Au collège Sainte-Thérèse, l'Europe s'apprend en plusieurs langues et à plusieurs voix. Engagés dans le projet Erasmus+ « Cultural Heritage », les élèves de quatrième explorent le patrimoine culturel immatériel aux côtés de trois établissements partenaires : le lycée toulousain (Sainte Marie des Champs), un espagnol et un grec. Mais derrière les voyages et les rencontres, c'est toute une architecture pédagogique interdisciplinaire qui se déploie.
Un projet qui commence bien avant le départ
Les élèves ont été mis en conditions d’abord par les cours. En histoire-géographie, un questionnaire initial a permis de mesurer leurs représentations du patrimoine, avant qu'une réflexion guidée sur la distinction patrimoine matériel/immatériel et le rôle de l'UNESCO vienne structurer leurs connaissances. Un deuxième questionnaire en fin de séquence a permis d'évaluer les acquis.
En espagnol, les élèves de la classe bilangue ont consacré une séquence entière au patrimoine culturel immatériel en général, tandis que les élèves de LV2 ont travaillé spécifiquement sur le régime méditerranéen comme patrimoine immatériel.
La mobilité, aboutissement d'un vrai travail de préparation
Huit élèves ont été sélectionnés pour la mobilité à Tocina (Séville) en mars, suite à un processus rigoureux basé sur une grille critériée prenant en compte, entre autres, la situation familiale, les besoins particuliers (PAP, handicap) et des entretiens évalués conjointement par les collègues d'anglais et d'espagnol. Le niveau de langue n'était volontairement pas un critère éliminatoire : l'objectif était d'ouvrir l'expérience à des élèves qui y auraient le plus à gagner.
Sur place, les élèves ont été en immersion totale : flamenco, sonneurs de cloches d'Utrera, gastronomie méditerranéenne. Des apprentissages incarnés, vécus de l'intérieur, avec des échanges en espagnol.
Des productions plurilingues, un vrai travail de médiation
Pendant la mobilité en Espagne, le travail de restitution a pris plusieurs formes. Les élèves ont rédigé un article de presse en anglais sur les sonneurs de cloches, produit dans le cadre d'une collaboration interlangue avec des groupes mélangés des différentes nationalités. Ils ont aussi enregistré des podcasts sur leur expérience d'échange, en anglais pour les questions plus accessibles, dans leur langue maternelle pour les aspects plus complexes.
La dimension de médiation est au cœur du projet : les productions finales sont réalisées dans les quatre langues des pays partenaires, ce qui implique un vrai travail de traduction et de reformulation, facilité par un travail lexical en amont sur les thématiques communes.
Au-delà des apprentissages linguistiques, les élèves ont développé des compétences transversales telles que le travail collaboratif, l’adaptation à un environnement interculturel, et la maîtrise d’outils numériques pour créer des podcasts et des articles.
Partager l'expérience avec toute la communauté
Les huit élèves ayant participé à la mobilité partagent leur expérience avec l’ensemble de la communauté scolaire. Pour le Joli mois de l'Europe, ils ont présenté à leurs camarades les trésors culturels découverts en Espagne, diaporamas à l'appui. Durant les récréations, des questionnaires sur les trois pays participants ont été proposés à l'ensemble des élèves dans le cadre des eTwinning Days (initiative européenne pour promouvoir les échanges entre établissements scolaires).
Le 11 mai, Journée de l'Europe, toute la communauté scolaire (du CP à la troisième) a revêtu des t-shirts bleus et jaunes pour former un drapeau européen géant dans la cour. Un geste symbolique, mais aussi la marque que ce projet appartient à tous.
La suite : vers Kalamata et Toulouse
L'aventure continue. En octobre 2026, direction la Grèce (Kalamata) pour une nouvelle semaine d'échanges. En avril 2027, les établissements français accueilleront les correspondants espagnols et grecs — et l'anglais deviendra la langue commune de cette dernière mobilité. Le projet s'élargira également aux élèves de troisième.
À l'issue des trois mobilités, une exposition photos et l'ensemble des productions réalisées par les élèves seront accessibles à tous — trace collective d'un apprentissage qui aura traversé les frontières.
Logo du projet crée par Oriane Amory Esparbe (élève de 4e ayant participé au projet)