| Les moyens et les outils
de contrôle :
Les logiciels de filtrage
L'utilisation des filtres d'un serveur Proxy
Conséquences sur le dispositif pédagogique
L'éducation à l'utilisation d'Internet
Quelques
exemples de chartes
Les logiciels de filtrage
Il existe un certain nombre d'outils logiciels permettant de restreindre
les accès à Internet en fonction du profil de l'utilisateur connecté.
Ce principe permet, à partir d'un large volume d'informations dynamiques,
d'extraire et de présenter les seuls documents intéressant un utilisateur
en fonction de ses centres d'intérêt ou de ses besoins. Autrement
dit, quand on met en place un logiciel de filtrage des accès à Internet,
on modifie la visibilité du web. Celle-ci n'est plus la même selon
que l'on est identifié par le système comme un internaute libre
et majeur, un enfant, un élève etc.
Un moyen simple de filtrage consiste à comparer chaque URL demandée
à une liste de sites et d'URLs interdits ou autorisés. Un message
personnalisable sera alors retourné à l'utilisateur, en lieu et
place de la ressource recherchée, lui expliquant pourquoi l'accès
lui a été refusé.
L'utilisation des filtres d'un serveur Proxy
Dans l'académie de Toulouse, les lycées en réseau
et les écoles peuvent se connecter à Internet par l'intermédiaire
de mandataires (serveur « proxy ») qui peuvent assurer
une fonction de filtrage.
Comme pour les logiciels décrits ci-dessus, ces fonctionnalités
reposent sur la comparaison entre une requête formulée par un utilisateur
et une liste préétablie. Cette liste peut comporter des adresses
complètes ou des expressions génériques (gabarits) permettant d'exclure
des protocoles, des sites, des types de contenus (par exemple :
tous les fichiers « MP3 ») ou des URLs comportant des
suites de caractères définies.
Elle peut être construite a posteriori par l'administrateur de
l'établissement à partir de l'examen des accès effectivement réalisés
par les utilisateurs. Elle peut également être bâtie à partir de
listes disponibles sur le WEB ou téléchargée à partir d'un site
du Rectorat. Dans ce cas une procédure de mise à jour de la liste
par les administrateurs des établissements peut être mise en place.
Conséquences sur le dispositif pédagogique
On voit que ces outils fonctionnent selon des modalités et des
logiques différentes mais on constate aussi qu'on ne peut définir
que deux catégories de filtrage : "Tout est permis sauf..."
et "tout est interdit sauf..."
Quelle que soit la solution que retiendra l'équipe pédagogique,
celle-ci doit prendre conscience des avantages et des inconvénients
du dispositif choisi et des conséquences qu'il aura sur la conduite
des différentes activités.
"Tout est interdit sauf..."
Si on n'autorise que des sites connus et validés, on est certain
de limiter le parcours de l'élève à des informations sérieuses.
On se retrouve dans le cadre rassurant du fonds documentaire choisi
et dûment référencé. Mais il faut savoir qu'on se prive de ce qui
fait la spécificité d'Internet, c'est à dire le plaisir de la découverte
et la possibilité de l'imprévu, qui apporte précisément le complément
désiré au cadre habituel de la recherche.
"Tout est permis sauf... »
Si on s'efforce plutôt de mettre hors de vue de l'élève les sites
qui n'ont rien à faire dans le cadre de la scolarité, par exemple
les pages à caractère pornographique ou raciste, on laisse évidemment
un champ beaucoup plus large à la recherche et au plaisir de la
navigation tout en éliminant les sites les plus grossièrement obscènes.
Mais bon nombre de pages échapperont à cette vigilance. On sait
en effet que la toile est mouvante par nature : ce sont précisément
les sites qu'on désirerait éviter qui s'adaptent le mieux à cette
mobilité en changeant quotidiennement de nom, de serveur, de pays,
de contenu. Dans ces conditions, la tenue d'un registre d'interdictions
s'avère difficile, voire impossible à l'échelle d'un établissement
scolaire. Il faut dès lors envisager un regroupement des filtres,
une centralisation ou une délégation du filtrage. C'est la solution
mise en uvre dans certaines académies par l'intermédiaire
du serveur SLIS développé par le CARMI de Grenoble (annexe 2).
L'éducation à l'utilisation d'Internet
Le filtrage des accès est donc nécessaire mais difficile
à mettre en uvre. Les solutions matérielles ou logicielles
qui consistent à interdire certains serveurs ou à n'autoriser que
des accès prédéfinis ne sont pas totalement satisfaisantes, d'une
part parce qu'elle peuvent toujours être contournées, d'autre part
parce qu'elles constituent inévitablement un frein à la navigation
et privent l'utilisateur de ce qui fait la qualité essentielle d'Internet
: l'accès libre et immédiat à un fonds d'une grande diversité et
d'une extraordinaire richesse.
Il faut donc parallèlement ne pas négliger la voie de la responsabilité,
qui présente en outre l'avantage de s'inscrire dans le cadre plus
général de l'éducation à la citoyenneté. Il est possible de faire
confiance aux élèves tout en les mettant en garde contre les abus
et les dérives possibles.
Pour aller dans ce sens, certains établissements scolaires ont
mis en place des « chartes d'utilisation » dont la fonction
est de bien cadrer l'utilisation d'Internet à l'école, de mettre
en garde les utilisateurs élèves contre les dérives et les dangers
potentiels de cet outil et de définir leurs droits et leurs devoirs.
Ces chartes contribuent à la formation civique et sociale des élèves
avec lesquels elles sont parfois élaborées. Elle sont toujours intégrées
aux règlements intérieurs.
Selon les établissements, l'accent est mis plutôt sur les droits
et libertés des élèves (« droit fondamental d'échanger du courrier »,
« droit d'accéder à Internet », « droit d'intimité ». ;
voir par exemple (annexe 4) les chartes de l'école Pointe-Claire
et du lycée de l'académie de Dijon) ou plutôt sur la notion de devoir
et de responsabilité (« l'accès à l'internet est un privilège
et non un droit ».). Elles peuvent ne donner que des règles
d'accès et de manipulation et parfois leur intitulé ne reflète pas
leur contenu.
Quelques exemples de chartes.
Les chartes portent sur 3 domaines de responsabilité :
a) la charte d'usage du matériel et du réseau informatiques de l'établissement
avec, selon les cas, une liste d'opérations à ne pas faire ou à
respecter (ne pas déconfigurer les machines, ne pas utiliser de
disquettes provenant de l'extérieur, prévenir en cas de virus, pas
de fichier exécutable, ne pas importer de logiciels.)
b) la charte déontologique d'usage d'Internet et du courrier
électronique précisant le cas échéant les modalités pratiques
et les objectifs de la recherche sur Internet (s'inscrire, avoir
un objectif pédagogique), les règles de base de la « netiquette »,
les types de sites à ne pas visiter, les activités interdites (ne
pas utiliser internet pour faire du commerce.), la notion de propriété
intellectuelle.
c) la charte éditoriale portant sur la production de documents
sur Internet rappelant la notion de responsabilité, de droit, les
lois régissant les publications.
Ces trois volets ne sont pas tous présents dans les chartes étudiées
(la charte éditoriale n'est pas souvent évoquée) ni structurés de
cette façon.
Des éléments se retrouvent de façon récurrente dans une majorité
de chartes :
a) en préambule, les objectifs généraux de la charte
qui se présente à la fois comme un code moral et de bonne conduite
et comme un ensemble de règles permettant un bon déroulement des
activités.
b) la définition des personnes concernées par la charte
(soit tous les membres de la communauté éducative, soit seulement
les élèves)
c) le rappel des objectifs d'utilisation d'Internet qui
répond à un projet pédagogique
d) des références à des textes législatifs et réglementaires
(liberté de la presse, Informatique et liberté, Orientation sur
l'éducation.)
e) les modalités pratiques d'utilisation du réseau (mot
de passe, inscription.)
NB : La charte doit être élaborée par l'établissement pour une
bonne adaptation à son niveau, ses activités et son public (la charte
d'un lycée ne sera pas celle d'une école primaire !) |