Auteur : Vivien FREISS
Cycle et niveau de classe
Thème : La planète Terre, l’environnement et l’action humaine (Cycle 4)
- Les risques naturels et leurs conséquences.
- Comprendre que l’organisation d’un territoire influence l’intensité d’un phénomène naturel.
Objectifs pédagogiques
Les données LIDAR permettent d'identifier les différentes strates de végétation pour comprendre les mécanismes de propagation d'un incendie de forêt. Les élèves peuvent alors proposer des mesures de prévention adaptées à un territoire.
Compétences et capacités travaillées
Utiliser des outils numériques
Adopter un comportement éthique et responsable
CRCN 1.2 Gérer des données
CRCN 1.3 Traiter des données
Outils numériques - intérêts et limites
QGIS (lecture et classification du nuage de points LIDAR) pour visualiser la structure tridimensionnelle de la végétation. La prise en main de ce logiciel nécessite un guidage (fiche méthode)
Google Maps pour localiser la zone d'étude
Présentation de la séance
Organisation : 1h à 1h30 / Travail en groupe ou individuel
Contexte :
La commune de Ribaute, dans l’Aude, a subi un incendie exceptionnel en 2025. C’est sur cette commune que le deuxième plus grand feu de l’histoire de France a débuté. Il a brulé plus de 17 000 hectares. Avant cet événement, aucune alerte particulière n’avait été signalée par la population.
La préfecture souhaite maintenant comprendre quels éléments du paysage auraient pu indiquer un risque élevé. Vous êtes chargés d’étudier le territoire tel qu’il était avant l’incendie, à l’aide des données LiDAR HD.
Consignes :
- Étude théorique de la propagation d’un feu de forêts à l’aide du document 1
Question 1 : Expliquez en quoi la végétation moyenne joue un rôle clé dans le passage d’un feu de surface à un méga-feu.
Question 2 : Pourquoi connaître la structure de la végétation permet-il d’estimer le risque ?
- Observation de la zone avant l’incendie sur GoogleMaps. Évaluer le risque par l’observation : Mettre en évidence la limite de cette ressource afin d’amener le besoin des données LiDAR.
Question 3 : Observez la zone boisée autour du village, À partir de l’image satellite seule, diriez-vous que le risque d’incendie était élevé ? Quelles informations essentielles manquent pour estimer correctement le risque ?
- Étude du territoire avec des données LiDAR : À l’aide du logiciel QGis, ouvrir le nuage de point de Ribaute et observer les différentes strates de végétation.
Question 4 : Observez la répartition des strates de la végétation. Que constatez-vous sur quant à la densité de végétation des différentes strates.
- Production d’un rapport d’expertise pour expliquer la propagation du feu :
Question 5 : À partir de ces nouvelles données, expliquez comment la structure de la végétation autour de Ribaute a pu favoriser la propagation du feu lors de son départ en 2025
Question bonus : Proposez deux aménagements permettant de réduire le risque autour du village.
Supports
Nuage de points de Ribaude
Document 1 : Comment un incendie de forêt se propage-t-il ?
Un incendie de forêt ne dépend pas seulement des conditions météo (chaleur, vent, sécheresse). Il a aussi besoin de végétation, qui joue le rôle de véritable « carburant ». Toutes les plantes ne favorisent pas le feu de la même manière : c’est surtout la manière dont elles sont organisées du sol jusqu’à la cime des arbres qui détermine la violence d’un incendie.
Au sol, on trouve la végétation basse : herbes sèches, feuilles mortes et petits branchages. Cette couche s’enflamme très facilement, surtout lorsqu’elle est sèche et accumulée en grande quantité. C’est souvent elle qui permet au feu de démarrer et de se déplacer rapidement sur le sol : on parle alors de feu de surface.
Plus haut, la végétation moyenne (arbustes, fourrés, jeunes arbres) joue un rôle décisif dans l’évolution d’un incendie. Lorsque cette strate est dense, elle agit comme une véritable « échelle » pour le feu. Les flammes montent peu à peu du sol vers les branches plus hautes : c’est ce qu’on appelle un continuum vertical.
Si le feu atteint la végétation haute, c’est-à-dire la cime des grands arbres, l’incendie devient beaucoup plus difficile à contrôler. Les flammes peuvent alors se propager rapidement d’un arbre à l’autre et projeter des braises plusieurs dizaines ou centaines de mètres plus loin. Ce type de propagation peut transformer un incendie ordinaire en méga-feu.
Le risque de feu de forêt est donc particulièrement élevé lorsque toutes ces strates sont reliées entre elles : une végétation basse sèche, une strate moyenne dense et une canopée proche forment un ensemble continu qui permet au feu de circuler sans interruption. Or, cette organisation de la végétation n’est pas toujours visible sur une simple image aérienne. C’est pourquoi l’étude détaillée de la hauteur et de la densité de la végétation (par exemple grâce à des données du Lidar) peut aider à mieux comprendre quelles zones sont les plus vulnérables.
Productions d'élève
Bilan et retour des élèves
L’activité a été globalement bien comprise par les élèves, qui se sont rapidement engagés dans l’observation et l’interprétation des données.
Certains ont spontanément mobilisé Street View dans Google Maps pour compléter leurs observations, notamment sur l’organisation de la végétation.
Les manipulations réalisées dans QGIS ont été prises en main sans difficulté majeure, et la classification des points a permis aux élèves d’identifier la continuité des strates de végétation et de la relier à la propagation de l’incendie.
Pour aller plus loin / Liens
- Analyse des cartes d’aléa incendie officielles
- Réflexion sur l’évolution du risque avec le changement climatique
- Peut être organisé en activité « Mosaïque » avec les activités sur les risques « feu de forêt », « inondation », « avalanche » et « volcanique ».
- Logiciel QGis : https://qgis.org/download/
- Tutoriel QGIS (classification des points)
- Dalles de nuages de points LiDAR HD de l’IGN : https://cartes.gouv.fr/telechargement/IGNF_NUAGES-DE-POINTS-LIDAR-HD
| Questionnaire | Image
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