Économie de l’attention : former des « consommateurs avertis », une priorité de l’éducation aux médias | The Conversation

Le procès qui vient de reconnaître aux États-Unis la responsabilité de YouTube et d’Instagram dans les troubles psychiques développés par une utilisatrice invite à interroger les objectifs de l’éducation aux médias. Si celle-ci vise à aiguiser l’esprit critique des jeunes citoyens, elle ne peut mener sa mission à bien sans éclairer les rouages commerciaux des plateformes.

Dans les cours d’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI), l’accent est ostensiblement mis sur l’« esprit critique », c’est-à-dire la capacité à prendre du recul par rapport à l’information et à se faire une opinion fondée.

Mais qu’en est-il de la compétence à la « consommation avertie », c’est-à-dire de la capacité à réfléchir à sa consommation, ses choix, ses besoins et ses budgets en toute connaissance de cause, et de faire valoir ses droits ? Celle-ci passe beaucoup plus souvent au second rang. Elle figure pourtant dans le programme d’éducation à la citoyenneté numérique du Conseil de l’Europe.

Le procès historique gagné par une consommatrice des applications de Meta (Instagram et Facebook) et YouTube (filiale de Google au sein d’Alphabet) illustre pourtant sa puissance d’action. Le jury a tranché en faveur de la plaignante, considérant que ces plateformes lui avaient causé préjudice en raison de la conception du produit, dont le design et les fonctionnalités ont entraîné chez elle des troubles de santé mentale.

Économie de l’attention : former des « consommateurs avertis », une priorité de l’éducation aux médias

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