LiDAR - Identifier les facteurs de propagation du méga-feu de l'Aude en 2025

Pour l’année scolaire 2025-2026, l’académie de Toulouse a été retenue pour participer aux Travaux académiques mutualisés (TraAM)
 dont le thème national est « Bases de données et systèmes d’information géographique ». 
Dans le cadre de ces TraAM, un groupe de six professeurs de SVT exerçant dans des collèges et lycées de l’académie de Toulouse
 a travaillé à mettre en place des scénarios permettant des usages pédagogiques de la technologie LIDAR.

Auteur : Vivien FREISS

Cycle et niveau de classe 

Thème : La planète Terre, l’environnement et l’action humaine (Cycle 4)
- Les risques naturels et leurs conséquences.
- Comprendre que l’organisation d’un territoire influence l’intensité d’un phénomène naturel.

 

 Objectifs pédagogiques

Les données LIDAR permettent d'identifier les différentes strates de végétation pour comprendre les mécanismes de propagation d'un incendie de forêt. Les élèves peuvent alors proposer des mesures de prévention adaptées à un territoire.

 

Compétences et capacités travaillées
  • Utiliser des outils numériques

  • Adopter un comportement éthique et responsable

  • CRCN 1.2 Gérer des données

  • CRCN 1.3 Traiter des données

Outils numériques - intérêts et limites

  • QGIS (lecture et classification du nuage de points LIDAR) pour visualiser la structure tridimensionnelle de la végétation. La prise en main de ce logiciel nécessite un guidage (fiche méthode)

  • Google Maps pour localiser la zone d'étude

Présentation de la séance

Organisation : 1h à 1h30 / Travail en groupe ou individuel

Contexte :

La commune de Ribaute, dans l’Aude, a subi un incendie exceptionnel en 2025. C’est sur cette commune que le deuxième plus grand feu de l’histoire de France a débuté. Il a brulé plus de 17 000 hectares. Avant cet événement, aucune alerte particulière n’avait été signalée par la population.
La préfecture souhaite maintenant comprendre quels éléments du paysage auraient pu indiquer un risque élevé. Vous êtes chargés d’étudier le territoire tel qu’il était avant l’incendie, à l’aide des données LiDAR HD.

Consignes :

  • Étude théorique de la propagation d’un feu de forêts à l’aide du document 1

Question 1 : Expliquez en quoi la végétation moyenne joue un rôle clé dans le passage d’un feu de surface à un méga-feu.
Question 2 : Pourquoi connaître la structure de la végétation permet-il d’estimer le risque ?

  • Observation de la zone avant l’incendie sur GoogleMaps. Évaluer le risque par l’observation : Mettre en évidence la limite de cette ressource afin d’amener le besoin des données LiDAR.

Question 3 : Observez la zone boisée autour du village, À partir de l’image satellite seule, diriez-vous que le risque d’incendie était élevé ? Quelles informations essentielles manquent pour estimer correctement le risque ?

  • Étude du territoire avec des données LiDAR : À l’aide du logiciel QGis, ouvrir le nuage de point de Ribaute et observer les différentes strates de végétation.

    Image
    LiDAR_incendie_MNT

Question 4 : Observez la répartition des strates de la végétation. Que constatez-vous sur quant à la densité de végétation des différentes strates.

  • Production d’un rapport d’expertise pour expliquer la propagation du feu :

Question 5 : À partir de ces nouvelles données, expliquez comment la structure de la végétation autour de Ribaute a pu favoriser la propagation du feu lors de son départ en 2025
Question bonus : Proposez deux aménagements permettant de réduire le risque autour du village.

 

 Supports

Document 1 : Comment un incendie de forêt se propage-t-il ?

Un incendie de forêt ne dépend pas seulement des conditions météo (chaleur, vent, sécheresse). Il a aussi besoin de végétation, qui joue le rôle de véritable « carburant ». Toutes les plantes ne favorisent pas le feu de la même manière : c’est surtout la manière dont elles sont organisées du sol jusqu’à la cime des arbres qui détermine la violence d’un incendie. 
Au sol, on trouve la végétation basse : herbes sèches, feuilles mortes et petits branchages. Cette couche s’enflamme très facilement, surtout lorsqu’elle est sèche et accumulée en grande quantité. C’est souvent elle qui permet au feu de démarrer et de se déplacer rapidement sur le sol : on parle alors de feu de surface.
Plus haut, la végétation moyenne (arbustes, fourrés, jeunes arbres) joue un rôle décisif dans l’évolution d’un incendie. Lorsque cette strate est dense, elle agit comme une véritable « échelle » pour le feu. Les flammes montent peu à peu du sol vers les branches plus hautes : c’est ce qu’on appelle un continuum vertical. 
Si le feu atteint la végétation haute, c’est-à-dire la cime des grands arbres, l’incendie devient beaucoup plus difficile à contrôler. Les flammes peuvent alors se propager rapidement d’un arbre à l’autre et projeter des braises plusieurs dizaines ou centaines de mètres plus loin. Ce type de propagation peut transformer un incendie ordinaire en méga-feu.
Le risque de feu de forêt est donc particulièrement élevé lorsque toutes ces strates sont reliées entre elles : une végétation basse sèche, une strate moyenne dense et une canopée proche forment un ensemble continu qui permet au feu de circuler sans interruption. Or, cette organisation de la végétation n’est pas toujours visible sur une simple image aérienne. C’est pourquoi l’étude détaillée de la hauteur et de la densité de la végétation (par exemple grâce à des données du Lidar) peut aider à mieux comprendre quelles zones sont les plus vulnérables.

Productions d'élève 

Bilan et retour des élèves

L’activité a été expérimentée auprès de 26 élèves de quatrième lors d’une séance d’une heure organisée en binômes. 

Tous les élèves ont manipulé QGIS afin d’exploiter un nuage de points LiDAR du secteur étudié. Les couches correspondant aux différentes catégories de végétation étant déjà intégrées aux données, les élèves ont pu sélectionner successivement les strates végétales en suivant un tutoriel guidé. Les manipulations numériques sont restées accessibles à l’ensemble des élèves et n’ont pas constitué un frein à la réalisation de l’activité. 

L’ancrage du scénario dans un événement récent a fortement contribué à l’engagement des élèves. L’étude du méga-feu de Ribaute (Aude, été 2025) a suscité de nombreux échanges. Certains élèves ont notamment indiqué avoir été présents à proximité de l’incendie au moment des événements. Cette proximité avec l’actualité a favorisé leur implication dans la démarche d’investigation.

 L’exploitation des données LiDAR a permis de mettre en évidence une information inaccessible à partir d’une simple image satellitaire ou d’une observation Street View : l’organisation verticale de la végétation. Alors que les photographies aériennes permettent essentiellement d’observer la répartition horizontale du couvert végétal, le LiDAR révèle clairement la présence et l’organisation des différentes strates végétales. Les élèves ont ainsi pu identifier la végétation basse, moyenne et haute et comprendre leur répartition spatiale autour du village de Ribaute. 

Les résultats observés sont particulièrement satisfaisants. Tous les groupes ont identifié la présence d’un continuum vertical entre les différentes strates végétales et compris son rôle dans la propagation d’un incendie. Les élèves ont été capables d’expliquer comment le feu peut passer de la végétation basse à la végétation moyenne puis atteindre la canopée, favorisant ainsi le développement d’un méga-feu. 

La question finale portant sur les mesures de prévention s’est révélée plus exigeante. Elle mobilise non seulement l’analyse des données mais également la capacité à réinvestir les connaissances acquises dans une situation d’aménagement du territoire. Malgré cette difficulté, les propositions formulées par les élèves reposaient majoritairement sur une compréhension correcte de la continuité verticale, notamment à travers des mesures de débroussaillage ou de gestion de la végétation visant à interrompre la propagation du feu. 

Cette activité met particulièrement en évidence la plus-value du LiDAR dans l’étude des risques naturels. Sans ces données, l’identification des différentes strates végétales et la compréhension du continuum vertical seraient impossibles. Le numérique ne constitue donc pas ici un simple support de visualisation mais un véritable outil d’investigation permettant aux élèves d’accéder à des informations essentielles pour comprendre les mécanismes de propagation d’un méga-feu.

 

Pour aller plus loin / Liens

- Analyse des cartes d’aléa incendie officielles
- Réflexion sur l’évolution du risque avec le changement climatique
- Peut être organisé en activité « Mosaïque » avec les activités sur les risques « feu de forêt », « inondation », « avalanche » et « volcanique ».

- Logiciel QGis : https://qgis.org/download/
- Tutoriel QGIS (classification des points)
- Dalles de nuages de points LiDAR HD de l’IGN : https://cartes.gouv.fr/telechargement/IGNF_NUAGES-DE-POINTS-LIDAR-HD

Questionnaire

Les TraAM (Travaux Académiques Mutualisés) 
permettent de développer des compétences des élèves
grâce à des ressources numériques innovantes
(exemple : LIDAR)

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