TOUMUN VIII : du 28 au 30 janvier
Cette année, le lycée Françoise accueillera six délégations extérieures pour TOUMUN VIII : les lycées français Clémence Royer de Fonsorbes, Nelson Mandela de Pibrac et Théophile Gautier de Tarbes, ainsi que trois établissements européens : l'European School United Kingdom de Culham (près d'Oxford), le Civico Polo Scolastico Alessandro Manzoni de Milan (Italie) et l'Atheneum College Hageveld de Heemstede (Pays-Bas). Environ 250 jeunes débattront durant ces deux jours et demi en anglais.
Un club MUN qui rayonne à l'international
Depuis la rentrée 2017, le Lycée Polyvalent Marie Louise Dissard Françoise de Tournefeuille organise chaque année une conférence MUN (Model United Nations) internationale en anglais : TOUMUN. Ce qui a commencé avec dix élèves motivés compte aujourd'hui régulièrement plus de cent participants, preuve du succès de cette initiative pédagogique ambitieuse.
Une organisation collaborative
Le club se réunit chaque mercredi midi et est actuellement encadré par trois enseignantes : Bernadette Fiorina et Rosy Coston, professeures d'anglais, et Sandra La Rocca, professeure d'histoire-géographie et de DNL en anglais. Fondé initialement par Bernadette Fiorina, Eileen Piet (anglais) et Nicolas Bounet (histoire-géographie et DNL anglais), alors en poste au lycée, le club a développé un modèle original de gouvernance partagée.
Une particularité notable : la création d'un comité directeur entièrement composé d'élèves. Ces derniers, élus par leurs pairs, participent activement à l'organisation de la conférence annuelle et animent la formation des nouveaux membres tout au long de l'année. Cette année, 30 candidats se présentent pour 14 postes à pourvoir, témoignant de l'engagement des lycéens. Les enseignantes accompagnent ce comité dans la gestion administrative et les conseillent sur la marche à suivre, notamment pour les publications qui doivent être en anglais correct. Chaque semaine, le mercredi, une première heure de réunion rassemble tous les membres, suivie d'une seconde heure consacrée au "board", les élèves qui aident à gérer le club.
Trois heures de présence hebdomadaire sont assurées par les professeures. Régulièrement, d'anciens élèves viennent également partager leur expérience avec les nouveaux membres.
Le principe des MUN : bien plus qu'un exercice linguistique
Les débats MUN constituent un jeu de rôle diplomatique où chaque participant représente un pays et s'exprime uniquement au nom de cette délégation sur des sujets d'actualité choisis par les élèves eux-mêmes : Droits de l'Homme, Environnement, Économie et Société, Politique et Histoire. La règle est stricte : pas de "je", pas d'opinion personnelle, uniquement la position du pays défendu. Certains élèves endossent même des rôles de messagers ou de lobbyistes pour enrichir les interactions.
Débattre selon le modèle des Nations Unies signifie qu'il faut trouver un consensus, se faire des alliés et convaincre ses adversaires de faire des concessions tout en en faisant le moins possible soi-même. Les élèves rédigent des mini-résolutions qu'ils débattent ensuite sous la modération d'un "chair". Ce format exige de communiquer dans un contexte mondial réel qui sort les participants de leur zone de confort.
Les compétences développées vont bien au-delà des progrès linguistiques : géopolitique, diplomatie, éloquence, négociation, esprit critique et citoyenneté active sont au cœur de l'expérience. Pour intégrer le club, il n'est d'ailleurs pas nécessaire d'avoir un très bon niveau d'anglais : l'enthousiasme et l'envie de débattre suffisent.
Une formation progressive et structurée
En cours d'AMC (Anglais Monde Contemporain), le format du débat est réutilisé sur six créneaux de deux heures avec des documents appropriés ("how to..."). Les débutants sont formés sur une journée complète pour apprendre à écrire une résolution ensemble et à la débattre, préparant ainsi la création et la consolidation du club.
Un aspect ludique mais formateur a été ajouté : la "gossip box" permet à tous les participants de déposer des messages sous forme de défis. Des "séances de punition" sanctionnent avec humour ceux qui ont dit "je" ou "nous", ou qui n'ont pas respecté la tenue adéquate. Une "police de la mode", composée de dirigeants qui ne participent pas aux débats, circule pour vérifier que tout le monde joue le jeu et respecte les règles.
Un réseau académique et international
D'autres clubs MUN existent dans l'Académie de Toulouse : à Colomiers, Pibrac, Fonsorbes, Tarbes, Bagnères-de-Bigorre ou Muret.
Le club développe également des partenariats à l'international. En décembre, le comité directeur se rend en voyage aux Pays-Bas pour assister à une MUN sur trois jours, à la fois comme récompense et pour récolter des idées. En mars de l'année suivante, un déplacement à Milan est organisé avec accueil en famille.
Un modèle reproductible
L'expérience de TOUMUN illustre le potentiel d'un projet ambitieux, tout à fait envisageable dans d'autres lycées, voire collèges en adaptant les attentes. Il est possible de commencer plus petit, avec un petit groupe d'élèves motivés qui inspirent d'autres élèves, qui eux-mêmes inspirent les suivants... L'accompagnement par des enseignants de langues et/ou d'histoire-géographie en DNL, associé à la responsabilisation progressive des élèves, constitue la clé de la réussite et de la pérennité d'un tel club.
Pour plus de détails sur TOUMUN : https://www.toumun.fr