un personnage. Il s’impose presque aussitôt. Mes lecteurs m’ont fait
remarquer que Papa M’Bo, cela ressemble à Pierre-Marie Beaude (PMB), mais je
ne l’avais pas remarqué !
14) Existent-ils réellement ou sont-ils inspirés d'une légende ?
Non, je les ai
inventés. Mais ils sont vrais, puisque j’y ai mis de ma propre vie !
15) Où se trouve le fleuve Ogombo ?
Je l’ai
inventé. Il peut être partout en Afrique noire.
16) Est-ce que l’histoire de « Ocre » représente un
événement de votre vie ?
Ocre est ce
qu’on appelle un “roman d’initiation” ou encore un “roman
d’apprentissage”. Il décrit le passage toujours difficile de l’enfance à
l’état adulte. Ce passage s’appelle l’adolescence. Doumo est appelé à
quitter le monde de l’enfance et à devenir un adulte, à se marier et à
chercher le chemin qui conduit au heureux. Il passe par une épreuve douloureuse
; il est un peu comme un papillon qui quitte la chrysalide. Je n’aurais pas pu
l’écrire si je n’étais pas passé moi-même par ce stade de
l’adolescence.
17) Savez-vous combien de livres « Ocre » a vendu
votre éditeur ?
Ocre a été
édité une première fois à 7900 exemplaires dans la collection Page
blanche. Il a été réédité en Folio junior à 12.000 exemplaires. Ce tirage
n’est pas épuisé.
18) Pourquoi le titre est-il « Ocre » ? Si vous ne
l’aviez pas appelé ainsi quel autre nom auriez-vous pu lui donner ?
Je l’ai
expliqué plus haut, à la question 9.
19) Est-ce que l’Afrique
est votre continent préféré et avez-vous écrit d’autres histoires sur
l’Afrique ?
J’aime
beaucoup l’Afrique. J’ai écrit deux autres romans africains : Issa, enfant
des sables, qui se déroule au Sahara, et La maison des lointains qui se déroule
en Namibie. J’ai écrit aussi sur l’Amérique du Nord. Cœur de Louve a pour
scène le Canada et Jeremy cheval se passe au Montana (USA). Je vais souvent au
Canada. J’aime les grands espaces de cet immense pays, et j’aime aussi le
fleuve du Saint-Laurent qui est immense. Au Canada, j’aime aller observer les
ours, les élans, et aussi les dauphins et les baleines.
20) Avez-vous eu du
plaisir à écrire ce livre ?
Si je vous répondais
non, vous seriez... bien attrapés !
Questions
diverses :
21) Avez-vous des enfants ?
Des centaines.
Tous ceux qui lisent mes livres sont mes enfants.
22) Est-ce que vous allez
dans des écoles pour lire votre livre ?
Pas pour le
lire mais pour en parler, oui.
Et enfin…
23) Est-ce que ça vous rend
heureux qu’on fasse un spectacle sur votre livre ?
Oui, je suis
très content. Et je suis très heureux de voir combien vous mettez de passion
et de forces dans la préparation de votre beau spectacle. Je vous félicite du
fond du cœur. Ce livre, maintenant, vous appartient.
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