Un exemple de transfert d'énergie entre hydrosphère et atmosphère: les cyclones
Les auteurs:
Ce travail a été réalisé
dans le cadre d'un groupe de travail Météo-France / Académie
de Toulouse.
Professeurs SVT:
- Maryse CARIOU,
lycée polyvalent Rive Gauche - TOULOUSE
- Pierre ETCHEMENDY, lycée
Pierre d'Aragon - MURET
Correspondants Météo-France:
- Laurent BORREL, Responsable Pédagogique de l'ENM (Ecole Nationale de
la Météo)
- Emmanuel CELHAY, enseignant à l'ENM
Nous voudrions remercier, pour leurs trucs, ficelles et trouvailles
tous ceux qui nous ont aidé, en particulier: Maïté Lagrave
(lycée Pierre d'Aragon - Muret), Alain Bounes (lycée Bellevue
- Albi), Pierre Pérez (lycée Bagatelle - St Gaudens).
Prérequis:
Compositions de l'hydrosphère et de l'atmosphère et courants.
Utilisation de base des images satellitales (canal visible, canal IR)
Cet exercice comporte
quatre activités. Pour les trois premières il est fait une proposition
de démarche à adopter avec les élèves, un exemple de résultats auxquels on peut
aboutir, des compléments d'information sur le phénomène cyclonique en relation
avec l'activité en cours. Suite à ces trois activités, il a été rédigé une synthèse
répondant au problème énoncé dans le titre de l'exercice. On y voit nettement
que les objectifs de connaissance à retenir sont restreints.
La quatrième activité élargit la notion de transfert d'énergie
en montrant, en quelques images, le devenir d'un cyclone.
Activité
1: les cyclones en quelques documents
Proposition de démarche:
Exploitation par binôme des différents documents puis mise en commun
des informations récupérées.
Chaque document doit apporter des informations sur le phénomène
cyclonique. Certaines peuvent être déjà connues des élèves,
il faut malgré tout les retrouver à partir des documents proposés.
Les documents 1, 2 et 5 sont les plus longs à exploiter pour l'élève.
Le 1 permet entre-autres l'évaluation du diamètre de la masse
nuageuse. Le document 2 nécessite de la part des élèves, d'avoir déjà étudié
une image satellitaire en canal infrarouge. Si ce n'est pas le cas, le document
doit être exclu de l'analyse car des informations erronées pourraient en être
tirées. En effet, cette image ne donne pas les différentes températures au sein
du cyclone mais seulement les températures des surfaces émettrices (ici, sommet
des nuages et surface de la mer).
Le document 5, riche en informations, nécessite de prendre en considération
la valeur moyenne de la pression, ainsi que le lieu où sont réalisées
les mesures .
Exemple de réponse attendue:
| Le vocabulaire spécifique du phénomène cyclonique |
![]() |
Qu'est ce qu'un cyclone ?
| Extrait
du livre "les cyclones à la Réunion " de Mirielle Maryoka
(production du Centre des cyclones tropicaux de la Réunion - Météo-France) Le cyclone est une perturbation atmosphérique occasionnant des vents violents et des pluies diluviennes. On considère qu'un cyclone atteint sa maturité lorsque les vents moyens (sur 10 minutes) près du centre atteignent 118km/h, ce qui correspond à la force 12 sur l'échelle de Beaufort. Le cyclone se caractérise par une énorme masse nuageuse d'un diamètre moyen de 500km mais pouvant dépasser 1000km, organisée en bandes spiralées qui convergent vers un anneau central. Celui-ci se présente comme un entonnoir, un peu plus large en haut qu'en bas, il est délimité par une épaisse muraille nuageuse pouvant atteindre 14000 à 18000 mètres de hauteur appelée mur de l'œil. L'anneau central constitue la partie la plus active du cyclone ; les pluies y sont torrentielles et les vents très violents. Il entoure le cœur du cyclone "l'œil ", qui lui est une zone d'accalmie. Le cyclone est associé à une zone de très basse pression atmosphérique, facilement enregistrable au niveau de la mer. Elle est généralement inférieure à 960 hpa voire 900 hpa dans certains cas, la pression moyenne, de référence, étant de 1013 hpa. La température augmente sensiblement de la périphérie vers le centre, l'anomalie de température pouvant atteindre 10 à 15 ° C dans l'œil, au-delà de 7000 mètres d'altitude, le cyclone est donc une perturbation à cœur chaud. |
Appelations cyclones, tornades et compagnie...
| Extrait
de "Tempêtes tropicales et ouragans" de Michel Hontarrède Météo France MET MAR 180. D'une manière générale on définit le cyclone tropical comme une perturbation atmosphérique tourbillonnaire, de dépression très basse, tournant dans le sens des aiguilles d'une montre dans l'hémisphère sud et dans le sens contraire dans l'hémisphère Nord. A maturité, vents de 118 km/h, il produit des pluies diluviennes et génère houle et marée de tempête. Suivant les régions du globe on parle de typhon (en Asie du Sud-Est), ouragan (mot anglo-saxon = hurricane) ou de cyclone pour cette perturbation dévastatrice. |
Activité
2: répartition des cyclones dans le monde
Proposition de démarche.
Travail individuel, chaque élève doit exploiter les documents
l'un après l'autre.
Pour le tableau : l'élève doit faire l'effort de se représenter
mentalement les zones géographiques évoquées, on peut prévoir
un planisphère ou une autre modélisation du globe dans la salle
en cas de difficultés. Il aura sans doute tendance à oublier d'exploiter
la première colonne !
Pour la carte, l'élève doit simplement placer les lieux de cyclone
en fonction de leurs coordonnées géographiques
Exemple de réponse attendue.
L'analyse du tableau doit aboutir à la localisation géographique (imprécise
en latitude), et temporelle des cyclones.
La carte permet de préciser la localisation géographique. Cette localisation
en deux temps, doit conduire à la formulation d'un début d'explication du phénomène
cyclonique, donc à une hypothèse sur la formation des cyclones.
Documentation complémentaire
sur la formation des cyclones.
La cyclogénèse (à partir du livre "les cyclones à la Réunion "
de Mirielle Maryoka)
La naissance d'un cyclone, appelée
cyclogénèse en météorologie, requière en réalité plusieurs conditions :
- La température de la mer doit être supérieure à 26° C sur une profondeur
d'au moins 60 mètres.
- Une dépression initiale
- De la divergence en haute altitude afin qu'il y ait écoulement continu
du courant vertical ascendant qui existe au cœur du système.
- Une certaine homogénéité des vents entre les couches basses et hautes
de l'atmosphère.
Ces différentes conditions font que les cyclones se forment essentiellement
sur les régions océaniques tropicales, situées entre les 5° et 20° parallèles,
au cours des saisons estivales. En dessous des 5° parallèles la force de Coriolis
est insuffisante pour faire naître des mouvements tourbillonnaires.
Il faut environ 5 jours, en moyenne, pour qu'un système dépressionnaire naissant
atteigne le stade de cyclone (cependant ils n'évoluent pas tous en cyclone).
Sa durée de vie est voisine d'une dizaine de jours, mais là encore elle est
très variable. En effet certains se dissipent au bout de 3 à 4 jours, d'autres
au contraire vivent une vingtaine de jours.
Activité
3: les relations entre la mer et l'atmosphère
Proposition de démarche.
Laisser l'élève aborder seul l'activité afin qu'il réalise que le document proposé
confirme l'hypothèse formulée en fin d'activité 2.
Exemple de réponse attendue:
- Après le passage du cyclone la mer a perdu de la chaleur ; c'est la
forte température de l'eau à ces latitudes qui provoque la formation
des cyclones.
- Il y a un transfert d'énergie entre des masses océaniques (hydrosphère)
et des masses atmosphériques.
Documentation complémentaire
sur la dynamique des cyclones (voir plus loin)
SYNTHESE DE L' ENSEMBLE DES TROIS ACTIVITES
(à réaliser par le professeur)
Le cyclone est une immense colonne ascendante d'air chaud et humide (plus de
1000 km de diamètre). C'est la chaleur de l'eau qui en est à l'origine
et qui l'alimente. La chaleur de l'eau est peu à peu convertie en mouvement
vertical de l'air .
Dans le cadre du mouvement ascendant, l'air se refroidit par détente.
La saturation est rapidement atteinte, il se forme alors d'impressionnants nuages
(les cumulo-nimbus). La masse nuageuse peut atteindre 1700 km de diamètre
et 18 km de hauteur.
Le mouvement vertical entraîne aussitôt des mouvements d'air horizontaux,
d'autant plus rapides et violents que la différence de pression est grande
entre la périphérie de la colonne et son centre .
Schématisation possible:
![]() |
Documentation complémentaire: la
machine thermique cyclone .
|
Extrait
du livre "les cyclones à la Réunion " de Mirielle Maryoka (production
du Centre des cyclones tropicaux de la Réunion - Météo-France). |
Coupe
schématique d'un cyclone tropical de l'hémisphère Sud
(illustration extraite du livre "les cyclones à la Réunion " de Mirielle Maryoka)

Activité 4 : DU CYCLONE A LA TEMPÊTE ou l'histoire d'un transfert d'énergie dans l'atmosphère
Cet exercice ne nécessite
pas une grande précision pour la localisation, il suffit que "le
cyclone" remonte vers nos latitudes en décrivant une trajectoire
parabolique.
La trajectoire, ainsi établie, montre que le cyclone, (masse nuageuse
en rotation) est lui-même inscrit dans un mouvement atmosphérique
de grande amplitude (de la latitude 15°N aux latitudes 52°-55°N).
La masse nuageuse du cyclone s'ajoute aux bandes nuageuses existant déjà
sur l'Europe de l'Ouest. Là, le passage de l'eau vapeur à l'eau
liquide s'accompagne d'une libération d'énergie qui contribue
à échauffer l'air de nos latitudes.
Après la conversion " chaleur de l'eau - mouvements de l'air"
(voir activité 3) on a, à ces latitudes, une nouvelle conversion
"changement d'état de l'eau - chaleur de l'air". Le déplacement
du cyclone a permis un transfert d'énergie sur une très grande
distance!
On a, de plus, l'idée que les mouvements aériens, engendrés
par l'inégale répartition de l'énergie solaire atteignant
la surface, contribuent à réduire cette inégalité.
Il est important de préciser que tous les cyclones ne s'associent pas
à une perturbation à de plus hautes latitudes, en effet beaucoup
de cyclones du Pacifique nord-est se dissipent auparavant.
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700 Ko (environ 8 minutes)