Quand la lecture prend vie : création d’automates au collège Saint Taurin d’Eauze (32)

Un projet pour redonner du sens aux apprentissages

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Les élèves découvrent les textes et commencent à imaginer les futurs automates

 C’est l’appel à projets du CNR « Notre école, faisons-la ensemble » qui a nourri la réflexion de l’équipe pédagogique : comment exploiter l’intérêt de certains élèves pour le bricolage et les activités manuelles afin de les remotiver en français ? L’idée de créer des automates inspirés d’œuvres littéraires est alors apparue comme une évidence. Pour accompagner cette ambition, le partenariat avec Halle de la Machine s’est rapidement imposé grâce à l’expertise de ses techniciens et à son univers mêlant mécanique, imagination et création artistique. En septembre 2024, huit élèves volontaires — sept garçons et une fille — ont intégré cet atelier hebdomadaire organisé chaque mardi durant le premier trimestre. Encadrés par Mme Loubère, professeure de français, et Mme Labédan, professeure documentaliste, les élèves ont découvert plusieurs nouvelles issues de différents recueils. Afin de ne pas freiner les élèves en difficulté avec l’écrit, les activités ont principalement privilégié l’oral : lectures à voix haute, échanges collectifs, reformulations et présentations orales des récits. 

Progressivement, les élèves se sont investis dans les lectures et dans la compréhension fine des textes. Les échanges sont devenus plus spontanés, les prises de parole plus nombreuses et les élèves les plus en retrait ont trouvé leur place dans le groupe. Après plusieurs votes, deux créations ont été retenues : le « pierrot à la larme » et le « veston ensorcelé ». Pour prolonger le travail littéraire, les élèves ont ensuite conçu des quatrièmes de couverture destinées à accompagner les automates et à susciter l’envie de lire les nouvelles. 

 

 

De l’imaginaire à la conception des automates 

La phase de conception a débuté par un important travail de croquis encadré par Mme De Saint Pastou, professeure d’arts plastiques. Les élèves ont dû réfléchir aux mouvements de leurs automates et imaginer les mécanismes nécessaires pour leur donner vie. 

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Première phase de réflexion
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Croquis des mécanismes imaginés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Étude et assemblage de mécanismes

Le projet s’est également appuyé sur un important travail de récupération de matériaux. Avec l’aide de Mme Baldassari, professeure de technologie, et de M. Bianchi, agent d’entretien du collège, les élèves ont réalisé un inventaire des objets et pièces pouvant être réutilisés : chaînes de vélo, moteurs d’essuie-glace, électro-aimants, batteries, bois de récupération ou encore anciens vêtements. Les élèves ont ainsi découvert comment détourner des objets du quotidien afin de répondre à des besoins techniques précis. 

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Un travail d'équipe

 Grâce aux échanges avec les techniciens de la Halle de la Machine, les élèves ont appris à décomposer les mouvements de leurs automates afin d’imaginer des solutions mécaniques adaptées. Ce travail d’analyse et de résolution de problèmes a constitué un véritable levier d’apprentissage, donnant du sens aux compétences travaillées en français, en arts plastiques et en technologie. 

 

 

 

 

 

 

Un atelier valorisant et fédérateur

Le financement du projet a permis d’équiper la salle de technologie avec de nouveaux outils, notamment un grand établi et une scie à chantourner, ainsi que des équipements de protection adaptés pour les élèves. Très vite, les élèves se sont approprié cet espace de travail et ont développé un fort sentiment d’appartenance au groupe. Lorsqu’ils circulaient dans l’établissement avec leurs blouses de travail, ils étaient identifiés comme « les spécialistes des automates ». 

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La création des automates a nécessité de nombreux ajustements. Le bras du « veston ensorcelé », par exemple, a dû être repensé plusieurs fois avant de parvenir à faire entrer puis ressortir correctement les billets aimantés de la poche. Ces tâtonnements ont permis aux élèves de développer leur persévérance, leur capacité à collaborer et leur aptitude à résoudre des problèmes concrets. 

Le projet s’est conclu lors du spectacle de fin d’année du collège, durant lequel les élèves ont pu présenter leurs réalisations à l’ensemble de la communauté éducative. Pour la première fois, les techniciens étaient mis à l’honneur dès l’ouverture du spectacle. Cette reconnaissance publique a renforcé la fierté des élèves et leur implication dans les apprentissages. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enjeux pédagogiques et impact du projet 

Effets constatés sur les acquis des élèves

 Le projet a permis à des élèves parfois en difficulté de retrouver confiance et de se réinvestir dans les apprentissages, notamment en français. Grâce aux activités orales, au travail collaboratif et à la dimension concrète du projet, les élèves ont davantage participé, développé leur compréhension des textes et renforcé leur capacité à coopérer et à persévérer. 

Effets constatés sur les pratiques des enseignants

 Ce projet a favorisé une véritable dynamique interdisciplinaire entre les enseignants impliqués. Les différentes approches pédagogiques mises en œuvre ont permis de créer davantage de liens entre lecture, créativité et réalisation concrète, tout en développant un accompagnement plus individualisé des élèves au sein d’un groupe restreint. 

Effets constatés sur l’école / l’établissement / le climat scolaire

 L’atelier a contribué à valoriser les élèves engagés dans le projet et à porter un regard différent sur certains d’entre eux. La fierté de présenter leurs réalisations lors du spectacle de fin d’année a renforcé leur sentiment d’appartenance à l’établissement et suscité l’intérêt d’autres élèves souhaitant participer au projet à leur tour.

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Partenaires du projet

 Le projet a été mené en partenariat avec Halle de la Machine, dont les techniciens ont accompagné les élèves dans la réflexion et la conception des mécanismes des automates. 

Financement du projet

 Le projet a bénéficié de plusieurs sources de financement : 

  • le CNR « Notre école, faisons-la ensemble » ; 
  • le Pacte enseignant ; 
  • le Pass Culture ; 
  • l’établissement scolaire. 

Pour aller plus loin

 Ce projet illustre la manière dont des démarches interdisciplinaires et concrètes peuvent redonner du sens aux apprentissages et favoriser l’engagement des élèves. Il montre également comment les partenariats culturels et techniques peuvent enrichir les pratiques pédagogiques et ouvrir de nouvelles perspectives éducatives. Pour prolonger la réflexion, voici quelques ressources autour de ce projet : 

La CARDIE de l’académie de Toulouse remercie chaleureusement l’ensemble des personnes investies dans ce projet au Collège Saint Taurin : Mme Loubère, professeure de français, Mme Labédan, professeure documentaliste, Mme De Saint Pastou, professeure d’arts plastiques, Mme Baldassari, professeure de technologie, M. Bianchi, agent d’entretien du collège, ainsi que les équipes de la Halle de la Machine pour leur engagement et leur accompagnement tout au long de cette belle aventure pédagogique et humaine. 

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