Elevages de phasmes

Elevages de phasmes

Rappel : nous tenons votre disposition (pour les enseignants des Hautes-Pyrénées) des phasmes morose pour débuter votre élevage : contactez-nous !

Pour les collègues des autres départements, ou bien si vous souhaitez d’autres espèces de phasmes, vous pouvez vous rapprocher de l’OPIE, des forums de phasmes.com ou encore d’un fameux site de petites annonces …

L’élevage de phasmes est très intéressant, du cycle 1 au cycle 3, pour observer le développement d’insectes. Certaines espèces de phasmes existent en Europe à l’état naturel, mais ils sont très difficiles à élever en captivité (inutile donc de tenter d’élever un phasme européen trouvé par un élève dans un buisson : mieux vaut l’observer sur place et le laisser dans son milieu naturel).

Les phasmes habituellement élevés à l’école sont de l’espèce Carausius maurosus ou Phasme morose. Cette espèce de phasme, issue d’Inde, est très facile à élever (voir les conseils plus bas).

Caractéristiques biologiques et morphologiques

Les phasmes moroses font partie de la classe des insectes. Leur arbre phylogénétique est le suivant :

  • Règne : Animalia (ce sont des animaux)
  • – Embranchement : Arthropoda (ils sont munis d’un squelette externe formé de chitine et possèdent des éléments articulés)
  • — Sous-embr. : Hexapoda (ils ont trois paires de pattes)
  • — Classe : Insecta (ils ont six pattes et leur corps est composé de trois parties : tête, thorax, abdomen)
  • —- Sous-classe : Ptérygota (ils ont deux paires d’ailes, bien que chez le Phasme morose, ces ailes se soient atrophiées)
  • —–Infra-classe : Neoptera
  • ——Super-ordre : Orthopteroidea
  • ——-Ordre : Phasmatodea (ils ont de nombreuses caractéristiques telles que des pattes longues et grêles)
  • ——–Famille : Diapheromeridae (ils ont des antennes longues et fines)
  • ———Sous-famille : Lonchodinae
  • ———-Espèce : Carausius Maurosus

Les phasmes de nos élevages sont des femelles qui se reproduisent par parthénogénèse : une femelle pond des oeufs non fécondés qui donneront de nouveaux individus femelles (les mâles de Carausius morosus n’existent à l’état naturel qu’en Inde).

La femelle pond jusqu’à quatre oeufs par jour (petits ovoides d’environ 1mm), donc plusieurs centaines dans sa vie.

Les œufs éclosent après 2 à 4 mois

La larve et l’adulte sont très semblables.

La première larve mesure environ 12mm puis grandit à chacune des six mues de se vie larvaire (environ 6 mois).

A l’inverse de certains autres insectes, le phasme n’a pas de vie nymphale.

L’adulte muera tous les mois environ (pendant 6 à 9 mois) jusqu’à atteindre sa taille maximale d’une dizaine de centimètres.

Le rythme de vie : les phasmes sont essentiellement nocturnes, ils restent donc généralement au repos durant la journée, bien qu’il soit possible de les observer en activité à la pénombre. Bien entendu ils se réveilleront lorsqu’on les saisira. Les jeunes phasmes sont souvent plus vifs et peuvent même se déplacer assez rapidement : attention aux évasions.

Le mimétisme : les phasmes sont caractérisés par leur aptitude au mimétisme. Leur corps allongé et leurs mouvement habituellement lents les rendent difficiles à distinguer au milieu d’un feuillage. On les surnomme d’ailleurs « phasme bâton » ou « bâton du Diable ». Leur couleur est aussi dépendante du milieu et varie du vert au brun.

La catalepsie : comme beaucoup d’insectes, les phasmes possèdent un réflexe de catalepsie : lorsqu’ils sont dérangés brusquement, ils tombent au sol, pattes le long du corps et restent immobiles un certain temps.

L’autotomie : ils ont la capacité d’abandonner une patte si elle est saisie trop fortement (attention donc, on ne « pince » jamais un phasme). Si l’individu est assez jeune, la patte sera partiellement régénérée à la mue suivante.

Conseils d’élevage

Comme nous l’avons signalé, Carausius morosus n’est pas une espèce européenne donc attention à ne pas laisser s’échapper les phasmes (et proscrire les « remises en liberté »), même si ils ne résisteront probablement pas à l’hiver.

L’élevage est particulièrement aisé puisque ces insectes sont robustes. Il vous faudra :

  • un simple terrarium (boite vitrée ou caisse plastique translucide) de dimensions comprises entre 20 et 40 cm de côté
  • un apport régulier en nourriture (voir plus bas)
  • un coton imbibé d’eau (pas d’eau « à ciel ouvert » pour éviter les noyades !)

Nourriture : les phasmes se nourrissent de feuilles de lierre et de ronces. Ils peuvent aussi manger les feuilles de troènes, de framboisier, …

Entretien : Les branches de lierre ou de ronces peuvent tremper dans une récipient à condition d’en boucher le goulot avec du coton (ou à l’aide d’un bouchon perforé) afin d’éviter les noyades. Renouveler les branches environ une fois par semaine, en ayant soin de bien récupérer les phasmes qui pourraient s’y cacher. Il est également possible de pulvériser un peu d’eau pour maintenir une atmosphère humide (sans excès afin d’éviter les moisissures), mais les phasmes peuvent aussi se développer en milieu plus sec, du moment que leur nourriture est suffisamment fraîche pour leur apporter de l’eau. La température idéale se situe autour de 20° (entre 15 et 25°). Attention aux « coups de froid » dans les classes non chauffées pendant le week-end ou les vacances.

Prévoyez un couvercle laissant passer l’air … mais pas les phasmes. On peut utiliser à cet effet une moustiquaire fine (tulle) ou bien du « voile d’hivernage ».

Activités possibles

Préférences alimentaires :

On va tâcher de deviner le mode alimentaire des phasmes en leur proposant de petits échantillons de nourriture : certaines feuilles seront préférées à d’autres, tandis que certains aliments (épluchures de fruits, fleurs) ne seront pas consommés … Ne pas oublier de conserver des « exemplaires témoins » de nourriture hors du terrarium.

On pourra parfois observer un phasme en train de manger, en découpant les feuilles à l’aide de ses pièces buccales (mandibules) que l’on pourra comparer à celles d’autres insectes.

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Mise en place d’un protocole sur les préférences alimentaires des phasmes.

Croissance :

Du fait de sa forme et de son indolence, le phasme se prête facilement à des mesures de taille. Si les élèves font un relevé de taille quotidien, ils verront vite que la taille ne varie pas … jusqu’à ce qu’une mue se produise : on retrouve alors en général l’exuvie (la « peau » dont le phasme s’est débarrassé) et l’on constate que la taille a brusquement changé. Sa courbe de croissance est alors en « marches d’escalier », intéressante à comparer avec celle de plantes ou d’animaux à squelette interne (il sera intéressant de demander aux élèves de comparer avec leur propre courbe de croissance sur leur carnet de santé).

Morphologie et mode de déplacement :

Les pattes des phasmes permettent de bien observer l’articulation des différents articles. Une observation à la loupe ou au microscope révélera les petites « griffes » au bout des pattes qui lui permettent de s’agripper.

Les phénomènes de mimétisme et de catalepsie peuvent être l’occasion d’étudier les modes de défense chez les animaux.

Aux cycles 1 et 2, on s’attachera à observer la morphologie de l’insecte (compter les pattes, les antennes), à dessiner l’animal observé en respectant ses caractéristiques, et à nommer ses membres (tête, thorax, abdomen, antennes, pattes, pièces buccales, …)

Il sera intéressant de transposer ces connaissances à d’autres insectes.

Au cycle 3, cela pourra être le point de départ vers une activité de classification du vivant.


Autres documents :

  • Un dossier de La Main à la Pâte, Autour d’un élevage de phasmes
    [Module] – 7 séances et 5 idées de prolongements destinés à exploiter au mieux l’élevage de phasmes de la classe, adaptable pour tous cycles.