Conférence de Viviane Bouysse sur l'évaluation et les apprentissages

Conférence de Viviane Bouysse sur l'évaluation (Mirande - 22 novembre 17)

L’évaluation des compétences dans un contexte plus global

 

L’évaluation est une pratique pédagogique : composante de l’enseignement et des apprentissages. Ce n’est pas un après-coup !

Elle doit être pensée en même temps que la préparation de la séquence.

L’évaluation est une lecture orientée de la réalité : on construit des informations sur les acquis des élèves. Une mesure et un chiffre (mais dans ce cas on change de registre puisqu’on passe d’une mesure à une valeur).

L’évaluation positive : on attend de la bienveillance pour que les élèves acquièrent et renforcent ce sentiment de compétence et de l’estime de soi.

De nouvelles modalités : réglementation — qui cristallise (concrétise en donnant force et cohérence) toutes les compétences de l’évaluation.

 

1. Evaluation et enseignement / apprentissage sont solidaires. Évaluer pour mieux enseigner + évaluer ce qui fait l’objet d’un enseignement. Il est légitime d’évaluer ce qui fait l’objet d’un enseignement et d’un apprentissage :

 

L’enseignement est plus efficace s’il y a des évaluations régulières : feedbacks importants qui informent les élèves, les « messages d’erreurs » dans un contexte bienveillant.

L’évaluation pour les apprentissages

Le parcours scolaire de chaque élève doit lui permettre d’acquérir des connaissances et de construire des compétences. Les unes et les autres peuvent et doivent être évaluées.

Les modalités d’évaluation des compétences sont plus complexes.

 

Attention à la confusion entre le faire et l’être : on doit développer le sentiment de compétence chez les élèves. Coopérer pour faire progresser. #évaluation positive.

 

À propos des compétences :

Elles sont liées à des situations / à des familles de situations : la valeur de ce qui est appris se mesure à l’utilisation qui en est faite.

Deux variables sont à articuler : maîtrise de connaissances et/ou procédures ET capacité à identifier en situation les traits pertinents pour la résolution.

Point délicat : mobilisation pertinente et la coordination d’une diversité de ressources (connaissances, expériences antérieures…) cela met en jeu le rapport au savoir, à la situation, à soi…

Le pb est qu’on n’a pas d’identification directe : les compétences sont supposées =>inférées à des productions ; il est essentiel de s’assurer de la stabilité et de la transférabilité des compétences.

 

ENSEIGNER POUR DES COMPÉTENCES = > articuler texte du savoir ET les situations (contextes des usages)

 

ÉVALUER DES COMPÉTENCES = > proposer des « situations » qui permettent de révéler les compétences visées.

 

 

2. Évaluer pour réguler

 

- Réguler son enseignement

Si les résultats ne sont pas satisfaisants se demander si l’élève a eu un temps suffisant d’apprentissage ;

Identifier la nature de l’obstacle et déterminer s’il y a nécessité de reprendre autrement (qu’est ce qui est en jeu ??? La compréhension, la structuration, il faut plus d’entraînement…)

 

Réguler les parcours

Apporter des aides dès qu’elles sont nécessaires = > accompagnement / devoirs faits.

Mais attention à l’étayage : le sur-encadrement tue la tâche et confine les élèves dans des activités de faible apport cognitif.

 

 

3. Le cadre du cycle 2 allongé et repensé

 

 

Apprendre : Assimiler, consolider, transférer. Ça prend du temps ! => des moments différents d’évaluation.

 

Compréhension indispensable à l’élaboration des savoirs « solides » cad que l’élève pourra réinvestir et automatisation de certains savoirs ET l’automatisation des savoirs = > libérer des ressources cognitives pour accéder à des opérations plus élaborées. Deux facettes à évaluer

 

Donc des évaluations régulières avec des attentes différentes.

 

L’oral et l’écrit sont en décalage important. Ce qu’un élève est capable de comprendre et de produire à l’oral est largement supérieur à ce qu’il peut faire à l’écrit. Cf langues / favoriser les consignes orales.

 

Articulation du concret et de l’abstrait (C2)

 

 

4. Évaluation au cycle 3

 

avec le C2.

Le sens et l’acquisition d’automatismes se co-construisent (diminution du coût cognitif)

Consignes écrites

Métacognition : les élèves sont de plus en plus conscients des moyens mobilisés. Savoir = > savoir comment et savoir pourquoi.

 

En C3 les élèves devraient être autonomes en évaluation avec consignes écrites mais discordance entre pratiques de classe et évaluation nationales.

Les programmes de C3 sont très exigeants en matière de développement de l’autonomie cognitive.

 

3 types d’évaluation :

- Fin de période : évaluation des acquis des champs disciplinaires/objectifs déterminés pour la période. 4 niveaux pour l’école élémentaire (Non atteints, partiellement atteints, atteints, dépassés) ; collège notes ou autre forme de positionnement.

- Fin de cycle : Validation des acquis dans chaque domaine du socle. 4 niveaux (Maîtrise insuffisante, fragile, satisfaisante, très bonne) => réflexion sur les éléments travaillés en classe (discipline) et les domaines du socle.

- Au fil des séances : évaluations usuelles intégrées (diagnostiques, formatives) = > informations données à l’élève sur leurs points forts, faibles, progrès à réaliser ou réalisés…).

 

1- Évaluation au fil des séances :

 

 

  • Visée : régulation de l’enseignement. Vérifier les points d’appuis avant de commencer, les progrès en cours de séquence. Importance de l’analyse des erreurs : 1 même erreur peut avoir des causes variées ET analyse des « réussites ». Une réussite n’est pas gage de maîtrise.
  • Objet de l’évaluation : connaissances et/ou compétences de la discipline. Anticipation nécessaire pour faciliter le bilan : relier les compétences travaillées aux domaines du socle (ou sous domaines).
  • Modalités : observer les procédures mises en œuvre (pas seulement les résultats)- Analyse des productions - caractère individuel ou coopératif…
  • Destinataires : la classe (prof et élèves) informer les parents du caractère de ces évaluations. Le LSU n’est pas conçu pour garder des traces de ces évaluations (…) utiliser d’autres modalités de communication. Attention ces évaluations n’ont pas vocation à être intégrées à la validation de fin de cycle… Précautions à prendre avec logiciel privé utilisé en collège…
     

 

2 - L’évaluation en fin de période : évaluation à caractère sommatif… Mais exploitable aussi en formatif.

 

 

  • Visée : bilan de l’état des acquis eu égard aux séquences mises en œuvre dans les séances précédentes ;
  • Objets de l’évaluation : les éléments travaillés cad les connaissances et les compétences de la discipline. Evaluations de fin de période avec ou non des évaluations formelles si suffisamment d’informations prélevées en cours d’apprentissage.
  • Modalités : appuis possibles sur les évaluations au fil des séquences + tâches spécifiques pensées pour l’évaluation avec des degrés variés de complexité.

Communication institutionnelle trop souvent inaccessible aux parents … Faire valoir les progrès, les acquis et sur quoi les efforts doivent porter. Toujours sur le faire jamais sur l’être.

 

  • Points de vigilance :
  • Le bilan de fin de période n’est ni la somme, ni la moyenne de ce qui a été produit dans la période.
  • La fin du CM2 est une fin de période mais pas de cycle = > nécessité d’une harmonisation dans la forme de la communication pour un secteur de collège. Le positionnement en fin de CM2 ne peut pas et ne doit pas être un pré-positionnement.
  • L’accumulation d’info non structurées et disparates rend les bilans incompréhensibles (par les parents) et inutilisables (par les collègues).
  • La présentation du bilan de fin de période peut « atomiser » les compétences (lié aussi à certaines habitudes et fonctionnement de certains logiciels privés).
     

 

3 - L’évaluation en fin de cycle

 

  • Visée : situer les acquis de chaque élève sur une échelle de niveau (positionnement) et de manière globale par domaine ou pas sous domaine
  • Objets de l’évaluation : connaissance et/ou compétences constitutives des domaines ou des sous domaines du socle
  • Modalités : pas d’épreuves spécifiques. Appuis sur les évaluations périodiques avec références aux attendus de fin de cycle (programmes). Obligation de se prononcer sur les D2 et D3, domaines qui ne sont pas toujours explicitement rattachés aux éléments de programme de certaines disciplines. Il faut donc être vigilant sur les éléments qui serviront à fonder l’avis en fin de cycle. Une culture commune du positionnement de fin de cycle est indispensable.
  • Destinataires : élèves, professeurs (ceux du cycle suivant), parents, institution en fin de collège.
  • Support de la restitution : format LSU et/ou autre
  • Formes de la restitution : positionnement sur une échelle à 4 niveaux = > attribution de points comptant pour le DNB et affectation des élèves (affelnet)
  • Points d’appui : les documents d’accompagnement EDUSCOL sans portée normative, mais indicatifs. Descripteurs d’évaluation et contextes d’évaluation rattachés aux domaines du socle. Des ressources pour l’évaluation : il s’agit d’exemples de situation/ d’activités/ d’exercices. Elles illustrent des niveaux d’attentes mais ne constituent pas des « épreuves à passer »

 

Penser à impliquer les élèves dans l’évaluation : établissement de descripteurs de maîtrise et dans l’évaluation elle-même (autoévaluation, évaluation par les pairs)