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Echanges avec Olivier KA, écrivain
Questions sur sa vie d'auteur
Questions posées par les élèves de l'école de Giroussens - Tarn - FRANCE :
1) A quel âge avez-vous commencé à écrire ?
J'ai commencé à prendre plaisir à écrire de courtes histoires à l'adolescence. Puis, à vingt ans, je suis devenu journaliste, j'ai écrit durant quelques années dans les journaux avant de me mettre à réaliser des romans.
2) Où travaillez-vous ?
Chez moi. J'ai beaucoup déménagé et à chaque fois, je me suis installé dans un petit coin, soit dans ma chambre, soit dans le salon. Maintenant, avec ma femme, nous sommes en train de restaurer une vieille maison et je vais enfin avoir un vrai bureau.
3) Ecrire est-il le métier que vous souhaitiez faire ?
Pas vraiment. Tout petit, je voulais être clown. Et puis comédien. J'ai fait beaucoup de théâtre - j'en fais d'ailleurs encore aujourd'hui - avant de me rendre compte que j'aimais écrire par dessus tout.
4) Votre métier est-il difficile ?
Je pense que oui, car c'est difficile de se faire éditer. Ecrire un roman pose également plein de problèmes qui semblent parfois insurmontables. On se prend beaucoup la tête durant l'écriture d'un roman.
5) Auriez-vous aimé faire un autre métier ?
Oui, bien sûr, il y a des tas de métiers passionnants. J'aurais aimé avoir un métier qui me donne l'occasion de voyager. Mais l'écriture permet de s'inventer plein de vies, et même de voyager (dans sa tête...).
6) N’écrivez-vous que des romans ?
Non, j'écris beaucoup de nouvelles (des courtes histoires), des contes, des chansons et des scénarios de bande-dessinée.
7) Combien de romans avez-vous écrit ?
Une trentaine pour l'instant. J'ai écrit beaucoup de romans courts, pour les jeunes enfants, et depuis quelques années je préfère en écrire des plus gros, pour les adolescents.
8) Quel a été votre premier livre ?
Mon premier roman était destiné aux adultes, c'était une horrible histoire de mort-vivant qui s'appelait : "Je suis venu te dire que je suis mort". Le roman a été racheté il y a des années par un producteur qui voulait l'adapter au cinéma. Peut-être que ça se fera un jour...
9) Quel a été votre plus gros succès et votre plus gros échec ?
Ma dernière bande-dessinée : "Pourquoi j'ai tué Pierre" mise en image par Alfred, semble être bien partie pour devenir un succès. C'est une histoire pour adultes. Elle est sélectionnée pour des prix importants en BD, mais on n'a pas encore les résultats. Elle va être traduite en espagnol, en allemand, en norvégien et peut-être aussi en italien. Mon plus gros échec est une autre bande dessinée, pour les enfants, qui s’appelait : « C’est l’homme qui dit qui y est ».
10) Quel genre de livres aimez-vous le plus faire ?
Cela dépend des moments. Je ne travaille pas sur commande, c'est à dire que j'écris ce que j'ai envie, quand j'en ai envie. Donc, à chaque fois que je commence un nouveau livre, c'est celui-là que j'ai le plus envie d'écrire à ce moment-là. J'ai écrit pas mal d'histoires fantastiques, maintenant je n'ai plus trop envie d'en faire, je prends plus de plaisir à réaliser des histoires qui racontent les rapports entre les gens, les ados et leurs parents, par exemple.
11) Peut-on comparer votre littérature ( style) et celui de Gudule ?
Concernant certains livres, oui, mais pas tous, loin de là. Par moment, bien sûr, nous avons des univers assez proches, mais plus le temps passe, plus mon propre style se dessine. Heureusement, d'ailleurs, sinon on passerait notre temps à nous comparer, et ça n'est pas toujours très agréable pour moi.
12) Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Tout m'inspire : ce que je vois, ce que j'entends, ce que je rêve, ce dont j'ai envie, ce que j'aimerais faire, les films que je regarde, les livres que je lis, etc. L'inspiration c'est juste être disponible pour se raconter des choses à soi-même. Je suis tout le temps prêt, donc n'importe quoi peut déclencher une idée chez moi, quelqu'un que je croise dans la rue, une musique que j'entends, n'importe quoi. Par contre, quand j'ai un problème de scénario et que j'ai besoin de réfléchir, je vais me promener dans les bois avec mes chiens (j'ai deux petits chiens complètement idiots qui adorent se promener). En général, le fait de marcher comme ça m'aide beaucoup à réfléchir à mes histoires.
13) Voyagez-vous en écrivant vos livres ?
Je vis tout ce que j'écris. Donc, selon ce que vivent mes personnages, je voyage, je souffre, je tombe amoureux, je suis heureux, malheureux. Pour pouvoir décrire des scènes et faire naître des images et des émotions chez le lecteur, il faut forcément ressentir tout ça au fond de soi, sinon on ne peut pas trouver les mots justes. C'est pour ça qu'écrire peut être un grand bonheur mais aussi être dangereux pour le moral.
14) Pourquoi êtes-vous inspiré par le thème du voyage ?
J'aime voyager, découvrir les autres, sentir de nouvelles odeurs, voir de nouvelles couleurs. Tout ce que je ressens durant mes voyages me remplit de matière que je peux ensuite utiliser dans mes romans. Je crois que plus on vit les choses, mieux on les raconte.
Questions posées par les élèves de l'école de Roquemaure - Tarn - FRANCE :
1) Êtes vous plutôt un écrivain « rapide » ou « lent » ?
Cela dépend des moments. Dans un roman, il y a des passages faciles que j'écris rapidement, et d'autres difficiles que je mets beaucoup plus de temps à réaliser. Mais quand je parle de ma production avec d'autres écrivains, je me rends compte, c'est vrai, que je fais plutôt partie des écrivains rapides.
2) Est-ce que votre maison d'édition vous impose d'écrire ?
Non, j'écris ce que j'ai envie et ensuite c'est moi qui le propose à une maison d'édition. Il y a des tas de maisons d'éditions en France, c'est plutôt moi qui choisis à qui je soumets mon texte. Et si une maison d'édition me le refuse, je propose à une autre.
3) Est-il possible d'introduire du suspense dans la littérature pour enfant, puisque le lecteur sait que ça se termine très souvent bien ?
Le suspens n'a rien à voir avec le fait que l'histoire se termine bien ou mal, c'est ce qui arrive au personnage tout au long du roman qui crée le suspens. Et puis, les histoires ne se terminent pas toujours bien... si ?
4) Pourquoi les auteurs de jeunesse choisissent-ils le plus souvent d'écrire des fins heureuses ?
Wouah... c'est difficile, ça, comme question. Peut-être que les éditeurs préfèrent déclencher de la joie plutôt que de la tristesse chez les jeunes lecteurs. Peut-être aussi que les lecteurs préfèrent, eux, quand ça termine bien... En fait, je ne sais pas vraiment. C'est vrai que moi aussi, quand je crée un problème dans une histoire, j'ai tendance à chercher une solution plutôt positive. Peut-être que les auteurs sont de grands enfants qui aiment bien les fins heureuses.
Questions posées par les élèves de l'école de Ploumagoar - Côte d'Armor - FRANCE :
1)
Avec quoi écrivez-vous ?
J'écris à l'ordinateur pour pouvoir
retravailler mes textes en permanence. A la main, je note des idées, je fais
des dessins mais je n'écris pas de longs textes. J'ai tellement l'habitude
d'écrire avec un ordinateur que c'est beaucoup plus facile pour moi que
d'écrire à la main.
Questions posées par les élèves de l'école Henri Matisse de St-Sulpice - Tarn - FRANCE :
1) Vos grands-parents paternels ou maternels étaient-ils auteurs ?
Non, mais en revanche la fille de mes grands-parents maternels (donc ma maman) est écrivain. Cela dit, son père a été ami intime de Hergé (le créateur de Tintin) et l'a aidé pour créer plusieurs éléments de ses bandes dessinées (comme la Licorne, un bateau que l'on trouve dans Le Secret de la Licorne et Rackham le Rouge).
2) Quel est le premier roman que vous avez lu et qui vous a donné l’envie de vous plonger dans la littérature (lecture, écriture) ?
C'était un roman de science-fiction qui s'appelait "Les Voies d'Anubis" de Tim Power, un américain. Ensuite, il y a eu les romans de Stephen King. Mais surtout, il y a eu des chansons, celles de Richard Gotainer et Dick Annegarn qui m'ont donné envie d'écrire.
3)
De quelle(s) manière(s) écrivez-vous les romans : vos manuscrits sont-ils écrits
à la main ou à l’ordinateur ? Pourquoi ?
Voir question 1) de l'école de Ploumagoar.
4) Quels sont vos auteurs préférés de romans et de BD ?
ça dépend des moments. Actuellement, j'adore un auteur jeunesse que j'ai rencontre que j'apprécie beaucoup : Jean-Claude Mourlevat (son dernier roman, Le Combat d'Hiver, est une merveille, je vous le conseille vivement). En BD, la série Philémon de Fred, et Spirou et Fantasio de Franquin.
5) Gudule a écrit Gringo’s Bar car elle voulait libérer un léoncito lors de son voyage en Equateur, mais elle n’a pas pu le faire (culture du pays). Comme elle, avez-vous essayé d’arrêter de fumer dans le roman « avant le nuage », car vous n’y arrivez pas dans la réalité ?
Exactement. J'essaye depuis des années, j'en suis à ma trentième tentatives au moins, mais je fume toujours. Un jour, j'y arriverai... enfin j'espère.
6) Le respect de l’environnement nous préoccupe beaucoup, quels sont vos gestes quotidiens qui influent sur la protection de notre planète ? Si vous le pouviez, que feriez-vous pour préserver la nature, la terre, à une plus grande échelle ? Et dans vos livres..?
Je fais ce que je peux... Je trie mes déchets, j'économise l'électricité, je me chauffe au bois (j'aurais bien voulu me chauffer au solaire mais dans mon village, on ne peut rien installer sur les toits, les maisons sont classées...). Je crois que l'écologie est une question de respect, dans mes romans j'essaye de transmettre cette notion de respect. Je n'ai pas de solutions miracles, je pense que c'est un souci mondial et que les gouvernements de tous les pays doivent se pencher sur la question. En attendant, c'est à chacun de nous de faire de petits efforts...
Questions posées par les élèves de l'école Louise Michel de GAILLAC - Tarn - FRANCE : (en attente de réponse)
1) Comment avez-vous eu l'idée d'être auteur ?