Un projet né d’un besoin de mieux-être des élèves
À son retour dans l’enseignement, Julie Lauret, professeure de français, constate chez ses élèves des difficultés marquées à gérer leur stress, notamment lors des épreuves orales. Ce constat s’inscrit dans un contexte plus large de mal-être adolescent, d’anxiété scolaire et de difficulté à s’inscrire dans le cadre scolaire. Face à ce manque d’outils pour accompagner les élèves, elle initie un projet de médiation canine visant à proposer des espaces de détente, de régulation émotionnelle et de remobilisation. Après s’être documentée, formée et avoir étudié les cadres réglementaires (présence d’animaux, prévention des risques, assurances), elle décide de s’appuyer sur ses propres chiens pour construire ce dispositif innovant.
Des modalités variées au cœur de la vie de l’établissement
Le projet repose sur l’intervention de six chiens, présents à tour de rôle dans différents espaces du lycée, chacun sur des temps limités afin de respecter leur bien-être. Les activités mises en place sont nombreuses et touchent différents publics :
- séances de dessin en mouvement en Arts plastiques ;
- pauses lecture au CDI ;
- ateliers détente à l’internat ;
- interventions à la vie scolaire et à l’infirmerie ;
- présence dans certains cours (français, accompagnement personnalisé) ;
- participation au dispositif PHARE ;
- projets inter-degrés avec le collège Lakanal.
Ce maillage permet d’inscrire la médiation canine dans le quotidien des élèves et de multiplier les points de contact avec les adultes de l’établissement.
Un projet qui rayonne au-delà de l’établissement
L’initiative suscite rapidement l’intérêt d’autres structures éducatives du territoire : collèges, écoles, IME ou encore lycées professionnels. Des collaborations émergent, notamment avec le lycée Louise Michel de Narbonne ou le collège Pasteur à Lavelanet. Par ailleurs, le projet s’inscrit dans une dynamique nationale : intégration au comité national de médiation animale en milieu scolaire, échanges avec d’autres académies et appui sur des ressources institutionnelles.
Enjeux pédagogiques et impact du projet
Effets constatés sur les acquis des élèves
Les effets sur les apprentissages restent encore à objectiver, mais les premiers retours montrent une amélioration de l’engagement et de la concentration, notamment chez les élèves les plus fragiles.
Effets constatés sur les pratiques des enseignants
Les enseignants observent une attention accrue des élèves et commencent à intégrer la présence des chiens comme levier pédagogique, notamment en accompagnement personnalisé et dans des projets interdisciplinaires.
Effets constatés sur l’école / l’établissement / le climat scolaire
L’impact est particulièrement visible sur le climat scolaire :
- amélioration du bien-être des élèves ;
- diminution du stress ; libération de la parole ;
- renforcement des liens entre élèves et adultes.
Certains élèves expriment même une motivation renouvelée à venir au lycée, notamment pour retrouver les chiens.
Partenaires du projet
Le projet s’appuie sur différents partenaires institutionnels et éducatifs :
- CARDIE (Toulouse et Montpellier) ;
- établissements scolaires du territoire (collèges et lycées) ;
- réseau national de médiation animale en milieu scolaire.
Financement du projet
Le projet repose principalement sur les ressources personnelles de l’enseignante (chiens, formation). La question du financement et du cadre reste en réflexion pour accompagner son développement et sa pérennisation.
Pour aller plus loin
Pour approfondir la réflexion sur la médiation animale en milieu scolaire et découvrir des ressources complémentaires, plusieurs supports institutionnels et retours d’expériences sont disponibles :
- Présentation détaillée du projet
- Webinaire CARDIE Montpellier – Médiation animale en milieu scolaire (avec accès au vadémécum)
- Médiation animale dans l’académie de Limoges (cadre, définition et ressources)
- Réflexions sur le climat scolaire et le bien-être des élèves
- Le dispositif pHARe